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Critiques à l'affiche

Frère d’âme
  13 octobre 2018
Frère d’âme de David Diop (II)
Lu en une journée.

Je ressors secouée de cette lecture. Je dois faire partie des âmes sensibles...

L'auteur nous plonge dans le monde cruel de la guerre. le personnage principal Alfa vient de perdre son 'plus que frère', et en même temps la raison. Entre culpabilité et souffrance psychologique, tout est raconté en détails.

Mais l'auteur ne se concentre pas que sur cela. Alfa se remémore son enfance et son amour pour sa belle. Cela m'a permis de souffler.

Une lecture qui ne laissera personne indifférent.
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La sagesse des loups : Comment ils pensent,..
  13 octobre 2018
La sagesse des loups : Comment ils pensent, s'organisent, se soucient des autres... de Elli H. Radinger
Elli H.Radinger ancienne avocate lassée des délits , des différends entre locataires et propriétaires , des divorces abandonne le monde du barreau pour se consacrer à l'étude des loups , canidés à la mauvaise réputation mais qui suscitent chez l'auteure une fascination sans équivoque et franche.

Ce qui m'a poussé à lire ce livre : une visite dans un parc animalier cet été.

Les loups visibles de loin avec une paire de jumelles avaient une triste mine ou un triste museau , certains présentaient des blessures plus ou moins anciennes.

Il est évident qu'une meute de loups en liberté et une enfermée ne peuvent pas avoir le même comportement. La privation d'indépendance entraîne un dérèglement des agissements de ces mammifères , la constatation que l'être humain et les loups ont bien des points communs.

Prisonniers , reclus dans leurs enclos aussi vastes que nous présentent les guides des parcs , la hiérarchie se met en place, le loup ou la louve dominant/dominante veille à se faire respecter quitte à terroriser toute la meute : la comparaison est sans appel avec l'univers carcéral humain et ses souffre-douleurs.

Il n'y a qu'en liberté que la meute peut s'épanouir , un loup arrive à parcourir seul des distances avoisinant les 800 kilomètres.

En clan , l'organisation avec un mâle ou une femelle cadre un commandement , une structure , une composition comme n'importe quelle famille humaine avec autorité , bienveillance. Les scènes de vie sont réconfortantes avec les louveteaux choyés et surveillés par leurs parents , la joie de vivre est omniprésente sur leurs terrains de jeux.

Les biologistes qui ont suivis différentes meutes en divers endroits ont étudié la structure sociale des loups : la famille avant tout ! Parents , enfants oncles , tantes , grands-parents , même un vieux loup en fin de vie est assisté par ses enfants!

En est-il toujours de même chez les hommes ?

Le problème de la non acceptation des loups par les éleveurs d'ovins , de bovins est compréhensible. Ils doivent se battre en remplissant des formulaires d’indemnisations , peu d'agriculteurs ont les moyens d'installer des clôtures électrifiées . Mais en Allemagne, un éleveur l'a fait , le résultat est au-delà de ses espérances.

Une meute de 7 loups s'est heurtée à l'électrification de sa clôture : leçon comprise , elle ne reviendra pas , elle fera mieux !

Elle chassera les renards , les sangliers , protégeant le poulailler , les cultures et impose sa loi sur son terrain en empêchant une meute étrangère de s'installer. Les moutons sont désormais défendus ainsi que le reste de la ferme ! Qui peut mieux faire que les loups !

Au Moyen Âge les loups élevés et dressés par l'homme pour chasser , à la fin du XIXe siècle , l’extinction de la race était presque achevée , les immenses territoires de l'Europe de l'Est a pu la reconstituer.

Les médias ont joué un rôle majeur dans la peur du loup , normal ,même si je me trouve un jour nez à nez avec un loup , un ours , un lynx réintroduits dans les Pyrénées , je ne suis pas sûre de garder mon sang froid ou alors de suivre les recommandations de l'auteure à la fin du livre pour chaque animal sauvage !

Les loups et les lynx sont dans le nord de l'Espagne , dans les Asturies , je doute qu'ils connaissent la frontière !

Un seul bémol dans ce livre , l'expérience chamanique de l'auteure lors d'un séminaire , heureusement le chapitre est court ! Fascinée par les animaux sauvages je garde les pieds sur terre !

Par contre les photos sont magnifiques et méritent d'être appréciées tout comme la patience et l'acharnement pour les prises de vues accomplies parfois à moins 30° avec des heures d'attente .

