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Critiques à l'affiche

Fahrenheit 451
  14 juin 2018
Fahrenheit 451 de Ray Bradbury
Quelle œuvre ! Une gigantesque claque et ce malgré les explications contextuelles de Jacques Chambon dans la préface.

Le futur anticipé de Ray Bradbury ne me semble - malheureusement - pas si éloigné de notre présent. Des écrans partout et de plus en plus grands, de la musique sirupeuse ou criarde dans les magasins, de la chick-litt, du feel-good, l’âge de l’entrée à l’école à priori abaissé, uniformisation des « standards » dans les pays dits libres, perte de la transmission qui nécessite du temps et de la patience au profit de l’immédiateté, et j’en passe.

Je joins ma plume à celles des autres Babeliotes pour vous encourager à découvrir ce livre confondant.

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Entre deux mondes
  14 juin 2018
Entre deux mondes de Olivier Norek
Anarchie in the Yuké !

L'on connait tous ce cri mythique beuglé par les Sex Pistols.

Il semblerait que la jungle de Calais puisse s'enorgueillir de ce triste slogan.



Adam a fui son pays comme bon nombre auparavant.

Zone de largage, Calais, où l'attendent censément femme et enfant.

D'enfant, Kilani en présente tous les aspects dans cette jungle bestiale dépourvue de toute loi, dénuée de toute humanité.

Adam et Kilani étaient appelés à se rencontrer, les voies du destin sont impénétrables, dit-on, voire facétieuses.

Bastien, lui, est flic nouvellement promu dans le Nord.

Un crime dans un camp de réfugié devait lui donner l'occasion de s'affirmer en tant que chef de groupe. C'est en leader incontesté et en humaniste affirmé qu'il allait appréhender cet univers dantesque aux relents putrides de barbarie assouvie et assumée .



Hyper touchant, cet entre-deux.

Parfait équilibre entre un monde réel peu reluisant et celui du chaos absolu.

Relatant le parcours tragique de moult migrants, Norek se fait passeur d'émotion extrême et de réflexion désillusionnée.



Sa grande force, bannir le pathos au profit d'un insondable travail de recherche dépouillé de tout misérabilisme.

Des personnages fracassés par la vie et cependant bien décidés à conjurer un coquing de sort obstinément malveillant.

Des individus lambda intensément charismatiques croisant des seconds rôles saillants, la combinaison est parfaite, le propos ineffable, la chute bouleversifiante.



Du très grand Norek !
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Les Piliers de la terre
  13 juin 2018
Les Piliers de la terre de Ken Follett
A l'ombre de la construction de la cathédrale de Kingbridge, c'est le destin de plusieurs personnages, certains attachants, certains détestables qui nous tient en haleine pendant les 1000 pages de ce roman.



Injustice, foi en Dieu, peur du châtiment divin, condition de la femme, cette saga du 12e siècle est passionnante de bout en bout et malgré quelques petites longueurs je ne me suis jamais ennuyé.
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Patrimoine : Une histoire vraie
  16 juin 2018
Patrimoine : Une histoire vraie de Philip Roth
Un récit de Philip Roth à la première personne, qui évoque directement la fin de vie de son père, ça sort de l'ordinaire de ses romans sur la société américaine. Pourtant on y retrouve sa patte à base de prose dense et envoûtante, tandis que ses personnages, surtout celui du père, prennent l'épaisseur, la justesse et la sincérité que son acuité sur la vie impose avec naturel.

Herman Roth est le père de 86 ans, à la tumeur au cerveau révélée qui n'entame pas tant que ça son caractère impérieux. Le fils Philip Roth (narrateur) se montre empli de bienveillance et de compassion envers son paternel. Un fils dévoué qui va même jusqu'à inciter son père à l'oublier dans son testament au profit de son frère Sandy, alors que la concrétisation de sa demande le laissera abasourdi. Il se contentera de l'aide, de la merde : « Tel était mon patrimoine, non pas l'argent, non pas les téphillim, non pas le bol à raser, mais la merde ».

Un beau récit fort et poignant, sur des choses tristes qui concernent tout le monde, pour lesquelles on peut (malheureusement) facilement s'identifier.



