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hcdahlem   19 septembre 2019
Une fille sans histoire de Constance Rivière
À leur regard de reconnaissance, elle s'est sentie soulagée, elle les comprenait, ils s’en remettraient à elle. Quand elle reviendrait, elle leur montrerait ce qui lui restait de sa relation avec Matteo, parce que plus les heures passaient, plus elle était convaincue qu’elle avait bien eu une relation avec Matteo, peut-être pas une relation au sens où les gens l’entendent d’habitude, avec des échanges et des ébats, mais un lien muet qu’il avait forcément senti puisqu'il était là si fort, en elle.

Alors qu‘elle marchait dans les rues alentour, qui transpiraient l’horreur et la peine, Adèle passait sans cesse du clair au flou, il allait falloir que l’image se fixe, qu'elle trouve la bonne focale avant de rentrer chez elle, mais ça mettait du temps, elle n'arrivait plus à distinguer le vrai du faux, elle ne savait plus si la vérité, c'était le vécu des autres ou ses mots à elle, ce qui s’était vraiment passé cette nuit-là et ces dernières semaines ou ce qu’elle avait raconté, avec tant de détails, odeurs et couleurs comprises, elle devait choisir, en fait elle avait déjà choisi, les mots étaient sortis avant qu’elle ait eu le temps d’y réfléchir, mentir cela voudrait dire revenir sur son histoire…
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hcdahlem   19 septembre 2019
Une fille sans histoire de Constance Rivière
Alors qu‘elle s’apprêtait à aller dans la cuisine pour se faire un café et manger quelque chose, Adèle vit apparaitre un visage, une photo tenue par des mains qui tremblaient, une mère qui demandait des nouvelles de son fils, ce visage elle le connaissait, pas si bien mais quand même, elle avait aimé le regarder de loin dans le petit bar où il venait presque tous les soirs, où elle avait travaillé l’été dernier, avant qu’elle ne soit renvoyée, un peu à cause de lui. Elle se souvenait juste qu'il s’appelait Matteo, un prénom qui était, avec son accent italien, guttural, rauque, une promesse d’ailleurs.
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hcdahlem   19 septembre 2019
Une fille sans histoire de Constance Rivière
Vers 22 heures, apparut un bandeau mentionnant une attaque terroriste en cours dans la salle du Bataclan, si près de chez elle, où elle disait tout le temps qu’elle irait bientôt, c’était son Godot à elle, le Bataclan, sauf qu’elle ne l’attendait pas, c’était la salle qui l’attendait, elle en était certaine, elle y pensait presque chaque jour. Ce soir-là, elle avait vraiment failli y aller. Elle recommençait tout juste à avoir envie de sortir, c’était à côté, certes il y aurait du monde mais dans la pénombre d’une salle de concert, c’était moins inquiétant. Deux jours plus tôt elle avait regardé le programme. Le groupe ne lui disait rien. Elle préférait des choses plus classiques. C’est ce qui l’ennuyait avec cette salle si jolie, avec ses lettres de toutes les tailles et sa devanture de toutes les couleurs, joyeuse comme un cirque presque – comme les cirques de son enfance, parenthèses heureuses, c’est pour cela qu’elle avait choisi de s’installer là, dans ce quartier, mais jamais elle ne connaissait les groupes qui s’y produisaient. Malgré tout, ce soir-là, elle avait eu envie d’y aller, cette pensée lui donnait le vertige, elle aurait pu y être, elle aurait dû y être, avec tous ces otages dans cette salle, elle y était presque, puisque si proche, dans l’espace comme dans le possible.
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hcdahlem   19 septembre 2019
Une fille sans histoire de Constance Rivière
INCIPIT

