AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio

Dernières critiques /RSS

La Déraison
  29 mai 2022
La Déraison de Agnès Martin-Lugand
Première incursion dans l'univers d'Agnès Martin-Lugand.

Si la lecture a été agréable, je ne pense pas renouveler l'expérience. J'ai trouvé l'histoire et les personnages poussifs. cette histoire d'amour enfouie ne m'a pas vraiment convaincue. Surtout la raison pour laquelle, l'héroïne a quitter son amour... Bref, pas vraiment convaincue par l'histoire.

Par contre, le style d'écriture, lui, était vraiment une belle découverte. C'est lui, d'ailleurs qui m'a fait acheter le livre car, après avoir lu l'extrait envoyé dans ma box "La Kube", j'ai eu envie de continuer à découvrir ce roman...

Pas une déception, non mais pas non plus un coup de cœur. Ce roman restera dans la moyenne....
Commenter  J’apprécie          10
Le Pont sur la Drina
  29 mai 2022
Le Pont sur la Drina de Ivo Andric
J'ai commencé ce livre grâce à la lecture de celui d'Emmanuel Ruben, "Sur la route du Danube".

C'est l'histoire du Pont depuis sa construction par le vizir ottoman en 1571, jusqu'en 1914 après l'attentat de Sarajevo.

C'est celle des habitants de Visegrad en Bosnie, qui y vivent ensemble avec leurs différentes confessions religieuses, avant la montée des nationalismes et de la mondialisation.

Comme dans un crescendo musical, une intensité dramatique nous emporte jusqu'à la fin: c'est alors que l'on s'aperçoit que l'on est passé, insensiblement, du conte oriental des premiers chapitres, à une chronique moderne et haletante avec un final bouleversant. Quatre siècles d'histoire où l'on rencontre de nombreux personnages dans leur vie quotidienne et leurs destinées, souvent tragiques, toujours dépeints avec tendresse et une extrême finesse. Un sublime et lucide témoignage sur l'être humain .
Commenter  J’apprécie          20
L'atelier Mastodonte, tome 5
  29 mai 2022
L'atelier Mastodonte, tome 5 de Collectif & Fabok Ja
L'atelier Mastodonte tome 5 marche aussi bien, voire mieux, que les autres tomes... L'atelier s'agrandit encore et encore à tel point qu'on ne sait plus où donner de la tête ! Avec Obion et ses jeux de mots, Lewis le sérieux, Pascal Jousselin un peu perdu, Alfred qui doute tant de lui, Jouvray qui donne des cours de dessin à tout va, l'atelier Mastodonte risque d'encore nous faire bien rire. A lire dans un canapé bien posément, c'est parfait !
Commenter  J’apprécie          20
La belle lumière
  29 mai 2022
La belle lumière de Angélique Villeneuve
Parmi les livres qui ont profondément marqué ma vie de jeune lectrice, «L'histoire d'HelenKeller » de Loren A. Hickok (dans l'édition Folio Junior) occupe une place particulière. J'ai lu et relu des dizaines de fois le récit incroyable mais vrai de cette enfant de l'Alabama, devenue aveugle, sourde et muette dans sa petite enfance, qui sort de son isolement grâce à une jeune éducatrice, Ann Sullivan, qui lui apprend à signer dans la main.



#AngeliqueVilleneuve reprend cette histoire dans son roman mais contrairement à #LorenAHickok, elle choisit de raconter l'enfance d'Helen du point de vue de sa mère, Kate.



On découvre dans les mots sensuels et poétiques de l'autrice, l'amour fusionnel que partagent d'abord cette mère et son enfant, la détermination de Kate ensuite à ne pas laisser son entourage considérer sa fille comme folle, sa conviction aussi qu'Helen pourrait mener une meilleure vie, qu'elle n'est pas condamnée à la nuit.



Lorsqu'elle finit par convaincre son mari d'engager la jeune Ann, on partage l'ambiguïté de ses sentiments, entre la joie de voir son enfant s'ouvrir au monde et la triste certitude qu'il lui faudra bientôt la laisser prendre son envol.



L'écriture dit la violence de la situation d'Helen, et sait décrire avec une délicatesse folle la nature, les odeurs, les sons, ou la brutalité des gestes de l'enfant, les métamorphoses de ce petit être sauvage en enfant épanouie, et la révélation surtout, celle qui la fait entrer dans la lumière : « C'est comme si [...] le monde venait d'entrer dans cette enfant. » En effet, on ne peut qu'être bouleversée à la lecture du moment où passant sa petite main sous l'eau, Ann parvient à faire comprendre à Helen le nom de ce qui coule entre ses doigts en le signant dans sa paume.