Passionnée sans être une "allumée " Elli H.Radinger force l'admiration .
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À son image
  15 octobre 2018
À son image de Jérôme Ferrari
Antonia ne croyait pas en Dieu, mais son oncle, qui lui avait offert son premier appareil photo, en célébrant la messe des morts peut pleurer et espérer qu'elle est auprès du Seigneur. A la lumière de photographies, associées à chaque moment de la liturgie de la messe de requiem pour la jeune photographe corse morte accidentellement, se dévoile « ...le lien intime unissant la photographie à la mort ». Un sujet dont Antonia est souvent le lien charnel.



En 1983, Antonia photographie les flammes qui menacent de ravager le village de ses parents et la peur des habitants. Bien avant en 1911, pour un journal Italien Gaston C. photographie à Tripoli des corps suppliciés et des pendaisons qui l'impressionnent mais lui font sentir à quel point il est vivant. A la même époque dans Les Balkans, Rista M. photographie la guerre et les supplices. Quand Antonia est devenue photographe professionnelle, en 1984, réduite à photographier des joueurs de pétanque, elle fait pour elle des photos des morts de la lutte armée des indépendantistes corses. Des jeunes gens à qui elle trouve un manque de crédibilité, bien que proches d'eux et maîtresse d'un des leurs. Et puis comme « Il est des appels auxquels on ne peut que répondre » Antonia part, contre l'avis de sa famille, photographier la guerre en Yougoslavie. Elle ne développera jamais les photos : impossibles à regarder.





Ces épisodes présentés sans chronologie, qui ont pour point commun la photographie et la mort, sont autant de prétextes pour une réflexion sur la foi, sur le nationalisme corse, sur le rôle de la photographie dans les guerres. Avec ce livre remarquable tant dans la forme que dans le fond, une manière pour Jérôme Ferrari de nous pousser à réfléchir sur l'image du réel à laquelle on s'attache, en réalité un instantané déjà dépassé au moment où il est fixé : ... « Sur les photographies, les vivants mêmes sont transformés en cadavres parce qu'à chaque fois que se déclenche l'obturateur, la mort est déjà passée. » Une image de la mort, quand il s'agit des guerres, souvent manipulée, tout aussi incapable de dire leur atroce réalité, de nous faire réfléchir pour qu'elles cessent : « la photographie ne dit rien de l'éternité, elle se complaît dans l'éphémère, atteste de l'irréversible et renvoie tout au néant. »
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Kokoro
  13 octobre 2018
Kokoro de Delphine Roux
Un bien joli roman tout en sobriété, délicatesse, sensibilité et véracité.

Un frère et une soeur. Deux coeurs [Kokoro] brisés et deux âmes soeurs en souffrance. Deux trajectoires opposées et deux manières différentes de faire face au traumatisme, à l'absence, au vide de sens, au deuil d'une enfance heureuse...

Un récit sous forme de courts chapitres, avec un mot-repère (en japonais et sa traduction) en guise d'en-tête, qui parle de chagrin, de colère, de dépression, de solitude et de non-dits. Mais surtout d'amour fraternel, de respect, de protection, de consolation et d'espérance. J'ai été également touchée par le rapport entre Koichi et sa grand-mère, d'une infinie tendresse. Une plume concise et poétique, dont la force émotionnelle vient vous cueillir tout progressivement, mais sûrement.



Merci encore pour cette jolie découverte, cher Bison ! :-)
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Entre deux mondes
  16 octobre 2018
Entre deux mondes de Olivier Norek
Whouah ! La Jungle de Calais, comme si vous y étiez. Comment vivre avec cette verrue devant nos yeux ? Supprimer ce camp ne fait que déplacer le problème, cela ne le résout pas. Et dans ce camp, il y a des hommes et des femmes, comme nous. Une rencontre entre deux flics, un Syrien, un Français, qui au delà des différences, sont faits de la même fibre.

Une enquête qui m'a tenue en haleine. Toutes mes certitudes ont été chamboulées au coup de théâtre final, malgré tout tellement plausible. A mon avis, ce livre restera longtemps dans ma mémoire.
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Petit pays
  13 octobre 2018
Petit pays de Gaël Faye
Petit pays est un roman qui parle d'un jeune garçon métis au Burundi, dont l'enfance va complétement changer à la vu des années.



J'ai plus qu'aimé ce livre même s'il m'a fait verser quelques larmes. Les évolutions de certains personnages m'ont beaucoup émue. C'est un roman qui parle de mes origines et de l'histoire tragique de ma famille. Je suis moi aussi métisse donc je peux comprendre le point de vue de Gaby, qui ne trouve pas vraiment sa place.



-Jelly Belly
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Kafka sur le rivage
  18 octobre 2018
Kafka sur le rivage de Haruki Murakami
Japon.

