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Critiques à l'affiche

Trois chevaux
  18 janvier 2018
Trois chevaux de Erri De Luca
L’amour ne se dit pas, il se vit, se sent, se caresse, se respire. Il est vent, sentiment, odeur, violent, rugueux, cru. Il sait tout cela lui qui est au crépuscule de sa vie. Il a déjà aimé quelque part en Argentine, une histoire jamais réellement terminée, un amour brisé dans les geôles dictatoriales. Parce qu’il faut bien vivre, il est revenu comme tant d’autre en Italie, cultivant la terre comme on se souvient d’un corps. Son silence, son isolement sont son repos, son apparente quiétude. La vie, la terre, ils les retournent sans cesse dans sa tête, dans son cœur. Son mutisme va chavirer face à la démarche chaloupée de Layla. Lui il offre sa terre, elle, elle offre son corps, devient la source qui alimente son cœur aride, son désert. Deux aimants qui s’attirent, deux corps qui s’unissent, se sculptent. Ils vont confluer vers un bonheur simple, quotidien, se rassasier du goût de ces petites choses qui font le bonheur, la vie. Peut-on aimer quand on a déjà connu la vie de deux chevaux ? Peut-on être heureux quand on a déjà connu la vie de deux chevaux ?



Erri de Luca est un tailleur de mots, un autodidacte forgé à la sueur de l’usine. Ses mots il les puise dans la fatigue de ses soirées passées à apprendre encore et encore, inlassablement, chaque nuit au retour du travail. Il connaît la force de la simplicité, du minimum, le geste, le mot juste.



Trois chevaux, c’est l’amour brut, l’initiation à la vie, à la lutte. Trois chevaux c’est l’espoir du bonheur, d'un monde sans contrainte et sans heurts. Un de ces moments intimes entre le lecteur et des héros touchants, une lecture qui réveille les saveurs, les sens oubliés...
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Le suicidologe
  17 janvier 2018
Le suicidologe de François de Negroni
Ce livre tourne en dérision le qualificatif de "suicidé de la société" qu'Antonin Artaud avait pompeusement collé à Van Gogh. Une déconstruction permanente et insolente du mythe de l'artiste nécessairement hanté par la folie et/ou par la mort.
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Les Hauts de Hurle-Vent
  15 janvier 2018
Les Hauts de Hurle-Vent de Emily Brontë
J'ai eu une histoire compliquée avec ce livre : commencé très jeune adolescente un été d'orages terribles dans une maison de vacances un peu inhospitalière, j'en avais abandonné la lecture, pour la reprendre une dizaine d'années plus tard et l'abandonner de nouveau, c'est à la troisième tentative que je suis allée jusqu'à la fin. C'est bien écrit, j'aime beaucoup les auteures de cette époque, mais non je n'ai pas accroché à l'histoire, ni aux personnages (j'ai eu moins de mal avec Jane Eyre, de sa soeur, même si j'ai aimé le roman sans plus). Je garde une image sombre, trop sombre des landes, des héros, de l'histoire .... Je le relirai surement en mes vieux jours et en percevrai peut-être cette fois davantage la profondeur et la beauté que la majorité des lecteurs ressent...

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La Classe de neige
  14 janvier 2018
La Classe de neige de Emmanuel Carrère
Chronique d'un drame annoncé.

Un huis-clos à la montagne. Une classe de neige pas tout à fait comme les autres. Et Nicolas, un jeune garçon pas comme les autres non plus, particulièrement sensible et mystérieux.

Un climat oppressant dès le début. L'image du père tout de suite imposante et glaçante, contrastant fortement avec la douceur et bienveillance du moniteur. Même opposition probante entre la maîtresse et la mère de Nicolas. Au coeur de l'histoire : l'enfant, livré à lui-même, seul face au groupe, qu'il croit d'emblée hostile. En lui, une confusion certaine entre la peur et le désir, le cauchemar et le rêve, la réalité et la fiction...

Un récit percutant sur le pouvoir de l'inconscient chez l'enfant, sur la force de l'intuition, de l'imaginaire et du fantasme, sur ce que les secrets peuvent engendrer de nocif, psychologiquement parlant : insécurité affective, affabulation, traumatisme et culpabilité.