« Pourquoi, après tout, demanderait-il, faut-il qu'un homme meure ? Ce que, bien entendu, il aurait raison de demander. C'est là une bonne question. »
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Mémoires d'Hadrien
  16 juin 2018
Mémoires d'Hadrien de Marguerite Yourcenar
Ce roman historique, publié au début des années 1950, est un des sommets de la littérature du XX° siècle. Dès les premières pages, nous sommes emportés par un style d'une qualité et d'une richesse infinies. Marguerite Yourcenar fait parler Hadrien, empereur de Rome au début de II° siècle de notre ère. Ou plutôt, elle le fait écrire, car ce livre est en fait longue une lettre adressée par l'empereur à son petit-fils adoptif Marc Aurèle, alors qu'Hadrien vient de passer la soixantaine, commence à connaître les souffrances de la vieillesse, et se voit approcher à grands pas de "l'autre rive". Succédant à des empereurs ambitieux, guerriers, qui pouvaient user et abuser de la violence des forts, il se montrera un humaniste modéré, cultivé, généreux, altruiste. Il commencera par abandonner des territoires lointains, conquis avant lui par des ambitieux, sans stratégie ni scrupules, pour le simple goût de la conquête, et sans solution pour l'avenir. Quand il rendra une première visite au roi d'Egypte, il lui restituera sans conditions sa fille, enlevée par son prédécesseur et tenue captive à Rome. Il fera baisser la violence sur tout son empire, défendra l'éducation, les lettres et les arts. Il sera adulé par son peuple, et se cherchera un successeur à la hauteur de son oeuvre, que celui-ci devra développer, cultiver, sans jamais retomber dans les démons anciens. Le personnage valait bien un roman. Le style épistolaire apporte beaucoup au livre, mais c'est le talent littéraire de l'auteure qui nous frappe, l'énorme travail qu'a certainement nécessité la réalisation de cet ouvrage, pour un résultat extrêmement brillant. Que l'on ne s'y trompe pas: en faisant parler Hadrien, sur bien des sujets, c'est M.Yourcenar qui parle. Tous ces propos de sages, ces remarques philosophiques de haute volée, ils sont écrits par Hadrien, mais c'est l'auteure qui s'exprime. Pourquoi pas? Jusqu'à ceci: Hadrien est bisexuel, mais il ne porte aucun intérêt à sa femme Sabine. Il s'intéresse plutôt aux jeunes garçons, et même aux très jeunes. Vu d'aujourd'hui, ce serait un pédophile. Telle n'était pas la vision de l'époque, et sa relation avec Antinoüs, un de ses jeunes protégés qui se suicidera avant d'avoir 20 ans, constitue une partie significative du livre. Tout comme la construction d'une ville entière dédié à cet amant après sa mort tragique: Antinoë, magnifique cité de type grec construite en terre égyptienne (mais qui fut semble-t'il détruite au début du XIX° siècle par des récupérateurs de pierres pour construire une sucrerie....). Au total, nous touchons là un chef d'oeuvre, par la forme avant tout, mais aussi par l'intérêt du sujet, l'audace de l'auteure à le traiter (trait commun aux auteurs de romans historiques), et la qualité de la personnalité et de l'oeuvre du personnage titre.
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Shutter Island
  14 juin 2018
Shutter Island de Dennis Lehane
Teddy, ..

Si vous n'avez vu le film ni lu le livre, si vous vous lancez dans cette lecture, alors soyez attentifs aux premières pages !!

C'est tout simplement un scénario excellent !!

J'avais vu le film à sa sortie.Déjà là, on en prend!!

Mais franchement, il faut se laisser mener par Dennis LEHANE, le fil conducteur nous tient, puis on prend quelques virages, puis...

Teddy, et Chuck, deux marshalls sur une ile de malades!!, voilà le départ, et lorsque vous en serez déjà à la moitié, vous vous poserez pas mal de questions, sinon, c'est que vous avez déjà vu Di Caprio jouer le rôle de Teddy!!