Avec en arrière-plan l'Alabama de la fin de la Guerre de Sécession, A.Villeneuve décrit avec un talent l'histoire hors du commun d'Helen et nous émeut face au combat de cette mère d'une enfant différente. A découvrir !

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
Héloïse
  29 mai 2022
Héloïse de Ophélie Cohen
Ce n’est ni un thriller, ni un livre policier, mais un roman noir, très noir. J’ai suivi la vie de l’héroïne, ses tourments, ses craintes les plus intimes et ses questionnements. La vie n’est pas rose et Héloïse nous le prouve une fois encore. Ce roman donne sa propre réponse à des interrogations que l’on peut parfois avoir : a-t-on le droit d’être aimé envers et contre tout ? Certaines personnes ne sont-elles destinées qu’à la souffrance ? Le droit au bonheur et à la paix intérieure est - il accordé/ou pas, à la naissance ? Peut-on écrire sa propre histoire en partant d’une page vierge ?

J’ai aimé l’écriture, addictive. J’ai été entraînée et je voulais connaître la suite. C’est un récit de vie qui m’a touchée. Vraiment touchée.

Un roman que je vous conseille.
Commenter  J’apprécie          30
Kaamelott, Livre I : Première Partie
  29 mai 2022
Kaamelott, Livre I : Première Partie de Alexandre Astier
Parmi les bonnes surprises de ce début de XXIème siècle, plutôt galère, il faut bien l’avouer, il y a eu cette série télé rapidement devenue culte : Kaamelott.

Je ne vous ferai pas l’injure de vous demander si vous en avez entendu parler. A moins d’avoir été en villégiature sur Mars ces vingt dernières années (Mars ou Neptune, je ne suis pas xénophobe à ce point), vous n’avez pas pu y échapper.

Kaamelott est donc une série humoristique (du moins au début) créée en 2005, par Alexandre Astier, Alain Kappauf et Jean-Yves Robin. Le scénario et les dialogues sont l’œuvre d’Alexandre Astier, accompagné de Joëlle Sevilla, Nicolas Gabion, Fabien Rault, ou encore Lionnel Astier.

Kaamelott fait référence à Camelot, la cité légendaire du roi Arthur. Et c’est précisément ce digne souverain qui fait l’objet de la série, entouré d’une famille comme on n’en fait plus (sa femme Guenièvre, ses beaux-parents Séli et Léodagan, son beau-frère Yvain, son neveu Gauvain) des Chevaliers de la Table Ronde qui vous donnent envie d’aller chercher le Graal… au bistrot du coin (Perceval, Caradoc, Lancelot, Bohort, et les autres), l’enchanteur Merlin, le Père Blaise et toute une foule de personnages tous plus déjantés les uns que les autres.

L’intérêt principal (mais pas unique, c’est très bien réalisé et très bien interprété) réside dans les dialogues. Alexandre Astier a eu l’heureuse idée de les éditer, et c’est un régal de ce plonger à nouveau dans cet univers parodique, certes, mais souvent révélateur de certaines petites, euh, imperfections humaines (la bêtise, par exemple – bêtise est le nom qu’on donnait autrefois, quand on avait un peu de vocabulaire, à la connerie d’aujourd’hui)

Car, il faut bien l’avouer, ces dialogues sont succulents. Astier, à l’évidence, est un fils spirituel de Michel Audiard : même finesse, même gouaille, même aisance à pourfendre la stupidité de ses contemporains. De la même façon, on peut y trouver des correspondances avec l’esprit français d’un Goscinny, par exemple, ou encore de Gérard Oury (celui de la Grande vadrouille)

Je ne résiste pas à vous mettre en citation quelques-uns de ces textes, destinés à devenir immortels.

Avouez que, à l’époque où l’on vit, c’est un peu de baume sur le marasme ambiant, non ?

Parce que, c’est vrai, quoi, on en a gros !

C’est pas faux !



+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Accorde-moi ton regard
  29 mai 2022
Accorde-moi ton regard de Léa Trys
Dévorant les livres de Léa Trys, il fallait que je découvre cette histoire faite avec Priincess Ramera Cassi.



Rien qu'avec le titre et la couverture, les auteures annoncent la couleur... l'histoire va être sombre, religieux.