Un jeune homme qui fugue.

Une mère et une sœur envolées depuis belle lurette.

De jeunes écoliers qui s'évanouissent lors d'une sortie scolaire.

Une institutrice rongée par la culpabilité.

Un vieil homme déformaté qui sait parler au chat.

Des sangsues, des poissons qui pleuvent par millier.

Un sculpteur assassiné.

Un(e) bibliothécaire hermaphrodite.

Une veuve quinquagénaire belle et mystérieuse.

Un routier, loubard sur les bords, à l'âme généreuse.

D'étranges prédictions.

Des Kafka qui trainent de ci de là.

Et bien d'autres choses encore …

Bienvenue dans l'univers de monsieur Murakami. On y pénètre comme lorsque l'on descend à la cave et que l'unique ampoule est grillée. Marche après marche on s'y enfonce à tâtons sans trop savoir si ce sera la dernière. Ou est cette porte qui me permettra de me repérer ? Est-ce que toutes les marches sont régulières ? Y aura-t-il de la lumière arrivé au but ? Je m'appuie en écartant les bras pour toucher les murs mais l'ampleur de ce roman est telle que je suis obligé de glisser le long d'un seul. Observant et écoutant, je suis obligé de me fier à la magie des lieues, les repères ont disparus laissant place à toutes les interprétations.

Est-ce que je descends réellement dans cette cave ou n'est-ce qu'un rêve plus vrai que nature ? J'y entends de la musique, il y a un clair de lune qui filtre au travers d'un soupirail et projette de la clarté sur une magnifique toile, les livres y sont omniprésents comme une gigantesque bibliothèque.

Ou suis-je vraiment ?

Certainement à la frontière du rêve et de la réalité, dans un état hypnotique que tout doucement monsieur Murakami a su distiller de ses mots magiques et envoutants, de ses phrases gorgées de poésie et de métaphore.

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Frénégonde
  14 octobre 2018
Frénégonde de Lydia Bonnaventure
Au coeur du Saint Empire Romain Germanique, sous Lothaire III, en 1135, Frénégonde est une dame apothicaire qui tient boutique à Alzey. Elle est douée d'un caractère truculent mais bien trempé, à la fois volcanique et bienfaisant. le vol d'une de ses fioles par un saltimbanque la fait bondir à la poursuite de celui-ci. L'agression du jongleur provoque le déplacement du représentant de la loi, le sergent Thibald. Mais celui-ci a en même temps une deuxième affaire sur les bras, le meurtre d'un Soeur à l'abbaye de Rüdesheim...

.

-- Dame Ginette ! Okaaaay !

-- PAR SAINTE GAUBURGE ! Mon Jacquouille la Fripouille !

Ça fait du bien. Lydia Bonnaventure nous remet au temps des "Visiteurs".

J'apprécie d'autant plus les écrits de nos "e-amis" de Babelio que j'ai l'impression de les connaître un peu. J'ai eu le même sentiment quand j'ai lu le "Jeanne" de François Sarindar.

Pour faire simple, j'ai l'impression de démarrer sur un Jeanne Bourin, et de finir un peu avec un Agatha Christie : )
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Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures ..
  13 octobre 2018
Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates de Annie Barrows
Nous sommes après la seconde guerre mondiale à Londres. Juliet, jeune écrivain et journaliste qui a publié des articles humoristiques pendant la guerre, rassemblés ensuite par son éditeur et ami Sydney en un recueil dont elle part faire la promotion, veut tourner la page et cherche l'inspiration. C'est à ce moment qu'elle reçoit une lettre envoyée par Dawsey de Guernesey. Ce membre du cercle littéraire des amateur de tourte aux épluchures de patates l'interroge sur une publication qu'elle a produite sur son auteur favori. De lettres en lettres, des liens se tissent avec Guernesey et nous découvrons la vie sous l'Occupation allemande de la petite communauté de l'île.

Contrairement aux anglais, nous autres français avons beaucoup de références à l'occupation. Notre lecture se fait donc avec des yeux différents des gens d'outre manche. Nous y trouvons moins de découverte, pas de mouvement de résistance nationale. Par contre les actes de bravoure ou simplement de survie sont forts. La vie quotidienne, la naissance d'une solidarité, les relations à l'ennemi, les camps sont évoqués avec beaucoup de simplicité, avec une émotion toute en finesse, avec humour aussi.

La narration épistolaire n'est pas mon style favori, mais il apporte un charme désuet et contribue à nous plonger dans l'ambiance de l'époque.

