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Citations les plus appréciées
ninosairosse   05 juin 2022
Le voyage de l'éléphant de José Saramago
[...], Faut bien mourir de quelque chose, monsieur le curé, Ne me sors pas ce genre d'âneries, laisse les évangiles en paix et prête davantage attention à ce que je dis à l'église, ma mission, et celle de personne d'autre, c'est d'indiquer le droit chemin, rappelle-toi que qui s'engage sur les chemins de traverse ne sort jamais de la voie de la tristesse, Oui, monsieur le curé,[...]



p69
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Ladybirdy   05 juin 2022
Le silence des repentis de Kimi Cunningham Grant
Elle ne respecte personne, la guerre. Même quand elle ne touche pas au corps, elle abîme l’âme.  
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Sachka   30 mai 2022
Le péché de Zakhar Prilepine
Je n'ai même pas trente ans, et je suis heureux.

Je ne pense pas à la fragilité de la vie ; cela fait sept ans que je n'ai pas pleuré - exactement depuis la minute où mon unique m'a dit qu'elle m'aimait, qu'elle m'aimait et qu'elle serait ma femme. Dès cet instant, je n'ai pas trouvé une seule minute pour les larmes, je ris au contraire très souvent et, plus souvent encore, je souris en pleine rue - à mes pensées, à mes amours, qui scandent à trois cœurs la mélodie de mon bonheur.

Et je caresse le dos de mon aimée, la tête de mes enfants, et je caresse aussi mes joues non rasées, et mes paumes sont tièdes, et derrière la vitre, c'est la neige et le printemps, la neige et l'hiver, la neige et l'automne. C'est mon pays, c'est là que nous vivons.
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Dylan Thomas
Tandarica   13 juin 2022
Dylan Thomas
De toute fleur



À chaque heure je soupire

Car tout ici a forme de feuille

Et de nuage.



À chaque fleur, je meurs

Car tout ici a forme de chagrin

Et de linceul.



(Avril 1929)
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Sabine Sicaud
Nemorino   20 juin 2022
Sabine Sicaud
Vert non pas anglais, vert plus doux

Qu’ont les pelouses de chez nous.

Couchants lilas, baignés de roux,

Volets s’ouvrant dans le feuillage.



Sabine Sicaud, poète prodige (1913-1928)



(Une plaque dans l'herbe au Jardin des Poètes, Paris 16ème)
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HordeduContrevent   17 juin 2022
Minuit dans la ville des songes de René Frégni
Maintenant, je vis dans une maison au bord de la forêt. Vers cinq heures du soir, l'hiver, je fais du feu dans un poêle en fonte noir et je relis de vieux livres. Je lis trois pages, je regarde la danse des flammes, je m'endors un peu, je rattrape mon livre, tourne deux pages, ajoute une bûche...Je serai bientôt vieux. Je dors souvent.

(incipit)
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Nemorino   14 juin 2022
Destinée arbitraire de Robert Desnos
L'oiseau du Colorado

Mange du miel et des gâteaux

Du chocolat et des mandarines

Des dragées des nougatines

Des framboises des roudoudous

De la glace et du caramel mou.



L'oiseau du Colorado

Boit du champagne et du sirop

Suc de fraise et lait d'autruche

Jus d'ananas glacé en cruche

Sang de pêche et navet

Whisky menthe et café.



L'oiseau du Colorado

Dans un grand lit fait dodo

Puis il s'envole dans les nuages

Pour regarder les images

Et jouer un bon moment

Avec la pluie et le beau temps.
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Arne Naess
ninosairosse   27 mai 2022
Arne Naess
"Et Dieu leur dit : Soyez féconds, multipliez, emplissez la terre et soumettez-la et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel et sur tout animal qui se meut sur la terre."

