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Critiques à l'affiche

Le Petit Prince
  16 février 2019
Le Petit Prince de Antoine de Saint-Exupéry
Le Petit Prince symbole universel de poésie et d’humanité.



Comment évoquer ce petit être de douceur qui représente tant de choses. Ce petit être amoureux d’une rose qu’il chérit même séparé d’années lumières. Un petit être dont nous avons tellement à apprendre, par son innocence et sa connaissance des choses les plus simples qui forment le Bonheur.



Il me semble que " Le Petit Prince" ne peut avoir qu’un seul sens, ce livre est différent pour chacun en raison de sa propre histoire. Je crois aussi qu’il ne cessera de prendre un nouveau sens à chaque relecture.



Le Petit Prince est une partie de chacun de nous, et il en sera ainsi à jamais. Parce qu’il représente l’humanité et que les personnes qu’il rencontre dans sa vie nous les connaissons également dans la nôtre.



Antoine de St. Exupéry a voulu faire passer tellement de messages : sur nous, en tant qu’êtres humains, sur la vie, sur le Bonheur, sur tout… tout ce qui forme l’humanité. Un auteur tellement amoureux du ciel et des étoiles qui termina sa vie en essayant de les atteindre.




Lien : https://nyellenouvelles.blog..
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La couleur des sentiments
  17 février 2019
La couleur des sentiments de Kathryn Stockett
Bienvenue à Jackson, Mississippi, dans les années 60, en pleine période de ségrégation, à la rencontre de Aibileen et Minny.

Elles sont meilleures amies, noires et bonnes. Aibileen est la bonne des Leefolt et s’occupe avec beaucoup d’amour et de tendresse de Mae Mobley le bébé de la famille.

Minny, elle, n’a pas sa langue en poche. Elle ose répondre et dire ce qu’elle pense. Pas vraiment un atout pour une bonne… sa franchise lui aura déjà couté quelques places.

Dans les cercles « des blanches », on retrouve une farandole de bourgeoises dont le plus grand souci est d’être présente à la prochaine partie de bridge organisée chez Ms Hilly. L’une sort tout de même du lot : Miss Sketer. Cette-dernière voudrait devenir écrivain mais pour ce faire, elle a besoin de trouver un sujet original. Elle voudrait que les bonnes noires racontent ce que c’est que de travailler pour une famille blanche. Les convaincra-t-elles?



Premier roman de Kathryn Stockett, ce livre est déjà considéré comme un « classique » et il n’y a rien d’étonnant à cela.

Dès les premiers chapitres nous sommes emportés vers le Mississippi des années 60 où la ségrégation raciale fait rage. Ce livre permet de rappeler ce dont il s’agissait : pas les mêmes quartiers, les mêmes écoles, les mêmes hôpitaux, les mêmes tables ou les mêmes toilettes.

L’auteure s’aide en intégrant à son récit de nombreux événements historiques comme le début de la conquête spatiale, l’invention de la pilule contraceptive ou l’assassinat de Kennedy ce qui nous permet de nous rappeler que tout cela c’était il n’y a pas si longtemps que ça. Un bon rappel.

Ce livre nous permets également de nous rappeler que les choses ont pu évoluer favorablement grâce à des hommes et des femmes qui ce sont battus pour que chaque être humain puisse bénéficier des mêmes droits.



En conclusion, il s’agit d’un livre mémoire pour nous rappeler d’où on vient et qu’il y a encore des progrès à faire mais sans tomber dans le livre donneur de leçon. On passe un très bon moment de lecture et on se demande comment tout cela va finir.
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Au revoir là-haut
  18 février 2019
Au revoir là-haut de Pierre Lemaitre
A ceux qui me demandent; que fais tu t'es vacances ? Je répond je lis. A ceux qui persistent; mais tu ne voyages pas ? Je répond "si, en 1918 avec Au revoir La-Haut !" C'est avec ce roman que j'ai découvert Pierre Lemaitre, roman récent écrit avec talent ! Ma vision patriotique en a pris un coup. Des personnages hauts en couleur dans une partie de l'histoire assez méconnue
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Je me souviens de tous vos rêves
  17 février 2019
Je me souviens de tous vos rêves de René Frégni
Je me souviens des Bleuets, la grande librairie de Banon

où j'ai déniché tout content un Siniac

et pas n'importe lequel

Ferdinaud Céline.

Quelle histoire que ce libraire dépressif

hyper actif sauvé par les livres...

Réné Frégni en trace un beau portrait.

Je connaissais pas l'auteur de Manosque avant

un passage rapide chez le barbant barbu du mercredi

qu'à remplacé depuis belle lurette gros sourcils.

J'ai été épaté par sa prose douce et moelleuse

un ronronnement de chat

comme Baumette, son matou qu'à fait le grand saut...

Le félin trouvé dans une prison, d'où son nom, ça ne s'invente pas.

