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Critiques à l'affiche

Au revoir là-haut
  14 novembre 2017
Au revoir là-haut de Pierre Lemaitre
Moi je suis pas Goncourt, je suis pas Lemaître, je suis pas 1ere guerre mondiale, et je suis pas Albert Dupontel, autant dire pas beaucoup de chance que je me penche sur le bouquin ou que je voies le film! ben voilà c'est le contraire qui s'est produit, on m'a chaudement recommandé ce livre mais même le résumé me disait pas grand chose et puis j'ai dit pourquoi pas et vraiment je regrette pas, mais vraiment pas et je vais même aller voir le film malgré tous mes "je suis pas..." comme quoi faut parfois tenter ;-)
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La petite fille de Monsieur Linh
  18 novembre 2017
La petite fille de Monsieur Linh de Philippe Claudel
Gros coup de cœur pour ce magnifique récit !

Monsieur Linh, un vieil homme, quitte son pays sur un bateau… il tient dans ses bras un bébé. Il débarque dans un pays inconnu avec d’autres réfugiés. Tous s’entassent dans des logements provisoires.

Monsieur Linh s’occupe de cette petite fille avec grand amour. Elle est tout pour lui, sa joie de vivre, ce qui le fait exister chaque jour.

La hasard va lui permettre de construire une amitié avec un homme du pays accueillant. Échanges insolites entre deux personnes qui ne parlent pas la même langue…

Que vont devenir Monsieur Linh et sa petite fille ?

Vous le saurez en lisant ce court récit intense et bouleversant !

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Les Rougon-Macquart, tome 10 : Pot-Bouille
  16 novembre 2017
Les Rougon-Macquart, tome 10 : Pot-Bouille de Émile Zola
Octave Mouret, c'est un peu le Bel-Ami de Zola ! Fraîchement débarqué de sa province, les dents longues, ses vingt-deux ans audacieux, prêt à croquer la vie, les dames ne manquant pas de se retourner sur son passage...

Un roman aux allures de vaudeville, grouillant de vie, de rencontres, de drames et de passions. Dans cet immeuble bourgeois parisien, qui se gausse d'une réputation d'honnêteté, se joue une sacrée comédie humaine, celle des apparences. Du rez-de-chaussée au grenier, en passant par l'escalier de service, des hommes, des femmes, des couples, des familles, leurs domestiques, ça cause entre les étages, ça jase bon train, ça se salue poliment, ça s'invite à tour de bras. Mais une fois la porte close, derrière l'épaisseur des murs, il y a des pleurs et grincements de dents, des baisers chastes, des adultères, des passions volées, les petits et grands drames de la vie...

Un rythme soutenu, une foule de personnages, drôles, touchants, pathétiques ou horripilants, une plume jubilatoire, réaliste et incisive ; Zola m'a enchantée, comme lors de mon adolescence. J'ai aimé retrouver le héros de l'un de mes classiques favoris (Au Bonheur des Dames), en plein apprentissage de la vie.

Une fresque sociale riche et sans concessions sur la bourgeoisie parisienne du 19ème siècle, où mariage, argent, sexe et amour ne font pas toujours bon ménage, et où l'hypocrisie et la vénalité règnent en maîtres. Intemporel.