Elle voudrait lever la tête mais elle n’y arrive pas. Sa tête toujours trop lourde quand il s’agit de regarder au-dehors et non en dedans. Elle entend derrière elle des bruissements de voix qu’elle distingue à peine, elle reconnaît quelques intonations, des tremblements qu’elle réussissait à apaiser il y a peu de temps et si longtemps déjà, des pas qu’elle devine, des regards qui lui font mal au dos, au cou, lourds de reproches, elle tente de se concentrer mais la voix forte et distincte du juge la dérange, il lui pose des questions qui contiennent les réponses, il emploie des mots qu’elle ne comprend pas, cupidité, perversité, duplicité, tétété, comme une machine à écrire mécanique, déréglée. Et au fond de son ventre il y a ce mot que tous attendent et qu’elle ne parvient pas à faire remonter, il est coincé entre l’estomac et le plexus, elle essaie d’inspirer profondément pour créer un courant vers le haut, la cage thoracique, la gorge, qu’il parvienne jusqu’à sa bouche, qu’il sorte enfin. On vient de lui poser une nouvelle question, la dernière. C’est le silence soudain, temps suspendu, tous les regards sont tournés vers elle, ils n’attendront pas longtemps, alors elle se concentre, elle s’y est préparée à ce moment mais elle ne savait pas que ce serait si difficile, elle fait un ultime effort et elle finit par le cracher ce mot, nécessaire mais qui la dégoûte, ce mot qui ne dit rien de ce qu’elle a vécu ces derniers mois, elle finit par le dire, dans un souffle qui lui semble un cri, «pardon», elle le répète plusieurs fois, pardon, pardon, pardon, maintenant qu’il est sorti il l’envahit tout entière, il ne cesse de se déverser, de plus en plus fort, les larmes viennent avec, elle pleure pour la première fois, elle pleure comme elle ne pensait jamais pleurer, son visage inondé, son corps qui se relâche, qui s’abandonne. Derrière elle, les respirations reprennent. La sentence peut tomber. Douze mois, dont six avec sursis.
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OttoDidakt   19 septembre 2019
Poésie : 1946 - 1967 de Philippe Jaccottet
Tu es ici, l'oiseau du vent tournoie,

toi ma douceur, ma blessure, mon bien.

De vieilles tours de lumière se noient

et la tendresse entrouvre ses chemins.



La terre est maintenant notre patrie.

Nous avançons entre l'herbe et les eaux,

de ce lavoir où nous baisers scintillent

à cet espace où foudroiera la faux.



"Où sommes-nous ?" Perdus dans le cœur de

la paix. Ici, plus rien ne parle que,

sous notre peau, sous l'écorce et la boue,



avec la force de taureau, le sang

fuyant qui nous emmêle, et nous secoue

comme ces cloches mûres sur les champs.
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larubriquedolivia   19 septembre 2019
Rouges Fleurs Rouges Cris de Rose-Marie Naime
Je suis la mère du meurtrier

Dedans ma main

Je vois ses mains

Menottines d'enfants

D'il y a si longtemps

Dedans mon cœur

Cogne son cœur...

Mais... c'est du sang

Sur son visage !

Mais c'est du sang

Dessus ses mains !

Son visage en un baiser

Ensanglante le mien

Je me voudrais moi-même

Assassiner.
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baronette20   19 septembre 2019
Divergente, tome 2 : L'insurrection de Veronica Roth
Derrière elle, la porte de l'escalier s'ouvre sur Tobias qui fait une entrée discrète, suivi de Marcus et de Caleb. Je suis la seule à remarquer se présence, parce que je me suis habituée à le faire. Je suis le trajet de ses chaussures qui se rapprochent ; des baskets noires aux œillets chromés. Elles s'arrêtent à mon niveau et il s'accroupit à côté de moi.

Je lève les yeux, m'attendant à rencontrer son regard froid et inflexible.

Mais non.

Evelyn parle toujours, mais sa voix se perd au loin.

- C'est toi qui avais raison, me murmure Tobias avec un léger sourire, en se balançant sur ses talons. Je sais qui tu es. J'avais juste besoin qu'on me rafraîchisse la mémoire.

J'ouvre la bouche, sans trouver quoi répondre.

Soudain, tous les écrans du hall - ceux qui n'ont pas été détruits au cours de l'attaque - s'allument en clignotant, ainsi qu'un projecteur fixé en haut du mur qui affichait le portrait de Jeanine.

Evelyn interrompt son discours - que j'ai cessé d'écouter - au milieu d'un phrase. Tobias me prend la main et m'aide à me relever.

- Qu'est-ce que c'est que ça ? demande sèchement Evelyn.

- ça, me dit Tobias, toujours en aparté, c'est l'information qui va tout changer.

J'ai les jambes qui tremblent de soulagement et d'appréhension

- Tu as réussi ? demandé-je.

- Tu as réussi. Tout ce que j'ai fait, c'est forcer Caleb à coopérer.