J'ai voyagé à Manosque, humé les odeurs de Provence

gazouillé avec les oiseaux,

grelotté en hiver en Franche Comté,

rencontré des personnages inoubliables,

marginaux ou fiancé des corbeaux

Avec qui ? avec le poète René Frégni !

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Au revoir là-haut
  17 février 2019
Au revoir là-haut de Pierre Lemaitre
Albert et Édouard se sont rencontrés à la guerre... dans des circonstances plus que douloureuses. Le combat qui les a réunit, la bataille de la côte 113, fait d’Edouard une de ses fameuses gueule cassée. Ces deux hommes n’étaient pourtant pas fait pour ce rencontrer : Albert est issu d’un milieu modeste tandis qu’Edouard vient d’une des plus puissante famille parisienne. Malgré ce fossé, les deux hommes vont finir par (sur)vivre ensemble après la guerre. Ils sont rejetés tous les deux par la société : d’un côté Albert qui n’est pas reprit à son ancien emploi à la banque, de l’autre Édouard non présentable en public vu la destruction de son visage, ce-dernier ayant refusé les opérations de reconstructions proposées. Pour ce sortir de l’impasse, ils vont monter une grande arnaque. Réussiront-ils dans leur entreprise ?



Pierre Lemaitre nous propose ici un grand roman sur l’après guerre 14-18.

Il nous permet d’aborder une multitude de sujets : la guerre en elle même bien entendu, les gueules cassées, le prestige des grandes familles de l’époque, les difficultés d’après-guerre (surtout pour la classe moyenne) et nous permet d’imaginer une petite partie des business qui ont pu être réalisés sur le dos de la guerre, des morts et des survivants. Tous ces sujets sont abordés au départ d’une histoire d’hommes : Albert et Édouard, a jamais unis par cette guerre.

L’écriture est très fluide, utilisant toujours les mots justes. On se représente immédiatement l’ambiance, les décors, les personnages, une écriture presque scénaristique ; pas étonnant que ce livre ait été adapté en film.

En ce qui me concerne, ma partie préférée du livre était la première, celle qui se déroule pendant la guerre. Durant cette partie on est en pleine action, tout s’enchaîne très vite. Le reste du livre ne perd rien en qualité d’écriture mais je l’ai trouvé un peu long à certains moments.

En conclusion, un livre réussi sur la guerre 14-18, à transmettre pour le plaisir mais aussi dans un devoir de mémoire.
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La Fiction Ouest
  17 février 2019
La Fiction Ouest de Thierry Decottignies
Voilà un premier roman à la fois virtuose, étrange et lancinant comme un cauchemar. Ils sont quelques-uns et des milliers sûrement à se retrouver à Ouest, humains à coup sûr même si à la lisière de l'humanité et de la dépersonnalisation, parmi eux on suivra plus particulièrement Blesse, Percien, Vassili, Ouespe, l'Évanouie ou l'Employé, « C'était notre équipe » nous instruit le narrateur au nom inconnu. Une équipe parmi d'autres, formée par le hasard dans cet univers crayeux et pierreux, aride et méchamment onirique, dans lequel ils survivront sous les ordres d'un instructeur, accompagnés d'une bande sonore à la musique entêtante ou ce qui s'y apparente, à faire la gymnastique et l'exercice, creuser des trous, boire de la vodka ou prendre des amphétamines, activités au relent d'absurdité, on pense à Kafka et plein d'autres choses. Univers concentrationnaire (concentrionnaire même d'après la quatrième de couv'), sas d'asile ou simplement mauvais rêve ? Les trois peut-être bien, ou aucun. On se demande aussi ce que le narrateur est venu faire là, de son plein gré qui plus est apparemment après avoir rempli « tous les dossiers, passé une visite médicale, couru de bureau en bureau, à Zurich, avec d'interminables attentes, examens, entretiens. On m'avait finalement estimé apte et j'étais parti. ». Il évoque l'ambition de devenir policier par formation, et pouvoir ainsi lapider sans raison devant les visiteurs du parc. Il évoque aussi son passé sous forme de rêves qui se confondent à sa réalité sableuse et incertaine, parsemée de frelons ou de cloportes. Au final le flou domine sur le fonctionnement de cette société, composée justement de flous (sortes de spectres errants que l'on voit sans les voir vraiment), et de permanents aussi, ou de vifs. Les personnages n'y prennent pas d'épaisseur romanesque, juste quelques ébauches psychologiques pour les distinguer comme Blesse et sa violence supposée, ils perdent leur identité et le lecteur son empathie dans la foulée hésitante.

Un lecteur susceptible d'être subjugué par ce texte de haut vol, à l'apparence facile mais à la réalité d'une prose qui colle à la semelle, où on y est souvent pris à rebours, victime d'un croche-patte ou d'un enlisement ou d'un mauvais virage, obligé souvent de s'y recoller pour continuer à avancer. À l'image de l'univers qu'il dépeint donc.