L'héroïne est une jeune femme avec la tête sur les épaules, dont la vie n'a pas toujours été facile. Elle est entourée d'amis sincères et bienveillants. Elle va aussi bien côtoyer le charme envoutant de Mark, le milliardaire qui la courtise, et la petite communauté de Guernesey, marquée par les événements traversés mais chaleureux dans leur accueil.

A lire sans modération par tous les publics.
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L'infante du rock
  15 octobre 2018
L'infante du rock de Romain Slocombe
Alain Gluckheim , alias Glucose, critique cinéma au chômage est un ancien parolier de rock reconverti dans les romans policiers. Les temps sont durs pour Alain, quadragénaire spasmophile, hypocondriaque et insomniaque dont la femme japonaise, atteinte du Syndrome de Paris, est internée à Sainte-Anne.

Ses polars ne font plus recette , son éditeur ne le lâche pas: « Je vous rappelle que notre collection noire est destinée à des gens qui sortent de leur boulot, ils sont fatigués, c'est la crise, ils n'ont pas envie de trop se creuser les méninges et on ne peut pas leur en vouloir s'ils se sentent mieux lorsqu'ils se retrouvent en terrain connu… Votre petit héros maladroit à la Pierre Richard, il ne fait plus rigoler personne .. Pas moi, en tout cas. Et j'en ai marre de le voir tringler ces gamines japonaises à chacun de ses séjours à Tôkyô! Ecoutez-moi bien: vous allez couper le début, supprimer en moyenne une bridée sur trois, trouver une astuce de scénario pour le milieu, et changer la fin parce que la vôtre ne me plaît pas. »

Soudain le passé se rappelle à son bon souvenir, et quel passé, celui de sa jeunesse underground, personnifié par L'Infante du rock, Mona Granados, chanteuse du groupe culte Mona Toy dont Glucose était le parolier. Le corps mutilé de l'Infante avait été repêché dans la Seine en 1991. Etait-ce bien elle? Car certains disent l'avoir aperçue...Takao, un vieil ami yakuza dont il n'avait plus de nouvelle refait aussi surface et Gluckheim redevient un piéton de Paris, battant le pavé dans la ville de sa jeunesse, de 1968 aux folles nuits de Pigalle.

On retrouve dans L'Infante du rock le goût de Slocombe pour le Japon, le rock français et le Paris des années 80, car comme le chantait la Mano il y a longtemps déjà « Paris la nuit c'est fini ». La figure de l'emblématique journaliste gonzo Alain Pacadis -Slocombe publie des extraits de son livre Nightclubbing- plane sur cette Infante, et nous sert de guide dans ce voyage vers les années 80. L'ouvrage date de 2009 et certaines pages consacrées au Paris de l'Occupation semble préfigurer ce qui est pour moi le « meilleur Slocombe », ses derniers romans consacrés à l'inspecteur Sadorski. Car Paris la nuit c'est fini. Paris va crever d'ennui. Paris se meurt, rendez-lui Arletty!
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La décision
  15 octobre 2018
La décision de Isabelle Pandazopoulos
Un excellent roman pour adolescents traitant d'un sujet encore tabou et mal connu aujourd'hui : le déni de grossesse.

Comment faire pour accepter un fait que l'on ne peut "concevoir" en pleine conscience ?! D'autant qu'il vient s'ajouter un élément dramatique à l'histoire de Louise, une lycéenne de terminale apparemment sans histoire. Mais Noé existe bel et bien ; ça elle ne peut le nier indéfiniment. Vaillamment, elle va tenter de faire face...

J'ai beaucoup aimé le traitement réaliste et psychologique de l'histoire : la sidération et l'impuissance de l'entourage, l'angoisse de cette jeune-fille confrontée brutalement à une grossesse non désirée, le questionnement de l'amour maternel, celui de l'abandon.

Un récit à plusieurs voix, servi par une plume à la fois ciselée et sensible. Je recommande fortement !!



(À partir de la 3ème-Snde)
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Les bracassées
  15 octobre 2018
Les bracassées de Marie-Sabine Roger
Fleur Suzain ne quitte pratiquement jamais son appartement. Non pas seulement à cause de son obésité qui la met un tantinet mal à l'aise mais surtout parce qu'elle est agoraphobe, phobique sociale et constamment angoissée. Une angoisse qu'elle apaise à coup de Zenocalm, de Sérénix et Placidon. La seule sortie qu'elle s'autorise est lorsqu'elle se rend chez son thérapeute, le cher Fiodor Borodine. Mais, voilà, depuis que Mylord, son carlin chéri, a fait une crise cardiaque il y a peu, elle hésite à le laisser seul pour quelques heures. Aussi décide-t-elle de laisser une annonce chez Diego, l'épicier du coin...