(NB : petit clin d'œil à Iboo, à propos de Zola...... :-p)
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Trois chevaux
  18 novembre 2017
Trois chevaux de Erri De Luca
Il est la terre, sombre comme le terreau, granuleux comme le sable, sillonné par la herse du temps. Elle incarne l'insolente fraîcheur qu'il a perdue, la source vive. Il est le mystère d'une nuit sans lune, la force de l'olivier qui défie les cieux. Elle est la brise apaisant ses mains de travailleur fatigué, le rayon de soleil sur sa nuque frissonnante. Son mutisme évoque ses souffrances, la misère et la guerre. Ses paroles à elles sont des cascades qui soulagent les maux de cet homme et son passé ardent. Rien ne les destinait l'un à l'autre mais personne ne les attendait. Alors, ils bousculent leur isolement, s'apprivoisent, s'autorisent à ne plus être seuls. Le corps de cette femme n'est qu'effusion et sa chair devient son antre. Làila, Làila, deux syllabes battent désormais au rythme de son propre coeur. Làila, cinq lettres fleurissent dans sa tête, se gravent sur sa peau. Les vingt années qui les séparent fondent sous le feu de leur idylle dans le cocon duveteux de la chambre. Ni le temps, ni ces autres auxquels elle se vend pour survivre ne sauraient les séparer. Car avec lui, enfin, elle apprend à se donner. Dans ses bras, elle existe, arbre dans la terre, yeux rivés au vent, ramure fragile au creux de ses mains de jardinier. Il est celui qui s'ouvre à elle sans ambages et lui dévoile son passé. L'Argentine...Une terre de douleurs et d'exil pour lui, la patrie de l'être aimé pour elle. Et Làila s'éprend cette homme avec l'abandon d'une femme amoureuse: sans retenue et dans la douce réclusion de son corps ivre de désir. L'homme a connu la violence, la guerre, la prison, la détresse et la mort mais avec elle, il ose espérer de nouveau. Au-delà des tragédies qui ont tailladé leurs existences, ils s'aimeront le temps d'une nuit, d'une semaine, le temps d'écrire leur histoire et d'abuser les tourments et la solitude.
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L'Art de perdre
  15 novembre 2017
L'Art de perdre de Alice Zeniter
Parce que personne ne lui en a parlé, Naïma pendant longtemps ne connaît que peu de choses sur sa famille et sur l'Algérie - son pays d'origine mais pas de naissance. Ali, son grand-père enrichi dans le commerce des olives et devenu harki avec la guerre d'indépendance, disparaît avant de lui parler. Sa grand-mère Yema ne parle qu'arabe, une langue que Naïma ignore. Son père Hamid préfère taire l'histoire familiale, honteux de son propre père.



Ali, Hamid, Naïma, les représentants de trois générations d'une famille kabyle ballottée par l'Histoire, séparés culturellement et affectivement par les conséquences de la guerre qui libère de la colonisation ; pour Ali et sa famille, l'exil forcé avec la perte d’identité et l’invisibilité dans les camps de harkis puis dans un HLM normand, pour Naïma, née en France d’une mère française, la barrière de la langue et de la culture. Pour chacun, l'art de perdre en partie sa culture, de celle qui fait le ciment et le lien entre les membres d'une famille, mais aussi pour Naïma la possibilité de se détacher d'un héritage trop lourd pour s'autoriser à être soi.



Alice Zéniter signe ici un roman saisissant sur les harkis et leurs descendants. Leur histoire racontée avec poésie et réalisme par cette jeune et brillante auteure est tout à fait vibrante et touchante.
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Presque le Paradis
  15 novembre 2017
Presque le Paradis de Danijel Zezelj
Le soleil italien s'est voilé d'ombre. La Toscane ancestrale et lumineuse a perdu de ses charmes et ses vins ne sont plus que d'imbuvables aigreurs. Les regrets de ses habitants sont tels qu'ils ont fini par ternir son éclat. Parmi eux, il y a Mario, flic et père, de famille qui impose sa loi sur le terrain comme à la maison. Auprès de lui, Chiara en parfaite épouse, attend que les heures passent et que son mari lui ordonne de préparer le repas. Leur fils, Luca, est adolescent et n'entretient que des rapports conflictuels avec son père. Et puis, il y a ceux qui donnent un nouveau visage à ce pays, réfugiés clandestins pour qui, l'Italie représente les premiers pas vers le rêve européen comme Andrea. Ceux-là inquiètent, dérangent par leurs différences alors on les méprise ou les accuse des pires torts.

