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Croquignolle21 septembre 2017
Du côté d'elles de Denis Riguelle
Le trajet jusqu'à l'école lui prend vingt-cinq minutes. Les routes sont pittoresques, la circulation souvent fluide, ça ne lui déplait pas. Elle rêve, réfléchit. Le trajet lui sert de sas. Le mot venant à son esprit, elle le garde pour l'analyser. L'image qu'il fait surgir lui convient. Il lui faut des sas. La rêverie métaphorique l'entraîne vers les paliers de décompression qu'utilisent les plongeurs. Ma vie est là, se dit-elle, en surface, bien que j'aime ces plongées dans les abîmes. Elle entrevoit les élèves en groupes de petits poissons passant devant son masque de plongée - quelques requins, tout de même, pense-t-elle -, ce gros calamar de directeur, beaucoup d'enseignants éponges bien dociles, les méduses de la garde prétorienne... Et puis, en sortir, petit à petit, par palier, en respectant le timing. Bonne image, conclut-elle.
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Sirenna21 septembre 2017
La Guerre de Troie n'aura pas lieu de Jean Giraudoux
HÉLÈNE

Tu en as déjà embrassé ?

TROÏLUS

On les embrasse toutes. Je donnerais ma vie

pour n’en avoir embrassé aucune.

HÉLÈNE

Tu me sembles disposer d’un nombre

considérable d’existences. Pourquoi ne m’as-tu

pas dit franchement : « Hélène, je veux vous

embrasser !... » Je ne vois aucun mal à ce que tu

m’embrasses... Embrasse-moi.

TROÏLUS

Jamais.

HÉLÈNE

À la fin du jour, quand je m’assieds aux

créneaux pour voir le couchant sur les îles, tu

serais arrivé doucement, tu aurais tourné ma tête

vers toi doucement avec tes mains – de dorée,

elle serait devenue sombre, tu l’aurais moins bien

vue évidemment –, et tu m’aurais embrassée,

j’aurais été très contente... « Tiens, me serais-je

dit, le petit Troïlus m’embrasse !... »

Embrassemoi.



TROÏLUS

Jamais.
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Croquignolle21 septembre 2017
Du côté d'elles de Denis Riguelle
Encore une chose sur Lucie. Lucie est une voleuse. Lucie vole mes chemises. Elle m'en a déjà dérobé trois. Elle les passe le soir après sa douche ou son bain. Elle enfile un pantalon souple en coton, et au-dessus, une de mes chemises. Rien d'autre. Je la laisse faire.
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thedoc21 septembre 2017
Sous la même étoile de Kelley York
Pour moi, je connaissais de Chance tout ce qui importait vraiment. Chance était l'étrangeté et la fantaisie incarnées. Il était notre ami, à Ashlin et à moi, un ami à nul autre pareil.

Chance était notre été.
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mikaele21 septembre 2017
Une putain d'histoire de Bernard Minier
Le 22 octobre 2013, vers 5h45 du soir (il faisait déjà presque totalement nuit), elle m'a dit : '' Henri, je veux qu'on fasse un break.''