Je ne suis pas du tout branchée religion etc, j'ai même les poils qui s'hérissent dès que je dois rentrer dans une église c'est pour vous dire, mais j'ai vraiment apprécié cette histoire.



Au fil des pages, nous faisons la connaissance de Kiel qui est rongé par les démons de son passé, conditionné/formaté avec les 7 péchés capitaux, a une dévotion malsaine à Dieu ; et Rachel, rebelle impulsive au grand coeur, est en marge de l'église par son physique et son métier.

Deux enfants de Dieu tourmentés par leur passé respectifs, qui pensent qu'Il les a oublié dans ses desseins. Deux êtres abîmés qui peinent à se reconstruire.



Un sombre passé qui s'expliquera je pense dans le Tome 2 sur la psychologie aussi noir des personnages.
Commenter  J’apprécie          10
Le cas Victor Sommer
  29 mai 2022
Le cas Victor Sommer de Vincent Delareux


Victor Sommer, trente-trois ans, vit en vase clos avec sa mère qui subvient à tous ses besoins.

Dès le début on perçoit la relation étrange et malsaine qu'il entretient avec elle. Cette dernière a tout fait pour que son fils ne puisse se passer d'elle, de sorte que même adulte, il se sent incapable d'affronter le monde sans elle. Il ne travaille pas, elle n'en voit pas l'utilité. Mais un jour, l'envie de s'ouvrir au monde le pousse à se présenter, contre l'avis de sa mère, dans une entreprise de dératisation qui recherche de la main d'œuvre. Il débute aussi une relation amoureuse avec Eugénie, jeune fille qui était à l'école avec lui et qu'il a retrouvée par hasard dans la rue. Sa mère quitte alors mystérieusement la maison, laissant Victor à la fois soulagé et désemparé...



Le choix d'une narration à la première personne selon le point de vue de Victor positionne le lecteur de façon intéressante dans la peau du Dr Adam qui écoute son patient parler, raconter son quotidien étouffant avec sa mère et lui confier ses réflexions existentielles sur le sens de la vie. Le récit se lit facilement, les chapitres courts s'enchaînent rapidement mais j'avais senti venir la fin. J'ai eu du mal à m'attacher vraiment au cas Victor Sommer, le titre et le thème de ce roman m'avaient pourtant séduite.



Je remercie Netgalley et les éditions de l'Archipel pour cette lecture.

#NetgalleyFrance

#LecasVictorSommer

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Les tartines sont meilleures quand on les p..
  29 mai 2022
Les tartines sont meilleures quand on les partage à deux de Emily Blaine
Je ne lis jamais de romances pures et dures, je ne suis pas vraiment férue d’une histoire d’amour pour une histoire d’amour. J’ai donc profité du Challenge NetGalley 2022 pour ce faire, en me disant qu’une bonne surprise pouvait toujours arriver… Définitivement non.



Au moins un point positif : l’ensemble se lit facilement. Mais j’ai laissé glisser les pages, sentant l’ennui venir progressivement, et de plus en plus fortement, pointer le bout de son nez : en effet, à aucun moment je n’ai réussi à m’intéresser aux errements amoureux – soit dit un peu caricaturaux – de Tristan pour enfin conquérir Emma – parce que forcément, l’on sait d’emblée comment les choses se terminent, malgré les sempiternels circonvolutions qui laissent penser, un peu maladroitement, le contraire. Et puis j’avoue avoir été gênée par cette insistance obsessionnelle du personnage principal à conquérir Emma, malgré les refus de la jeune femme, insistance plus qu’inacceptable dans la réalité.



Je remercie les éditions Harlequin et NetGalley de m’avoir permis de découvrir ce roman, ne faisant que confirmer que la romance n’est pas du tout un genre pour moi.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
Chine, les meilleures recettes
  29 mai 2022
Chine, les meilleures recettes de Margot Zhang
Je tiens avant tout à remercier les Editions Mango et Babelio pour ce beau livre reçu dans le cadre de Masse Critique.

Un ouvrage assez complet sur la cuisine chinoise, car on y retrouve outre des recettes, l'explication des produits, les bases.

L'alternance des photos et illustrations donne un côté vivant, ludique. Et donne envie de tout préparer !

Pour chaque recette, un petit plus, une astuce, un conseil. Pour qui apprécie cette cuisine, je ne peux que recommander ce livre.

Les ingrédients peuvent être facilement trouvés, et on est bien loin de la cuisine chinoise que l'on nous présente dans certains restaurants où tout a la même saveur (quand ce n'est pas "assaisonné" au glutamate.