Genèse (1:28)



Ce verset a poussé les hommes à l'arrogance et à l'irrespect envers ce qui les entoure. Avec ces quelques mots, la nature fut réduite au statut d'esclave et de matériau dont on devait se servir à l'envi. En quelque sorte, la crise environnementale était déjà enclenchée depuis ces temps anciens vers une dégradation des rapports avec la nature, vers une perte des valeurs fondamentales. Tout depuis fut subjectivement centré en fonction du progrès de l'homme, création de Dieu à son image. Ce qui conduit inévitablement à un égoïsme généralisé, une éthique centrée autour de l'homme uniquement, sans aucune considération pour la nature ni pour les autres êtres vivants en tant qu'êtres de valeur à part entière.

Arne Næss - Écologie, communauté et style de vie, Éditions Dehors, p 291.
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HordeduContrevent   09 juin 2022
L'ancêtre de Juan José Saer
Les murs blancs, la lumière de la bougie qui fait trembler, chaque fois qu'elle vacille, mon ombre sur le mur, la fenêtre ouverte sur l'aube silencieuse où l'on n'entend que le grattement de la plume et, de temps en temps, les grincements de la chaise, les jambes qui, engourdies, bougent sous la table, les feuilles de papier que, peu à peu, je remplis de mon écriture lente et qui vont s'empiler sur celles déjà écrites en produisant un crissement particulier qui résonne dans la pièce vide : contre ce mur épais vient battre, à moins que ce ne soit une divagation rapide et fragile d'après-dîner, le vécu.
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Fandol   14 juin 2022
Seule en sa demeure de Cécile Coulon
L’air était froid, déjà le gel dessinait sur la pelouse une pellicule qui adoucissait le vert profond des brins. Deux oiseaux s’enfuirent à l’approche d’Aimée ; debout, devant les parterres de rosiers sans fleurs et de taillis sans couleurs, elle avala une grande bouffée d’air qui courut en elle de la gorge aux entrailles. L’odeur des sapins, prisonnière de ce froid nouveau, paraissait plus âpre, pénétrante, elle raidissait les bronches, gonflait les narines.

(page 302)
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Melpomene125   01 juin 2022
Nous allions être bien à Karlovy Vary de Pierre Rouanet
Un petit hasard et plusieurs dévouements avaient permis à M. Bru d’échapper à la rafle des déportations, le lendemain du débarquement en Normandie.

Il se tenait à la règle qu’il s’était donnée dès son adolescence, à l’extrême fin du XIXe siècle : ce à quoi il touche devra marcher pour le bien public. Ainsi de son métier : puisqu’il lui a fallu passer le concours des Postes : les P.T.T. seront le beau service du public. Il a même la foi qu’un jour viendra bientôt où le service public marchera si bien par lui-même qu’il ne sera plus besoin du carcan d’un État politique. Le voilà, comme vont dire les ministres, un anarcho-syndicaliste.
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Thomas Vinau
Tandarica   01 juin 2022
Thomas Vinau
Je croise légion de perdants

échoués chaque jour

sur le bas côté de leurs rêves
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Fandol   13 juin 2022
Askja de Ian Manook
- C’est vrai que l’instinct transcende la connaissance, alors que la logique ne fait qu’utiliser le savoir.

(page 270)
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HordeduContrevent   12 juin 2022
La dernière porte avant la nuit de Antonio Lobo Antunes
...un appartement au deuxième étage sans ascenseur qui sentait presque comme ma grand-mère, autrement dit qui sentait la vieille lavande des coffres, pour aller lui rendre visite il fallait descendre quelques marches, on traversait une espèce de petit tunnel, on arrivait dans une cour avec un bac à laver le linge dont l'un des pieds avait été remplacé par une brique, un vélo appuyé contre le mur, les pneus à plat, qui n'appartenait à personne et deux petits immeubles à la peinture écaillée, on choisissait celui de droite et on montant dans le noir jusqu'à un palier où un sourire enveloppé de lavande, plus petit que moi, nous attendait dans le salon désignant une paire de souliers cirés dans un coin, et le sourire si léger qu'il entrait et sortait par la fenêtre comme ces petites graines avec des poils m'appelant