Harmonie, une jeune femme de 29 ans, souffre du syndrome Gilles de la Tourette, en proie parfois à de nombreux gestes vifs et violents et de mots grossiers. Recherchant désespérément son parapluie qu'elle a perdu, c'est en consultant le panneau d'affiche chez Diego qu'elle tombe sur une annonce proposant une ou deux heures de ménage par semaine, suivant le cas. Ce boulot, il le lui faut ! Résolue et satisfaite, elle prévient Freddie, son petit ami, de son intention de postuler. Lui doute quelque peu.

La rencontre haute en couleurs entre ces deux femmes va bouleverser leur vie...





En flânant rue des Soupirs, on y croisera Fleur et Harmonie bien sûr mais aussi Elvire, aux yeux fébriles et vibrionnants, Tonton, la femme un brin baraquée aux sculptures modernes, monsieur Poussin, le photographe centenaire qui a passé sa vie à faire des clichés, le "docteur" Borodine qui cache bien des secrets et Mylord, le carlin obèse. Une galerie hétéroclite de personnages particulièrement attachants, réjouissants et qui, au contact des autres, va porter un regard différent sur le handicap. Qu'il soit obèse, atteint du syndrome Gilles Tabourette ou de nystagmus, chacun va apprendre sur les autres mais aussi sur soi. Marie-Sabine Roger nous offre, une fois encore, un très beau et émouvant roman, empreint de bienveillance, de gentillesse, de délicatesse, de tolérance, d'humour, d'amitié et de dépassement de soi. L'auteur manie avec dextérité la plume : elle écrit comme Harmonie s'exprime, avec ses mots grossiers et ses Ah Ah Ouh Ouh, et dépeint le quotidien de Fleur à travers son journal intime. Un roman tendre et cocasse et des bracassées que l'on quitte à regret...
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L'Immeuble Yacoubian
  16 octobre 2018
L'Immeuble Yacoubian de Alaa al-Aswany
J'ai apprecie recemment le courage d'Al Aswany dans "J'ai couru vers le Nil", tout en emettant un avis plus mitige sur ses qualites litteraires. Cette sensation ambigue m'a pousse vers son bestseller - jusqu'ici -, L'immeuble Yacoubian.



Un immeuble emblematique du vieux centre moderniste, "europeen", du Caire. On y suit ses residents, de differentes classes sociales (les riches dans de grands appartements, les pauvres dans des cagibis sur le toit), de differentes religions, de differentes couches d'age. Un echantillon qui se veut representatif du peuple egyptien. Leurs agissements, leurs deboires, leurs echanges, font poindre une critique acerbe de cette societe. Une corruption endemique, a tous les echelons; la discrimination de la femme est maquillee par une religiosite, pardon, par une bondieuserie cagote et hypocrite; un appareil d'etat cruel, servant un systeme nepotique et totalitaire; la superislamisation de certains, en fait la manipulation des laisses pour compte par des fanatiques religieux. De petite histoire en petite histoire, de chapitre en chapitre, Al Aswany tisse un requisitoire accablant. Et ca touche.



L'auteur suit la composition romanesque, le roman choral, qu'ont deja utilise ses grands predecesseurs en critique sociale, Taha Hussein et surtout Naguib Mahfouz. Je ne peux m'empecher de faire des comparaisons, et elles ne tournent pas a l'avantage d'Al Aswany. Ses personnages sont archetypiques, extremement caricaturaux, peut-etre a l'exception du vieux Zaky Bey, manquant de la profondeur psychologique qu'arrivait Mahfouz a donner aux siens. Et l'enchainement des chapitres, les passages de l'un a l'autre, m'ont donne l'impression que l'auteur louchait vers un scenario de serie televisee, de soap opera (J'ai couru vers le Nil m'avait laisse une impression semblable).



50 ans apres le grand nobelise, Al Aswany utilise les memes procedes romanesques pour reecrire la critique de la societe egyptienne, qui n'a peut-etre pas trop change. Mais n'est pas Mahfouz qui veut.



3 etoiles. Pour l'implication surtout, pour le courage.
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Rebecca
  15 octobre 2018
Rebecca de Daphné Du Maurier
Rebecca. Tout, absolument tout, tient dans le titre. Daphné du Maurier a tenu le pari impossible de faire d’un personnage mort le personnage principal de son roman. Une telle présence qu’elle s’affranchirait presque des pages pour contaminer le lecteur. Et pourtant c’est écrit à la première personne. Et ce n’est certainement pas Rebecca qui raconte.