Cela ne m'étonne pas que le roman ait été adapté, j'ai trouvé la plume d'Emmanuel Carrère très cinématographique.



(recommandé en 3ème / Français : se raconter, se représenter)
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Dans les forêts de Sibérie
  17 janvier 2018
Dans les forêts de Sibérie de Sylvain Tesson
Un livre qui m'est impossible à décrire tellement je l'ai déjà lu et relu…



C'est simplement une ode et une éloge de la cabane, une ode à la vie sauvage.



Le lac baïkal nous devient familier au fur et à mesure des pages.



Tesson reste encore et toujours un écrivain de la description, du ressenti et de la perception.



Poête, philosophe et aventurier, il nous livre ici je pense son plus beau témoignage.



Un Walden moderne.
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La Guerre et la Paix
  14 janvier 2018
La Guerre et la Paix de Léon Tolstoï
Relecture de Guerre et Paix, c’est toujours aussi bon, la preuve, cela m’a pris 15 jours, alors que j’ai repris le travail.

Le feuilleton télévisé n’est pas à la hauteur, il ressemble trop à amour, gloire et beauté, alors que l’oeuvre De Tolstoi est une fresque de la Russie soumise aux guerres napoléoniennes qui montre que les hommes sont ballotés par les événements de l’histoire et que leur liberté est toute relative.

Tolstoi est le premier structuraliste qui démontre que le libre-arbitre n’existe pas.

Si on peut résister à sa théorie, on ne peut que se laisser emporter par sa force romanesque et on quitte à regret les familles Rostow, Bolkonski et Bezoukow qu’on aime comme la nôtre car on se reconnaît forcément dans l’ung ou l’autre de ses membres.

Chef d’œuvre intemporel.
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Homo detritus
  13 janvier 2018
Homo detritus de Baptiste Monsaingeon
"Tout le monde veut sauver la planète, mais personne ne veut descendre les poubelles . " Jean Yanne.

Sur la planète seul l'homme laisse des traces durables de son passage sous forme de déchets rarement recyclables rarement non polluants. Ce livre fait l'inventaire et rappelle le côté néfaste de la présence humaine sur terre dû à une attitude généralisée du court terme. Existe-t-il d'ailleurs des côtés bénéfiques à cette présence ?

Non si l'on en croit deux livres capitaux qui font écho à cette lecture : " Homo disparitus " d'Alan Weisman et " L'humanité disparaîtra, bon débarras ! " d'Yves Paccalet. Deux livres qui tirent la sonnette d'alarme de façon très brutale mais hélas en vain car l'homme continue de polluer ce qui sort de lui mais également........ ce qui entre en lui !

C'est là le plus terrible car s'intoxiquer en fumant ou en s'alimentant avec une alimentation déséquilibrée ou bourrée de produits chimiques exposent clairement la fin de non recevoir chez notre espèce en matière de bon sens collectif.

"Je me sens très optimiste quant à l'avenir du pessimisme" (Jean Rostand).

D'avance mes excuses pour tous les bisounours (je rigole, heu non....) qui idolâtrent l'humanité et qui trouveraient que je plombe l'ambiance, ruine leurs espoirs ou leur tranquillité en exprimant une critique acerbe qui pourrait même prétendre à une certaine misanthropie.

Disons qu'il est nécessaire d'avoir conscience de ce mépris humain pour la préservation de leur corps et de leur planète (10% de la population ?) et de garder le moral en essayant même d'être heureux !

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La piscine
  18 janvier 2018
La piscine de Yôko Ogawa
Une jeune fille dont les parents dirigent un orphelinat souffre de la morosité du lieu. La présence des enfants l'insupporte, convaincue qu'ils lui volent son enfance. « Cet institut ... dont je suis la seule pensionnaire a y être née sans être orpheline. C'est cela qui a défiguré ma famille. » Néanmoins, Jun, un adolescent observé à son insu à la piscine, égaie ses mornes journées et lui inspire des sentiments très forts. La jeune fille a une autre distraction, plus perverse celle-là. Un jeu cruel avec une très jeune enfant qui lui procure un plaisir malsain, mais va se retourner contre elle, anéantissant du même coup ses rêves.