Je n'en dis pas plus car ayant vu le film avant, ce fut jubilatoire de voir le chemin que nous fait prendre l'auteur pour nous faire (re)découvrir l'ile, cette prison particulière,son personnel, et ces assassins emprisonnés, traités..

Ambiance années 50, un établissement psychiatrique, le décor est là.

Entre tempête, découvertes, rencontres énigmatiques, puis réflexions personnelles , rêves et angoisses, on arrive au bout d'un moment à se dire: mais peut être que,..

Et là!! Voilà Teddy et Chuck, l'un en face de l'autre, sur cette ile,..

J'arrête .

Lisez ''Shutter Island'', attention, ça peut faire mal..comme une bûche peut le faire....

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L'étranger
  17 juin 2018
L'étranger de Albert Camus
L'Étranger de Camus - que je viens d'attraper au hasard dans ma bibliothèque - est un classique du XXe siècle et je ne l'avais jamais lu. Pourquoi ? Je ne sais pas. Tout comme je ne savais pas, voire même rien, de ce que recelait précisément ce chef-d'œuvre de la littérature contemporaine.

La découverte a donc été pleine et entière. Et, c'est ce que j'aime quand je m'attaque à une œuvre véritable... n'en rien savoir, ne m'attendre à rien, n'être guidée que par son auteur, n'éprouver que mon propre ressenti sans qu'il n'ait été préalablement orienté par des avis extérieurs.



Dès les premières pages, j'ai été interloquée par ces phrases courtes, saccadées, froides, ne trahissant aucune émotion. Comme c'était bien vu de la part de Camus ! Car, par sa plume, c'est son Meursault qui s'exprime, qui se raconte, qui nous raconte.



Camus s'étant très adroitement effacé, il me laisse donc en tête-à-tête avec Meursault. Et, rien à faire, je ne parviens pas à éprouver la moindre sympathie, empathie, ni même antipathie pour ce gars-là. Il est impénétrable. Il me laisse à l'extérieur. Le mur qu'il a dressé entre lui et moi - et pire encore, entre lui et lui - est infranchissable.

Au fur et à mesure que Meursault raconte, un terme que j'ai appris il y a fort longtemps dans des circonstances particulières, me revient à l'esprit : Alexithymie.

L'alexithymie est une construction de personnalité caractérisée par l'incapacité d'identifier et décrire les émotions en soi. Les individus souffrant de ce dysfonctionnement ont également du mal à distinguer et à apprécier les émotions des autres. Ce qui conduit à une réponse psychologique sans issue et inefficace.



Voila le drame de Meursault. Il est étranger. Étranger à lui-même. Étranger aux autres. Étranger à la vie. Étranger à tout. Il passe et ne fait passer. Il passe à côté de nous, à côté de lui-même. Comme un souffle... ni chaud ni froid, impalpable, inconsistant et sans plus de conscience.



Génialissime Camus !
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La couleur des sentiments
  13 juin 2018
La couleur des sentiments de Kathryn Stockett
Un roman qui offre un étonnant suspense et que j.ai dévoré en 2 jours malgré ses 600 pages. Le sujet en est la situation des noirs dans le Mississippi des années 60. Kathryn Stockett décrit le mépris, les vexations de toutes sortes, la cruauté des employeurs blancs envers leurs bonnes qui très souvent s.occupent de leur progéniture, et ce avec amour et dévouement. On peine à croire que ce récit remonte à une époque si récente, celle du pasteur Luther King dont on apprend les premières interventions publiques. Mais le roman se passe dans l.etat le plus conservateur et réactionnaire du Sud, celui du Mississippis , où une journaliste blanche entreprend de qrecuillir les témoignages des bonnes et de leur donner une voix, dans un. On texte de violences raciales qui rend l.entreprise risquée. C.est un roman qu.on dévore et une lecture dont l.on ressort secouée, car il jette un jour sur toutes les facettes du comportement humain, dénonçant le pire et le meilleur :le sens de l.injustice et le courage. A recommander de 7 à 77 ans !
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Reflets changeants sur mare de sang
  18 juin 2018
Reflets changeants sur mare de sang de Pierre Siniac
Généralement, dans les recueils de nouvelles, deux ou trois sortent du lot, et les autres donnent le change. Mais comme tout est bon dans le Siniac, Reflets changeants sur mare de sang est un excellent recueil que l‘on referme avec regret. Sept nouvelles diaboliques, écrites de main de maître, sept histoires inventives, imprévisibles, cruelles et sarcastiques…les sept Archanges de l'Apocalypse semblent s'abattre sans pitié sur des personnages pathétiques baladés sans vergogne par un romancier impitoyable. Des fêlés, des pigeons pigeonnés, des laids, des désespérés, des héritiers impatients de toucher le gros lot, d'anciens SS complètement tarés se font tailler en pièce par une trame assassine et des formules lapidaires, et le lecteur ricane devant tant de cruauté. C'est vachard, dénué de morale, acide à souhait. Impossible d'en choisir une en particulier, alors faites vous plaisir, lisez Siniac et gare au risque de chute dans cette mare de sang bien poisseuse. Attention, ça glisse!

