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Une amorce de solution, c’est la douceur, l’attention, la tendresse, le soin porté à nous-mêmes, pour accepter notre fragilité, nos limites, nos blessures. Lors d’une signature en librairie, je me souviens d’un parent dont le petit enfant, âgé de six ans, entendait le sublime morceau de la Campanella de Liszt dans sa tête. Il connaissait ce morceau par cœur. Nous avons tous une petite musique… Moi, c’est celle des Marionnettes, de Zbigniew Preisner, qui vient du film La Double Vie de Véronique. Je nous invite à garder précieusement, à chérir amoureusement dans notre cœur notre petite musique. 
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Les enfants sont des relais publicitaires très réceptifs. (...) De manière générale, les enfants sont reconnus comme plus sensibles à la dynamique d'affiliation/distinction et aux phénomènes de mode, et donc plus perméables aux associations de sens - valorisantes comme anxiogènes - mises en place par la publicité.

Chapitre 8. Le système domestique. Pages 199-200.
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Nous savons que nous autres, Noirs– et pas seulement nous autres, Noirs–, avons été et sommes encore les victimes d’un système dont l’unique moteur est la cupidité, dont l’unique dieu est le profit. Nous savons que ce système a engendré l’ignorance, le désespoir et la mort, et nous savons qu’il est condamné parce que le monde n’a plus les moyens de l’entretenir– si tant est qu’il en ait jamais eu les moyens. Nous savons aussi qu’au nom de la perpétuation de ce système, nous avons tous été brutalisés sans merci, abreuvés de mensonges sur nous- mêmes, nos semblables et notre passé, mais aussi sur l’amour, la vie et la mort, au point que nous nous sommes cru voués corps et âme à l’enfer.
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Pour jauger la santé d’une nation, ou discerner ce qu’elle considère réellement comme ses intérêts– ou encore la mesure dans laquelle elle peut être envisagée comme une nation plutôt que comme une coalition d’intérêts particuliers–, il suffit de considérer les personnes qu’elle élit pour la représenter ou la protéger. Un bref coup d’œil aux dirigeants (ou aux chefs de parti) américains suffit à voir que l’Amérique est au bord du chaos absolu. Il nous renseigne aussi sur l’avenir que les intérêts américains, si ce n’est la majorité du peuple américain, semblent vouloir réserver aux Noirs.
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Le triomphe américain– qui a toujours implicitement contenu la tragédie américaine– a été de faire en sorte que les Noirs se méprisent eux- mêmes. Quand j’étais enfant, je me méprisais moi- même et j’étais trop ignorant pour qu’il en soit autrement. Cela signifiait que même inconsciemment, même contre mon gré, même si cela me causait une grande souffrance, je méprisais aussi mon père. Et ma mère. Et mes frères. Et mes sœurs. Pendant mon enfance, tous les samedis soir, des Noirs s’entretuaient sur Lenox Avenue ; et personne ne leur expliquait, pas plus qu’à moi, que c’était justement ce que l’on attendait d’eux ; que si on les parquait là comme des animaux, c’était pour qu’ils se considèrent eux- mêmes comme ne valant guère plus que des animaux. Tout renforçait cette perception de la réalité, rien ne venait la contredire ; et c’est ainsi que l’on se trouvait prêt, le moment venu d’aller travailler, à être traité comme un esclave. C’est ainsi que l’on se trouvait prêt, quand advenaient les terreurs humaines, à se prosterner devant un Dieu blanc et à implorer Jésus pour obtenir le salut– le même Dieu blanc qui était incapable de lever le petit doigt, ne serait- ce que pour vous aider à payer votre loyer, ou de se réveiller à temps pour vous aider à sauver votre enfant !
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Après la sortie d’Einstein, le sexe et moi, dans lequel j’évoque ce à quoi j’ai été confronté, j’ai reçu beaucoup de messages de lecteurs qui n’ont pas de neuroatypie. J’ai compris alors à quel point l’expérience de l’exclusion est universelle. Il faudrait que l’on intègre que notre monde est comme un écosystème : une forêt dans laquelle on a besoin de biodiversité, de tous les arbres et végétaux, pas seulement de ceux qui sont (en apparence) les plus costauds, les plus utiles, les dominants, les plus présents. « Le combat spirituel est aussi brutal que la bataille d’hommes », écrivait mon cher Arthur Rimbaud. 
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J’ai ensuite continué à approfondir mon mal-être en suivant une psychanalyse pendant plusieurs années avec différents praticiens. Trouver un thérapeute avec lequel se sentir à l’aise n’est pas chose aisée. J’ai testé ceux qui ne parlent pas, ceux qui vous regardent gentiment, ceux qui vous regardent méchamment, ceux qui dorment pendant que vous parlez. Il y avait aussi celui qui parlait tout seul, et me racontait sa vie. Il me racontait à quel point c’était difficile d’être psychanalyste, qu’il préférerait être ostéopathe, son deuxième métier. Je l’écoutais, et à la fin de la séance, il avait l’air d’aller mieux. Mais c’était moi qui payais cinquante euros !  
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— Ils nous ont supprimé toute retraite !