Avec une concision étonnante, Yôko Ogawa explore les tourments adolescents. Cruauté, quête d'absolu et de pureté, affirmation de soi, doute, expériences nuisibles, on découvre dans un univers feutré et en apparence inoffensif, une violence qui laisse sans voix. Remarquable.



Challenge MULTI-DÉFIS 2018
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Légendes d'automne
  14 janvier 2018
Légendes d'automne de Jim Harrison
L’automne a abandonné un peu de sa grâce dans ce recueil de Jim Harrison. Ses couleurs, tour à tour chatoyantes et mélancoliques, se sont infiltrées dans les pages jusqu’à en pénétrer les cœurs des personnages.

Une symphonie de rouges, puissants et charnels, émane de son écriture et transgresse les interdits. Du rouge carmin pour la passion instillée par une femme prononçant quelques vers de Lorca ou les sentiments défendus d’une épouse envers son beau-frère. Du rouge sang pour les morts tombés sur les champs de bataille ou scalpés par des mains vengeresses.

Des nuances ocrées pour le soleil du désert qui brûle un homme agonisant à quelques lieues de Nogales, pour la terre grasse du Montana ou les bâtisses bigarrées de La Havane.

De l’or pour les reflets ambrés d’un alcool de contrebande ou le regard agité d’une amante qui se meurt.

Un nuancier chaud et fiévreux se mêle à la plume de l’écrivain et la vie semblant fuir la nature à l’approche de l’hiver mortifère, échappe avec la même urgence aux trois protagonistes principaux. Le destin, cassant, inattendu ou heureux, semble être le leitmotiv de ces histoires. C’est un fil d’Ariane promenant le lecteur d’une époque à l’autre sur le continent américain, terre de contrastes à la fois fascinée et défigurée par la main humaine ; une entité fascinante chancelant perpétuellement entre rêve et cauchemar. Cochran sera l’objet d’une passion qui le mènera aux portes de l’enfer. Nordstrom, un quadragénaire à qui tout réussit, prendra des chemins de traverse pour accéder à l’image qu’il se fait du bonheur loin du faste et de l’argent. Tristan, personnage phare de la dernière nouvelle intitulée Légendes d’automne, fuira les siens en quête d’une paix lui échappant sans cesse. Cet écorché vif, natif américain mais cheyenne dans l’âme, éternel solitaire, prendra la route faute de pouvoir véritablement s’amarrer nulle part. Cependant, sa voie ne se trouve peut-être pas aussi loin de ses racines qu’il l’espérait. Dans cette saga familiale autour d’une fratrie du Montana du début du siècle dernier, Harrison révèle toute l’étendue de son art et met en avant ses qualités indéniables de nature writer.

Trois époques, trois destinées marquées par la solitude et la vengeance. Trois hommes brisés par la violence, les morts et les séparations. Trois héros manipulés, éprouvés, rejetés par la vie, soumis à l’échec et aux souffrances. Trois êtres devant batailler pour survivre jusqu’à s’enliser dans leurs maux ou renaître de leurs cendres. Jim Harrison met son écriture puissante et entière au service d’une œuvre aboutie et maîtrisée. La nature et ses magnificences s’unissent à des hommes aussi authentiques et indomptables qu’elle peut l’être. Du Mexique ardent en passant par la torpeur de l’été californien aux brises légères du Gulf Stream sous les Tropiques, les paysages de Harrison sont à l’image de ces personnages : immuables, séduisants et sans cesse renouvelés.

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Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur
  17 janvier 2018
Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur de Harper Lee
Le monde vu par les yeux d'une petite film de 8 ans, curieuse, aventurière, intrépide et bagarreuse, ça vous tente ?



Et si à cela j'ajoute, que ce monde c'est la vie quotidienne américaine des années 30, de la ségrégation raciale.

Monde dans lequel un homme noir est accusé d'agression sur une femme blanche.



Ce roman est magnifique, rempli de simplicité, celle de l'enfance. L'époque où la différence de traitement des hommes en raison de leurs couleurs de peau est très bien documenté et décrite.



Foncez vous ne serez pas déçu !