Danijel Zezelj peint une Toscane métissée empreinte de nostalgie et de tristesse. Aux côtés des monuments séculaires admirablement dessinés, cette faune bigarrée contraste au plus haut point. Seule l'envie d'une autre vie rapproche ces êtres que tout oppose hormis les regards las et sombres. Maître du noir et blanc, l'artiste comble une nouvelle fois le lecteur en imaginant une Italie bien loin de la Dolce Vita. Solitude et mal de vivre pèsent lourdement sur cet album qu'un échange de regards, la silhouette gracile d'un chat ou l'odeur réconfortante d'un cappuccino viennent apaiser parfois. L'auteur qui a dû lui-même fuir son pays en guerre livre dans ce one shot certainement beaucoup plus que ces histoires de destins entrecroisés. Et cette Toscane que l'on voudrait chaleureuse, intemporelle révèle son côté pile. Celle d'une terre souillée par la corruption. Celle qui porte en son sein les douleurs de ceux qui ont dû fuir la guerre et d'autres qui la vivent intérieurement.. Si ce n'est pas Presque le Paradis, c'est sûrement l'Enfer.
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Misery
  14 novembre 2017
Misery de Stephen King
Un très, très bon Stephen King. Belle métaphore de l'addiction à la drogue, des peurs de l'écrivain, de la vie de King même. Annie Wilkes et probablement le personnage de l'univers de King le plus sadique et le plus monstrueux, et c'est pourtant un des rares à êtres humains. Un ton toujours chargé d'humour noir et de paradoxe. Personnellement, j'ai été happé par la lecture. Seul bémol, un petit passage trop exagéré à mon goût, rajouté comme pour insister sur l'effet gore qui n'est absolument pas nécessaire et qui je dirais, casse presque le rythme. Je vous conseille le film également, pour l'interprétation exacte - au point que s'en est terrifiant, de Kathy Bates. Un huis clos des plus angoissant où l'auteur et confronté avec lui-même.
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Le quatrième mur
  13 novembre 2017
Le quatrième mur de Sorj Chalandon
On ne peut pas dire un coup de coeur vu la gravité du sujet, mais un coup de poing certainement. Bouleversant. Tragique. Des descriptions douloureuses.

J'ai eu du mal à accrocher aux chapitres qui racontent la "jeunesse militante" du personnage principal... à l'inverse de ceux qui se passent au Liban. Que ce soit ceux consacrés au théâtre... ou à la guerre. Et il n'y a pas besoin de connaître Antigone ou la guerre du Liban pour être bouleversée par cette histoire et comprendre la douleur, l'horreur de cette guerre. de toutes les guerres.
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Au revoir là-haut
  17 novembre 2017
Au revoir là-haut de Pierre Lemaitre
Pierre Lemaître signe un roman picaresque choc qui nous emporte aux confins de l’horreur. Comme si la Première Guerre mondiale n’avait pas été assez terrible, Au revoir là-haut revient sur ces soldats laissés-pour-compte, gueules cassées et traumatisés, condamnés par l’ingratitude de l’État à escroquer les petites gens. Le style enlevé de l’auteur ne nous laisse aucun répit. On se surprend à douter. Doit-on s’abandonner au pardon ? C’est la question que pose ce chef-d’œuvre de la littérature récompensé par un prix Goncourt bien mérité.Le livre m’avait bouleversé.
Lien : https://blogentresoi.wordpre..
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Miramar
  16 novembre 2017
Miramar de Naguib Mahfouz
Aujourd'hui je me laisse aller aux souvenirs. Au debut des annees 60 j'avais fait une petite escale a Alexandrie. Et j'ai eu le privilege de suivre un guide precieux: Mr Naguib Mahfouz, qui etait sorti pour une fois de sa retraite habituelle du Caire pour me faire visiter la celebre ville portuaire. Nous avons longe la Promenade maritime, nous nous sommes assis aux terrasses des meilleurs cafes, hotels et casinos, le Trianon, le Palma, l'Atheneus, le Pastoriadis, le "palais" Al-Ibrahimiya, le casino Albagaa, l'hotel Cecil, le Windsor. Fatigues de notre deambulation, nous avons opte pour une séance de cinema au Metro, avant de finir la soiree au lupanar La Genevoise. Mais nous avons ete sages, nous n'avons fait que boire du Dewars et mirer les danseuses de ventre. Un peu ronds, nous avons rejoint au petit matin notre pension, le Miramar.



C'etait une pension un peu tristounette, elle avait connu de meilleurs temps. Comme sa vieillissante proprietaire, la grecque Mme Mariana, qui avait ete dans sa jeunesse un pilier de la bonne societe alexandrine et qui etait alors reduite a louer des chambres. Il faut dire qu'elle essayait quand meme de choisir ses hotes. Elle en avait cinq quand nous sommes arrives: Amer Wagdi, un journaliste longeant la nonentaine, oublie de tous, qui voulait finir ses jours en paix dans un endroit regorgeant pour lui de bons souvenirs (Ah! Qu'il avait aime Mme Mariana!); Tolba Marzouk, un ancient nanti que la revolution avait depossede de tous ses biens; et trois jeunes hommes: Sarhan Albouheiri, principal comptable dans une entreprise de filatures, revant d'ameliorer sa situation par n'importe quel moyen, honnete ou pas; Hosni Alam, un propietaire terrien racontant partout qu'il voulait se lancer dans les affaires mais en fait menant une vie de loisirs et de plaisirs, brulant son argent ainsi que les rues de la ville au volant de sa voiture (Heho! Ne m'emmerdez pas!); Mansour Bahi, speaker a Radio-Alexandrie, torture par la pensee qu'il avait peut-etre trahi un ancient camarade, emprisonne pour ses idees politiques. Et tout ce petit monde etait plus ou moins amoureux de la servante de la pension, la belle Zohra, une campagnarde analphabete mais tres sensee, qui voulait s'instruire, devenir independante.