— De toute façon, m'est avis qu'on ne vivra pas vieux !
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Que penserait James Baldwin, me demandent- ils, de Barack Obama ? Je peux désormais leur dire que je pense tenir la réponse. Dans un discours de 1961 pour le Comité de libération pour l’Afrique, Baldwin écrit : Bobby Kennedy a récemment fait la promesse enthousiasmante qu’un jour– dans trente ans, avec un peu de chance– je pourrais moi aussi être président. Je suppose qu’il n’a jamais traversé l’esprit de ce garçon– ni de ce pays– que je puisse ne pas en avoir envie. Quoi qu’il en soit, la question qui m’intrigue réellement n’est pas de savoir quand un autre de ces « premiers » Noirs deviendra président. Ce dont je suis vraiment curieux, c’est de quel genre de pays au juste cet homme sera le président.
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Peu à peu, je me suis senti bien avec moi-même. Bien dans mon corps mais surtout bien dans mon cœur. La possibilité d’être heureux en couple me paraît aujourd’hui une évidence, après tant d’années où cela me semblait absolument impossible. Apprendre à s’aimer soi-même, c’est le meilleur moyen d’être disponible pour aimer l’autre. 
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Je pourrais prendre l’image d’une bougie. Une flamme qui ne brille que pour elle, c’est comme un être humain abandonné au doute. Sitôt que quelqu’un approche, la flamme de la chandelle se transforme. Elle ne se consume pas en vain : elle éclaire. Éclairer les autres, c’est la plus belle chose que l’on puisse tenter de faire, la plus gratifiante aussi. Par ailleurs, je crois beaucoup en l’importance de l’éducation, en la chance donnée à toutes et à tous de s’en sortir, de s’épanouir, de croire en soi. Au sein de mon propre parcours de vie, et malgré toute ma volonté et ma détermination, je n’aurais pas réussi seul tout ce que j’ai entrepris. Rencontrer des personnes qui m’ont donné confiance, à différents moments, a été décisif. L’éducation fait partie de ces clés qui peuvent sauver. 
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Le colloque d'historiens, remède universel à l'insomnie.
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Et je suis heureux quand je « retourne à l’école », quand je rencontre des scolaires, car je me sens à ma place, enfin, et je peux partager honnêtement mon histoire ! Par exemple, j’ai adoré animer des ateliers d’écriture récemment, durant un an, avec des jeunes d’un lycée difficile de banlieue parisienne… Contrairement à mon expérience dans l’Éducation nationale, je n’étais plus là pour maintenir l’ordre, mais au contraire dans une position privilégiée et sincère pour partager un vécu, écouter, encourager, leur ouvrir une porte sur les métiers de création, éveiller leur sensibilité, les aider à s’exprimer… Je crois que dans la vie, tout le bonheur qu’on a vient de celui qu’on donne. 
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Pour les enseignants, la massification est à l’origine « de gros problèmes de niveau dans les premiers cycles » et de la nécessité pour les enseignants « de s’adapter au niveau des étudiants qui entrent, on ne peut plus faire comme s’ils avaient le niveau ». D’autres insistent sur leur manque de « structure logique » ou de capacité de réflexion, voire, tout simplement, sur leurs « problèmes de vocabulaire — les étudiants emploient un mot pour un autre... et de l’orthographe n’en parlons pas ». Baisse généralisée de la « qualité culturelle » des étudiants : suite à la massification, les étudiants manquent de connaissances générales. Et encore plus, de bon sens. Ce que signale à travers une anecdote un professeur de langues étrangères appliquées : « L’autre jour en parlant du film L’Evangile selon saint Mathieu une fille m’a dit qu’elle avait seulement vu le début du film et qu’elle ne savait pas comment ça finissait... »
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Les plus gros producteurs, distributeurs et importateurs d’une filière industrielle sont en fait les plus grands actionnaires de chaque éco-organisme placé en position de quasi-monopole ou de vrai monopole.