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Madame Bovary
  14 janvier 2018
Madame Bovary de Gustave Flaubert
Ce roman, je l'ai lu au moins dix fois, avec un plaisir de lecture chaque fois renouvelé. Oui, bien sûr, c'est l'histoire d'Emma, qui a rêvé sa vie au lieu de la vivre. Mais je relis ce roman avec en tête la phrase de Flaubert que je cite de mémoire : ce que j'ai voulu faire, c'est rendre un ton, le gris, cette couleur de moisissure d'existence de cloporte. C'est violent, moins glamour que le célèbre (et tronqué) "Madame Bovary, c'est moi". Et, dès lors, on comprend l'intemporalité de cet extraordinaire roman et l'avertissement qu'il nous adresse, encore aujourd'hui. Notre époque aussi fait dans le gris, ni noir, ni blanc...en plein brouillard. Et consomme à tort et à travers pour combler les vides, le vide abyssal de la superficialité érigée en valeur...Alors tiens, justement, relisons Madame Bovary. C'est le monde d'aujourd'hui.
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Le gai savoir
  16 janvier 2018
Le gai savoir de Friedrich Nietzsche
Tulipes ! Plus je découvre l'oeuvre de Nietzsche plus je me me pose des questions existentielles compliquées. Au début de mes lectures nietzschéennes, je me demandais humblement si le seul suicide qui ne rate jamais était... de vivre ! Bon j'avoue je lisais de la main droite Émil Cioran, la gauche étant occupée à devenir ce qu'elle était : un os avec du poil autour. Cioran est aussi gai que Nietzsche. Aussi optimiste dans l'avenir de l'humanité et dans celui de son poisson rouge atteint d'Alzheimer. J'aime bien lire Cioran quand je n'ai pas le moral qui phosphore.

En m'alimentant récemment en gai savoir et en zarathoustries mes questions furent soudain cruciales voire déterminantes. Avec ce brin de fantaisie que l'on retrouve dans l'oeuvre littéraire de Paul Claudel. Je vous dis tout : le matin je me demandais avec angoisse s'il fallait que je tienne ma biscotte par le bout rond ou par le bout carré. Avec la main tremblante c'est essentiel. Tout dépend de la confiture, me direz-vous chers collègues et vous auriez raison. L'homme n'étant qu'un ventre et qu'un bas-ventre atteints d'inflation, je me demandais également comment faire cuire neuf patates quand elles étaient que huit ou si un pépito mangé après minuit devenait un pépitard ?

Lire Nietzsche dès dix ans est-ce vraiment une bonne idée ? Surtout quand comme moi vous êtes déjà bourré de complexes. Petit j'avais de grandes oreilles et quand je rentrais de l'école je disais à maman en pleurnichant : « - Maman à l'école ils disent tous que j'ai de grandes oreilles ! » Ma mère me prenait affectueusement contre elle et me disait : « - Mais non, mais non mon petit lapin ! Ce n'est pas une blague, c'est la vérité. D'ailleurs personnellement je ne connais qu'une blague. Mais je n'arrive jamais à la raconter, j'éclate de rire avant. Mes collègues de l'Insee n'ont jamais entendu la fin. La blague de la chaise, vous la connaissez ? Non ? Dommage elle est pliante !

Tulipes !

Lire Nietzsche dès dix ans, n'est-ce pas une torture inutile pour l'esprit ? Un transfert psychotique de parents frustrés atteints de maniaqueries philosophiques délirantes et de phobies transgénérationnelles. C'est ridicule. Moi je pense qu'il faudrait lire Nietzsche seulement à douze-treize ans, pas avant. À dix ans c'est une punition aussi stupide que celle des parents de Gilbert Montagné qui, dit-on, pour le punir quand il faisait des bêtises changeaient les meubles de place.

Tulipes ! Je n'ai pas avalé un clown. Juste une sorte d'Obélix tombé dans la mare aux mythes. Je n'ai pas envie d'être sérieux un instant en dépit de ma vision cataclysmique de l'humanité. Laquelle flanquera la trouille aux gentils lecteurs bisounours qui la larme à l’œil et la main au porte-monnaie (?) seront choqués par tant de pessimisme apparent. Les pauvres se heurtent pour pas cher. Il n'y a pas que les suicidés qui ont le dernier mot et j'irai fleurir leur tombe, j'en fais la promesse.

