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Jacopo   19 août 2018
Le folklore. de Arnold Van Gennep
Ceux qui ont affranchi l'étude des contes populaires de toute tendance mondaine ou moralisatrice, ce sont les frères Grimm, qui se reconnaissent comme les continuateurs de Perrault et qui, du même coup, ont fondé, la dialectologie germanique : loin de littérariser les textes recueillis, ils les ont publiés avec toutes leurs particularités phonétiques et grammaticales ; quand on leur a récité des contes en patois, ils ont écrit ce patois exactement tel qu'ils l'entendaient. La première édition des Contes de Grimm était mince ; peu à peu leur recueil a grandi, comme l'a bien montré Tonnelat, alors que, malheureusement pour nous, Perrault n'eut pas l'idée, en voyant le succès du sien, de tenter d'y ajouter encore.
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Jacopo   19 août 2018
Le folklore. de Arnold Van Gennep
Le mot folklore a été emprunté à l'anglais : folk, peuple et lore, connaissance, étude. C'est donc la science qui a pour objet d'étudier le peuple, W.-J. Thoms fabriqua ce mot de toutes pièces en 1846 pour remplacer une autre expression, trop incommode, celle de Popular antiquities, Antiquités populaires, titre d'un livre célèbre de Brandi où étaient décrites les croyances et les coutumes des populations rurales anglaises. On ne pouvait avec cette expression malencontreuse ni délimiter le domaine même de la science qu'elle désignait, ni former un adjectif commode. Au lieu que folklore donne normalement folkloriques, folkloriste, tout comme son équivalent allemand Volskskunde donne l'adjectif volkskuendlich et se rapporte à une recherche qui n'est pas seulement historique, mais aussi directe.
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coco4649   19 août 2018
Oniriques de Jean Joubert
Le visage que tu portes...





Le visage que tu portes,

où tu caches sous la peau

de farouches animaux

qui rodent dans les clairières,



arrache-le ! Tu retrouves

sous la ténébreuse image

la nuit d'un autre visage

qu'il faut encore déchirer.



Et de visage en visage,

arrachés et déchirés,

lèvres noires, plaies figées

au rivage du miroir,



tu gagnes ta propre image

ta demeure d'écorché

où des griffes de clarté

poussent d'étranges ravages :



beau visage de vivant,

camaïeu d'os et de nerfs,

forêt de veines, d'artères

où battent les tambours du sang.
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Jacopo   19 août 2018
Les rites de passage de Arnold Van Gennep
Classes, castes et professions. Bien que l'appartenance à telle ou telle caste ou classe sociale soit héréditaire, tout comme l'est celle à tels ou tels groupes totémiques, magico-religieux, etc., il est rare que l'enfant en soit considéré comme un membre proprement dit, « complet », dès sa naissance. A un âge qui varie suivant les populations, il lui faut s'agréger par des cérémonies qui se distinguent de celles dont il vient d'être parlé en ce que l'élément magico-religieux y est moindre, l'élément politico-juridique et social général étant au contraire le plus important.
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coco4649   19 août 2018
Saison d'appel de Jean Joubert
Éparpille, cherchant le lieu d'asile...





Éparpille, cherchant le lieu d'asile,

l'ordre fermé, le centre où se dissout

la meute de poussière ‒ tu tournoies.



Quel messager ? Le feu, la nuit, la pierre,

l'arbre fige ou bien l'oiseau fuyant

son propre cri dans le déluge de lumière ?



‒ alors insaisissable, qui lacère

le visage mêlé au froid de sa dérive.



Dans le grand jour panique se dispersent

l'arbre, le feu, la terre délitée...