C'est là, sans doute, que tout s'est joué. En dernière analyse, ce sont ces moments-là qu'on retient toujours. Ils sont comme des jalons de nos existences, comme des phares le long d'une côte. C'est en tout cas là que je l'ai perdue - au sens propre comme au sens figuré.
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colimasson21 septembre 2017
La Révolution du silence de Jiddu Krishnamurti
Vous vous sentez désemparé parce que vous voulez les deux choses: être sérieux et les plaisirs que le monde peut donner. Ceux-ci, de toute manière, sont si médiocres et mesquins que vous désirez par surcroît le plaisir que vous appelez « Dieu ». Si vous voyez tout cela par vous-même, non selon quelqu'un d'autre, cette vision fera de vous le disciple et le maître. C'est le point essentiel. Alors vous serez l'instructeur, celui qui s'instruit et l'enseignement.
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Nastie9221 septembre 2017
Souvenirs d'un voyage au Mont Analogue de Bernard Amy
Un étrange rêve de pierre et de glace brillante, paradis suspendu entre les grands abîmes des neiges inférieures et de l'azur. D'en bas montaient, avec le bruissement à peine perceptible des torrents, de vigoureux arcs-boutants de roche fauve poussant jusqu'au faîte même de l'arrête des quartiers à angles nets, entaillant hardiment le ciel, ou lancés en porte à faux sur l'à-pic avec une audace stupéfiante. De frêles passerelles de neige, aiguisées comme des sabres, reliaient en guirlande ces donjons les uns aux autres. Et cet univers cubique, plein de miroitements métalliques et de dureté, proposait orgueilleusement aux hommes son jeu de glaces de l'intelligence. D'abord une descente de plaques assez faciles, puis l'arrête neigeuse remontait par une courbe d'or jusqu'au pied d'un puissant monolithe fiché dans la crête, une sorte de menhir. C'est à partir de là que les choses avaient l'air de se gâter avec une corniche énorme, roulée en coquille, hérissée de stalactites dégoulinantes, dont la carapace évoquait la silhouette d'un monstre de l'ère secondaire, lourdement penché sur le versant d'Argentières vers lequel il paraissait près de plonger à tout instant. Savoir si le tricératops se laisserait apprivoiser ? (Samivel, Tourmente)
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BRAEM21 septembre 2017
De tes nouvelles de Agnès Ledig
On traverse seul les coups vaches de la vie. Le réconfort de l'entourage n'est qu'une simple caresse sur la superficie, mais le chagrin, la rage sont chevillés en nous, aussi profonds qu'inaccessibles aux autres.
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nannou7121 septembre 2017
Le Livre des Baltimore de Joël Dicker
Ecrire un livre, c'est comme ouvrir une colonie de vacances. Votre vie, d'ordinaire solitaire et tranquille, est soudain chahutée par une multitude de personnages qui arrivent un jour sans crier gare et viennent chambouler votre existence. Ils arrivent un matin, à bord d'un grand bus dont ils descendent bruyamment, tout excités qu'ils sont du rôle qu'ils ont obtenu.
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ValHou5721 septembre 2017
De l'autre côté de l'Eau de Sarah Clain
Tout le monde s'était préparé pour la Grande Sortie. Elle n'avait lieu qu'une fois dans la vie d'un élève. Le père d'Enor racontait encore des anecdotes au sujet de la sienne. Plus qu'une simple sortie, c'était un voyage au cœur de la forêt. Pour tous, cet événement était très attendu, car pour la première fois, ils allaient être séparés de leur famille.
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ValHou5721 septembre 2017
De l'autre côté de l'Eau de Sarah Clain
Avant d'aller à l'école, il se rendait à la librairie de la Motte, située dans une impasse. C'était un arbre au tronc noueux, dont personne ne connaissait l'âge et dont la vitrine, enfumée par la poussière des ans passés, laissait entrevoir de vieux livres à la reliure de cuir, serrés les uns contre les autres. L'enseigne au-dessus de la porte portait un écusson de bois vermoulu sur lequel étaient gravés une plume d'oie et un parchemin.
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colimasson21 septembre 2017
Ecrits, tome 1 de Jacques Lacan
Si Freud rappelle le rapport du moi au système perception-conscience, c’est seulement à indiquer que notre tradition, réflexive, dont on aurait tort de croire qu’elle n’ait pas eu des incidences sociales de ce qu’elle ait donné appui à des formes politiques du statut personnel, a éprouvé dans ce système ses étalons de vérité.

Mais c’est pour les mettre en question que Freud lie le moi d’une double référence, l’une au corps propre, c’est le narcissisme, l’autre à la complexité des trois ordres d’identification.
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Croquignolle21 septembre 2017
Petite Voie Intérieure de Sophie Parlatano
Je lis les mots, j'en écris d'autres. Ces deux mondes parallèles se côtoient sans jamais fusionner. Car au milieu d'eux, il y a l'indicible.