Notre narratrice est ce fameux « Je » mais on ne connaitra jamais son nom. C’est comme si elle prenait vie en adoptant le nom de « Mme de Winter ». Ca, c’est le premier tour de Daphné du Maurier. Maxim de Winter, autrement plus âgé et déjà veuf, l’arrache à un avenir peu reluisant lorsque, contre toute attente, après des semaines de petits rendez-vous innocents, il la demande en mariage, faisant d’elle la toute nouvelle co-propriétaire d’une belle baraque sur la côte.



La lune de miel en Italie est délicieuse, Mme de Winter est totalement in love et Maxim ne rêve que d’une chose, c’est lui montrer Manderley, sa maison et sa fierté. Mais, une fois sur place, la jeune femme déchante rapidement. Ce n’est pas que Manderley est dépourvue de charme, mais tout à coup, le nouveau rôle qu’on lui a assigné lui semble bien ambitieux. Avec Manderley, elle découvre aussi Rebecca, qu’elle n’avait qu’entrevue dans les tristes silences de Max. Dans les lieux décorés à la perfection, dans l’hostilité à peine voilée de Mme Danvers, l’inquiétante gouvernante, dans la beauté vénéneuse du jardin, elle ne voit que Rebecca et la femme parfaite, charismatique, majestueuse qu’elle a dû être avant l’accident tragique qui lui a coûté la vie. The Woman.



Tout ce qu’elle n’est pas. Timide, empotée, mal à l’aise en société… Les invités de marque qui ne manquent pas de se presser pour saluer la nouvelle Mme de Winter ont l’air de se demander ce qu’elle fait là. La promesse d’un bonheur inespéré s’effrite douloureusement à mesure de la prise de conscience de la jeune femme quant à l’inéquité de cette compétition dans l’estime des autres… et plus douloureux encore, dans le coeur de Maxim. Comment rivaliser avec la mémoire d’une morte ? Comment sortir de son ombre ? C’est tout l’objet de ce roman, en même temps que les sombres secrets de Manderley se révèlent peu à peu.



Et je vous parlais du « fantôme », de la présence de Rebecca qui ne se limite pas au texte, et c’est probablement le grand et vrai tour de force de Daphné du Maurier… C’est que cette empathie, pour cette fille si simple, si jeune, qu’on avait au début… Et bien, sans qu’on y prenne garde, on l’abandonne petit à petit. Peut-être parce que le charme de Rebecca agit aussi un peu sur nous…
Lien : https://prettyrosemary.wordp..
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La mélancolie du kangourou
  13 octobre 2018
La mélancolie du kangourou de Laure Manel
Comme j’ai aimé ce roman !

Comme j’ai aimé ce kangourou de père impuissant.

Comme j’ai aimé cette mélancolie de l’amour enfoui.

Comme j’ai aimé Rose, cette fée au grand cœur et cette petite Lou, petit bébé innocent.



Après s’être épanchée sur la délicatesse du homard, Laure Manel se penche ici sur la mélancolie du kangourou avec cette même idée de résilience en toile de fond ou comment une rencontre peut guérir les blessures de l’âme.



Antoine a 36 ans quand il devient père et orphelin le même jour lorsque sa tendre Raphaëlle décède des complications de l’accouchement. Antoine est dévasté. S’occuper de sa fille en plein deuil de son épouse, c’est impossible pour lui. Il en veut à Lou, il en veut à la terre entière de ne pas le laisser tranquille, de ne pas le laisser pour mort devant l’effroyable absence de celle qu’il aime tant. Simone, sa mère se rend compte qu’Antoine ne pourra s’occuper de sa fille, il lui faut de l’aide. Et c’est ainsi qu’ils engagent Rose, une jeune fille bien dans sa peau qui ne demande pas mieux de joindre l’utile à l'agréable en s’occupant du jeune nourrisson. La place de Rose dans cette maison mortuaire devient vite indispensable. Antoine délaisse sa fille, il se noie dans le chagrin pendant que Rose s’occupe, le cœur serré, de Lou. Elle la berce, la nourrit, lui sourit, bref elle lui offre tout ce qu’une mère aimante est censée offrir à son bébé. Sans prendre la place de mère, sans juger le père, elle endosse à 22 ans le plus grand rôle de sa vie.



Ce roman aérien est doux, touchant, sensible, relevant de délicates questions existentielles sur le deuil, la reconstruction, l’amour paternel, la résilience, la patience et surtout il offre un beau regard pétillant sur l’essentiel de la vie à travers les yeux d’une jeune fille pétillante et combien vivante.



La mélancolie du kangourou c’est le rendez vous de la mort avec la vie.

C’est un paradis en enfer. C’est des yeux qui s’ouvrent tout doucement sur la pointe des pieds. C’est un éblouissant hommage à la vie après un drame.