Oui, elle etait triste, la pension. En plus, nous etions arrives a un mauvais moment. On avait appris que le jeune Albouheiri, qui s'etait fait jeter dehors par Mme Mariana parce qu'il faisait trop d'esclandres a son gout, avait ete trouve mort. Mansour Bahi avait avoue l'avoir tue, mais c'etaient des aveux pathetiques, etant clair pour la police que c'etait un suicide: il s'etait coupe les veines. Et Mme Mariana, culpabilisant Zohra d'en etre la vraie cause, avait decide de la renvoyer.



Quand j'y pense, toutes les personnes qui habitaient la pension etaient deconcertes par la nouvelle realite de l'Egypte. Meme ceux qui n'avaient pas ete directement frappes par la revolution militaire et un peu socialiste qui s'etait installee ne savaient pas sur quel pied danser. Les vieux regrettaient le passé et les jeunes avaient peur de l'avenir. Tous etaient des laisses pour compte des nouveaux pouvoirs en place ou du moins c'est ainsi qu'ils le ressentaient. Comme s'ils ne comprenaient pas, ou ne comprenaient plus, la societe dans laquelle ils vivaient. Comme s'ils etaient mentalement exiles en leur propre pays.



Mais je ne pouvais esperer meilleur guide que Mr Mahfouz. Voyant que j'ecarquillais les yeux d'etonnement, il s'est employe a me faire comprendre le ressenti de tous ces gens, s'etendant aussi sur le cadre de leur vie, que ce soit Alexandrie qui finissait alors de se vider de son importante population grecque, et qui deperissait, ou meme l'histoire recente de l'Egypte, passee d'une royaute prescrite par l'imperialisme britannique a une republique dominee par des militaires, qui pourchassaient tout opposant ou tout designe comme tel, surtout les communistes d'un cote et les Freres Musulmans ultra religieux de l'autre.



A la reflexion, ce ne pouvait etre la premiere fois que Mr Mahfouz venait a Alexandrie. D'abord il connaissait la ville parfaitement. de plus je me rappelle que tout en sirotant force cafes il avait raconte tout ce qui s'etait passé a la pension, les relations tendues entre les hotes et leur enamourement, tous, de la belle Zohra. Comment savait-il tout cela s'il n'etait pas un habitué de la pension? Il racontait tout en un langage simple mais prenait soin d'introduire par-ci par-la des versets du Coran qu'il me traduisait et qu'il recitait emphatiquement. Et dans sa rethorique il se mettait dans la peau d'un autre des hotes a chaque fois, comme si celui-ci parlait par sa bouche, pour mieux me faire comprendre le point de vue de chacun et mieux me faire saisir la situation et l'enchainement des faits. Et je me rappelle avoir eu la sensation que ce n'etait pas du Miramar et ses petites intrigues mais de l'Egypte entiere – en microcosme – qu'il me parlait.



Souvenirs souvenirs. Alexandrie etait une belle ville, et dans mes souvenirs elle est indissociable de mon guide, Mr Mahfouz, et de la pension ou il m'avait heberge, le Miramar.

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Un soupçon légitime
  17 novembre 2017
Un soupçon légitime de Stefan Zweig
Trop trop court, mais la construction du scénario est intéressante.

Dans la campagne anglaise vient s'établir un couple de citadin. Lui est exubérant, elle est du genre discrète.

Ne pouvant avoir d'enfant, les voisins leur conseillent d'adopter un chien, surtout pour distraire la femme. Mais contre toute attente c'est l'homme qui tisse une relation privilégiée avec l'animal, jusqu'au jour où sa femme ressent les premiers signes de la maternité.