Je jette un bras autour de son cou et pose ma bouche sur la sienne. Il prend mon visage entre ses mains et me retourne mon baiser. Je me colle contre lui, annulant la distance entre nous, réduisant en miettes - pour de bon, je l'espère - tous les secrets et les soupçons qui nous séparaient.
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Litteraflure   19 septembre 2019
Jacqui de Peter Loughran
On traversait des paysages superbes et de ravissants petits villages, mais elles ne faisaient jamais le moindre commentaire. Il n'y en avait pas une seule pour remarquer une jolie chaumière ou un pont enjambant une rivière. Ce genre de femmes, si on leur montrait le château de la Belle au bois dormant, elles ne verraient que les crottes de cerf dans le parc.
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lauranns   19 septembre 2019
Je crève la forme - ou l'humble quête d'un homme visant à la perfection corporelle de A. J. Jacobs
Prenez l' alcool. Les données indiquent que boire est bon pour la santé, puisque les buveurs modérés vivent plus longtemps que les buveurs d'eau. Et si ça ne provenait pas de l'alcool mais des interactions sociales qui l'accompagnent? Si c'était les soirées et les rencontres sportives qui étaient bonnes pour la santé, et non la vodka?

Le journaliste scientifique Guy Taubes a écrit un papier formidable sur ce problème dans le New York Times Magazine. Il le résume ainsi: nous confondons souvent corrélation et causalité.
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Litteraflure   19 septembre 2019
Jacqui de Peter Loughran
On dit que l'amour est aveugle. Ma foi, je crois bien qu'il est sourd, muet, et débile mental par-dessus le marché.
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jeunejane   19 septembre 2019
De grandes espérances de Charles Dickens
Ma sœur, Mme Joe, avec ses cheveux noirs et ses yeux noirs, avait la peau d'une rougeur si générale que je me demandais parfois si elle ne se lavait pas peut-être avec une râpe à muscade en guise de savon.
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baronette20   19 septembre 2019
Divergente, tome 2 : L'insurrection de Veronica Roth
Tobias se fige en plein mouvement et manque de trébucher en me voyant. Il écarquille les yeux.

- Elle nous a trahis, dit Tori. Elle a failli me tirer dessus pour défendre Jeanine.

- Quoi ? souffle Uriah en toussant, sans doute à cause du poison. Tris, qu'est-ce qui se passe ? C'est vrai, ce qu'elle raconte ? Et d'abord, qu'est-ce que tu fais là ?

Mais je ne regarde que Tobias. Une lueur d'espoir me parcourt, se mêlant dans une drôle de sensation douloureuse à la culpabilité de l'avoir trompé. Il est buté et fier, mais il me connaît - peut-être acceptera-t-il de m'écouter, peut-être y a-t-il une chance pour que je n'aie pas fait tout ça en vain…

- Tu sais pourquoi je suis là, n'est-ce pas ? lui dis-je à voix basse.

Je lui tends le pistolet, le sang de ma morsure à la main dégoulinant le long de mon bras. Il s'approche d'un pas un peu hésitant pour me le prendre.

- On est tombé sur Marcus dans la pièce d'en face, pris dans une simulation, lâche-t-il. Tu es venue avec lui.

- Oui, confirmé-je.

- J'avais confiance en toi, dit-il, tremblant de rage. J'avais confiance en toi et tu m'as abandonné pour faire équipe avec lui ?

Je secoue la tête.

- Non. Ce qu'il m'a expliqué colle parfaitement avec tout ce que m'a rapporté mon frère, et tout ce que m'a répété Jeanine pendant que j'étais au siège des Erudits. Et je voulais… j'avais besoin de connaître la vérité.

- La vérité, ricane-t-il. Et tu espères l'apprendre en écoutant un menteur, un traître et un sociopathe ?

- La vérité ? intervient Tori. De quoi parles-tu ?

Tobias et moi continuons à nous dévisager. Ses yeux bleus, d'habitude si pensifs, sont durs et incisifs, comme s'ils m'épluchaient couche après couche en fouillant chacune d'elles.

- Je crois…, commencé-je.

Je dois m'interrompre pour prendre une inspiration. Je ne l'ai pas convaincu. J'ai échoué, et ma prochaine phrase est sans doute la dernière qu'ils me laisseront dire avant de m'arrêter.

- Je crois que c'est toi qui mens, dis-je d'une voix tremblante. Tu prétends que tu m'aimes, que tu me fais confiance, tu soutiens que je suis plus perspicace que la moyenne des gens, et à la seconde où cette confiance, cet amour sont mis à l'épreuve, tout ça part en fumée.