« Il devint de plus en plus difficile de distinguer ce qui venait d'où ou de qui ou de quoi, et peu à peu tout se mêla, rejoignit la musique de la bande en une immense et continue variation des vibrations de l'air. »
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La tresse
  14 février 2019
La tresse de Laetitia Colombani
C'est un très beau roman, une ode à la puissance des femmes dans un monde qui leur est pourtant hostile. Nous suivons trois destins de femmes, sur trois continents, rien ne les relie si ce n'est un fil fin comme un cheveu. Trois femmes pleine de détermination qui ne cesseront de trouver la force de continuer d'avancer.
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Le puits des mémoires, Tome 3 : Les terres de..
  17 février 2019
Le puits des mémoires, Tome 3 : Les terres de cristal de Gabriel Katz
Ça y est, je finis avec mon ami Eric76, notre très belle trilogie. Je suis à la fois très enthousiasme, très émotive et très triste.



Intriguant, Attrayant, Déstabilisant



C’est toujours avec bonheur, qu’on poursuit l’aventure de nos trois comparses : Olen, Nils et Ragib. Je me suis très attachée à eux, à ses colosses forts, sensibles et émouvants et à leurs humours noirs, qui s’y dégagent. Ils savent que le danger est encore plus grand, depuis qu’ils ont découvert leurs identités. Ils essaient, tant bien, que de mal, de survivre, comme ils peuvent. On perçoit autour d’eux, une tension qui s’y installe, avec une tristesse dans l’air. On voit que l’arrivée d’Oranie, y ajoute un peu de légèreté.

Toujours à Woltan, les protagonistes malveillants veillent dans l’ombre. Ils sont les maîtres du complot. C’est toujours une question d’hiérarchie, de tradition et de pouvoir qui y jouent. On constate que le drame, la violence et la trahison font partie du quotidien. Est-ce qu’ils vont arriver à piéger nos trois compagnons ?



«Le héros n’est pas celui qui se précipite vers la mort mais c’est celui qui se compose une belle vie». – Jean Giuno



Au cours de ma lecture, je remarque qu’il possède un je-ne-sais-quoi de différent, c’est un peu prévisible par moments, même si c’est toujours un plaisir de les suivre. L’auteur Gabriel Katz sait très bien les manipuler et il les amène vers des événements tout autant déjantés, loufoques et cocasses. Il dévoile des vérités, il nous offre des scènes de combat et il nous fait assister à sa finale. Est-ce qu’ici les plus forts ou les plus rusés emportent la bataille ?



C’est avec une certaine surprise, avec un mélange de nostalgie, avec un brin de désappointement, que je termine la dernière page. Je suis très chagrinée de ne plus revoir mes trois héros, ils m’ont fait vivre toutes sortes d’émotions et c’est des très bons moments passés avec eux.

Pour terminer, je suis heureuse de découvrir la superbe plume de Gabriel Katz et je conseille cette magnifique trilogie. Une question me turlupine : «est-ce qu’il faut toujours se méfier?».



J’invite donc à aller lire la très belle critique de mon compagnon de lecture Eric76, à votre tour. Je te remercie pour ta belle amitié et ainsi que nos beaux échanges.



Siabelle

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La septième fonction du langage
  18 février 2019
La septième fonction du langage de Laurent Binet
Je viens de terminer ce volumineux livre de Laurent Binet. Je dois dire que tout est très enlevé et d'une grande originalité. Défilent les grands des années quatre-vingt: chefs d'états, écrivains, linguistes, universitaires. C'est un monde qui renaît et il est vu d'une façon ludique et très créative. J'ai été impressionnée par la maîtrise de la construction, et le sens du portrait que développe l'auteur. Et, ayant été étudiante puis jeune enseignante à cette époque, j'ai aimé qu'elle soit vue avec un tel humour. Il n'était pas toujours de mise à l'époque. Certains portraits sont d'une grande drôlerie. A lire vraiment en consommant lentement car le texte est très dense !
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Le Mystère de Callander Square
  16 février 2019
Le Mystère de Callander Square de Anne Perry
🌗Second tome de la série Thomas et Charlotte Pitt.🤰





Deux ans ont passés après les événements de Cater Street. Charlotte et Pitt sont heureux en mariage et attendent leur premier enfant. Malheureusement, ce bonheur est mis de côté après la découverte des corps de deux bébés dans le Callender Square. En plus de devoir résoudre cette affaire, Thomas Pitt est contraint de jouer de finesse et de doigté afin de ne pas se mettre à dos les habitants très distingués de la rue. Rapidement, notre inspecteur découvre que de distingués, ces gens n'en ont que l'apparence puisqu'une fois qu'on gratte le vernis de la "bonne société", se révèle des scandales et des coutumes dignent des êtres les plus abjects.

Aidé par Charlotte, pour qui la mort de deux bébés est insoutenable, et de sa soeur Emily, Thomas Pitt va aller de découverte en découverte ... et mettre aux abois un meurtrier...





