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NineRouve   23 juin 2018
Boussole de Mathias Enard
P340 : « Il faut toujours s’intoxiquer : ce pays a l’opium, l’Islam le haschisch, l’Occident la femme. Peut-être l’amour est-il surtout le moyen qu’emploie l’Occident pour s’affranchir de sa condition humaine ». Malraux, dans la Condition humaine.
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Piatka   23 juin 2018
Puissance de la douceur de Anne Dufourmantelle
La douceur allège la peau, disparaît dans la texture même des choses, de la lumière, du toucher, de l’eau. Elle règne en nous par de minuscules brisures de temps, donne de l’espace, enlève leur poids aux ombres.
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NineRouve   23 juin 2018
Boussole de Mathias Enard
P296 : il regardait son verre en parlant, il le serrait à deux mains, calice profane de la mémoire.
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livre-esse   23 juin 2018
Les nigauds de l'oubli et autres saloperies de Ilaria Gremizzi
Je n'aurais pas pu vivre sans le placard à rascasses. Cela aurait été abominable de manquer d'un endroit où foutre le superflu, le lassant, le cassant, le cassé, le passé, l'inutile. Je n'aurais plus su où me rendre pour retrouver mes traces, fermer les yeux, rouvrir mes plaies. C'était si inutile et si beau.
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NineRouve   23 juin 2018
Boussole de Mathias Enard
P272 : rien ne représente plus l’esprit moderne que cette étrange idée, la grille d’arbre.
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NineRouve   23 juin 2018
Boussole de Mathias Enard
P267 : Je tourne autour de l’amour. Je remue ma petite cuiller dans la tasse vide.
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NineRouve   23 juin 2018
Boussole de Mathias Enard
P261 : Pourquoi suis-je si remonté contre Wagner ce soir ? C’est peut-être l’influence de la boussole de Beethoven, celle qui marque l’est. Wagner est le Zahir, l’apparent, le sinistre Occident sec. Il barre les rivières souterraines. Wagner est un barrage, avec lui le ruisseau de la musique européenne déborde. Wagner ferme tout. Détruit l’opéra. Il noie. L’œuvre totale devient totalitaire. Qu’y a-t-il dans son amande ? Le Tout. L’illusion du Tout. Le chant, la musique, la poésie, le théâtre, la peinture avec nos décors, les corps avec nos acteurs et même la nature avec notre Rhin et nos chevaux. Wagner, c’est la République islamique. Malgré son intérêt pour le bouddhisme, malgré sa passion pour Schopenhauer, Wagner transforme toute cette altérité en soi chrétien. Les Vainqueurs, opéra bouddhiste, devient Parsifal, opéra chrétien. Nietzsche est le seul qui a su s’éloigner de cet aimant. Qui a su en percevoir le danger. Wagner : tuberculeux. Nietzsche : syphilitique. Nietzsche penseur, poète, musicien. Nietzsche voulait méditerraniser la musique. Il aimait les exotiques exubérances de Carmen, le son de l’orchestre de Bizet. Il aimait. Nietzsche voyait l’amour dans le soleil allé avec la mer à Rapallo, dans les lumières secrètes de la côte italienne, où les verts les plus denses soufrent dans le mercure. Nietzsche avait compris que la question de Wagner n’était pas tant les sommets qu’il avait pu atteindre que l’impossibilité de sa succession, la mort d’une tradition qui n’était plus vivifiée (dans le même) par l’altérité. L’horrible modernité wagnérienne.
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NineRouve   23 juin 2018
Boussole de Mathias Enard
P231 : Moussa [un artilleur sénégalais prisonnier dans un camp musulman] n’est plus de la chair à canon, mais de la chair à ethnologues, orientalistes propagandistes ; tous les savants de l’Empire visitent le camp et s’entretiennent avec les prisonniers, pour apprendre leurs mœurs, leurs coutumes.
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Liliz   23 juin 2018
On fait la taille de Emile Jadoul
Je ne suis pas si petite que ça !

On fait la taille, tu vas voir.