Saison d'appel, homme sans ombre,

glorieuse, épouvantable clarté.
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Jacopo   19 août 2018
Les rites de passage de Arnold Van Gennep
Dans les cérémonies catholiques d'affiliation à un ordre religieux, il y a toujours une partie qui demeure fixée une fois pour toutes et conforme au Rituel, soit Romain, soit Gallican, etc., et une partie qui varie avec l'ordre religieux. Ainsi l'entrée aux Carmélites comporte les rites des funérailles suivis de rites de résurrection.
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Jacopo   19 août 2018
Les rites de passage de Arnold Van Gennep
Tous ces rites, qui ont un but spécial et actuel, se juxtaposent aux rites de passage ou s'y combinent, et de manière parfois si intime qu'on ne sait si tel rite de détail est, par exemple, un rite de protection ou un rite de séparation. Ce problème se pose entre autres à propos des diverses formes des rites dits de purification, lesquels peuvent être une simple levée de tabou, et par suite ôter la qualité impure seulement, ou être des rites proprement actifs, qui donnent la qualité de pureté.
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Jacopo   19 août 2018
Les rites de passage de Arnold Van Gennep
D'où la ressemblance générale des cérémonies de la naissance, de l'enfance, de la puberté sociale, des fiançailles, du mariage, de la grossesse, de la paternité, de l'initiation aux sociétés religieuses et des funérailles. En outre, ni l'individu, ni la société ne sont indépendants de la nature, de l'univers, lequel est lui aussi soumis à des rythmes qui ont leur contrecoup sur la vie humaine. Dans l'univers aussi, il y a des étapes et des moments de passage, des marches en avant et des stades d'arrêt relatif, de suspension. Aussi doit-on rattacher aux cérémonies de passage humaines, celles qui se rapportent aux passages cosmiques : d'un mois à l'autre (cérémonies de la pleine lune, par exemple) d'une saison à l'autre (solstices, équinoxes), d'une année à l'autre (Jour de l'An, etc.).
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coco4649   19 août 2018
Le Chasseur de Sylans Précédé de Campagnes secrètes de Jean Joubert
 

 

Un coup d'épaule de la nuit.

La forêt lâche ses vieillards au long des sentes,

bâille, s'étire et fait craquer l'ossature des lianes.



Qui parle ?



Chevaux cabrés, crinières, chevelures

écument l'air moisi de mousses et de brumes.

L'oiseau ricoche de feuille en feuille et se fige,

statue de bronze éteint et griffant une branche.

La grande peur lisse l'échine d'un renard

qui sèche au vent le sang de son museau

et s'étonne de cette contagion rouge dans les nuages.



Qui parle sous l'écorce, la boue ?

Quelle bouche étouffée par des chevelures ?



Aux berges du bayou la lune se baigne

comme une fille de maître, blanche et nue parmi les servantes.

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Jacopo   19 août 2018
Les rites de passage de Arnold Van Gennep
Tout changement dans la situation d'un individu y comporte des actions et des réactions entre le profane et le sacré, actions et réactions qui doivent être réglementées et surveillées afin que la société générale n'éprouve ni gène ni dommage. C'est le fait même de vivre qui nécessite les passages successifs d'une société spéciale à une autre et d'une situation sociale à une autre : en sorte que la vie individuelle consiste en une succession d'étapes dont les fins et commencements forment des ensembles de même ordre : naissance, puberté sociale, mariage, paternité, progression de classe, spécialisation d'occupation, mort. Et à chacun de ces ensembles se rapportent des cérémonies dont l'objet est identique : faire passer l'individu d'une situation déterminée à une autre situation tout aussi déterminée.
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Jacopo   19 août 2018
Les rites de passage de Arnold Van Gennep
Chaque société générale contient plusieurs sociétés spéciales, qui sont d'autant plus autonomes et dont les contours sont d'autant plus précis que la société générale se trouve à un degré moindre de civilisation. Dans nos sociétés modernes, il n'y a de séparation un peu nette qu'entre la société laïque et la société religieuse, entre le profane et le sacré. Depuis la Renaissance, les rapports entre ces deux sociétés spéciales ont, à l'intérieur des nations et des états, subi toutes sortes d'oscillations.
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coco4649   19 août 2018
Saison d'appel de Jean Joubert
Ébranche ton orgueil…





Ébranche ton orgueil, réduis le geste, ne t'emploie

qu'au brisement des terres les plus noires

et n'oublie pas d'enclore, d'irriguer.



Que ta main fasse vœu de connivence,

que la racine ait ta complicité

et le feuillage aux cimes ta louange.



Ta pauvreté se vêt de transparence,

ton ombre suit l'ombre de toute sève.

Muet, tu cries. Pesant, tu te délivres.

Seul, te voici de ruches habité.

Tu tiens au doigt la lumière du monde.