Après la série Monk entièrement dévorée et la découverte du premier volet de cette autre série d'Anne Perry, j'avoue avoir eu quelques appréhensions. Au final, je suis conquise par l'intrigue, les personnages et la structure générale de ce roman. Oublions la structure en deux grandes parties avec enquête et procès présent dans sa série Monk. Ici, Anne Perry nous propose une enquête dans les alcôves de la bonne société. Via les témoignages des personnels de maison, l'ambiance de luxe, de beauté et de richesse est vite remplacée par une toute autre de luxure, noirceur et monstruosité. Le roman joue énormément sur le paraître avec des familles nobles, riches, nanties qui pourtant, une fois chez eux, se permettent des privautés avec leur personnel. On détrousse une femme de chambre ? Et alors, ne sont-elles pas là pour cela ! À l'inverse, si l'une des leurs succombe aux charmes d'un valet, c'est la disgrâce voire le branle-bas de combat pour lui trouver un mari point trop regardant.





L'intrigue policière est en dent de scie. Après la découverte des bébés, plus rien de fâcheux ne vient apporter du piquant à l'intrigue jusqu'au chapitre 7 où Charlotte et Emily font une macabre découverte. Le tout est décrit de manière subtile et imagée. J'ai beaucoup aimé cette scène d'ailleurs. La résolution est digne d'Anne Perry avec sa manie de nous asséner la vérité dans les dernières pages et de nous offrir un mobile inimaginable.





Le roman focalise énormément son attention sur les aspects sociétaux et hiérarchiques de la société anglaise de l'époque. Anne Perry nous offre un panel de personnages représentatif de cette société entre les lords, les anciens militaires, les banquiers, les médecins. Cette hiérarchie s'applique également au sein de leur maisonnée où les serviteurs sont placés à des postes selon leur physique par exemple ou leur condition. Cet aspect sociétal apporte de nombreuses lourdeurs au récit, de redondances également qui peuvent lasser le lecteur. Personnellement, j'ai aimé, mais je peux comprendre que cette manière de faire irrite.🙂





Pour conclure, une excellente intrigue policière qui permet en parallèle de suivre l'évolution personnelle des deux héros, sur le point d'être parent. À très vite pour la suite.😉

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Pereira prétend
  16 février 2019
Pereira prétend de Antonio Tabucchi
Cela faisait longtemps que je voulais approcher ces deux comperes, Tabucchi et Pereira. Un couple bizarre. Pereira parle sans arret et Tabucchi l'ecoute, meduse. De temps en temps il fait semblant de ne pas le comprendre, ou de ne pas le croire. Alors Pereira s'etend en explications, en eclaircissements de detail, il assure Tabucchi que..., il affirme que..., il soutient que..., il pretend que..., forcant son ami a apprehender les pensees, les considerations, qui l'ont amene a agir comme il l'a fait.



Un peu balourd, ce Pereira. Un journaliste lisboete en fin de carriere, redigeant, en 1938, la page culturelle d'un journal insignifiant. Un homme tristounet, obsede par la mort, solitaire, parlant presque uniquement au portrait de sa femme defunte, tirant vers l'obesite et malade du coeur, consommateur acharne d'omelettes aux herbes et de jus de citrons. Je me l'imagine rose pale dans un environnement gris.



Pereira decide un beau jour de recruter un collaborateur, qui serait responsable de necrologies d'ecrivains. Et ce sera Monteiro Rossi, un jeune idealiste de gauche, farfelu et romantique, qui donnera, en guise de ce qui lui est demande, des ecrits a forte teneur antifasciste, impubliables. Pereira pretend qu'il ne saurait expliquer pourquoi il le garde, a ses propres frais, pourquoi il l'aide, mais c'est ce qu'il fait. Jusqu'a le cacher. Parce que ce jeunot oeuvre clandestinement pour la republique espagnole en guerre et contre les fascismes. Et cette relation va transformer Pereira. Il n'etait pas aveugle, non, mais il ne pourra plus faire semblant de ne pas bien voir. Catholique convaincu bien que peu pratiquant, il devra choisir entre la position de l'eglise officielle et celle de catholiques qu'il admire, Bernanos, Mauriac. Et pas seulement vis-a-vis de la guerre espagnole, mais aussi de ce qui se passe dans son propre pays, ou la dictature de Salazar engendre une certaine barbarie. Et il choisira. Et il agira.



Pereira pretend est ecrit avec beaucoup d'ironie, dans un style tres leger. Une legerete, un humour, qui contrastent avec la relation sous-jacente d'un Portugal suffocant sous la dictature. Qui contrastent surtout avec les questions que souleve le livre: est-il moral de mettre des oeilleres afin d'assurer un petit train-train de vie? Est-il moral de detourner les yeux d'agissements barbares? De s'isoler du bouillonnement, de la crispation du monde, dans une sorte de tour d'ivoire? Est-ce seulement possible? Nous connaissons tous le celebre poeme: quand ils sont venus chercher les communistes je n'ai rien dit car je n'etais pas communiste ... etc. etc. Alors? Alors Pereira pretend que non, que ce n'est ni moral ni possible. Il le pretend peremptoirement. Et c'est ce que pretend apres lui le livre, tout en masquant ses allegations sous des contrastes de style et de fond.