Commenter  J’apprécie          20
Alice Guy
  29 mai 2022
Alice Guy de Catel/Bocquet
Voici une BD qui réhabilite les femmes qui ont contribué à un essor et qui ont été injustement oubliée par l'histoire écrite d'ailleurs par des hommes. Il faut faire sortir les femmes de l'ombre !



On va s'intéresser cette fois-ci à Alice Guy qui fut la toute première femme réalisatrice au monde. Il faut dire qu'elle a été la première à avoir vécu la naissance de l'invention cinématographique en travaillant d'ailleurs pour Léon Gaumont qui n'était pas un tendre.



Elle a rencontré Auguste et Louis Lumière,Gustave Eiffel, Georges Méliès, Louis Feuillade, Buster Keaon et Charlie Chaplin et bien d'autres qui ont marqué la légende du cinéma. Elle a vécu plus de 90 ans et dans différents pays que cela soit le Chili, la Suisse, la France, les Etats-Unis également. C'est une véritable légende et un témoin clé d'une certaine époque disparue.



On passe du côté des coulisses pour assister à la naissance du cinéma et des premiers studios. On voit également les premières inventions techniques qui rivalisaient avant que le cinématographe emporte la mise. On ne savait pas non plus que cela pourrait être utilisé comme du spectacle et du divertissement.



La narration est bien maîtrisée et permet un clair passage entre les différentes scènes. J'ai bien aimé le dessin qui est net et précis. Les cases ne sont pas inutilement surchargées en dialogues. C'est limpide et cela passe bien à la lecture malgré plus de 300 pages. C'est vrai que le côté pavé m'avait fait peur mais c'était un régal à la lecture.



Maintenant, quand j'entendrais parler d'Alice Guy, je saurai qui elle est et ce qu'elle a apporté au cinéma.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          260
Bienvenue dans l'anthropocène
  29 mai 2022
Bienvenue dans l'anthropocène de John Green
J’étais curieuse de découvrir la dernière sortie de john green. Dans ce livre, il y a une multitude de chroniques qui se suivent sur différents thèmes. J’ai pu apprendre pas mal de choses en tournant les pages et c’est quelque chose qui m’a beaucoup plus. En revanche, je me suis un peu perdu dans l’incompréhension de certaines chroniques que j’ai trouvé un peu longues. Il est très intéressant d’avoir le point de vu de john green sans fiction durant la lecture. Je trouve que c’est donc un livre intéressant qui peut mériter une curiosité !
Commenter  J’apprécie          10
La Femme bleue.  L'Exil
  29 mai 2022
La Femme bleue. L'Exil de Maguy Vautier
Dâssine et Moussa







Maintenant, j'ai goûté dans vos mots la volupté d'absorber les coeurs,

maintenant, j'ai goûté dans vos vers le désir de vouloir livrer ma vie,

vous êtes cet amour immense,

vous êtes cet amour immédiat,

vous êtes cet amour naturel,

vous êtes en moi,

avant que je ne le sache,



et toi, Dâssine, et toutes les Dâssines que tu es,

tu tournes autour de moi,

dans mes veilles, dans mon sommeil, dans mes paroles, jusque dans mes silences. Qu'importe tous les voiles sous lesquels tu te caches, ton amour envahit nos coeurs;



et toi, Moussa, et tous les Moussas que tu es,

dans le dénuement qui ennoblit,

avec ces nuits de femmes, soeurs des brumes de la rosée pour le soleil,

tu as perdu nos peurs dans les dunes des déserts,

pour que nous retrouvions l'orgueil d'être nous.





Deux poètes du désert

Doussine Oult Yemma (1885 ? - 1935)

Moussa ag Amastan (1867-1920)

que l'on retrouve chez Angèle Maraval-Berthoin Chants du Hoggar L'Édition d'Arts,1924

et dans un très beau livre de Maguy Vautier La Femme bleue Syros 1990







© Mermed
Lien : http://holophernes.over-blog..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
De arte gymnastica
  29 mai 2022
De arte gymnastica de Andrea Marcolongo
Petite précision, n'ayant eu la patience d'attendre sa sortie en France, j'ai décidé de lire cet ouvrage en italien (comme à chaque fois depuis que j'ai lu "La Langue géniale

9 bonnes raisons d'aimer le grec"). A sa sortie française ce sera avec plaisir, que je me mettrai, à nouveau, dans les foulées de cette auteure.



