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Les décastés d'Orion, tome 2
  20 novembre 2017
Les décastés d'Orion, tome 2 de Éric Corbeyran
Le premier volume de qualité péchait un peu par un scénario un peu trop vite expédié et linéaire, ce second volume rectifie adroitement le tir, avec un récit bien rythmé et cassant une intrigue jusqu’à lors un peu trop convenue, une grosse révélation va faire changer la vision des protagonistes principaux et des lecteurs...
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Son absence
  20 novembre 2017
Son absence de Emmanuelle Grangé
Quelque chose ne fonctionne pas dans ce roman, mais je suis bien incapable de vous dire quoi. La disparition n’est pas très mystérieuse pour le lecteur qui a vite tous les indices pour deviner ce qui s’est passé. Alors comment se fait-il qu'aucun des autres personnages, pas même la mère ou la soeur la plus proche, personne n’ait rien vu ? Les personnages ne parviennent pas à exister réellement. Ils sont réduits à des stéréotypes. On ne parvient pas à croire à ce personnage de père qui soigne ses bonzaïs avec amour et maltraite sa famille. On ne croit pas à son couple avec une femme aimée et aimante. On ne croit pas davantage à l’aîné des fils, si émotif. Si l’on n’y croit pas, c’est sans doute parce que leurs prétendues caractéristiques nous sont données, au lieu de nous apparaître au travers de leurs actes ou leurs pensées. La langue de ce roman est pauvre. Les phrases sont courtes. Le style ne change pas d’un locuteur à un autre ou de la première à la troisième personne. Bref, vous l’avez compris, je ne suis pas emballée. Mais ce n’est pas un roman que l’on peut détester. Il reste sympathique, sans plus.
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Les vacances
  20 novembre 2017
Les vacances de Julie Wolkenstein
Un roman malicieux et très charmant, que j’ai lu en souriant, avec infiniment de plaisir.



Sophie Bogoroditsk est une universitaire, prof à la fac de Caen, spécialiste de l’oeuvre de la comtesse de Ségur. Comme elle ne manque pas une occasion professionnelle de voyager, elle a accepté de participer à Berkeley à un colloque consacré à Éric Rohmer et d’y faire une conférence sur son premier film, une adaptation des Petites filles modèles. Elle s’est bien gardé de dire qu’elle ne connaissait pas grand chose au cinéma et n’avait jamais entendu parler de ce film disparu. A deux mois de la retraite, elle se rend donc à l’IMEC, un centre d’archives non loin de Caen, où elle va pouvoir consulter le scénario du film. C’est là qu’elle rencontre Paul de Freneuse, un jeune doctorant en études cinématographiques intéressé par le même scénario. Paul consacre sa thèse à plusieurs films disparus, dont ce fameux Rohmer. Lui connaît bien le cinéma, mais pas grand chose à la comtesse de Ségur, dont il vient à peine de lire Les petites filles modèles dans le train Paris-Caen. Paul et Sophie vont mettre leurs savoirs en commun, partager le dossier d’archives RHM 79.5 et leurs pauses cigarettes, puis des balades en voiture au son de Radio Nostalgie entre le château de la Comtesse et celui ayant accueilli le tournage de Rohmer. Et petit à petit, ce qui avait commencé comme un amusant Campus novel à la française devient autre chose, comme un hommage à toutes ces fictions qui nous ont nourris, ont peut-être inspiré nos vies, au point qu’il soit impossible de les en dissocier.


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Femme désirée, femme désirante
  20 novembre 2017
Femme désirée, femme désirante de Danièle Flaumenbaum
Conseillé par ma thérapeute comme livre de référence, je pensais trouver "plus" d'éléments qui me parleraient.

Il y a en effet toutes les composantes de la sexualité, du nouveau né à l'adulte, de l'allaitement entre une fille et sa maman, au rapport charnel, sensuel et mental entre un homme et une femme. Cela permet donc de comprendre quelques petits blocages auxquels nous faisons face, ou du moins de concevoir et mettre en lumière les éléments qui peuvent composer notre vision et pratique de la sexualité. Remonter aux sources, en quelques sortes.