Je suppose que Pereira a subjugue Tabucchi au point de le forcer a prendre parti, lui aussi. De le forcer a ecrire un grand livre, un grand "libre". Court, mais dont le poids contraste paradoxalement avec sa longueur.

Je suppose qu'il a egalement subjugue Mastroianni, a en juger par sa magistrale interpretation du personnage dans le film tire du livre par Roberto Faenza.



Je ne suis pas seul a conseiller ce livre. Je crois que je ne serai pas le dernier. Je crois que c'est un livre qui restera.

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Sauf les Fleurs
  14 février 2019
Sauf les Fleurs de Nicolas Clément (II)
En ce jour des amoureux, j’ouvre ce tout petit livre et vient jusqu’à moi un bouquet de fleurs aussi douces qu’épineuses.

Nicolas Clément est philosophe et cela se ressent dans sa plume. Il noue les mots avec le ruban de l’amour car il y a beaucoup d’amour dans ce livre.



Marthe vit avec son petit frère Leonce dans une ferme éloignée de tout. Deux enfants victimes de la violence du père dont les coups s’abattent sur leur mère sans défense. On pourrait penser que l’univers ici est glauque mais il n’en est rien, Marthe se réfugie auprès des animaux, de la nature, des livres aussi et son monde ressemble à un jardin fleuri où l’amour pour son frère et l’amour pour Florent semble l’enserrer de toute part.



J’ai parfois trébuché dans le jardin de Nicolas Clément, l’écriture n’est pas toujours très claire et accessible. Tout le dilemme de faire cohabiter la beauté et l’horreur, de faire des maux des lambeaux de mots, de faire germer des fleurs dans un champs de mine, le tout avec grande finesse et poésie.



«  Chaque sourire me soutient que la vie est bonne, qu’il ne faut pas toujours chercher à comprendre mais relever les cœurs tombés. Quand la tristesse vient miauler dans mes jambes, je la prends sur mes genoux, j’appose mes mains de guérisseuse et je t’offre mon dos rond. Aussi, quand tu pourras, sois fier de ce que nous n’avons pas reçu et qui nous sert d’épines. »



Magnifique...
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Le Guépard
  19 février 2019
Le Guépard de Giuseppe Tomasi di Lampedusa
Les premieres pages de ce livre sont deroutantes et envoutantes en meme temps. Une endiablee sarabande d'animaux, d'oiseaux, de fleurs. Ce n'est qu'a la deuxieme ou troisieme page qu'on comprend (que j'ai compris) que ce sont les peintures sur les murs, le plafond, les rideaux d'une petite chapelle aspergee des derniers rayons du soleil. Et dans ce raffut insonore une famille se recueille et prie. Le ton est donne: il est precieux. Ceux que cette preciosite n'effraie pas pourront, comme moi, suivre le destin de cette famille noble de Sicile et penetrer un texte d'un raffinement rare, qui elabore le passage du temps, des temps, des epoques, et tout en infusant une esthetique crepusculaire garde un certain optimisme. Un texte somptueux.



A travers le destin d'une famille noble Lampedusa ecrit sur les changements (sur LE changement) survenus en Sicile aves l'unification de l'Italie. Une phrase est devenue celebre, a tort d'apres moi: "Si nous voulons que tout reste tel que c'est, il faut que tout change". A tort parce que dans le livre tout change pour la noblesse sicilienne, rien ne reste tel que cétait. Tout change pour la nouvelle bourgeoisie, pour les nouveaux parvenus qui savent amasser l'argent. Il n'y a que pour les pauvres paysans que rien ne change, serfs pauvres ils etaient, pauvres asservis ils restent.



Lampedusa ecrit le declin d'une famille et l'ascension d'une autre. Le declin est une sorte de mort, pressentie dans un premier temps, attestee en fin de livre. Pressentie par le prince Salina, "le guepard", le principal heros, quand il pense a son age, ou quand un grand bal le rend plutot melancolique, ou quand il reste de longs moments a contempler l'agonie d'un lievre qu'il vient de chasser. Attestee quand, longtemps apres sa mort, sa fille Concetta fait jeter par la fenetre les restes poussiereux et moisis du chien favori du prince, quíl avait fait dissequer. Dans le regard du prince, le lievre agonisant semble croire quíl peut encore s'en tirer, alors que celui-ci le sait condamne. Et quand au chien "[ses] yeux de verre la fixerent avec l'humble reproche des choses que l'on ecarte, que l'on veut annihiler [...] on aurait pu voir danser dans l'air un quadrupede aux longues moustaches et la patte droite anterieure semblait lancer une imprecation. Puis tout s'apaisa dans un petit tas de poussiere livide". Le temps est passe. Tout a change. Une dynastie est morte. Cela a fait un peu de remous, souleve un peu de poussiere. Sans plus. Qui, autre que Lampedusa, voudra s'en souvenir?