Je dis foulées, car Andrea Marcolongo s'est lancée un défi de taille : un marathon et pas n'importe lequel, LE Marathon, d'Athènes, elle a choisi de mettre ses foulées dans celles des Anciens, et au premier chef dans celles de Phidippidès le messager qui après avoir couru 41.8km et prononcé la seule phrase : " Nous avons gagné ! " s'est écroulé, terrassé par son effort.



41.8km car en réalité, la distance géographique qui sépare la ville d'Athènes, du village de Marathon ne correspond pas à celle des marathons modernes. "Les 42,195 km actuellement convoités n'ont en effet fait leur première apparition que lors des Jeux olympiques de 1908 à Londres où, au gré du prince de Galles, le départ de l'épreuve a commencé dans les jardins du château de Windsor et pour s'assurer que les nobles puissent regarder la course confortablement, à l'aise et à l'ombre, donc depuis, les coureurs sont obligés d'enchaîner près de 400 mètres supplémentaires ».



Revenons au livre avec Andrea Marcolongo la préparation d'un marathon devient tant une épreuve physique, qu'un réflexion philosophique.

On y retrouve ce qui le charme de son écriture, c'est stimulant, poétique, lyrique, et toujours érudit.



La preuve, quand elle évoque Dante :

" « Maître, quel est le poids qui les fait se plaindre si fort ? » demande Dante à Virgile (Enfer, III, 43-44), horrifié par les gémissements qu’il entend venant de l’antichambre de l’enfer. Ce sont des gens qui courent, leur guide répond promptement : ce sont les sans méfiance, ceux qui dans la vie ne savaient pas prendre position et prendre le parti du bien ou du mal et qui maintenant, dans l’anti-enfer, sont condamnés à jamais à courir en vain derrière un drap blanc, symbole de leur lâche indécision.

La course est la première punition que le lecteur de la Divine Comédie rencontre en enfer : les « coureurs de l’au-delà » apparaissent à Dante si désespérés qu’on les appelle des gens « qui sont ces gens si défaits de souffrance » (ibid., 33). Ceux qui, dans la vie, étaient « sans infamie et sans louange » (ibid., 36) sont obligés de courir sans fin, nus, sans but, tandis que les guêpes et les mouches les piquent dans la chair et que d’horribles vers se nourrissent de leur sang et de leurs larmes. Ces esprits neutres et lâches, sont si insupportables dans leur course que même Satan ne veut pas qu’ils soient en enfer (« Les cieux les chassent, pour n’être pas moins beaux, et le profond enfer ne veut pas d’eux,car les damnés en auraient plus de gloire.» (ibid., n. 40) , et même Virgile avertit Dante : «ne parlons pas d’eux, mais regarde et passe.  » (ibid., n. 51).

Filet des insectes haineux et avec l’ajout de quelques centimètres de tissu, cette scène de la Comédie n’est pas si différente du spectacle glaçant offert par un marathon contemporain. Pour ceux qui ne pratiquent pas la course à pied, assister à un marathon en dehors du contexte olympique rappelle directement le suicide collectif – une apocalypse de l’humanité dans laquelle paradoxalement les participants, épuisés et dépassés, poursuivent volontairement leur propre souffrance."



A l'époque de la sortie de son premier livre Le Monde des Livres écrivait : "La jeune et talentueuse helléniste italienne a inventé un genre littéraire inédit : le journal intime érudit."

Et ce livre n'y déroge pas.



Ce marathon est pour elle une prise de conscience d'avoir "vécu" dans la « tête » des Grecs, s’efforçant de comprendre leur langue, leur poésie, leur philosophie et tout le catalogue des merveilles créées par leurs neurones porteurs. Mais elle avait oublié qu’eux aussi avaient un corps, fait de chair, de sang, d’impulsions, de désir et de besoin de bouger. Le cerveau doit être bien entraîné, les muscles ne peuvent pas l'être moins – et peut-être que pour écrire un poème épique, l’inspiration de la Muse ne suffit pas, les Grecs avait également besoin de jambes rapides et de chevilles robustes.