Là où j'ai été déçue, c'est sur la redondance des informations. Je pensais qu'à la fin, nous aurions des pistes d'amélioration, au moins dans la partie des maladies, de l'infertilité. Mais l'auteur repart de nouveau sur ses explications, en abordant le désir, puis la notion de faire l'amour. Pour moi, il y a un cheminement des chapitres un peu illogique, avec une fin qui aurait dû se trouver au début.



Quoi qu'il en soit, c'est tout de même un bon ouvrage, pour se renseigner sur la sexualité féminine et de couple, sur l'ouverture des énergies féminines, seule et en couple aussi, sur les liens que nous avons avec nos mères, grands mères... et les schémas qui parfois se répètent de générations en générations.



A avoir dans sa bibliothèque, mais pour moi, pas une révélation.
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Zéro K
  20 novembre 2017
Zéro K de Don DeLillo
MORTELLEMENT ennuyeux, prétentieux et pourtant simpliste, ce roman est vraiment navrant. Les critiques qui en font l’éloge sont-ils sincères ? Je me souviens avoir entendu le mot « chef d’oeuvre » au Masque et la plume. Pour moi la lecture de ce roman a été un long supplice. Je me suis sentie un peu absente pendant cette lecture. J’ai laissé mes yeux courir sur la page de ma liseuse, sans que la logorrhée de Don DeLillo ne parvienne réellement à m’atteindre.
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La mer
  20 novembre 2017
La mer de John Banville
Non fini
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Addict
  20 novembre 2017
Addict de Renner James
Paru dans le contexte de la rentrée littéraire, ce livre n’a vraiment rien de littéraire. James Renner y raconte son enquête pratiquement au jour le jour. Il écrit les faits, les résultats de ses investigations. Il analyse aussi son addiction et décrit avec beaucoup de lucidité l’impact de cette obsession sur sa vie personnelle. Mais jamais il ne manie ni l’humour ni le second degré. Son écriture est d’une platitude incommensurable. A cause de cela, j’ai traîné ce livre comme un boulet pendant une bonne semaine. Son enquête n’est pourtant pas inintéressante. Mais on comprend assez vite qu’elle n’aboutira pas et on se lasse en chemin de cette interminable suite de fausses pistes. Une fois le livre refermé, il ne reste plus que le portrait de James Renner lui-même, quelqu’un de potentiellement dangereux, qui parvient à réfréner sa violence en pourchassant encore plus dangereux que lui.
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L'Ingrédient secret du bonheur
  20 novembre 2017
L'Ingrédient secret du bonheur de Laurel Remington
Une très pâle copie de la série "les filles au chocolat".

Autant la série était plutôt sympathique et rythmée, autant ce roman est insipide et laborieux.

Certes, les sujets de fond peuvent être intéressants : une maman blogueuse qui se sert de la vie de sa fille pour faire vivre son site, une vieille dame en perdition avec une solidarité intergénérationnelle qui se met en place, un club de cuisiniers anonymes qui régalent le lycée. Malheureusement, ils sont mal exploités, mal amenés et très peu crédibles au final.

Enfin, pour ne rien arranger les dialogues sont tellement téléphonés qu'on n'en croit pas ses yeux lorsqu'on les lit !!!!
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Là où les tigres sont chez eux
  20 novembre 2017
Là où les tigres sont chez eux de Jean-Marie Blas de Roblès
Roman envoûtant, pluriel, érudit et drôle, Là où les tigres sont chez eux est une lecture indispensable. Toujours romanesque, rythmée par son entrelacement d'époques et de récits aventureux, la prose de Blas de Roblès nous promène avec délice. D'autant qu'elle propose une spéculaire (et spectaculaire) anamorphose de notre conception de la réalité.
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Vegan pour débutant
  20 novembre 2017
Vegan pour débutant de Marie Laforêt (II)
Toute l'expérience de Marie Laforêt dans ce nouvel opus destiné aux novices de la cuisine sans cruauté.

On retrouve son savoir-faire pédagogique et ses sublimes photos, avec drs recettes de basiques revisités version végétale qui deviennent vite indispensables.