Lampedusa a ecrit le declin, la fin de sa caste, il est "DI Lampedusa". Il l'a fait a la fin de sa vie et n'a pu voir son livre publie. Je me dis que c'est tout a fait le livre d'un aristocrate lettre. Un grand connaisseur de l'histoire, de la societe, des gens de la Sicile. Qui a part quelques broutilles n'a pondu que ce livre. Pas long mais charge d'une ecriture fastueuse. Son texte passe de descriptions d'une preciosite exageree a des dialogues petillants. Il est plein d'allusions historiques, litteraires, et religieuses. Ponctue de phrases latines et de dictons en sicilien. Cela fait que, bien qu'envoutant, il n'est pas toujours facile a lire. Mais ca vaut le coup de s'accrocher. De plus severes que moi l'ont qualifie de chef-d'oeuvre. Ils ont surement raison.



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Mémoires d'Hadrien
  15 février 2019
Mémoires d'Hadrien de Marguerite Yourcenar
Comment rester sobre pour décrire l'impression de ce livre sur moi.



Disons que c'est une épiphanie. La découverte d'une auteure avec qui je me sens une connexion comme jamais je n'en ai senti avec aucun autre.

Une affinité de goûts, de thèmes, de visions du mondes (de la spiritualité à la sexualité, en passant par la philosophie de l'action ... tout un univers).



C'est avec ce roman que j'ai découvert Marguerite Yourcenar, et quelle entrée dans cette oeuvre. Et quelle oeuvre !



Je relis rarement un livre. Je relirai très certainement ces Mémoires d'Hadrien. C'est une réflexion sur la vie qu'on ne peut pas lire de la même manière à 20 ans qu'à 40 ou 60 ...

Avec ce livre, ma relation avec M. Yourcenar ne faisait que commencer. Elle s'est poursuivie depuis, et n'est pas finie. Je n'ai pas encore lu ses mémoires familiales, et il y a de nombreux essais d'elle que je n'ai pas encore lus.

Mais ma relation avec ce livre précis ne fait que commencer également. Je ne l'ai lu qu'une fois, et je pressens déjà qu'il me sera un compagnon de vie. Que j'aurai plaisir toujours à y retourner. A écouter Hadrien, vieux, me parler de sa vie, de la vie.



Seul un chef d'oeuvre peut provoquer cela.
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La ferme des animaux
  18 février 2019
La ferme des animaux de George Orwell
Une poule sur un mur, qui picore du pain dur… Mais aussi vaches, chevaux et autres moutons ; ou encore chiens, corbeau et autres cochons… C'est toute une ferme qui prend vie sous nos yeux, nous rappelant à des temps plus simples, ceux de l'enfance, ou d'une vie littéralement plus terre-à-terre.



Lorsque les « ani-prolos » de la basse-cour s'unissent pour renverser l'humain exploitant, celui-ci finit par capituler rapidement. Tentant vainement de trouver refuge parmi les siens, ceux-ci ne seront que d'un piètre soutien.

Pendant ce temps-là, dans la ferme expropriée, la situation s'organise. Chaque animale s'attèle à ses prérogatives. L'objectif : pérenniser l'activité productive; prouver au monde que les « 4 pattes » s'en sortent très bien hors de leurs fers, avec l’égalité pour principale devise. On ira même jusqu'à écrire sept commandements, tuteurs garant de la liberté nouvellement conquise.



Les cochons, esprits brillants, s'octroient peu à peu la gouvernance. Leur sagesse hypnotise les plus fragiles de la basse-cour. Quant aux autres, même l'âne hors-d'âge, ils s'efforcent de suivre le movement; parfois avec bonne volonté, ragaillardis qu'ils sont d'être à leurs yeux leur propre maître.

Les projets poussent, pour graver dans la terre l'image de grandeur des premiers jours de la victoire sur l'exploiteur. On parle même de construire un moulin ! Mais les temps sont durs et les déceptions ne tardent pas à éclore. A l'orée des champs, la vie dorée déchante.



Orwell nous dépeint une fresque à l'imaginaire fablier. L'esprit de chaque animal trouvera en chacun une résonance claire, jouant parfaitement son rôle. Les thèmes de la domination, de l'autoritarisme et de leurs armes sont omniprésents mais toujours baignés dans l'aura de bienveillance des travailleurs de la basse-cour ce qui, contrairement à « 1984 », rend l'atmosphère bien plus légère.