Ces folles carabistouilles clownesques me rappellent l'histoire véridique et désopilante de ce clown triste qui rend visite à son médecin non conventionné. Ce statut n'est pas fondamental pour la compréhension de la chute de l'histoire mais pour le trou de la Sécu ça l'est. Le clown regarde l'homme de science dans les yeux et sans sourciller lui avoue son mal.

- Docteur, je me sens tout drôle.

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1984
  13 janvier 2018
1984 de George Orwell
Histoire d’amour en régime totalitaire et sa fin inéluctable et inexorable.

Un grand roman d’anticipation écrit en 1948 sur la base de ce que nous savions à l’époque du stalinisme. Les problématiques abordées sont toujours d’actualité devant l’incertitude d’évolution des régimes politiques en fonction des pays. Aussi à cause des évolutions technologiques que nous connaissons et qui rendent plus efficaces le «  suivi » des individus.

Roman à lire absolument !
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Par le vent pleuré
  15 janvier 2018
Par le vent pleuré de Ron Rash
♫ Vive le vent, vive le vent, vive le vent pleuré ♪

Hem, modérément sûr du refrain, d'un coup d'un seul.



Rash fait partie, à mes yeux, de ces auteurs sans surprise. Entendez par là qu'au mieux, il subjugue, au pire, il séduit.

Pour moi, ce sera la séduction siou'plaît. Pour la subjugation, on attendra le prochain.



On dirait que Bill et Eugène seraient deux frères assimilés à un jeu de quille.

On dirait que Ligeia, fraichement débarquée dans leur bled paumé, cristalliserait longtemps le souvenir ému de cet été 1969. Un être extraordinairement décomplexé et charismatique aux allures de chef de meute. Je vous laisse imaginer l'effet produit sur la fratrie par cette gamine envoûtante à la libido aussi débridée qu'une 103 SP sport kitée. Je m'adresse aux puristes, là, aux foufous de la vitesse, aux amateurs de sensations extrêmes.

Mais les souvenirs sont comme les caravanes face aux clébards par trop démonstratifs, ils passent.

Pour ce qui est de trépasser, le mystère reste entier quant à cette poignée d'ossements découverts sur la grève. Un jeu d'osselet morbide qui ravivera, des décennies plus tard, cette saison mémorable alors nimbée d'insouciance. Une parenthèse enchantée qui pourrait bien laisser, au final, comme un méchant goût d'amertume en bouche pour ces deux frangins aux trajectoires contrastées.



J'ai aimé. Pas adoré.

Au rayon des satisfactions, l'évolution des rapports entre ces deux gamins au contact de la désirable Ligeia. Un apprentissage aussi court qu'intense relaté avec tendresse et humanité.

Il y a du Dostoïevski chez Rash. En décrivant subtilement un personnage rongé par le doute, c'est Raskolnikov qu'il ressuscite.

Le récit est prenant, plutôt bien amené et joue formidablement sur une possible culpabilité qui fera douter le lecteur tout du long... ou presque.

Et c'est là que le bât blesse. Le point noir de compétition qui aura occasionné trois dépressions et huit départs anticipés chez Biactol, ce final ultra prévisible qui ne surprendra que les amnésiques, et encore.

Il n'y a rien de pire qu'une histoire bien ficelée qui tourne en eau de boudin. J'ai rien contre le boudin, qu'on se le dise, mais en fin de lecture et à haute dose, il se pourrait qu'il occasionne ballonnements et autres joyeusetés intestinales de la sorte, de quoi l'avoir mauvaise pendant pas mal de temps.



Par le vent pleuré, par la fin grandement désappointé.
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L'air de rien
  17 janvier 2018
L'air de rien de Hanif Kureishi
Ce livre est un cadeau.

Non.

Plouf plouf

J'ai reçu ce livre en cadeau.

Oui là c'est mieux.

Parce qu'en fait ce livre c'est pas franchement un cadeau.

Bah faudrait savoir

(elle parle souvent toute seule, faut pas lui en vouloir)

Nan mais quand je dis que c'est pas un cadeau… c'est comme quand je dis « ma belle-mère c'est pas un cadeau »

Oui mais je dis jamais « ma belle-mère c'est pas un cadeau » vu que belle-maman en vrai elle est très sympa.