Et ne triche pas ! dit la poule.
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NineRouve   23 juin 2018
Boussole de Mathias Enard
P208 : Pourquoi n’y a-t-il pas de Pléiade en Allemagne ou en Autriche ? […] La Pléïade est bien plus qu’une collection, c’est une affaire d’Etat. L’entrée d’un tel ou un tel sous la protection du rhodoïd et du cuir déchaîne les passions. Le comble pour un écrivain étant bien sûr d’y rentrer de son vivant — profiter de son tombeau, faire l’expérience (qu’on suppose agréable) de la gloire posthume sans encore engraisser les pissenlits par la racine. Le pire (mais je ne pense pas que le cas soit attesté) serait, après y être entré, d’en être exclu de son vivant.
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NineRouve   23 juin 2018
Boussole de Mathias Enard
P191 : de Lucie Delarue-Mardrus : « Les Orientaux n’ont aucun sens de l’Orient. Le sens de l’Orient, c’est nous autres les Occidentaux, nous autres les roumis qui l’avons. »
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NineRouve   23 juin 2018
Boussole de Mathias Enard
P188 : Il y a un rêve d’Orient dans les récits arabes eux-mêmes, rêve de pierreries, de soieries, de beauté, d’amour et ce rêve qui, pour nous, est un songe oriental est en fait une rêverie biblique et coranique ; il ressemble aux descriptions du Paradis du Coran, où l’on nous présentera des vases d’or et des coupes remplies de tout ce que notre goût pourra désirer, et tout ce qui charmera nos yeux, où nous aurons des fruits en abondance, dans des jardins et des sources, où nous porterons des vêtements de soie fine et de brocart, où nous aurons pour épouses des houris aux beaux yeux, où l’on nous servira à boire un nectar cacheté de musc.
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NineRouve   23 juin 2018
Boussole de Mathias Enard
P186 : puis l’aurore a passé ses doigts de rose au travers de la brume.
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NineRouve   23 juin 2018
Boussole de Mathias Enard
P185 : Nous sommes condamnés, comme dit Montaigne dans son dernier Essai, à penser comme on pisse, en chemin, vite et furtivement, en espions.
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NineRouve   23 juin 2018
Boussole de Mathias Enard
P161 : elle doit me haïr aujourd’hui, en plus j’ai dû sans le vouloir l’empêcher de déguster son tiramisu si mou — il faut être italien pour avoir l’idée de ramollir dans du café des biscuits à la cuillère, tout le monde sait qu’il est impossible de les tremper dans quoi que ce soit, ils ont l’air durs (!) mais aussitôt qu’on les trempe ils commencent à pendre lamentablement, pendre et tomber dans la tasse. Quelle idée de fabriquer du mou.
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NineRouve   23 juin 2018
Boussole de Mathias Enard
P155 : Une outre de peau, une outre qui donne aux liquides son parfum caractéristique de chèvre et de goudron : le pétrole et l’animal, voilà le goût de l’Arabie.
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NineRouve   23 juin 2018
Boussole de Mathias Enard
p154 : parfois un baiser change une vie entière, le destin s’infléchit, se courbe, fait un détour.
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NineRouve   23 juin 2018
Boussole de Mathias Enard
P150 : les toubibs ou les astronomes aiment à donner leurs propres noms à leurs découvertes, les botanistes, ceux de leurs femmes
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NineRouve   23 juin 2018
Boussole de Mathias Enard
P119 : Félicien David […] premier grand musicien oriental, oublié de tous ceux qui se sont consacrés corps et âme aux liens entre l’Est et l’Ouest, sans s’arrêter aux combats des ministres de la Guerre ou des Colonies, rarement joué aujourd’hui, peu enregistré et pourtant adulé par les compositeurs de son temps comme ayant brisé quelque chose, comme ayant fait naître un grondement neuf, une sonorité nouvelle […] mort[…] comme Ismaÿl Urbain le premier Français algérien, ou premier orientaliste à avoir œuvré à une Algérie pour les Algériens dès les années 1860, contre les Maltais, les Siciliens, les Espagnols et les Marseillais qui formaient l’embryon de colons rampant dans les ornières tracées par les bottes des militaires : Ismaÿl Urbain avait l’oreille de Napoléon III et peu s’en fallut que le sort du monde arabe s’en fut changé, mais les politiciens français et anglais sont des couards retors qui se regardent surtout le fait-pipi dans la glace, et Isamÿl Urbain l’ami d’Abd el-Kader mourut, et il n’y avait plus rien à faire, la politique de la France et de la Grande-Bretagne était prise de bêtise, engluée dans l’injustice, la violence et la veulerie.

Entretemps, il y avait eu Félicien David, Delacroix, Nerval, tous ceux qui visitèrent la façade de l’Orient, d’Algésiras à Istanbul, ou son arrière-cour, de l’Inde à la Cochinchine ; entretemps, cet Orient avait révolutionné l’art, les lettres et la musique, surtout la musique : après Félicien David, rien ne serait comme avant. Cette pensée est peut-être un vœu pieux, tu exagères, dirait Sarah, mais bon dieu, j’ai démontré tout cela, j’ai écrit tout cela, j’ai montré que la révolution dans la musique aux XIXè et XXè siècles devait tout à l’Orient, qu’il ne s’agissait pas de « procédés exotiques », comme on le croyait auparavant, que l’exotisme avait un sens, qu’il faisait entrer des éléments extérieurs, de l’altérité, qu’il s’agit d’un large mouvement, qui rassemble entre autres Mozart, Beethoven, Schubert, Liszt, Berlioz, Bizet, Rimski-Korsakov, Debussy, Bartók, Hindemith, Schönberg, Szymanowski, des centaines de compositeurs dans toute l’Europe, sur toute l’Europe souffle le vent d’altérité, tous ces grands hommes utilisent ce qui leur vient de l’Autre pour modifier le Soi, pour l’abâtardir, car le génie veut la bâtardise, l’utilisation de procédés extérieurs pour ébranler la dictature du chant d’église et de l’harmonie, pourquoi est-ce que je m’énerve contre mon oreiller maintenant…

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Liliz   23 juin 2018
Bonjour Père Noël de Matthieu Maudet
Ah ! Ah !

Ça m'apprendra à vouloir faire plaisir aux enfants.
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