Je pleure maintenant, mais je n'ai pas honte de ma voix pâteuse ni des larmes qui luisent sur mes joues.

- Alors Tobias, c'est toi qui devais mentir en me disant tout ça… C'est toi, parce que je ne peux pas croire que ce prétendu amour puisse être aussi fragile.

Je fais un pas pour ne plus laisser entre nous que quelques centimètres et pour que les autres ne puissent plus m'entendre.

- Je suis toujours celle qui aurait préféré mourir plutôt que te tuer, ajouté-je en repensant à la simulation d'attaque, et à son cœur qui battait sous ma main. Je suis exactement celle que tu crois. Et je sais que cette information va tout changer. Elle va changer tout ce qu'on a fait et tout ce qu'on s'apprête à faire.

Je le fixe intensément comme si je pouvais faire passer ma conviction dans ce regard, mais c'est impossible. Il détourne les yeux et je ne suis même pas sûre qu'il ait entendu ce que je viens de dire.

- ça suffit ! intervient Tori. Conduisez-la en bas. Elle sera jugée avec les autres criminels de guerre.

Tobias ne bouge pas. Me prenant par le bras, Uriah m'éloigne de lui et m'entraîne à travers le labo, puis dans la pièce pleine de lumière et le long du couloir bleu.
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ddreambookine   19 septembre 2019
Le vide de nos coeurs de Jasmine Warga
Il me serre la main et faute de pouvoir faire plus, j'étreins la sienne à mon tour car j'ai peur de lâcher prise et de le perdre.
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ninamarijo   19 septembre 2019
Le Vagabond de la Taïga de Mikhaïl Diomine
Dans la taïga, c'est pas un mal d'avoir peur... Mais ce qu'il ne faut pas, c'est avoir la frousse ! C'est une loi qui vaut autant pour les hommes que pour les bêtes ; c'est la même pour tous !
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jeunejane   19 septembre 2019
De grandes espérances de Charles Dickens
J'avais souvent regardé manger un gros chien que nous avions ; et j'observais maintenant une nette ressemblance entre la façon de manger de ce chien et celle de notre homme.
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Lenocherdeslivres   19 septembre 2019
Le royaume de Pierre d'Angle : Les filles de mai de Pascale Quiviger
Les cauchemars s'évaporaient comme la buée du bain, il ne s'en souvenait pas. (p.33)
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Henri-l-oiseleur   19 septembre 2019
L'ange de l'histoire de Rabih Alameddine
Aux urgences psy.

L'homme irrité parlait à la paume de sa main. Il était assis à l'autre bout de la salle, les schizophrènes font toujours ça, ce qui signifiait que je n'en étais pas un, car les deux autres qui attendaient patiemment étaient à peine à un mètre dans la salle d'attente, alors que lui était en Sibérie.

"Ecoute, ai-je dit à Satan, je ne suis pas comme lui, d'accord, je te parle, mais tu es uniquement dans ma tête, et une fois que je me serai débarrassé de toi, je serai de nouveau normal, arrière, ô Satan.

- Chez Walmart, ils vendent une huile pour ça, dit Satan, ça s'appelle Satan Be Gone, quelques gouttes suffisent."



p. 39
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MSophieBC   19 septembre 2019
Les gardiens de John Christopher
Mais déjà des chauffeurs volontaires se présentaient.L'esprit de bonne volonté et de serviabilité était un trait marquant en période de Carnaval, tout autant que le plaisir et l'ivrognerie - du moins au début du Carnaval. A la fin, les bagarres étaient plus présentes que les amabilités.
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Nadrouge   19 septembre 2019
L'ultime tragédie de Abdulai Sila
Réfléchir, c'est comme manger : il faut le faire tous les jours, sans faute. Sinon des malheurs peuvent arriver. Si quelqu'un croit qu'il ne doit pas penser à ces choses-là, ce quelqu'un est dans une profonde erreur et ne peut pas être un bon "régulo".
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audeLOUISETROSSAT   19 septembre 2019
Affaires d'ados de Agnès Naudin
«adolescents» = «emmerdes». C’est la pause du développement humain qui commence trop tôt et finit trop tard. Période marquée par l’acné, un mutisme horripilant, un manque de logique effrayant, une absence de bon sens alarmante
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