La partie nutritionnelle et les conseils pour faire ses courses s'avèrent aussi très utiles.

Bref, je suis une nouvelle fois conquise par l'oeuvre de la grande prêtresse vegan.
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La vie de ma mère !
  20 novembre 2017
La vie de ma mère ! de Thierry Jonquet
Chronique intime d'un gosse de banlieue.

Échappera-t-il, n'échappera-t-il pas au destin qui pèse sur ceux de la zone ? Je ne dis rien pour préserver le suspense.



Le livre vaut surtout par l'usage du langage de la banlieue, inhabituel, disons-le, dans les pages éditées par Gallimard.

LOL !

Zut, lol en verlan, ça le fait pas !
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Les stratèges romantiques
  20 novembre 2017
Les stratèges romantiques de Pierre Mouterde
Ne jamais cesser de rêver





Dans son introduction Michael Löwy (dont je rappelle l’ouvrage écrit avec Robert Sayre : Révolte et mélancolie. Le romantisme à contre-courant de la modernité) souligne un fil conducteur : « la proposition novatrice et originale d’une stratégie romantique, d’une forme de pensée et d’action à la fois réaliste et sensible, rationnelle et enchantée ».





Le romantisme, une vision du monde dans divers domaines, dont la culture et la politique ; « la révolte, la protestation culturelle contre la civilisation capitaliste moderne au nom de certaines valeurs du passé » ; une protestation contre la mécanisation, la dissolution des liens « communautaires », la quantification des rapports sociaux. Peut-être. Si des possibles passés enfouis et déniés peuvent inspirer au futur, « renaissance des espérances si longtemps retardées » (Michèle Riot-Sarcey), si des espaces historiques de mise en commun dessiner des lendemains, les « valeurs du passé », les « communautés » doivent aussi être interrogées dans leur complexité (relations statutaires, répétitions temporelles, poids d’éléments non choisis, refus de l’essentialisation, etc.). Comme l’indique Michael Löwy, il convient de faire la différence entre le rêve d’un « retour au passé » et le « détour par le passé communautaire pour aller vers l’avenir utopique ».



Contre la fragmentation, la dispersion, l’atomisation, inhérentes au système capitaliste – son autre face étant une unificatrice socialisation modelée par la marchandise et son fétichisme – il est plus que souhaitable de rechercher la «possibilité d’unifier » dans des collectifs émancipateurs, d’assurer la convergence, la concentration des protestations et des révoltes, bref… des tâches de « stratège »… pour autant que l’auto-organisation démocratique soit au cœur des pratiques.







« C’est en voulant aller sur le fond et en souhaitant prendre les choses à la racine que cet essai sur les désordres du monde contemporain et les moyens d’y remédier est né » écrit Pierre Mouterde en entame de son préambule « Tenter d’avoir la vue qui porte loin ». L’auteur rompt avec les incarnations du néolibéralisme dans « une vision réductrice et unidimensionnelle de l’être humain ». Il parle, entre autres, des atteintes à la « subjectivité première », du temps, du désir, de l’amour, de la mort, etc. et y oppose « des stratégies susceptibles de rassembler de larges majorités et de mettre un holà au cours si chaotique pris aujourd’hui par nos sociétés contemporaines ». Cela passe aussi par l’exploration de chemins de traverse ou le questionnement de sujets trop souvent négligés, des réponses – ensemble – aux « sourdes angoisses » individuelles et collectives.



« D’où la figure du stratège romantique qui sert de fil à plomb à cette série d’essais pluriels et qui symbolise – à travers les contradictions et tensions mêmes qu’elle peut évoquer – l’importance de ces révolutions à effectuer dans le domaine de l’existence et de l’agir collectif ». Une démarche tendue vers les voix des oublié-e-s d’aujourd’hui, en lien avec les héritages enfouis, les possibles engloutis par la modernité capitaliste.



Dans les limites de mes compétences (je ne fréquente guère certains auteurs cités), en négligeant certaines divergences, je vais souligner quelques analyses et questionner certains points. Une déambulation sans mélancolie. Je signale que chaque chapitre commence par des touches plus personnelles ou subjectives, donnant un coloration particulière aux développements de l’auteur.



