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JIMEDE   23 avril 2018
L'écrivain public de Dan Fesperman
Les gars sourient tous, car il s'en va au bras d'une certaine Maria, une poupée aux cheveux noirs, belle des pieds à la tête, une de ces femmes fatales dont la seule présence annonce déjà des larmes. Vous pouvez parier à coup sûr qu'elles ne couleront pas sur ses joues, car on sait que les poupées ne pleurent pas.
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Mimimelie   23 avril 2018
André Derain de Pierre Cabanne
Or, tandis que les peintres vedettes de la collaboration, Vlaminck et Van Dongen surtout, reçoivent tous les honneurs et exposent dans les principales galeries, seules des œuvres anciennes de Derain y sont présentées. Il ne fera aucune exposition dans le Paris occupé.
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Mimimelie   23 avril 2018
André Derain de Pierre Cabanne
« Et pourtant il ne voulait peut-être que fixer un peu l’apparence des choses, l’apparence merveilleuse, attrayante et inconnue de tout ce qui l’entourait » écrira Giacometti. Ce texte de « Derrière le miroir est toujours à citer tant il est intelligemment lucide sur le « cas Derain ».
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Mimimelie   23 avril 2018
André Derain de Pierre Cabanne
Vers 1934 ou 35, Derain avait fait la connaissance d’un jeune peintre…. : il signait ses œuvres Balthus. …. Balthus est un réaliste qui recherche avec passion la densité de la matière picturale.

Il tente de mettre un métier appris avec sérieux au service d’une vision énigmatique du quotidien et ne dédaigne pas les suggestions érotiques : elles feront croire aux surréalistes qu’ils peuvent le compter parmi eux, mais il ne leur donne aucun gage et se tient à l’écart.
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Mimimelie   23 avril 2018
André Derain de Pierre Cabanne
Elie Faure publie dans « L’Amour de l’art » de juin 1931 un article qui déclenche des protestations indignée : il y annonce en effet, sous le titre provocateur « Agonie de la peinture », la fin d’un art qui, « débusqué de ses positions statiques par le dynamisme du cinéma et de la radiodiffusion, a cessé de représenter une utilité sociale »



… Plus loin, Elie Faure invoque « la borne posée par Derain à nos dérèglements plastiques ». C’est donc à la mission de « régulateur » du peintre qu’après bien d’autres il fait appel.
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Mimimelie   23 avril 2018
André Derain de Pierre Cabanne
… s’il manque parfois d’aisance, s’il se montre tendu, inquiet et peu sûr de lui, c’est qu’il est peut-être un classique malgré lui. Prisonnier moins de sa maîtrise ou de sa culture que des ambiguïtés de l’époque.
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Mimimelie   23 avril 2018
André Derain de Pierre Cabanne
Arlequin et Pierrot, exposé chez Paul Guillaume en 1929, eut un succès considérable : la critique ne tarit pas d’éloges. Jean Cassou, que l’on ne peut accuser d’être stipendié par le marchand, écrit dans Cahiers d’art en octobre 1926 que les tableaux de Derain sont « les plus solides, les plus sérieux peut-être que l’on ait construits depuis Corot et Cézanne ». Jacques Guenne assure que c’est le seul tableau peut-être de notre temps capable de tenir auprès des peintres du Cinquecento » !
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Mimimelie   23 avril 2018
André Derain de Pierre Cabanne
On se méprend devant la carrure de colosse de Derain, ce géant a un cœur de midinette et une incurable naïveté. C’est un costaud mou.

Passionné par le mystère du monde, grand lecteur e littérature ou de poésie hermétique, occultiste, symbolique, il déplore que la peinture ait perdu le sien, les secrets des nombres, les significations mystiques, esthétiques ou ésotériques des anciennes règles de composition, des proportions, leurs calculs mathématiques, les formules qui permettent d’atteindre le Beau idéal platonicien. Comme Degas, Derain aurait pu dire : « Nous avons perdu notre chapeau de magicien ».
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Aeon   23 avril 2018
Méditations poétiques de Alphonse de Lamartine
Adieu



Oui, j'ai quitté ce port tranquille,

Ce port si longtemps appelé,

Où loin des ennuis de la ville,

Dans un loisir doux et facile,

Sans bruit mes jours auraient coulé.

J'ai quitté l'obscure vallée,

Le toit champêtre d'un ami ;

Loin des bocages de Bissy,

Ma muse, à regret exilée,

S'éloigne triste et désolée

Du séjour qu'elle avait choisi.