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Le sang et le pardon
  13 juin 2018
Le sang et le pardon de Nadeem Aslam
A Zamana, dans leur bibliothèque d'une beauté étonnante, Nargis et Massud, un couple d'architectes musulman, ont suspendu au plafond les maquettes de la mosquée de Cordoue et de Sainte-Sophie — symboles de leur exigence esthétique, de leur ouverture et communauté d'esprit...



Mais Massud meurt accidentellement dans un échange de tirs entre un Américain et des tueurs pakistanais. Pour Nargis, c'est le début d'une lutte pour échapper aux services secrets d’une armée corrompue, une fuite où la jeune femme, avec Hélène la fille de son serviteur chrétien et Imran, un Cachemirien, cherche à se soustraire à la folie des hommes.



Saisissant et poétique, le sang et le pardon décrit les réalités d'un Pakistan violent, voire même effrayant — régi par des diktats religieux et gangrené par la corruption de ses institutions. Toutefois malgré ce constat, ce très beau roman suggère la capacité d'espoir et de résistance d'un pays auquel Nadeem Aslam, même s'il l'a quitté adolescent, semble viscéralement attaché.
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Jeanne d'Arc : Une mission inachevée
  13 juin 2018
Jeanne d'Arc : Une mission inachevée de François Sarindar
Jeanne La Pucelle (elle tient à ce surnom ) fut plus vive et plus intelligente que Wonderwoman, car elle sauva la France en 1429. Sans elle, je pense que vu le manque de confiance en lui du "gentil dauphin" Charles, nous serions Anglais.

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François Sarindar, tu es un e-ami, donc je ne vais pas "t'assassiner" dans cette critique, surtout que je suis incapable d'écrire comme toi. Cependant, au début, j'ai eu du mal à rentrer dans l'Histoire à cause des assez nombreuses digressions / parenthèses sur les "bâtardisants", digressions qui coupent "l'élan historique" passionnant par ailleurs. Peut-être eût-il été judicieux de faire des reports en fin de livre à chaque théorie bâtardisante ?

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Ceci-ci dit, François, tu as une très belle plume, très érudite, et tu nous tiens en haleine pendant tout le livre. Raconter la Grande Histoire de cette façon, chapeau !

On sent la difficulté qu'a Jeanne à monter son projet, alors que les Français sont en train de se faire bouffer par les Anglo-Bourguignons.

Le livre montre bien les rapports compliqués entre Jeanne et Charles, le caractère entier, bouillant de Jeanne, les jalousies des vassaux, l'utilisation de la Pucelle, le machiste de l'époque et la "méfiance de classe sociale", etc...