Sommaire:



Préface de Michael Löwy



Préambule : Tenter d’avoir la vue qui porte au loin



Introduction : À la recherche d’hommes et de femmes qui parlent



Chapitre premier : Une époque sens dessus dessous, un monde fragmenté et massifié



Chapitre 2 : La flèche du temps et l’impérieuse question du sens



Chapitre 3 : Le chant du désir et sa profondeur créatrice



Chapitre 4 : Le cri des religions et leurs propositions de sens et de liens



Chapitre 5 : Les puissances de renouvellement de l’amour



Chapitre 6 : Les stratèges romantiques et les vertus d’une intervention sociopolitique renouvelée



Conclusion : Une époque marquée par la figure de la séparation



Un « homme qui parle », un shaman, la soif de paroles et d’histoires, l’horizon.



« C’est là le point de départ de cet essai : le temps, la vie et la mort, le désir, en somme ce qui reste toujours à l’horizon de l’existence humaine individuelle, ne faut-il pas, dans un tel contexte, y prêter plus d’attention qu’on ne le fait habituellement, en particulier lorsqu’on se situe à gauche ? »



A l’opposé de la sécheresse de l’objectivisation et de la quantification marchande, les désirs – pour autant que soit prise en compte leur historicité et leurs constructions sociales – l’aspiration au bien-être, au mieux-être, au devenir. Et comment aborder ces questions – qui ne sauraient relever du privé – sans renouer avec la politique, comme action d’auto-émancipation. La politique, ses dimensions pratiques, ses incarnations « dans des êtres faits de chair et de sang », son enracinement dans le présent historique et les hypothèses stratégiques. « Car si le stratège sait que l’univers se reconnaît au fait qu’il est d’abord façonné de luttes et de combats (« le combat est père et roi de toutes choses », disait Héraclite !), il est aussi capable d’embrasser les horizons lointains et de porter la vue au loin, en ne se laissant pas enfermer dans le particulier et en tendant à l’universel. »



Il nous faut donc creuser dans « la profondeur d’une longue histoire oubliée », redonner la parole aux vaincu-e-s d’hier, aux oublié-e-s, aux sans voix, combiner « les vertus de la stratégie à celles d’une philosophie authentique de l’émancipation », mettre en perspective l’importance de certaines dimensions de l’existence humaine.



Nos mondes à la fois fragmentés et massifiés, la coexistence d’Etats puissants et de zones de non-droit et de misère, une nouvelle échelle spatiale et temporelle, une généralisation du mode de régulation néolibérale, les effets d’un système sur « sur les collectivités humaines elles-mêmes et plus particulièrement sur leurs subjectivités agissantes, en somme sur leurs capacités réelles à se constituer en une force politique transformatrice capable de s’autodéterminer chaque fois plus par elles-mêmes »



La fragmentation et ses impacts,« les ponts permettant de dégager une grille d’analyse commune sont de moins en moins solides et de plus en plus éclatés », les nouvelles expériences spatio-temporelles, les conformismes et les embrigadements, la massification et l’unification obligée et autoritaire, les contradictions entre socialisation et privatisation, la nouvelle religion du marché, les rapports de commandement hiérarchique, « La régulation néolibérale aujourd’hui à l’œuvre ne consiste en effet pas simplement à réorganiser sur le plan économique le capitalisme en le délestant de toutes ses régulations et limitations passées. Elle consiste aussi à proposer positivement un nouveau mode de régulation de la vie sociale prise dans son ensemble, mais pensée à partir de la seule figure de l’individu, et plus particulièrement de l’individu entrepreneur », l’expansion du fétichisme de la marchandise… Les tentations identitaires, le narcissisme généralisé, le développement du masculinisme et du suprématisme blanc, l’essentialisation de normes sociales fantasmées… « l’absence ou la mise en sommeil d’un authentique projet d’émancipation sociale et politique rassembleur engendre des monstres tant sur le plan de la vie collective la plus vaste que sur la scène individuelle la plus intime ».