Pour maintenir l'égalité entre les animaux, les plus éloquents se verront contraints de prêcher la bonne parole ; ce n'est pas de la propagande…

Les « commandements » des animaux ayant pris de l'âge au fil des ans, on se permettra de les rafraichir discrètement de modifications subtiles…

Si le travail de la ferme est brut et harassant, celui des esprits est bien plus délicat et fécond. Le premier fertilise d'ailleurs le second.



Les quelques cent-cinquante pages de cette courte fable s'égrènent très facilement, en espérant qu'elle fasse germer en chacun de ses lecteurs le questionnement inhérent à toute liberté.
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Les prénoms épicènes
  18 février 2019
Les prénoms épicènes de Amélie Nothomb
Amélie Nothomb était à l’affiche de la foire du livre de Bruxelles ce week-end. Longue longue file d’attente pour l’embrasser ou lui serrer la main. Que je regrette de ne pas avoir été là ce samedi ! Merci à mon cher et tendre d’avoir attendu deux longues heures les trois minutes de tête à tête avec la sulfureuse Amélie.

« A Magali, fidèle lectrice. De tout cœur. AN. » Voici les premiers mots que je lis en ouvrant les prénoms épicènes...



Amélie s’en donne à nouveau à cœur joie dans les tribulations métaphysiques sur un thème qui semble lui être cher : la relation père et fille. Épicène est une enfant épatante, née de l’union de deux prénoms épicènes (Dominique et Claude (qui veut dire boiteux en latin)), elle grandira grâce à l’amour de sa mère mais aussi grâce ou malheureusement à la haine de son père.

La haine est proche de l’amour mais « la personne qui aime est toujours la plus forte ».



Des prénoms épicènes, des prénoms mixtes pour doubler et mixer la vie de nos protagonistes. Mirages, faux-semblants, équivoques, Amélie nous sert avec son champagne une histoire à la Dallas, de haine et d’amour, avec des dialogues croustillants et de la répartie intellectuelle dont elle seule a le talent.



Amélie toute de noire vêtue, avec ton grand chapeau, tes roses et ton champagne, tu m’impressionnes et m’embrigades à chacun de tes romans pour un tour dans un monde décalé et tu parviens à tirer le meilleur du pire.

Bravo Amélie.
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Tignasse étoile
  16 février 2019
Tignasse étoile de Evelyne Wilwerth
👨‍👩‍👧Tignasse étoile est le récit de Jacinthe au fil des années tentant de vivre avec un mal-être en elle issu d'un secret familial caché. Au travers d'un récit à trois voix mêlant ce que vit Jacinthe, ce que font ses parents et ce qu'elle relate à ses journaux intimes, le lecteur suit petit à petit la destruction qu'occasionne ce secret sur cette enfant qui cherche à comprendre ; ses découvertes et sa reconstruction.





Au premier abord, la première chose qui me vient à l'esprit après la lecture de ce livre est un sentiment d'inachevé. Le style d'Évelyne Wilwerth très haché dans son texte heurte dans un premier temps avant de prendre tout son sens. Les phrases courtes comme dans un message télégraphique témoignent bien du sentiment de Jacinthe face à quelque chose qu'elle ne peut comprendre. Le découpage temporel montre bien la place de plus en plus présente dans son questionnement de ce secret qui se traduit par un mal-être, des cauchemars. Ce texte saccadé témoigne bien de l'état d'agitation du personnage.

Par contre, je suis quelque peu perplexe face à l'attitude des parents, qui sont présents dans le récit, mais ne semblent pas vouloir faire un pas vers cette enfant. La relation entre Clarisse (la mère) et Jacinthe est vraiment bizarre, pour ne pas dire absente. Le père n'est pas mieux loti dans un rôle de suiveur. Au final, ce secret caché déteint sur toute cette famille jusqu'à la ronger.





Au final, j'ai aimé sans vraiment aimer ce roman. La sphère relationnelle entre les personnages de la famille est plus dérangeante que captivante. Dans tous les cas, ce roman est un point de vue quant aux devenirs d'enfants issues de même pratique. La question se pose au final de savoir si un enfant doit être mis au monde par pur désir d'avoir le titre de parents... ou si certaines pratiques peuvent au final chambouler l'enfant. Une belle approche philosophique en perspective à prévoir à la lecture de ce roman. Malheureusement, l'ensemble est déroutant en ce qui me concerne dans ce roman. Dommage, j'espère cependant qu'il trouvera son public.





Merci aux Editions M.E.O pour cette découverte dans le cadre de la Masse Critique.