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Jacopo   19 août 2018
Textes inédits sur le folklore français contemporain de Arnold Van Gennep
Il va sans dire que la Révolution n'affecta ni les chansons populaires, ni les récits merveilleux et fantastiques, ni l'art décoratif rural, ni les centaines d'observances auxquelles le clergé officiel ne participait pas antérieurement, ni le recours aux rebouteux et aux guérisseurs de toute sorte. Même dans les villes, les hommes eurent beau hurler contre les superstitions et leurs suppôts, les femmes conservèrent leurs croyances ; et comme à la fin de l'Empire il ne restait plus que peu d'hommes dans les familles, les femmes rétablirent tout tranquillement la situation selon leurs propres tendances mentales et rituelles.
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aimeryjoessel   19 août 2018
Écoutez nos défaites de Laurent Gaudé
Tout ce qui se dépose en nous, année après année, sans que l'on s'en aperçoive : des visages qu'on pensait oubliés, des sensations, des idées que l'on était sûr d'avoir fixées durablement, puis qui disparaissent, reviennent, disparaissent à nouveau, signe qu'au-delà de la conscience quelque chose vit en nous qui nous échappe mais nous transforme, tout ce qui bouge là, avance obscurément, année après année, souterrainement, jusqu'à remonter un jour et nous saisir d'effroi presque, parce qu'il devient évident que le temps a passé et qu'on ne sait pas s'il sera possible de vivre avec tous ces mots, toutes ces scènes vécues, éprouvées, qui finissent par vous charger comme on le dirait d'un navire.
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coco4649   19 août 2018
Le Chasseur de Sylans Précédé de Campagnes secrètes de Jean Joubert
LA BOUCHE





Bouche qui fus la fleur de nos glaciers,

seule présence écarlate en ce lieu

où ne neigeaient que lumière et que chaux,



oiseau de braise et rose déchirée,

torche où veillait une furtive flamme

dans le silence irrité de la nuit:



à d'autres vents se creuse ton baiser,

pour d'autres yeux tu brûles, tu fleuris,

tu vas soufflant promesse de brasier,



tandis que nous comptons dans la pâleur

du jour que lèche une langue de pierre

le peu de biens que nous laisse l'hiver.

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Jacopo   19 août 2018
Textes inédits sur le folklore français contemporain de Arnold Van Gennep
La grande chance de l'Allemagne en matière de folklore au XIXe siècle se trouve dans les frères Grimm ; mais leurs travaux trouvèrent un terrain favorable dans l'intérêt que suscitaient depuis longtemps dans ce pays les traditions populaires germaniques. Van Gennep, s'interrogeant comme dans le texte précédent sur les raisons du désintérêt manifesté en France pour le folklore durant le XIXe siècle, incrimine ici les institutions académiques et universitaires qui estimaient comme dignes d'attention les seuls Grecs et Romains.
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coco4649   19 août 2018
Jean Joubert. Poèmes d'absence de Jean Joubert
MARÉE





extrait 2



L'ombre défendue.

Le chant qui défaille.

Une coque bâille

Au vent qui la tue.



Le soleil dévore

De pâles méduses.

La mer au loin s'use

En jeux incolores.



Trop tard si la force

Un instant perdue

S'amasse et reflue

Vers la rive sèche:



La vague ne sent

À ses lèvres bleues

Que le baiser creux

De mille ossements.
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Jacopo   19 août 2018
La Formation des Légendes de Arnold Van Gennep
Qu'il s'agisse d'une légende et d'un conte populaires ou d'une nouvelle littéraire moderne, le sujet traité peut s'exposer en peu de phrases. Un jeune homme pauvre est enrichi grâce aux ruses d'un animal merveilleux : tel est le thème du Chat Botté. Un mari est empêché de punir sa femme désobéissante : on reconnaît Barbe-Bleue. Des récits qui couvrent des pages et des pages peuvent être ainsi résumés en quelques mots.

Les ethnographes et folk-loristes américains ont pris l'habitude d'accompagner les textes recueillis de leur résumé thématique. Bien mieux, on tend même, dans les mémoires spéciaux, à ne plus désigner chaque thème que par un mot type, le catch-word.
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coco4649   19 août 2018
Jean Joubert. Poèmes d'absence de Jean Joubert
MARÉE





extrait 1



La vie se retire,

Tire ses galets :

Par cette marée

Le désert empire.



Epaves, larcins,

Monstres affalés,

Feuillages brûlés

Des arbres marins



S'entassent, s'emmêlent

Dans les plis salés

Du sable léché

Par l'ennui du jour.

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Jacopo   19 août 2018
La Formation des Légendes de Arnold Van Gennep
On ne sait d'où Perrault a tiré Cendrillon, mais on sait qu'il existe plus de 400 variantes de ce conte, de tous temps et en tous pays. On ne sait de quel matelot ni de quelle localité Homère tenait la légende de Polyphème, mais on sait que ce même thème du Monstre Anthropophage se rencontre dans toute l'Europe moderne et au Caucase.
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