À lire sans modération pour se sentir léger comme une plume.
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Bakhita
  14 octobre 2018
Bakhita de Véronique Olmi
Elle mérite toutes les étoiles du ciel parce qu’elle a porté en elle, sur son dos, dans son cœur, dans sa chair le ciel et la terre. Bakhita. Cette jeune enfant est enlevée à l’âge de 7 ans, enlevée dans son innocence, faute de son innocence et sa foi enfantine en l’homme. Elle va endurer les pires souffrances, ses yeux marqueront à jamais en elle la violence inouïe que les hommes auront infligé au temps de l’esclavage. La douleur et les images atroces sont habillées par tant de poésie et de talent par l'auteure, que cela permet de tenir l’insoutenable.

Véronique Olmi en magicienne, utilise la nature à bon escient. Une nature habitée d’émotions, une nature témoin des atrocités, protectrice à son tour pour Bakhita qui n’aura de cesse de plonger dans ses rêves au secours de son âme. Dans son enfer, elle imagine un bel oiseau blanc, elle le prie et le supplie de la protéger elle et son amie. Dans son isoloir, elle parle aux objets afin d’humaniser ce qui peut encore l'être. Quand l’homme n’est que démon.

Bakhita sera forte, belle, intelligente et saura mettre la chance dans ses mains pour apercevoir un peu le soleil. En Italie, la vie se fera plus douce. Là-bas, elle rencontrera de belles personnes pour finir dans les bras de dieu, celui qui aime tout le monde.



Un récit bouleversant, poignant où la barbarie des hommes est sans limite, et forgera Bakhita à briller plus fort qu’une étoile. Car la peau du chagrin et des souffrances un jour se lasse et laisse paraître la peau de l’amour et de la paix.

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Anaïs
  14 octobre 2018
Anaïs de Yves Montmartin
Pour une fois, je ne vais pas faire de résumé du livre avant de donner mon ressenti après la lecture. Le résumé de l'auteur est assez énigmatique pour vous donner les grandes lignes...😊





Je souhaiterais remercier l'auteur, Yves Montmartin de m'avoir proposé de lire en avant-première son nouveau livre. 👍 J'avais fait connaissance avec son univers et son style dans un précédent ouvrage, le livre qui vole où j'avais été agréablement surprise par la qualité et la douceur de sa plume.



Anaïs se présente comme un roman policier sans vraiment l'être. Une jeune fille disparait sans donner le moindre signe de vie et l'auteur nous propose via quelques personnages de remonter dans le passé avant ce drame que rien n'annonçait. Cette remontée dans le passé est très perturbante au départ puisque les protagonistes, les faits sont si éloignés qu'on ne cesse de se demander si l'auteur n'a pas fait un hors sujet. Ce sentiment perdure et sans s'en rendre compte, l'auteur nous prend par la main et nous dévoile une petite fenêtre cachée au milieu de tout cela où se trouve l'explication. Je refuse d'en dévoiler plus afin de vous laisser la surprise.





Tout comme la première fois, j'ai été conquise par la plume douce de l'auteur où la violence, l'horreur malgré la thématique ne sont pas présentes dans ce roman. Tout est relaté via le point de vue et des extraits de journaux souvent candides de morceaux de vie. L'auteur utilise la méthode du flash-back permettant de suivre l'enquête concernant la disparition d'Anaïs et de revenir à des moments clefs dans le passé.



Les seuls bémols à mon sens concernent les extraits du journal intime d'Amandine et la couverture.

Les extraits de journal font redondance très souvent avec ce qui est relaté dans le chapitre précédent où le narrateur est la même personne. Ces extraits sont certes plus directs dans leurs propos, plus personnels, mais sans grand intérêt par moment.🙄

La couverture.... 😖 Bon j'avoue qu'à la réception du livre, j'ai esquissé une grimace. Un fond noir, du rouge... je m'attendais à lire un thriller et j'avais vraiment envie de tout sauf de cela. Il serait bon d'adoucir la couverture et de partir sur quelque chose de plus clair qui correspondrait plus au contenu... Et par-dessus tout, oublier ces ronds rouges ! Cela laisse entendre meurtre, sang, horreur, serial killer et j'en passe... bref tout sauf le but visé.️😐





Pour conclure, Anaïs est un roman à découvrir. 😉 le style de l'auteur est frais, le récit est traité d'une manière humaine sans partir sur du sensationnel et de l'horreur. Yves Montmartin nous offre seulement une porte d'entrée dans la vie d'une famille qui bascule dans le drame. le tout est saisissant et émotionnellement puissant une fois que vous comprenez les indices distillés dans le livre et la conclusion.