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Olga
  15 février 2019
Olga de Bernhard Schlink
Olga raconte la vie d'Olga, née à la fin du XIXème siècle en Silésie, qui après la mort prématurée de ses parents, est transplantée en Poméranie chez une grand-mère mal-aimante. Le premier combat de cette fillette, avide d'observer et comprendre ce qui se passe autour d'elle, est de refuser la germanisation de son si joli prénom slave ; elle ne répond pas lorsqu'on l'appelle Helga. Cette résistance enfantine n'est que la première d'une longue liste. Dans un monde archaïque où l'enfance est un luxe, moins un plaisir qu'une préparation à la lutte pour la vie, le pasteur et l'instituteur tentent de persuader Olga qu'il est inutile d'entamer des études. Une fois encore, Olga désobéit et devient institutrice dans des conditions surhumaines pour une fille, pauvre de surcroît. Concomitamment, elle rencontre Herbert, futur héritier d'un empire betteravier et sucrier. Ils s'aiment, ne sont pas du même milieu, leur union est jugée contre-nature idéologique par la famille d'Herbert. Pour Olga, Herbert n'est pas le fils d'un grand propriétaire, et pour lui, elle n'est pas une fille du village. Ils se sont trouvés entre les classes et ne se sentent pas liés par les conventions.





Sauf que... Herbert a la bougeotte. Infecté par les idées d'expansionnisme initiées par Bismarck, il rêve d'une Deutschland über alles, de déserts à conquérir, en Afrique d'abord, puis en Arctique. Avec un égoïsme sans méchanceté, il fait du mal à Olga et l'entraîne dans un amour tout terrain, parce qu'il ne la voit pas ; il l'abandonne dans le rôle d'une maîtresse dans la vie d'un homme marié alors qu'il est célibataire. Il vit dans son monde et vaque à ses affaires, en lui en mettant un petit morceau de côté quand il rentre en permission, si rarement. Il file en Arctique pour représenter la virile discipline, l'audace et l'héroïsme allemands. Il se contente d'y mourir de froid.





Voilà, c'est l'histoire d'Olga que je ne fais qu'effleurer pour ne pas déflorer le suspense soutenu par le style épuré et émouvant de Bernhard Schlink. Olga a connu la mort de ses parents, la misère, deux guerres, les nazis, la solitude. Toute sa vie, elle écrit à son amoureux disparu dans un enfer glacé. Dans le coeur de cette femme insoumise qui refuse de se subordonner aux diktats sociaux ou politiques, résiste une part inviolable que les lecteurs de ce magnifique roman découvriront dans son épilogue. La vie est une succession de pertes.

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Mille soleils splendides
  20 février 2019
Mille soleils splendides de Khaled Hosseini
Magnifique histoire qui nous emporte dans l’histoire de l’Afghanistan au cours des cinquante dernières années. Elle se concentre tout particulièrement sur la place des femmes qui évolue avec les mouvements politiques du pays. Les personnages sont incroyables de justesse. J’étais révoltée, j’ai eu peur, j’ai ri, j’ai pleuré, j’ai espéré avec eux (elles, je devrais dire). Hosseini est un auteur qui fait de la fiction populaire, ancrée dans le réel et de très grande qualité. Il n’y aucun manichéisme, aucune naïveté et ses scénarios évitent les grosses ficelles. C’est toujours inattendu et bouleversant. Une valeur sûre que j’ai grand plaisir à lire tellement on ressent chez cet auteur l’amour qu’il a pour l’Afghanistan et sa culture qu’il arrive à servir grâce à une écriture simple mais puissante.
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On ne voyait que le bonheur
  14 février 2019
On ne voyait que le bonheur de Grégoire Delacourt
Je n’aime pas les titres qui se tordent dans leur contraire, on ne voyait que le bonheur, moi je n’ai vu que le malheur.

Je n’aime pas quand la lumière se suicide dans les ombres, quand la poésie semble ivre de noirceur, quand les mots trébuchent, je vais bien, je vais mal, je t’aime mais finalement plutôt mal.

Grégoire Delacourt, je l’avais bien aimé dans La liste de mes envies que j’ai lu il y a bien longtemps, parce que rien n’était tronqué et truqué.

On ne voyait que le bonheur me donne envie de moucher ce bonheur rempli de sang et d’amertume.



Antoine est un homme déçu, amer. Assureur, il calcule le prix de toute chose, d’une vie, puis il fait les comptes de cette même vie. Un tour en arrière pour un plongeon dans le passé, dans l’enfance. Un père chimiste qui aime peu, qui aime mal, qui aime ailleurs. Une mère déserteuse qui rêve de passion. Deux sœurs jumelles dont l’une décède tragiquement, celle qui reste en perdra un mot sur deux. Un tour dans l’aujourdhui et vraiment, c’est pas terrible non plus. Faut bien porter les casseroles du passé. En veux-tu en-voila, pauvre Antoine qui plie dans sa douleur.

Je n’aime pas les histoires dégoulinantes entre sucre et sel, j’avais envie de bonheur moi et plouf j’ai eu tout l’attirail de la tragédie humaine. Passez-moi la corde qu’on en finisse. C’était trop pour moi. Trop lourd, trop triste, même si c’est bourré de jolies proses pour atténuer la chute, c’était pas lumineux, c’était pas ça le bonheur.
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