Oui enfin bon on aura saisi l'esprit.

(t'es chiante hein des fois)



Et donc ce livre qui au final n'est pas un cadeau m'a été offert en cadeau (ça suit toujours là-bas dans le fond ?) par Chéri qui d'ordinaire se débrouille plutôt bien question cadeaux-bouquins (ma découverte d'Arnaud Le Guilcher c'est grâce à Chéri, celle d'Oscar Coop-Phane aussi, c'est pour dire). Mais là « L'air de rien » peut toujours arborer un titre digne de « Pas mieux » ou « En moins bien », la comparaison s'arrête là.

Conclusion n°1, Chéri s'est un peu planté pour une fois.

Conclusion n°2, finalement Chéri n'est pas parfait, c'est une bonne nouvelle.



Bon, pour parler du bouquin « L'air de rien » prend place dans le milieu du show-biz londonien, sex, drugs and rock & roll yeah. Mise en scène d'un triangle classique : le riche et impotent mari, la jeune épouse frustrée, le gigolo en mal de thunes. Ces deux-là se font des plans dans le dos du premier, mais rira bien qui rira le dernier.



C'est cru, cynique, parfois drôle (parfois), mais bien superficiel et surtout peu clair. Hanif Kureishi gagnerait sans doute à changer de traductrice, voire d'éditeur, car ce texte au français de temps en temps approximatif comporte qui plus outre quelques erreurs qui ont souvent crispé ma lecture. Oui, je suis une vieille teigne schizophrène sensible au mot juste et à l'orthographe qui va bien et je ne lâcherai rien.



En conclusion (n°3) c'est pas un cadeau ce bouquin.

Enfin si…

Rraaaa mais tais-toi.




Lien : http://minimalyks.tumblr.com/
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La Cité du futur
  13 janvier 2018
La Cité du futur de Robert-Charles Wilson
Le dernier roman traduit de l'auteur de Spin nous présente un voyage dans le temps qu'on pourrait presque qualifier de « réaliste ».

L'action se passe en effet dans les années 1870 aux Etats-Unis, en Illinois. Une cité, Futurity, y a été construite par les hommes du futur. Les autochtones peuvent la visiter, et même y dormir, en échange de métaux précieux, tandis que les touristes venus du futur paient une somme rondelette pour visiter les USA de l'époque.

Evidemment, des trafics illégaux se développent, et notamment des trafics d'armes. Assisté d'une femme du XXIème siècle, Jesse Callum, un autochtone agent de sécurité de Futurity, mène une enquête approfondie pour en déterminer les responsables.

Le roman est d'ailleurs centré sur ce personnage énigmatique et attachant : nous découvrons progressivement son ressenti vis-à-vis de ses employeurs, son terrible passé, ses failles ...

Si le début de La Cité du futur est un peu statique (ceci dit, il faut bien donner les explications nécessaires), l'action devient nettement plus palpitante par la suite, et les scènes d'affrontement dans la dernière partie du livre sont particulièrement dramatiques.

Le roman met aussi en valeur le choc des cultures. La société américaine de la fin du XIXème siècle est une société rigide, incapable d'admettre l'émancipation des femmes, la présidence d'un homme de couleur ou le mariage entre individus de même sexe...

Et lorsque certains "touristes" viennent en aide aux travailleurs et aux Indiens opprimés et que les malversations des dirigeants de Futurity sont découvertes, les belles relations entre l'Etat fédéral américain et les hommes du futur se détériorent et cèdent la place à la violence.

Ce voyage dans le temps est un thriller tout à fait réussi.
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La Fille du train
  18 janvier 2018
La Fille du train de Paula Hawkins
J'ai beaucoup aimé ce livre, un roman addictif, on veut savoir ce qui va arriver à ce couple en apparence parfait, un très bon thriller psychologique mais parfois un peu dérangeant, on peut cependant se sentir un peu voyeur parfois.

La narration à 3 personnes avec des chapitres toujours écrits de la même manière, jour X matin et jour X soir est un peu particulière, je l'ai trouvé un peu lourde à certains moments.