Au passage, sont égratignés le marketing qui fait de la course à pied une activité "tendance", les applications mobiles et autres gadgets ces "outils" qui "aident" à améliorer les performances et qui font que les coureurs contemporains, équipés de tous les gadgets technologiques possibles, semblent maintenant plus semblables aux protagonistes d’un film dystopique qu’aux athlètes de la Grèce antique, qui s’entraînaient nus et équipés de rien d’autre que de la force de leurs muscles. Dans la Grèce antique, la seule donnée mesurable et contrôlable était celle, très évidente, de souffle, court ou long : « La limite de la force de l’exercice est le changement de respiration ; il s’ensuit que les mouvements qui ne provoquent pas de variations dans la respiration ne méritent pas le nom d’exercices », a écrit le médecin Galien en ignorant toujours la différence entre l’exercice aérobique et anaérobie.



Elle convoque également Platon qui dans Timée écrivait : "ne mouvoir ni l’âme sans le corps, ni le corps sans l’âme, pour que, se défendant l’une contre l’autre, ces deux parties préservent leur équilibre et restent en santé. Il faut donc que le mathématicien ou quiconque applique intensément son esprit à quelque étude donne aussi en compensation du mouvement à son corps, en pratiquant la gymnastique, et que, inversement, celui qui accorde le plus clair de ses soins à façonner son corps fournisse à son âme des mouvements compensatoires, en s’adonnant à la musique et à tout ce qui touche à la philosophie, s’il veut que, à juste titre, on dise qu’il est à la fois bon et beau"



Mais aussi sur des réflexions qu'il pourrait avoir face à la folie au fait que nous essayons aujourd’hui de mettre dans nos plats, et donc en circulation dans notre corps, des aliments biologiques, c’est-à-dire des produits sans l’utilisation de produits chimiques tels que des pesticides et d’autres poisons.

La folie est plutôt d’avoir longtemps pensé le contraire, c’est-à-dire que la façon dont les champs, les mers, les montagnes, les rivières nous offrent naturellement leurs cadeaux était contournable, modifiable (comme si elle n’était pas déjà plus que parfaite comme ça) grâce à la technologie et à une arrogance sans bornes.



L'auteure de nous rappeler qu'en grec ancien, le mot "régime" ne signifiait pas restriction alimentaire ou sacrifice pour perdre du poids : le terme díaita, en fait, indiquait un mode de vie visant à préserver la santé dans tous ses composants, de la nourriture au sommeil, de l’exercice physique au bien-être mental.



Et de penser, de manière évidente, que courir est l’acte le plus contemplatif qui soit – et autrefois considéré comme quelque chose de mystique sous forme de pèlerinage. Enfin soustrait – libéré – des mille distractions quotidiennes, il n’y a que deux panoramas possibles à contempler : l’intérieur, fait d’émotions et de sensations physiques, et l’extérieur, fait de routes, d’arbres, de rivières, et pour les chanceux des montagnes et de la mer.

Il ne s’agit pas seulement d’arbres et de paysages à admirer, mais aussi de sens à éveiller et à entraîner : de plus en plus prisonniers du confort des murs de la maison et des écrans bleus des smartphones, il arrive que nous ne sachions plus quoi faire de notre audition coincée dans des écouteurs avec filtre antibruit, de notre sens de l’odorat asphyxié par des déodorants artificiels, de notre toucher anesthésié par des crèmes et des protections.



Depuis Le Banquet de Platon, l’homme est l’être désirant par définition – tant qu’il est mortel, aucun bonheur ne sera assez grand pour le convaincre de ne pas en vouloir encore plus.

"Avec l’effondrement des grands idéaux collectifs, des partis à la religion en passant par toutes les structures intermédiaires de l’engagement civique, aujourd’hui ce bonheur est devenu si privé – et vendu déjà privatisé à un prix élevé – que nous pourrions aussi bien essayer de le fabriquer nous-mêmes, en devenant nos propres juges et nos propres tyrans. D’où l’obligation de performer en permanence, de se défier les uns les autres chaque matin saint pour pouvoir dire le soir que nous avons gagné – que ce soit contre nous-mêmes, l’agenda, le regard des autres ou le chronomètre au poignet, peu importe – ressentir au moins ce peu de satisfaction qui nous rappelle d’être en vie, qui nous permet de nous dire par nous-mêmes « Bravo ! »"



Et bien je dis à Andrea Marcolongo : BRAVO et MERCI pour ce nouveau livre c'est toujours un plaisir de la retrouver.