L’illusion de la linéarité du « progrès », le temps brisé et retrouvé (curieusement l’auteur ne parle pas de Marcel Proust), « Une vie, ré-ouverte vers l’à-venir et ses possibles, mais aussi plus enracinée que jamais dans les souvenirs du passé », le temporel de la vie de chacun-e, les perceptions subjectives du temps, les « discordances du temps » (Daniel Bensaïd), les injonctions au présent et l’« écrasement du temps dans l’immédiat », Walter Benjamin, le retour des aspirations oubliées des vaincu-e-s du temps passé, « Le présent ne revêt du sens que parce qu’il est relié au passé et qu’il peut ainsi préparer l’avenir, le réouvrir au devenir, à la vie et à ses possibles », le refus des regrets nostalgiques, l’histoire et la politique, la projection des projets dans l’avenir.



L’histoire n’est ni préétablie, ni toute faite, les vaincu-e-s d’hier et d’aujourd’hui peuvent se saisir des possibles inscrits et de leurs contradictions, délivrer « les potentialités oubliées » ou émergentes, le toujours inachevé peut être bonifié par l’« action collective transformatrice »



Le chant du désir. Il ne me semble pas possible de traiter du désir – sans pour autant le réduire au sexuel sans parler du sexe du désir, du sujet/objet, du narcissisme, de droit de jouir des droits et de la jouissance…



Pierre Mouterde aborde, entre autres, « l’expression possible de notre redéploiement éventuel en tant que sujet créateur », les mystérieux arcanes du désir, les besoins médiatisés, les constructions historiques, « Désirer, c’est toujours mettre en jeu son être, et non seulement le sien, mais au passage celui d’une époque entière ! ».



Le désir naît, devient, se façonne au fils du temps et des expériences. Il est profondément individuel et pourtant pleinement social. Sa plasticité se heurte aux dominations, mais reste une « affaire d’imaginaire », de « rêves éveillés », de fantasmes » plus ou moins en lien distendu avec les réalités.



Aujourd’hui « mis en tutelle, capté, uniformisé, arraisonné, massifié », contraint par des interdits de toutes sortes, décliné en « tabou », enrôlé, normalisé, standardisé, discipliné – voir à ce sujet le rôle de la pornographie, comme le souligne l’auteur – il ressurgit pourtant comme une condition de notre existence, un sens de notre liberté, une expérimentation permanente, une attente… Comment donc changer la vie, notre vie ?



Une question préalable au chapitre sur la « religion ». Comment oublier le processus de sécularisation qui se manifeste sous des formes diverses à travers le monde ? C’est dans ce cadre que l’on peut, à mes yeux, aborder les renouveaux religieux, y compris sous leurs formes violentes, hindouisme identitaire, sectes évangélistes, islamisme intransigeant, « orthodoxies » diverses, etc.



Pour le reste, je préfère en rester à deux phrases de l’auteur : « En fait, si l’on veut comprendre le fait religieux de manière globale et dans toutes ses dimensions contradictoires, on doit être capable de le mettre en perspective, de le replacer dans son contexte historique et social, seule manière d’en apprécier les potentiels aliénants ou libérateurs » et surtout « Révélant ainsi que la racine du religieux se trouve en fait hors du religieux et que ce n’est donc pas dans le domaine du religieux qu’il faut d’abord agir si l’on souhaite en voir dis- paraître les traits les plus problématiques ».



Je n’ai rien à dire sur les « croyances » des un-e-s et des autres. Et si la laïcité reste le cadre de la liberté de conscience et de pratiques (ce qui reste impossible lorsque la religion est d’Etat ou lorsque la religion et le pouvoir sont imbriqués), celle-ci ne peut prendre la forme d’une contrainte institutionnelle assimilationniste ou d’un « athéisme de pacotille », mais bien une expression de la volonté collective d’inscrire les un-e-s et les autres dans un projet citoyen émancipateur…



Amour. Comment aborder cela sans prendre en compte les rapports sociaux de sexe, la contrainte à l’hétérosexualité ?