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Vous vous doutez que la partie "voix" m'a particulièrement intéressé. A la lumière de ce livre, je pense effectivement que Saint-Michel a parlé à Jeanne, et l'a tannée jusqu'à ce qu'elle se bouge pour remplir cette mission compliquée. Une fois qu'elle a commencé à prendre les choses en mains, il lui a énoncé les quatre buts (prédictions ) à accomplir en mars 1429, il l'a aidé à accomplir les deux premières en lui envoyant plein de messages, et en parlant, je crois, par sa bouche lors des actions décisives. Mais Saint Michel savait qu'il fallait aller vite, et que Jeanne, comme Jésus, serait sacrifiée. Effectivement, quand elle est arrêtée à Compiègne, victime de sa bravoure, c'est "une mission inachevée". Cependant, je pense que son maître-esprit, Saint-Michel, considère qu'elle a achevé son travail : elle a boosté Charles, et lui a redonné confiance. Une fois sacré à Reims, d'après les esprits, au roi de mener sa politique comme il l'entend. Les voix ne parlent plus à Jeanne, l'abandonnent. D'ailleurs, avec de la diplomatie, plus de temps, mais moins de morts, le roi a réussi à achever les dernières prédictions. : )

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Quant aux Bourguignons, en 1429 / 1430, ce n'était pas encore l'heure de les soumettre. Après les puissants Ducs Jean Sans Peur et Philippe le Bon, il y eût Charles le Téméraire qui se prit pour un roi, et voulu tellement raccorder les deux parties de son "royaume", Belgique-Hollande actuelles et Bourgogne, qu'il attaqua Beauvais, hardiment défendue par Jeanne Hachette en 1472, une autre héroïne, et qu'il mourut devant Nancy, en voulant conquérir la Lorraine pour raccorder la "haute Bourgogne" à la "basse Bourgogne", mais c'est une autre histoire : )
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Le petit César
  13 juin 2018
Le petit César de William R. Burnett
Publie en 1929, ce roman est un tir qui va droit au but. Et quel impact! Il produit chez le lecteur d'aujourdh'ui le meme choc qu'il avait provoque alors. Sans developpements (superflus) il ne se sert que de dialogues pour cerner la personnalite des personnages. Leurs paroles et leurs actes nous les rendent plus vivants et surtout plus clairs que toute dissertation psychologique. Des actes, des discussions, des dialogues, qui tiennent le lecteur en haleine d'un bout a l'autre du livre. Dans un style tres direct, turbulent, au rythme effrene.



C'est le Chicago des annees 20. Les maffias tiennent les rues. Entre autres les fils d'immigres italiens, qui bravent les interdits de l'Amerique pour mieux la conquerir. Ces jeunes doivent savoir choisir leur bande, ce qu'on appellera plus tard leur "famille". Les plus doues deviennent vite chefs de bande. Ici ce sera Cesare Enrico Bandello, dit Rico, qui a force d'audace et de cruaute prendra la tete de la bande du vieillissant Sam Vettori. Mais il va trop vite, il se croit trop fort, quand en fait il n'est qu'un petit truand, un "petit cesar", et il tombera. L'irresistible ascension du "cesare Rico" et sa brusque chute.



Par les dialogues Burnett nous introduit dans les recoins les plus enfouis des motivations de ses personnages. Les assoiffes de pouvoir et ceux qui ont des reves plus modestes, d'un peu d'argent et d'une vie un peu meilleure. Les cruels et ceux qui gardent quelques scrupules, quelques doutes de conscience. Tous se meuvent dans un décor de film noir: deambulations sous le crachin ou dans la neige, en costumes croises a rayures sertis de cravates criardes, en chaussures vernies, et le harnais sous l'aisselle. Parties de poker dans des chambres enfumees avec les laltercations qui s'ensuivent. Une atmosphere tres "cliché" mais tres prenante pour le lecteur (et il faut se rappeler qu'en 1929 ce n'etait pas encore un cliché!).



Un dernier point en faveur de Burnett: Je crois que c'est un des premiers, sinon "le" premier ou l'histoire est racontee du point de vue des truands et non des policiers ou autres detectives. Ce sont eux les principaux protagonistes, ce sont eux les (infortunes) heros. Ce livre est donc le precurseur du genre des "crook stories". Bien joue, Burnett!



Je conclus: un livre bien rythme, d'une ecriture efficace qui n'a pas perdu une ride et m'a procure un tres bon moment de détente. Comment dit le dicton? Les plaisirs simples…

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Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures ..
  14 juin 2018
Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates de Annie Barrows
Ce livre touchant est original de par sa forme puisque c'est un roman épistolaire. Les lettres donnent un rythme différent et permettent d'altener les points de vue en fonction de l'émetteur.