La narration est faite par la voisine, ce qui donne une vision décalée de l'intrigue, presque une confidence. Les mots sont choisis, rien ne dépasse tout est en place pour nous évoquer le drame.

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Mille Femmes blanches : Les Carnets de May ..
  15 novembre 2017
Mille Femmes blanches : Les Carnets de May Dodd de Jim Fergus
Bien sûr, il s'agit là d'un roman, pas d'une thèse d'ethnologie.

Mais sur la base d'une histoire vraie, Fergus nous décrit le choc de deux cultures, de deux visions du monde diamétralement opposées.

On connait, malheureusement, l'issue de cette confrontation.



Un livre bien écrit, facile à lire et édifiant, que je recommande chaleureusement à tous.
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Pêcheur d'Islande
  19 novembre 2017
Pêcheur d'Islande de Pierre Loti
Un classique que j'avais envie de lire depuis longtemps. J'en ressors avec un petit pincement au coeur. :-)

Un récit qui nous immerge au cœur du 19ème siècle, dans une immuable ronde des saisons, celle de marins bretons partant chaque printemps pêcher la morue au large des côtes islandaises, et ne reviennent qu'à l'automne retrouver leur foyer. Le fil conducteur : une histoire d'amour, celle qui se tisse lentement entre Gaud et Yann, d'un romantisme suranné mais irrésistible...

Des hommes qui partent, des femmes qui attendent. Une puissante intimité des sentiments : promiscuité, pudeur, fierté, courage, dignité, solidarité, générosité, partage, simplicité... Face à cette mer-nourricière, cette mer-tombeau parfois, belle, envahissante, hypnotisante, égoïste, fière, impitoyable.

Une plume à la fois extrêmement figurative, sensuelle, réaliste, intimiste et universelle. Un roman envoûtant !
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Les abeilles la planète et le citoyen
  14 novembre 2017
Les abeilles la planète et le citoyen de Bernard Duran


La surmortalité des abeilles est liée à de multiples facteurs . Sujet de nombreuses études en cours , motivées par le constat de la mise en danger des productions agricoles



Les pollinisateurs , que ce soient les abeilles domestiques ou d'autres variété d'insectes , sont essentiels aux écosystèmes naturels et à l'agriculture . Mais un déclin de l'ensemble de ces variétés d'insectes indispensables est constaté par les chercheurs : 40% des espèces d'abeilles ont déjà disparu des USA et plus de 60% en Hollande .



Pour ce qui concerne la France , la diversité des sources de nourritures disponibles à ces insectes est encore importante surtout dans le sud est , mais l'urbanisation importante , les usines , le désherbage chimique les menacent fortement . L'impact économique de leur présence sur la planète est estimé à 153 milliards d'euros , mais au rythme actuel du déclin de ces espèces , ce chiffre se réduira rapidement à peau de chagrin



Le monde de la chimie croit ainsi se rendre incontournable , fertilisant les sols , enrobant les semences , produisant des pollens artificiels , mais joue en réalité avec le feu : En Provence , par exemple , impossible de faire venir des courgettes en votre jardin , si vous ne les polliniser pas vous-même manuellement ; la production de courgettes sous serre dépend elle de l'introduction de paquets de frelons vendus dans ce but . Il en est de même en Chine où dans une région célèbre pour ses cerisiers , sans pollinisation manuelle , coûteuse et fastidieuse , nul fruit n'apparaît .



Que pouvons-nous faire à titre individuel ?

-- éviter l'emploi de désherbants et d'insecticides

-- semer dans nos espaces verts une variété de plantes mellifères

-- planter des anciennes variétés d'arbres fruitiers

-- consommer du miel provenant d'apiculteurs responsables et non du miel chinois qui n'est qu'un sirop de glucose parfumé

-- signaler aux services départementaux adéquats tout nid de frelons asiatiques

-- Ne pas tondre régulièrement les pelouses rasibus , empêchant ainsi les fleurs sauvages de les embellir

-- etc ....



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Les vies de papier
  13 novembre 2017
Les vies de papier de Rabih Alameddine
Aaliya, ancienne libraire et passionnée de livres vit seule dans son appartement. À 72 ans, elle en a vécu des choses. Répudiée par un mari impuissant, issue d'une famille traditionaliste où l'homme possède plus de droits qu'une femme, Aaliya a vu la société libanaise se détruire via des guerres, évoluer, se reconstruire. La seule chose qui lui a permis de tenir toutes ses années... ce sont les livres. Elle prend chaque année la résolution de traduire un livre en arabe.. Et cette lubie dure depuis maintenant 50 ans !