Nous n'irons plus dans les prairies,

Au premier rayon du matin,

Egarer, d'un pas incertain,

Nos poétiques rêveries.

Nous ne verrons plus le soleil,

Du haut des cimes d'Italie

Précipitant son char vermeil,

Semblable au père de la vie,

Rendre à la nature assoupie

Le premier éclat du réveil.

Nous ne goûterons plus votre ombre,

Vieux pins, l'honneur de ces forêts,

Vous n'entendrez plus nos secrets ;

Sous cette grotte humide et sombre

Nous ne chercherons plus le frais,

Et le soir, au temple rustique,

Quand la cloche mélancolique

Appellera tout le hameau,

Nous n'irons plus, à la prière,

Nous courber sur la simple pierre

Qui couvre un rustique tombeau.

Adieu, vallons; adieu, bocages ;

Lac azuré, rochers sauvages,

Bois touffus, tranquille séjour,

Séjour des heureux et des sages,

Je vous ai quittés sans retour.



Déjà ma barque fugitive

Au souffle des zéphyrs trompeurs,

S'éloigne à regret de la rive

Que n'offraient des dieux protecteurs.

J'affronte de nouveaux orages ;

Sans doute à de nouveaux naufrages

Mon frêle esquif est dévoué ,

Et pourtant à la fleur de l'âge,

Sur quels écueils, sur quels rivages

N'ai-je déjà pas échoué ?

Mais d'une plainte téméraire

Pourquoi fatiguer le destin ?

A peine au milieu du chemin,

Faut-il regarder en arrière ?

Mes lèvres à peine ont. goûté

Le calice amer de la vie,

Loin de moi je l'ai rejeté ;

Mais l'arrêt cruel est porté,

Il faut boire jusqu'à la lie !

Lorsque mes pas auront franchi

Les deux tiers de notre carrière,

Sous le poids d'une vie entière

Quand mes cheveux auront blanchi,

Je reviendrai du vieux Bissy

Visiter le toit solitaire

Où le ciel me garde un ami.

Dans quelque retraite profonde,

Sous les arbres par lui plantés,

Nous verrons couler comme l'onde

La fin de nos jours agités.

Là, sans crainte et sans espérance,

Sur notre orageuse existence,

Ramenés par le souvenir,

Jetant nos regards en arrière,

Nous mesurerons la carrière,

Qu'il aura fallu parcourir.



Tel un pilote octogénaire,

Du haut d'un rocher solitaire,

Le soir, tranquillement assis,

Laisse au loin égarer sa vue

Et contemple encor l'étendue

Des mers qu'il sillonna jadis.
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Aeon   23 avril 2018
Poèmes saturniens de Paul Verlaine
Mon rêve familier



Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant

D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime

Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même

Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.



Car elle me comprend, et mon coeur, transparent

Pour elle seule, hélas ! cesse d'être un problème

Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,

Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.



Est-elle brune, blonde ou rousse ? — Je l'ignore.

Son nom ? Je me souviens qu'il est doux et sonore

Comme ceux des aimés que la Vie exila.



Son regard est pareil au regard des statues,

Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a

L'inflexion des voix chères qui se sont tues.
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Pierre Rousselet-Blanc
rulhe   23 avril 2018
Pierre Rousselet-Blanc
- qui veut voyager loin,

ménage sa monture.
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rulhe   23 avril 2018
La mort vient en jouant de Jacques Blois
- voyager vous laisse d, abord sans voix, avant de vous transformer en conteur.
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Aeon   23 avril 2018
Les Fleurs du Mal de Charles Baudelaire
Alchimie de la douleur



L'un t'éclaire avec son ardeur,

L'autre en toi met son deuil, Nature !

Ce qui dit à l'un : Sépulture !

Dit à l'autre : Vie et splendeur !



Hermès inconnu qui m'assistes

Et qui toujours m'intimidas,

Tu me rends l'égal de Midas,

Le plus triste des alchimistes ;



Par toi je change l'or en fer

Et le paradis en enfer ;

Dans le suaire des nuages



Je découvre un cadavre cher,

Et sur les célestes rivages

Je bâtis de grands sarcophages.
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autempsdeslivres   23 avril 2018
Le jardin de l'oubli de Clarisse Sabard
Un souvenir, c'est aussi le fragment d'une chose passée qui ne reviendra plus. C'est de la nostalgie en intraveineuse
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Aeon   23 avril 2018
Les Fleurs du Mal de Charles Baudelaire
A celle qui est trop gaie



Ta tête, ton geste, ton air

Sont beaux comme un beau paysage ;

Le rire joue en ton visage

Comme un vent frais dans un ciel clair.