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Ainsi au conseil d’administration d’Eco-Emballages (devenu Citeo) siègent Coca-Cola, PepsiCo, Danone, Nestlé, Carrefour, Auchan, La Redoute, Heineken, L’Oréal, Système U… Ces groupes sont piégés par un conflit d’intérêts majeur. Étant donné le contrat liant l’éco-organisme Citeo à l’État, ils doivent maximiser les éco-participations demandées à leurs collègues pour financer un recyclage le plus efficace possible des emballages. Mais ils sont également obligés de faire payer le moins possible d’éco-participations à leur propre groupe pour maximiser ses profits.

_ un tour de passe-passe permet aux éco-organismes de transformer le principe du pollueur-payeur en celui de consommateur-payeur. Ni vu, ni connu… En fait, l’écoresponsabilité d’un producteur se résume donc à engranger du profit et à taxer, sans le dire, son consommateur, tout en prétendant lui-même participer au financement du recyclage. En réalité, chacune de ces entreprises privées s’est transformée en une sorte de percepteur, se faisant rembourser ses éco-contributions ! Tout à fait scandaleux, à un double titre. L’éco-contribution reste par définition à la charge du producteur qui, le cas échéant, doit réduire ses marges et non peser sur le consommateur. Sinon, ce double discours mensonger sur la REP (Responsabilité élargie des producteurs) déresponsabilise totalement les producteurs. Ceux-ci savent qu’ils pourront se rembourser de leurs éco-participations, quels que soient leurs efforts en matière d’éco-conception. Alors pourquoi s’en soucier ?
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Il n'y a que les innocents ou les stupides pour croire en la sincérité scientifique d'un compte rendu universitaire.
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À table, ce soir-là, Lanski me tendit son sachet d'hosties en me disant : « Goute, ce sont les chips du diable. » Je glissai une rondelle dans ma bouche, je la sentis s'amollir sur ma langue et se coller contre mon palais. J'en pris une autre, et une autre encore, je trouvai ça bon.

(p.66)
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L’écriture m’a permis de trouver ma place dans la société. « Et celui qui, souvent, a choisi son destin d’artiste parce qu’il se sentait différent, apprend bien vite qu’il ne nourrira son art, et sa différence, qu’en avouant sa ressemblance avec tous », écrit Albert Camus. Le sens que j’ai trouvé au fil des années n’est pas, n’est plus d’être le meilleur, mais plutôt d’être moi-même et de me rendre utile aux autres. Ce qu’Albert Camus dit de l’artiste, je crois qu’on peut le dire de tout être humain… 
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"Quelqu'un m'ennuie. Je crois que c'est moi."

Dylan Thomas
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Bien des enfants paient de leur vie les perversions, la folie, la cupidité ou l’égoïsme des adultes. On les voit victimes d’abus sexuels, de démences aveugles, de maltraitances et violences familiales, ou d’enlèvements contre rançon. Rien de tel dans la mort de Grégory. Pas d’histoire de sexe, de question d’argent, de rôdeur psychopathe ou de tueur en série, ni drame familial ni maltraitance. Grégory a été assassiné pour un autre motif : la haine. Une haine alimentée par deux autres sentiments malsains et souvent associés : la jalousie et le désir de vengeance. Mais il a fallu que l’assassin soit en proie à une immense folie pour en arriver à tuer de sang-froid un enfant de quatre ans !
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