Ses lectures lui permettent d'appréhender le monde et de le contempler via les citations de grands auteurs.





Acheté sur un coup de tête après avoir lu la quatrième de couverture, j'avoue avoir été conquise par le début du roman, très drôle : nous entrons dans le monde d'Aaliya et son erreur de coloration capillaire. Au fil du récit, l'auteur nous offre une découverte de la vie de Beyrouth via les souvenirs et les citations d'auteurs. Nombreuses sont les digressions où un élément active un souvenir du passé.

Ce roman est poétique, étrange, drôle, complexe, innocent, complexe. Il est tout et pourrait faire fuir le lecteur en raison de son côté "brouillon" voulu.





À lire sans modération.📘

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Syngué Sabour : Pierre de patience
  14 novembre 2017
Syngué Sabour : Pierre de patience de Atiq Rahimi
Il y a quelques mois, la lecture de « Terre et cendres » d’ Atiq Rahimi m’avait profondément touché et je m’étais promis de revenir visiter les pages de cet homme. Voila qui est fait.

Syngué sabour… à tes souhaits, j’ai bon? C’est quoi ce titre? Pierre de patience (le caillou pas le saint) c’est marqué en sous titre.

Comme souvent, ayant renoncé à me laisser allumer par une quatrième de couverture affriolante, je me fie à mon flair et l’odeur de terre cendrée ayant laissé une empreinte profonde, j’ai plongé. En tant qu’enrhumé chronique, j’ai plus souvent qu’à mon tour un excellent feeling avec le plantage quand je laisse parler l’instinct mais cette fois, comme ça m’arrive quand même parfois, jackpot, j’ai fait sauter la banque.

Première surprise, pas forcément bonne, je m’aperçois mais un peu tard, qu’il s’agit d’un prix Goncourt, le 2008. Arf, une bête à concours, je crains le pire. Pas forcément dans l’écriture mais dans l’idée de compétition et de verdict de gens autorisés (ceux qui savent…) à dire quel est le meilleur le tout couronné par le coté commercial qui est en fait le seul but de ces petits arrangements entre amis. Mon dernier Goncourt (lu pas reçu, c’était celui des nouvelles ou de je ne sais plus quelle catégorie, lourde si ça existe) s’étant révélé une bouse indigeste (Raphael si tu passes par ici… ce n’est que mon avis, copyright je sais plus qui…) j’ai un peu flippé.

Et bien là, ce cru 2008 est une pure merveille.

Déjà 217 critiques faites donc là, je meuble un peu parce que si tout n’a pas été dit c’est à désespérer.

Prenez l’Afghanistan (ou tout autre région ayant les mêmes caractéristiques de stabilité quant à la notion de paix), la religion (dans le cas présent, l’islam dans ce qu’il a de plus radical) et cerise sur le gâteau… la condition de la femme. Un ménage à trois pas très catholique si je peux dire, cherchez l’intrus. Le bordel quoi, si je peux dire encore (pardonnez moi saigneurs de tout poil). Liez les ingrédients avec de l’encre à la façon Rahimi et consommez sans modération.

Atiq Rahimi nous fait entrer au cœur de l’âme d’une femme qui va, pendant les 138 trop courtes pages, se libérer du poids des non dits dans un monologue adressé à son mari plongé dans le coma après avoir reçu une balle, le tout dans un climat d’insécurité totale.

Ce livre a été adapté au cinéma (c’est marqué derrière, j’étais passé à coté à l’époque mais je crois que je vais rester sur l’impression du bouquin) et ce n’est pas une surprise tant l’écriture est cinématographique (ça m’avait marqué aussi dans terre et cendres), ponctuée de plans séquences.

J’ai lu plusieurs billets sur ce titre, surtout des billets négatifs dont certains reconnaissant avoir abandonné en cours. J’ai cherché ces critiques négatives pour essayer de comprendre ce qui rebutait. J’ai renoncé parce que c’est comme demander à quelques personnes de désigner le bouquin de l’année. Tout n’est que question de sensibilité et de moment, alors comprendre le gout des autres…

Perso, j’ai adoré au-delà du raisonnable et j’encourage fortement à vous faire votre idée si vous ne faites pas partie des 217 autres coupables d’avis ici et autres lecteurs n’ayant pas fait de billet.