-Gamin

et moi mourant d'envie qu'il me frôle, encore aujourd'hui, par moments, bon ça suffit les mièvreries, mes parents ne m'ont pas emmené à l'hôpital pour que je lui fasse mes adieux et effectivement à quoi bon si chaque printemps elle entre par la fenêtre, je la distingue immédiatement au milieu des autres graines car c'est la seule qui sourit, elle se pose sur le guéridon, elle se pose sur le cadre du tableau, elle sort entre les rideaux, revient, ressort, ne revient plus, disparait au-dehors...
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 Anonyme
kielosa   05 juin 2022
Anonyme
Hier, au festival de littérature à Hay, au Pays de Galles, l’écrivaine turque, Elif Shafak, s’adressant aux jeunes a conclu son intervention en disant que la littérature est aujourd'hui plus importante que jamais, puisqu’elle constitue "une antidote à l’apathie".
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Alexis Bardini
Tandarica   17 juin 2022
Alexis Bardini
Tu prends appui sur ton destin

Tu recomposes ton courage

L’hiver approche



Un instant tu t’exiles de toi-même

Et tu deviens l’ouvrier d’une vie

Qui jamais ne renonce



Voici qu’enfin tu nommes ta demeure

Pour contempler tes mains

Que vient combler le blé des nuits



« Le vent qui porte les pollens », extrait inédit paru dans la revue Arpa (135)
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Bookycooky   10 juin 2022
Qui est le plus grand ? de Ichiyô Higuchi
Lorsque , vêtue d’un grand vêtement sans doublure aux motifs de papillons et d’oiseaux sur fond couleur de plaquemine, avec, serrée sur la taille, une ceinture chûya * - un côté satin noir, l’autre parsemé de points multicolores - et chaussées de pokkuri** peints, très hauts même pour le quartier, elle revient de son bain matinal la serviette à la main , en voyant sa silhouette à la nuque blanche , les jeunes gens qui rentrent du Yoshiwara*** disent : »On voudrait la voir d’ici trois ans ! ».

*bicolore, une partie claire, l’autre foncée.

**sandales en bois

***Quartier des plaisirs de Tokyo.

( Ça se passe fin XIX e siècle )
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HordeduContrevent   22 juin 2022
Jusqu'à ce que les pierres deviennent plus douces que l'eau de Antonio Lobo Antunes
Ma mère était leur cousine germaine, je veux dire la cousine germaine du père, pas de son fils nègre qui n’a jamais été son fils même s’il le traitait comme son fils et que le nègre le traitait comme son père, le cousin de ma mère l’a ramené de la guerre en Angola, il avait cinq ou six ans, moi je n’étais pas encore née, je suis arrivée plus tard et je me rappelle que mon beau-père m’a répondu, quand je lui ai demandé pour quelle raison le cousin était revenu avec un enfant peut-être plus heureux là-bas dans la cambrousse où il l’avait trouvé, que pour ainsi dire tous les soldats rapportaient des souvenirs, un masque, une statuette en bois, une oreille dans un bocal de formol, un gamin, un moignon, des silences au milieu des conversations pendant lesquels ils partaient très loin tout en restant là et au loin j’avais comme dans l’idée qu’on entendait presque des tirs et des cris...

(incipit)
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HordeduContrevent   28 mai 2022
Elle venait de Marioupol de Natascha Wodin
La pénurie catastrophique de logements en Russie n'avait jamais disparu, elle maintenait souvent les gens emprisonnés toute leur vie dans un espace très confiné avec l'ensemble de la tribu familiale et en avait poussé plus d'un vers la folie. Même Mikhaïl Boulgakov, dans son roman "Le Maitre et Marguerite", fait dire à Satan que les Moscovites sont des gens comme les autres, ni mieux ni pire, mais que le manque de logements a causé leur dépravation.
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Nâzim Hikmet
Fabinou7   15 juin 2022
Nâzim Hikmet
“Et voilà, mon amour, être captif, là n’est pas la question,

La question est de ne pas se rendre…”
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