Aux indications de l’auteur, « C’est reconnaître aussi que les formes de la société à laquelle j’appartiens vont inévitablement interférer sur la façon dont je suis en train d’aimer. Avec tout ce que cela peut impliquer en termes de tabous, de contraintes et d’interdits d’origine sociale ainsi que de rapports sociaux inégalitaires préexistants, par exemple entre hommes et femmes. Mais aussi avec tout ce que cela peut impliquer en termes de conceptions philosophiques ou éthiques de l’amour, devenues au fil du temps largement hégémoniques dans le paysage culturel d’une époque donnée », j’oppose une sourde interrogation : et si l’amour même n’était qu’une forme de cristallisation des rapports sociaux de domination ?, une illusion à la fois invalidante et porteuse d’espérance ?



Au delà de ces brèves remarques sur ces chapitres, chacun-e pourra profiter des propositions de l’auteur.



Avant de conclure, Pierre Mouterde redéploie des questionnements sur « les vertus d’une intervention sociopolitique renouvelée », les stratèges romantiques, l’actuel manque d’alternatives sociales, la force commune des dominé-e-s (il utilise le terme de « subalternes »), le « pouvoir de l’affirmation de soi, et partant la possibilité de faire leur propre histoire », l’art de rendre les choses possibles, les projets collectifs et alternatifs, les luttes démocratiques, « imaginer cette nouvelle lutte sociale et politique sur le mode de la constitution/reconstitution d’un pouvoir contre-hégémonique chaque fois plus présent au sein de la société contemporaine… »



Dans le monde actuel, les forces nées de notre travail nous sont donc largement étrangères. En conclusion, l’auteur revient sur cette « séparation », sur ce qui nous rend « étranger à nous même ». Et contre les constructions historiques porteuses de domination ou de négation du caractère social des êtres humains, il indique : « Non, la véritable radicalité aux temps présents consiste bien plutôt à reconstruire – sur la base de toutes ces oppressions et dépossessions prises soigneusement en compte – des liens pensés comme libérateurs, et par conséquent à reconstituer des forces collectives qui soient authentiquement émancipatrices et permettent de commencer à en finir pratiquement avec les oppressions et dépossessions qui continuent à nous hanter. ». Des liens, du sens, des horizons du devenir individuel et collectif…



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Le rayon bleu
  20 novembre 2017
Le rayon bleu de Slobodan Despot
Le sujet du roman est d’une grande importance, loin de la littérature nombriliste et des sujets biographiques reflétant un certain épuisement de la matière romanesque contemporaine. Slobodan Despot nous parle de la menace atomique, menace que nous avons oubliée depuis la guerre froide alors que rien n’empêche actuellement le président américain d’appuyer sur le bouton sans en référer au Congrès, par exemple. Sans compter la Corée du Nord ou le Pakistan. Nous dansons avec insouciance au-dessus d’une menace plus grave encore qu’il y a cinquante ans maintenant que de plus en plus de dictateurs possèdent l’arme nucléaire.



Le roman commence par un très beau chapitre : Kouzmine part un matin à moto et rejoint la « Cité de la jeunesse Patrice Lumumba », un camp de jeunesse abandonné. Visite de routine.

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L'appel du néant
  20 novembre 2017
L'appel du néant de Chattam Maxime
J'attendais avec impatience le dernier Chattam, surtout quand j'ai su qu'il revenait au thriller. Il me tardait de retrouver le Chattam que j'aime et malheureusement je suis déçue. Je n'ai pas retrouvé ce que j'aime tant chez lui. Et je me rends compte que depuis quelques temps ses livres sont vraiment différents de ce qu'il nous a habitué. Heureusement avec la série Autre-Monde je n'avais pas été déçue.

Je me suis ennuyée avec ce livre, et il me tardait de le finir pour en commencer un autre!



L'histoire en elle-même aurait pu être intéressante mais il m'a perdu plusieurs fois. Trop de détails, trop de longueurs parfois. Le style est à la limite du pompeux, des phrases à rallonge qui m'ont fait revenir plusieurs fois en arrière pour essayer de comprendre ce qu'il voulait dire. D'ailleurs certaines phrases ne veulent quasiment rien dire.