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Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur
  16 novembre 2017
Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur de Harper Lee
J'ai été agréablement surprise par ce classique de la littérature américaine. Normalement moi et les classiques c'est une grande histoire de désamour! Pourtant ici, j'y vraiment trouvé une certaine poésie.

Par contre si on vous a vendu ce livre comme étant l'histoire d'un avocat engagé pour défendre un Noir accusé de viol, je préfère vous dire que vous faites fausse route.

En effet, le procès est présent et sa préparation et sa réalisation vont bouleversé la vie d'Atticus Finch et de sa famille, mais c'est bien plus que cela.



Nous sommes dans une histoire de vie.

Le narrateur c'est la petite Scout, sœur de Jem et fille de Atticus Finch, le fameux avocat qui va vouloir défendre ce "nègre"...

Nous sommes dans les années 30 en Alabama... la vie s'écoule tranquillement dans cette petite ville où tout le monde se connait. Ou chacun est jugé par son nom de famille. Certains sont des fainéants... Normal ils le sont tous dans cette famille... Certains sont honnête et droit... mais ce sont des Finch! Bref vous avez compris le principe.



Les 250 premières pages sont simplement consacrées à comprendre la vie quotidienne de ces enfants, qui passent leur journée à l'école et qui l'été retrouve leur ami d'enfance pour essayer d'apercevoir leur mystérieux voisin qui ne sort jamais de chez lui... C'est l'histoire de leur relation avec Calpurnia, leur gouvernante Noire.



Vient ensuite le procès. A coups de phrases chocs et de plaidoyer enflammé, Atticus Finch accuse la société! Il y a de grands moments d'émotions durant le procès. Entre injustice flagrante, pratiques immorales et racisme avéré, on passe par tout un tas de sentiment, en plus de celui de l'ecoeurement.

Tout ceci est vu par les yeux de Scout, avec sa vision naïve et innocente. Cette petite fille ose posé des questions et faire des parallèles dérangeants. Grâce à cela, on s'insurge, on réclame justice...



Et il y a l'après et toutes ses conséquences....



J'ai été franchement touché par cette histoire.



Même si j'ai senti pas mal de longueur dans la première moitié du récit, l'arrivée du procès a fait s'envoler tout cela.

Mais cette longue introduction était nécessaire pour qu'on saisisse tout ce que cela implique pour la fin.

Quelle fin! Elle a aussi contribué à ce que j'aime autant ce roman. Mais ça c'est entre moi et le livre!



Les personnages:



J'ai ressenti un fort attachement pour Scout. C'est une petite fille maligne et garçon manqué. Elle est bagarreuse et même si elle accepte les préjugés et autres attitudes qui ont toujours couru durant sa court vie, elle s'interroge et se pose les bonnes questions.

Comme elle est le narrateur, nous sommes quotidiennement dans sa tête et c'est agréable de la suivre dans ses réflexions et sa vision très innocente de la vie. C'est plein d'humour et de poésie.

Atticus Finch est aussi un personnage qui m'a fait forte impression. Il est calme et réfléchit. Il éduque ses enfants de manière posé et sereine (même si on sent que ce n'est pas toujours facile). il s'applique à leur donner une autre vision de ce monde rempli de préjugés.



Le style:



Très littéraire. Dans la première moitié du livre on est sur un texte très descriptif, sans beaucoup d'action...



En résumé, j'ai beaucoup aimé ce livre qui me réconcilie un peu avec les classiques. Il traite de sujets importants dans une Amérique des années 30. On y découvre le racisme, l'injustice et les préjugés par les yeux naïfs d'une petite fille attachante.


Lien : http://maudbonnefond.wixsite..
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Un loup pour l'homme
  13 novembre 2017
Un loup pour l'homme de Brigitte Giraud
Antoine doit quitter Lila, son épouse enceinte, maintenant que l'armée l'a jugé apte à partir en Algérie. Heureusement, on a tenu compte du fait qu'il n'était pas prêt à se battre. Il va donc être infirmier - mais soigner peut être aussi sauvage et dangereux que se battre. À l'hôpital militaire de Sidi-Bel-Abbès, si Antoine découvre en Oscar, un jeune caporal amputé d'une jambe, un ami et un sens à sa présence en Afrique du Nord, il va découvrir aussi la sauvagerie des hommes.