Mais cela n'enlève rien à la qualité du roman.

Je recommande.
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La serpe
  16 janvier 2018
La serpe de Philippe Jaenada
Il doit falloir un sacré talent pour se permettre de saouler de digressions le lecteur sur 600 pages, sans qu'il lâche l'affaire. Sans parler du culot.

Mais quelle affaire tout de même, celle d'un homme à la vie hors du commun, orphelin de mère très tôt, fils de châtelain et flambeur d'héritage dans sa prime jeunesse... jusqu'à cette sordide nuit d'octobre 1941, et l'assassinat au château d'Escoire de son père, sa tante et la bonne, à coups de serpe. Accusé par la société mais acquitté au tribunal, il s'en remettra Henri Girard, une survie à base de péripéties incessantes, de changement de nom et de territoire, en dilapidant la fortune héritée ou en écrivant « Le salaire de la peur » (notamment).

L'auteur mêne l'enquête avec une verve inépuisable, dans un flux de pensées et de réflexions incessantes, en parsemant son récit d'humour (irrésistible humour, issu souvent de situations le concernant lui et ses proches), dans un semblant de bordel (plutôt bien organisé en réalité), s'appuyant sur une recherche tatillonne et des citations entre guillemets (sans oublier les parenthèses (souvent imbriquées les parenthèses), ni la difficulté qu'il a du avoir à les refermer toutes (j'en ai pas croisé une seule orpheline, et j'ai vérifié croyez moi (ou pas))).

Un boulot de fou ou de fourmi, celui de l'écrivain doublé de l'enquêteur, qui s'amusent et s'accordent, jouant de digressions comme de potentiels bols d'air dans cette enquête prolifère, par moments limite indigeste. Je me suis même surpris à souhaiter les voir débarquer.

J'ai l'impression d'avoir pris une cuite à la digression, ma première. Même pas mal à la tête. En plus j'ai bien rigolé. Je recommencerai du coup (peut-être avec « la petite femelle » (c'est la seconde affaire du bouquin, dont il nous parle en filigrane publicitaire... et digressive bien sûr)).
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1984
  19 janvier 2018
1984 de George Orwell
Et dire que je ne l’avais pas encore lu !

Cependant, il me semble tout de même que, pareil à Ravage (Barjavel), ce livre doit être appréhender lorsque son lecteur est mûr… Je pense que si je l’avais eu à lire au lycée, je n’aurais pas tout saisi et je n’aurais pas su l’apprécier.



J’en ai trouvé la lecture certes captivante (tous les mécanismes de manipulation mentale et de conditionnement sont absolument terrifiants), mais également pénible par certains aspects.

Je pense que ce livre nous fait approcher un danger qui n’est pas inenvisageable, c’est pourquoi j’ai éprouvé une sensation de malaise diffus tout du long.



Du grand art.
Lien : http://www.agoaye.com/mes-le..
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La part de l'orage
  16 janvier 2018
La part de l'orage de Grégory Nicolas
Que reste-t-il après que le ciel a laissé gronder sa colère ? Il reste tout ce que l'orage a bien voulu offrir à la terre, l'eau révélant les parfums de la nature et le fruit des récoltes de tout ce que l'homme a voulu cultiver, chérir ou sublimer de sa main.« Le vin, c'est la part que l'orage laisse aux hommes. » selon Grégory Nicolas. Après l'orage, c'est donc le terroir qui jubile, l'amour de la tradition qui s'exprime, l'histoire d'un cépage et ses richesses qui se renouvellent . L'auteur laisse libre cours à son amour du vin dans ses courtes nouvelles tantôt gouleyantes, tantôt puissantes mais jamais amères ou désagréables en bouche. Neuf textes pareils à neuf dégustations qui se savourent avec un plaisir authentique et un sourire satisfait. Neuf balades autour du vin, prétextes à des rencontres inoubliables et à la nostalgie. De menus plaisirs ciselés de tendresse et de générosité. Ce recueil au fil des pages se révèle aussi chaleureux qu'un repas du dimanche ou qu'une bouteille partagée entre copains. Et si on quitte ces nouvelles tour à tour légères, tendres ou grave à regrets, on referme le livre des images plein la tête et le palais réjoui.
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