Le thème de son livre est le terrorisme. Un cadavre est retrouvé sur des voies ferrées. Tout pense à croire à un suicide si ce n'est les marques de strangulation autour du cou de l'homme. Ludivine est en charge de l'enquête et elle se retrouve vite avec Marc, un commissaire de la DGSI, dans les pattes. Pour Marc il ne fait aucun doute que le mort est un musulman radicalisé et que sa mort cache quelque chose de plus grave.



Ludivine de son côté est persuadé que ce mort n'est pas le premier et qu'elle a à faire à un tueur en série. S'ensuit une très longue enquête!

L'auteur dénonce dans son roman la virtualisation de la société. Virtualisation à travers les réseaux sociaux, les téléphones portables etc. Il avait déjà évoqué ce point dans la série Autre-Monde qui est la pierre angulaire de toute la série. On comprend que ça lui pose un problème et qu'il y voit un inconvénient majeur à notre siècle.



D'un autre côté, j'ai été scotchée des détails techniques du laboratoire de la gendarmerie. Il détaille toutes les avancées technologiques et si c'est vrai, les meurtriers vont avoir du mal à échapper à la police. Je reconnais le travail de recherche de l'auteur et son analyse de la situation actuelle qui touche la France.



Au final, il y aura eu un petit rebondissement et la fin s'accélère un peu. On a hâte de voir ce que vont manigancer les terroristes. Mais au-delà de ça aucune surprise dans ce polar. Je pense qu'il y a d'autres auteurs moins connus qui ont écrit des livres bien meilleurs que celui-ci.
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Après la chute
  20 novembre 2017
Après la chute de Lehane Dennis/Maille
Un Dennis Lehane est souvent un vrai bonheur de lecture. Une nouvelle fois cet auteur nous captive. En dehors d'une scène sanglante au début du livre, pas d'explosions ou de combats violents pendant la majeure partie de ce thriller. Une montée en tension, un suspens psychologique intense. On avance, on tourne les pages, sans aucune envie de s'interrompre, sans temps morts. Dennis Lehane est un maître de l'art de l'ambiguïté. Que cela concerne la recherche du père de Rachel, l'agoraphobie dont souffre celle ci, ce mystérieux Brian Delacroix, on nage dans un univers imprévisible où les personnalités se brouillent, entraînées par la duplicité et l'incertitude. "Après la chute " va accompagner vos jours et vos nuits jusqu'à l'ultime dénouement ! Mais est-ce vraiment l'ultime dénouement ? On ne sait jamais avec Dennis Lehane, le "Brian Delacroix " du thriller
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Agatha Raisin enquête, tome 8 : Coiffeur pour..
  20 novembre 2017
Agatha Raisin enquête, tome 8 : Coiffeur pour dames de Beaton MC
Quand une femme déprime, rien de mieux qu'une nouvelle coupe de cheveux pour changer de tête. C'est universel, même moi je fonctionne ainsi. Alors quand Agatha décide d'oublier James, une nouvelle fois, elle se décide à prendre rendez-vous avec Mr John, le coiffeur chouchou des dames.



Elle tombe immédiatement sous son charme et repart avec une nouvelle coupe, couleur et le coeur léger. Mais très vite, elle se rend compte que la façade lisse de son apparence cache quelque chose et il n'en faut pas plus à notre détective en herbe pour se lancer sur la piste d'un vil secret enfoui.



Son intuition se révélera très vite réelle quand John sera empoisonné sous yeux. Qui lui en veut? Les suspects ne manquent pas: une maitresse éconduite, un mari jaloux ou encore un concurrent évincé.



Agatha, avec l'aide de Charles, va se lancer dans l'enquête à corps perdu et tenter de démêler le vrai du faux.



Avec ce nouveau tome, Agatha fait enfin son grand retour, absente depuis le tome 6, éteinte du fait de l'attitude immature de James Lacey. Dans ce nouveau roman, Agatha redevient la femme des 5 premiers tomes, pleine de peps et refusant de se laisser dicter sa conduite.