Et seul le corps peut dire l'indicible.
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Alfaric21 septembre 2017
Oracle tome 10 : Le Déchu de Sylvain Cordurié
Les hommes sont comme les chiens. Battez-les puis flattez leur l'échine, ils ne vous en aimeront que davantage.
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Croquignolle21 septembre 2017
Petite Voie Intérieure de Sophie Parlatano
J'entre doucement dans les lectures comme on part à la découverte d'une forêt encore vierge. Pas à pas, je m'imprègne des phrases et aussi des silences, en savoure le ton, en écoute la justesse, en mesure le creux. Je m'approprie les mots qui me touchent et laisse les autres. Je relis certains passages, les chuchote parfois, les fais résonner en moi.
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Croquignolle21 septembre 2017
Petite Voie Intérieure de Sophie Parlatano
La silhouette longiligne d'un ami anesthésiste fait un jour son apparition. Il me paraît plus grand que d'ordinaire. Son sourire et son regard témoignent d'une bienveillance sans apitoiement, exactement ce dont j'ai besoin. Il me parle doucement, me dit combien il m'a vue épuisée. Il me raconte en posant à peine quelques mots sur mon silence, tentant de restaurer par petites touches cette image de mon corps qui a échappé tantôt à mon contrôle. Une histoire, la mienne, s'ébauche ce jour-là. Je profite alors, encore toute faible que je suis, de récupérer le fil de ma vie, cette vie envers laquelle j'éprouve un vague sentiment de tendresse, un peu comme lorsque l'on retrouve un membre de sa famille éloignée. Je suis soulagée que ce soit précisément lui, cet ami, qui m'ait vu dans ma fragilité, alors que j'étais nue sous ma chemise d'hôpital, les cheveux aplatis, les lèvres pâles et molles entrouvertes autour du tuyau d'oxygène.

C'est lui, mon "proche", le témoin discret de mon dénuement le plus total. Ce ne sont pas les visiteurs venus me trouver les bras chargés de fleurs et la peur dans l'âme.
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manguy21 septembre 2017
Magie, es-tu là ? de Sylvain Mirouf
Il est aussi facile de se tromper soi-même sans s'en apercevoir qu'il est difficile de tromper les autres sans qu'ils s'en aperçoivent.
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colimasson21 septembre 2017
Je suis de Nisargadatta Maharaj
Q: Votre monde est-il plein de choses et de gens comme le mien ?



M: Non, il est plein de moi-même.



Q: Mais voyez-vous et entendez-vous comme nous ?



M: Oui, il peut sembler que j’entende et voie, parle et agisse, mais chez moi cela arrive comme chez vous la digestion ou la transpiration. La machine corps-mental en prend soin mais me laisse au-dehors. De même que vous n’avez pas à vous inquiéter de la pousse de vos cheveux, je n’ai pas à me préoccuper de mes paroles ou de mes actes. Ils arrivent, simplement, et me laissent non concerné car, dans mon monde, rien ne va jamais de travers.
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le_Bison21 septembre 2017
Une bonne raison de se tuer de Philippe Besson
Depuis combien de nuits ne s’est-elle pas endormie naturellement ? Depuis combien de temps a-t-elle besoin de ces comprimés ? Elle songe qu’il lui est arrivé cela : les pilules qu’elle prenait pour ne plus tomber enceinte ont été remplacées par des somnifères. Et il s’est écoulé un délai finalement très bref entre ces deux nécessités. A peine une poignée d’années.
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BlackKat21 septembre 2017
Angie de Karin Slaughter
Quand on aime quelqu’un, Will, on ne le blesse pas, on ne le torture pas. On ne le menace pas, on ne le fait pas vivre dans la terreur. L’amour, ça ne marche pas comme ça. Pas chez les gens normaux.
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