Le passant chagrin que tu frôles

Est ébloui par la santé

Qui jaillit comme une clarté

De tes bras et de tes épaules.



Les retentissantes couleurs

Dont tu parsèmes tes toilettes

Jettent dans l'esprit des poètes

L'image d'un ballet de fleurs.



Ces robes folles sont l'emblème

De ton esprit bariolé ;

Folle dont je suis affolé,

Je te hais autant que je t'aime !



Quelquefois dans un beau jardin

Où je traînais mon atonie,

J'ai senti, comme une ironie,

Le soleil déchirer mon sein ;



Et le printemps et la verdure

Ont tant humilié mon coeur,

Que j'ai puni sur une fleur

L'insolence de la Nature.



Ainsi je voudrais, une nuit,

Quand l'heure des voluptés sonne,

Vers les trésors de ta personne,

Comme un lâche, ramper sans bruit,



Pour châtier ta chair joyeuse,

Pour meurtrir ton sein pardonné,

Et faire à ton flanc étonné

Une blessure large et creuse,



Et, vertigineuse douceur !

A travers ces lèvres nouvelles,

Plus éclatantes et plus belles,

T'infuser mon venin, ma soeur !
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Harmonide   23 avril 2018
La tragédie du roi Christophe de Aimé Césaire
Secousse puissance du dire

du faire, de construire, de bâtir,

d'être, du nommer, du lier, du refaire.
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madamedekeravel   23 avril 2018
L'Écrivain National de Serge Joncour
Lire c'est voir le monde par mille regards.
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Aeon   23 avril 2018
Poésies de Arthur Rimbaud
Accroupissement



Bien tard, quand il se sent l'estomac écoeuré,

Le frère Milotus, un oeil à la lucarne

D'où le soleil, clair comme un chaudron récuré,

Lui darde une migraine et fait son regard darne,

Déplace dans les draps son ventre de curé.



Il se démène sous sa couverture grise

Et descend, ses genoux à son ventre tremblant,

Effaré comme un vieux qui mangerait sa prise,

Car il lui faut, le poing à l'anse d'un pot blanc,

À ses reins largement retrousser sa chemise !



Or il s'est accroupi, frileux, les doigts de pied

Repliés, grelottant au clair soleil qui plaque

Des jaunes de brioche aux vitres de papier ;

Et le nez du bonhomme où s'allume la laque

Renifle aux rayons, tel qu'un charnel polypier



Le bonhomme mijote au feu, bras tordus, lippe

Au ventre : il sent glisser ses cuisses dans le feu,

Et ses chausses roussir, et s'éteindre sa pipe ;

Quelque chose comme un oiseau remue un peu

À son ventre serein comme un monceau de tripe !



Autour dort un fouillis de meubles abrutis

Dans des haillons de crasse et sur de sales ventres ;

Des escabeaux, crapauds étranges, sont blottis

Aux coins noirs : des buffets ont des gueules de chantres

Qu'entrouvre un sommeil plein d'horribles appétits.



L'écoeurante chaleur gorge la chambre étroite ;

Le cerveau du bonhomme est bourré de chiffons.

Il écoute les poils pousser dans sa peau moite,

Et parfois, en hoquets fort gravement bouffons

S'échappe, secouant son escabeau qui boite...



Et le soir aux rayons de lune, qui lui font

Aux contours du cul des bavures de lumière,

Une ombre avec détails s'accroupit, sur un fond

De neige rose ainsi qu'une rose trémière...

Fantasque, un nez poursuit Vénus au ciel profond.
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rulhe   23 avril 2018
Un mari c'est un mari de Frédérique Hébrard
- un chien, un chat c'est un Coeur avec du poil autour.
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gavarneur   23 avril 2018
Mille et une raisons de désespérer de Peter Kassovitz
Sur le chemin du retour je conduis doucement, profitant du soleil d'automne qui allume les champs. Retrouver ces images familières et pourtant toujours inattendues, c'est chaque fois une émotion intacte. Émotion qui prouve – soit dit en passant – que j'avais tort de m'inquiéter pour mon « identité ». (Mot galvaudé par nos tabloïds et nos penseurs, comme Vivaldi l'a été par les répondeurs et les supermarchés, mais je n'en ai pas d'autre.)

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