Avec Un loup pour l'homme, Brigitte Giraud signe un magnifique roman sur la guerre d'Algérie. De ceux qui laissent une trace indélébile parce qu'il parle de fraternité, d'amitié, d'amour, de paternité. La fille d'Antoine (et de Lila) n'est autre que Brigitte Giraud qui rend ici un vibrant hommage à son père, mais aussi à toute une génération de jeunes hommes traumatisés par les horreurs d'un conflit dont ils se sentaient étrangers.
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L'Accusé du Ross-Shire
  15 novembre 2017
L'Accusé du Ross-Shire de Graeme Macrae Burnet
Ici ou là, j'ai lu quelques reproches adressés à l'auteur qui a malicieusement emberlificoté ses lecteurs en s'inventant un lien de parenté avec le personnage principal, Roderick Macrae. Sonatine a certainement dû beaucoup s'amuser également en collant une étiquette « thriller » sur L'accusé du Ross-Shire ! Mais qui aurait acheté un livre intitulé "La vie des paysans dans les Highlands au XIXème siècle" ? C'est pourtant l'un des thèmes principaux, assorti de crimes, de ce roman qui rencontre un succès bien mérité.



1869 : Roderick Macrae, armé d'un louchet et d'un hoyau, tue plusieurs personnes. Emprisonné, il raconte son existence dans la misérable ferme familiale, dans un document qui décrit l'injustice des conditions féodales sous lesquelles le highlander perpétue son dur labeur, réduit en esclavage par un cruel système de prêt de lopins de terre dont il tire à peine de quoi vivre.



Tout se gâte (encore plus) pour les Macrae lorsque Lachlan le Large, brusquement entiché de réglementation, accède aux fonctions de constable. Il se jette dans ce rôle avec la ferveur d'un renard dans un poulailler, visite, contrôle, relève des irrégularités, inflige des amendes, mélange le droit local avec le droit de cuissage, tient sous sa tyrannie des pauvres gens, prêts à travailler gratuitement pour lui en contrepartie d'une fausse promesse de clémence. Ceux qui s'opposent à lui voient leur bail modifié quand ils ne sont pas expulsés de leurs terres.



Dans ce contexte social inhumain, les policiers, avocats, jurés, experts psychiatres ou médecins légistes doivent déterminer à grand renfort de rapports et interrogatoires, si Roderick est un individu qui s'est révolté contre l'acharnement du pouvoir en place, s'il appartient à la « classe criminelle », ou s'il est fou. L'enjeu du procès n'est donc pas tant d'établir les faits que le contenu de l'esprit du coupable. Bon courage aux lecteurs pour forger leur opinion, car Graeme Macrae Burnet est décidément très malin !



Quoi qu'il en soit, il s'agit d'un roman très brillant, intelligent, original, très documenté, qui permet de découvrir l'Ecosse du XIXème siècle, les spécificités de son système judiciaire, et surtout de lire de savoureuses pages sur les débuts de la criminologie et de la psychiatrie, lorsque les médecins cherchaient dans la forme des lobes des oreilles ou du nez, à reconnaître un assassin héréditaire appartenant à l'engeance criminelle.



Il ne me reste plus qu'à saluer le travail de traduction effectué par Julie Sibony, qui a, grâce à un choix de mots appropriés dûs sans aucun doute à des recherches ardues, restitué la langue, les expressions, le vocabulaire paysan en usage dans les années 1860. Une très belle réussite !

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Je me défends du harcèlement
  13 novembre 2017
Je me défends du harcèlement de Emmanuelle Piquet
La journée nationale de Lutte contre le harcèlement à l'école, c'était la semaine dernière, mais la prévention, la vigilance et la libération de / par la parole ne s'arrêtent évidemment pas à une seule date !

Cet ouvrage illustré, publié en 2016, s'adresse à tous, enfants, parents, communauté éducative (...). Il cible toutes les formes de harcèlement et profils de harceleurs, à travers 15 récits-choc de jeunes âgés de 11 à 15 ans. Il donne, après chaque témoignage, des conseils sur-mesure, des stratégies ou "armes" d'autodéfense (verbale, comportementale), pour lutter et réagir contre la peur, la fragilité, la colère, la culpabilisation, la mésestime de soi, la victimisation, la violence morale et physique...

Bref, à mettre entre toutes les mains !!
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