Encore une fois, un grand merci Yves pour ce partage. J'ai passé un excellent moment de lecture et je peux vous assurer que votre livre m'a émotionnellement touché notamment par l'humanité mise dans le ton, le style, les faits, les personnages. 😉

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Grâce et dénuement
  15 octobre 2018
Grâce et dénuement de Alice Ferney
Voici un bien joli roman tout aussi beau que profond promettant en toile de fond un grand message de tolérance.

Esther est une bibliothécaire pour qui, le savoir et les livres sont aussi importants qu’un morceau de pain. C’est ainsi qu’elle brave le froid et la misère pour quelques heures de lecture auprès d’une tribu de gitans.

Au-delà des nombreux visages entre ces deux mondes, il y a surtout le visage du cœur qui réconcilie les deux mondes, il y a dans Esther le visage de l’amour, des lettres, de l’ouverture d’esprit, et quand elle commence à lire, c’est un seul et même monde qui enveloppe la rue froide.

Il y a un goût de liberté dans cette histoire, malgré les difficultés, les vols, l'illettrisme, il y a beaucoup de solidarité, et il y a des mots qui bout à bout amènent des phrases, puis des histoires, puis des rêves, puis de l’espoir.

Beaucoup de grâce dans la plume d’Alice Ferney pour qui l’impossibie n’existe pas.

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Une vie entière
  16 octobre 2018
Une vie entière de Robert Seethaler
Un cœur simple...

A priori sans rapport ici avec la nouvelle de Flaubert, l'idée d'un cœur simple a pourtant éclairé de son évidence ma lecture de cette "vie entière", longue existence d'un modeste montagnard autrichien, humble taiseux traversant le vingtième siècle dans le silence des épreuves sur lesquelles il ne posera que peu de mots.



A l'image de son anti-héros, l'auteur chemine vers l'essentiel, d'un trait sans tralalas ni fioritures mais d'une sensibilité pure. En toute sobriété il raconte l'homme et son irrémédiable attachement à sa montagne comme à la vie simple et rude qu'il déroule au fil des ans.



Un cœur simple mais pétri d'humanité pour ce bref et touchant roman.




Lien : http://minimalyks.tumblr.com/
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Le monde de la peinture - Dans la lumière de ..
  17 octobre 2018
Le monde de la peinture - Dans la lumière de Rembrandt de Collectif
Je suis fan de Georges de La Tour....

Mimi a critiqué le deuxième volume de cette collection. Voici le 7è. Il concerne les peintres français du XVIIè siècle. Les grands peintres de l'époque d'Henri IV et Louis XIII sont italiens ou hollandais. Beaucoup de peintres français font le déplacement à Rome. Le volume présente Champaigne, Courtois, La Hyre, Le Nain, Le Sueur, Valentin, Vouet, et La Tour. Mais c'est surtout ce dernier qui m'intéresse depuis toujours.

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Je suis sensible aux "yeux de lac" des Modigliani, au réalisme, pour moi supérieur à celui de la photo, des Rembrandt, mais....

Pourquoi suis-je fan de Georges de La Tour, autant que de Tony Joe White (musique ) ?

Parce que, comme lui, il me procure de l'émotion, me fait dresser les poils, me fait mouiller les yeux. Je suis presque hypnotisé ! J'ai trouvé les mots que je cherchais le caractérisant dans ce numéro :

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"Georges de La Tour souligne ses figures avec une netteté incisive, une précision qui tient à la fois de la sculpture et de la calligraphie orientale. Il dégage les contours au lieu de les détruire, et se sert de la lumière pour souligner l'arabesque d'un profil ou d'une main. Comme chez Rembrandt, l'obscurité ne noie jamais les couleurs ni les formes. L'objet continue d'exister et la couleur de solliciter l’œil par un jeu subtil de demi-teintes, de beiges, de bruns et de rouges sombres, jusqu'à dans les moindres recoins que n'atteint pas la lumière de la fameuse bougie omniprésente, prétexte à exercer sa virtuosité."

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Tout est dit. Il n'y a plus qu'à rester fasciné devant ses œuvres : les quatre "Madeleine", le Joseph, le Tricheur, etc... Je suis scotché devant l'arabesque du front de Joseph, mais aussi les dégradés de couleur de la main de l'enfant devant la fameuse bougie. Sans doute sans avoir fait le voyage en Italie, le Lorrain maîtrise autant le clair-obscur et le ténébrisme que le Caravage.

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Le travail au niveau des cheveux des Madeleine me fait penser à un brushing très réussi du XXIè siècle : )
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