J'ai adoré ce tome, autant que les 5 premiers et je suis ravie, enfin, de la retrouver. De revoir celle qui a fait le succès des débuts de la série. Elle ne lâchera pas le morceau, tel un chien sur son os à moelle, et fouillera là où il ne faut pas, comme toujours, quitte à s'attirer les foudres de Bill, là aussi comme toujours.



Très bon tome qui permettra aux fans de retrouver le bonheur de la lecture des premiers tomes, avec un James aux abonnés absents.



Que vont nous réserver les prochains volets? J'ai hâte de le découvrir
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Millénium, tome 5 : La fille qui rendait coup..
  20 novembre 2017
Millénium, tome 5 : La fille qui rendait coup pour coup de David Lagercrantz
Tout comme le précédent, Millénium 5 : La fille qui rendait coup pour coup de David Lagercrantz a fait couler beaucoup d’encre. Sa publication en septembre dans le cadre de la rentrée littéraire a relancé le débat initié deux ans plus tôt lors de la parution du quatrième tome : cette suite a-t-elle une légitimité littéraire ou n’est-elle qu’un produit commercial ? Sans vouloir répondre à cette épineuse question, je dirai juste que ce cinquième volet m’a énormément plu !

Tandis que le tome précédent s’éloignait un peu de l’ambiance et des thèmes de ses trois prédécesseurs, La fille qui rendait coup pour coup renoue avec l’esprit de la trilogie de Stieg Larsson. David Lagercrantz délaisse les sujets plus impersonnels comme la cybercriminalité et nous plonge dans une histoire de revanches, de passés obscurs et de secrets à révéler. En enquêtant sur une zone d’ombre de son passé, Lisbeth commence à entrevoir un terrible complot qui s’est tramé il y a plusieurs années. Des expériences scientifiques illégales et faisant fi de l’éthique ont été menées sur des jumeaux pour étudier la part de l’inné et de l’acquis chez l’être humain. D’emblée, cette thématique nous embarque dans une histoire aussi sombre que captivante malgré quelques éléments prévisibles.

A cette intrigue principale vient s’ajouter une secondaire, plus polémique et centrée sur la question de la condition de la femme. Mais de ce fait, les récits, racontés tour à tour par plusieurs personnages, se multiplient, s’éparpillent et il devient de plus en plus facile de s’y perdre. Ainsi, bien que les deux intrigues soient absolument fascinantes, il aurait peut-être fallu les distinguer davantage pour simplifier le roman, d’autant plus qu’elles ne sont liées que par leurs narrateurs.



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Les deux messieurs de Bruxelles
  20 novembre 2017
Les deux messieurs de Bruxelles de Eric-Emmanuel Schmitt
Ces nouvelles se lisent comme de petits romans. Chaque histoire cache un secret, une chose inavouable. On entre dans toutes ces histoires très facilement.
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Moi et la fille qui pêchait des sardines
  20 novembre 2017
Moi et la fille qui pêchait des sardines de Eva Kavian
Félix va rejoindre sa grand-mère au Portugal. Il pense que c'est la faible retraite de cette ancienne enseignante qui a entraîné son exil. Il va découvrir un charmant village où règne l'entraide et la collaboration.



Sa valise ayant été échangée à l'aéroport, il rencontre à cette occasion une intrépide jeune fille qui lui fait partager sa passion pour la mer et la pêche.



C'est aussi l'occasion pour les deux jeunes de se livrer leurs secrets de famille...



Un beau livre qui prône une autre façon de vivre, avec peu d'argent mais beaucoup d'échanges.



Il sera aussi question de gémellité, de deuil et d'identité.



La relation entre les deux enfants est amusante et complexe. Entre vantardises et provocations, ils vont arriver à construire ensemble une vraie relation.



Un roman qui fait du bien et qui permet d'apercevoir un autre visage du Portugal.



A découvrir !
Lien : http://www.nouveautes-jeunes..
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Zulu
  20 novembre 2017
Zulu de Caryl Férey
Intrigue un peu compliquée au milieu du roman. Néanmoins, un très bon thriller qui fait découvrir la société sud-africaine.
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