Et résumons en une phrase son nouvel ouvrage, qu'elle prononce elle-même : "Je sors courir pour pouvoir écrire, et j'écris pour pouvoir courir"

Et bien lors de sa sortie en France je courrai chez mon libraire pour que sa version française rejoigne son homologue italienne sur l'étagère de ma bibliothèque... Et tout cas je suis déjà dans les starting-blocks

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
Tant que le café est encore chaud
  29 mai 2022
Tant que le café est encore chaud de Toshikazu Kawaguchi
Le Funiculi Funicula n’est pas un café comme les autres. L’on peut y faire le choix de s’installer à une certaine place, de se faire servir un café, et de voyager dans le temps, la principale règle étant qu’il faut poursuivre le voyage tant que le café est encore chaud – il faut aussi savoir que ce voyage ne change strictement rien au déroulement du temps et des évènements. Quatre protagonistes, plus ou moins liés, et au café, et à son entourage, vont effectuer ce voyage au fil du roman, pour diverses raisons : amoureuse pour les deux premières, familiales pour les deux suivantes.



Dans tous les cas, ce sont des femmes – oui, uniquement des femmes – qui vont faire le plongeon temporel en choisissant de boire ce café : pour chacune, Toshikazu Kawaguchi prend le temps de bien nous la présenter, afin que nous comprenions les raisons qui la poussent à faire ce choix, même si ce choix ne changera jamais rien aux évènements.



Leurs histoires sont toutes touchantes, et plutôt bien narrées, mais le fonctionnement en quatre histoires, assez semblables finalement quant à leur forme, rend l’ensemble un peu redondant, et finalement monotone. J’ai terminé mon écoute, notamment parce que Philipe Spiteri incarne vraiment bien le récit, avec une lecture tout en nuances, mais j’ai fini, à partir de la troisième histoire, à me lasser du récit qui m’était proposé.



Je remercie les éditions Audiolib et NetGalley de m’avoir permis de découvrir ce livre audio dans le cadre du Challenge NetGalley 2022, même si je n’ai pas totalement été séduite par l’histoire qui m’y était contée.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
Blanc autour
  29 mai 2022
Blanc autour de Wilfrid Lupano
Ryan : C'est l'histoire d'une prof qui créer une école pour personne de couleur. Tout se passe bien jusqu'au jour où elle apprend que la ville n'est pas d'accord. Une nuit l'école est attaquée.



J'ai bien aimé ce livre car il parle de l'histoire d'une dizaine de personnes de couleur et elles ne sont pas représentées de façon raciste.



Gabin : L'histoire se déroule en 1832, à Canterburry dans la Connecticut. Trente ans avant l'abolition de l'esclavage. Dans ce petit village vit Maria une jeune fille noire qui veut apprendre et aller à l'école.



J'ai bien aimé car c'est une histoire à contexte historique et c'était bien.
Commenter  J’apprécie          20
Blanche-Neige et les zombies
  29 mai 2022
Blanche-Neige et les zombies de Violaine de Charnage
Blanche Neige et les zombies - Violaine de Charnage 



ce que les hommes préfèrent sont faites avec de belles pommes...



Si vous n'avez pas encore eu la chance de lire une des nouvelles de Violaine un peu de patience, son recueil arrive très prochainement pour vous servir. (disponible le 1er juin 2022)



En attendant,installez-vous confortablement, préparez vous une tisane à la saveur hémoglobine sur une note sucrée empoisonnée, ça va saigner. (Mauvais jeu de mots pour le coup)



On connaît tous les réécritures de conte notamment celui de Blanche neige, écrit il y a des années par les frères Grimm, modifié et adoucit par Disney et revu au goût du jour par L-P Sicard des Contes Interdit. 



Mais avez-vous lu la réécriture noir et trash de Violaine ? Non? Alors il n'est pas trop tard, à condition d'être assez solide pour ne pas y laisser le contenu de son estomac tant l'histoire peut être indigeste pour les plus sensibles d'entre vous. 



Et oui, cette lecture est pour un public averti, entre violence, viol, veangance et soumission la lames est fines, mais elle coupe bien.



J'ai été conquise par cette lecture au goût amère, fan de réécriture de conte, une énième découverte de Blanche neige n'était pas de refus. Et celle-ci vous fait descendre en enfer sans fausse note,il faut dire que l'auteure manie avec précision et perfection sa plume immersive et captivante. De quoi tenir en apnée les plus courageux d'entre nous. En clair, c'est l'une des meilleures réécritures horrifiques que j'ai pu lire. Et j'en remercie Violaine, car grâce à elle j'ai passé un excellent moment.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
They All Fall Down
  29 mai 2022
They All Fall Down de Rachel Howzell Hall
+++++ ILS TOMBENT TOUS +++++



Cet ouvrage se présente comme une version moderne du célébrissime roman d’Agatha Christie "Dix petits nègres" de 1939.



L’auteure, Rachel Howzell Hall, est diplômée en littérature américaine de l’université de Santa Cruz en Californie et a publié des thrillers qui sont souvent comparés à ceux de Kathy Reichs et Patricia Cornwell. Avec James Patterson elle a écrit la nouvelle "The Good Sister".

Elle a été longtemps active dans les associations "The Mystery Writers of America" et "Sisters in Crime".



Le présent livre est sorti à New York en avril 2019 et j’ignore si une traduction en Français est prévue.



Myriam "Mimi" Macy, 45 ans et habitant à Los Angeles, a décidé de participer à un concours de télé-réalité dans une île isolée en Mer de Cortés dans l’Océan Pacifique, appelée Mictlan, qui en mythologie aztèque signifie "lieu des morts".



Mimi est en instance de divorce avec son mari Billy, qui la trompe honteusement avec la belle Ashlee, et a des relations compliquées avec sa fille Morgan de 17 ans. Et elle a surtout besoin de sous et sait que même un perdant dans la compétition télé-réalité touchera 10.000 dollars.



C’est lors du transfert de la ville portuaire mexicaine de Puerto Peñasco vers l’île privée de Mictlan, un voyage houleux à bord d’un superyacht, que Mimi fait la connaissance de ses 6 concurrents pour le Grand Prix, dont elle ignore d’ailleurs encore le montant exact.



Ses rivaux forment une équipe plutôt très variée : il y a Eddie, un flic à la retraite muni de 2 revolvers ; Franklin D. Clayton, un conseiller financier de Dallas ; Evelyn, une infirmière d’un certain âge ; Wallace Zavarnella, un avocat "gay" ; Desi(rée) Scoggins, une jeune veuve et la vamp de service et finalement le sympathique Javier Cardoza, chef cuisinier de son état.



Même avant de débarquer sur l’île la tension entre les membres de cette fine équipe monte et ce n’est, bien entendu, que le début d’une longue course à l’élimination....



L’idée de base et l’intrigue conçues par Rachel Howzell Hall sont tout à fait valables, mais ce que je regrette dans sa langue c’est un recours trop fréquent à un "slang" ou argot américain relativement imperméable pour un lecteur européen.



Le thème des 10 petits nègres de l’impératrice du crime a inspiré plus d’un auteur, scénariste et réalisateur de films et il existe même un roman publié en 2014 par Roxanne St. Claire de Floride avec exactement le même titre : "They All Fall Down".

Je n’ai pas lu ce dernier roman, mais en ce qui concerne celui commenté ici aujourd'hui, je conclurais en disant que malgré du bon travail, n’est pas Agatha Christie qui veut.

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          160
Riz, riz, riz !
  29 mai 2022
Riz, riz, riz ! de Bamco
Un très joli album, à partir de 3 ans, qui raconte en texte simple et drôle, la culture du riz. Sans aucun doute, Bamco est une illustratrice de talent qui salue ici son père producteur de riz en Corée. Ce bel album fait partie des livres pour interroger et imaginer le monde, une collection à offrir à nos petits pour les faire voyager ...
Commenter  J’apprécie          20
Les sauveurs d'esprits, tome 1 : Louise
  29 mai 2022
Les sauveurs d'esprits, tome 1 : Louise de Carbone
Une très belle découverte pour cette Bd jeunesse sur la thématique du deuil. Les dessins m’ont particulièrement plût, d’une qualité et précision folle. L’histoire peut présenter quelques incohérences notamment sur la fin de l’histoire où j’ai trouvé assez étonnant et choquant la réaction d’un personnage apprenant la mort d’un proche… mais là encore, la beauté de l’ouvrage et des dessins de Carbone fait passer la pilule 😅

Je lirai la suite avec grand plaisir et je remercie @Babelio de m’avoir fait découvrir cet ouvrage dans le cadre de la #MasseCritique
Commenter  J’apprécie          10


Suivez toutes les critiques de la presse Voir plus

Actualitte

2862 critiques

LeFigaro

3097 critiques

LeMonde

3720 critiques

Lhumanite

511 critiques

Liberation

2373 critiques

Bibliobs

1933 critiques

LePoint

1064 critiques

LesEchos

1129 critiques

Lexpress

4138 critiques

Telerama

3001 critiques

LaPresse

2438 critiques

LaLibreBelgique

1682 critiques