J'ai beaucoup aimé l'histoire et les personnages sont attachants. Le roman évoque de nombreux sujets graves mais de temps en temps percent des touches d'humour agréables. Chaque habitant qui écrit à Juliet lui donne des anecdotes concernant l'Occupation de l'île, toutes plus différentes les unes que les autres. Il y en a beaucoup bien sûr très dures, mais nous pouvons noter tout de même qu'une grande solidarité s'était installée (exception faite bien sûr de ceux qui espionnaient leurs voisins) et que finalement l'entraide a permit à certains de survivre jusqu'à la Libération. Chose également importante, notons qu'il pouvait y avoir des gens bien, peu importe la nationalité.
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Nous rêvions juste de liberté
  16 juin 2018
Nous rêvions juste de liberté de Henri Loevenbruck
Mon dieu la claque que ce livre m'a mise!

Ben oui, comme beaucoup d'autres ici, ce livre m'a tordu les tripes.

Pas trop le côté road movie - je préfère @Kerouac - mais la célébration de l'amitié-fraternité, de la liberté et le "Loyauté, Honneur et Respect" de certains bikers, le destin de ces jeunes (je ne spoile pas) et le passage implacable dans la vie dite adulte, tout ça m'a bouleversée.

L'histoire est dense, soutenue, on apprend au passage beaucoup sur les MC.



Un livre incroyable et une fin insupportable. A lire absolument...
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Le vase où meurt cette verveine
  13 juin 2018
Le vase où meurt cette verveine de Frédérique Martin
Je ne remercierai jamais assez si-bemol qui m'a très fortement influencée. Elle a aimé ce livre. Ce livre qui, au-delà de son billet, pesait très lourd !

Un poids inestimable, qu'elle a bien fait de partager. Trop lourd à porter seule sans aucun doute. si-bemol, j'ai reçu les mots que vous avez choisis comme on reçoit un cadeau. Et comme le dit Joseph, héros bienveillant de cette histoire, « La vraie pauvreté c'est de n'avoir personne à qui offrir ». Vous êtes riche si-bemol et si j'arrive, derrière vous, à convaincre quelques lecteurs, j'en serais fort aisée !



Au fil des pages étourdissantes de sincérité Joseph et Zika mariés depuis cinquante-cinq ans, échangent des lettres. La maladie les a séparés temporairement. Joseph est installé chez son fils et Zika chez sa fille. Manque de place, proximité des hôpitaux, les choses sont ainsi et il faut bien faire avec.



Difficile de tricher quand on écrit. le langage parlé c'est une chose ! éphémère, spontané, parfois excessif, laconique de temps en temps il s'efface imprécis au premier coup de vent. L'écrit est fixé, réfléchi. Il peut se relire à l'envi et quand ce sont des lettres d'amour qui s'appliquent à graver des sentiments au plus profond, de la manière la plus loyale, la plus vraie, la plus spontanée et en même temps la plus maîtrisée qui soit, ces lettres ne peuvent être que magnifiques !

« Deux jours après mon installation, je suis toujours bien serré dans mon costume de chagrin » écrit Joseph « je réalise que nous venons de clore une grande partie de notre existence et que cette période bénie s'est achevée en quelques pas ».



Et Zica de s'épancher…..un peu en écrivant « toutes ces heures d'éloignement sont une rapine pour notre amour. Si j'ai peur de ce peu qu'il nous reste, c'est que je ne suis pas rassasiée de toi……Je suis plus lucide qu'à vingt ans, c'est maintenant que je pourrais en profiter, aimer, et jouir de cette faculté de clairvoyance qu'on atteint à grand peine. L'âme est anéantie par le poids des organes. »



Le ton est donné. Même si la nostalgie, la privation de l'autre, le retrait momentané signent quelques lettres avec des larmes de noblesse, l'humour teinte la cloche.

Vivre à nouveau avec ses enfants et prendre la distance nécessaire pour se rendre compte « de quel bois ils sont taillés » n'engendre pas la mélancolie parfois. C'est drôle, incisif, sans concession. On ne dit surtout rien. On s'écrit tout. Si sa fille maugrée, Zica en rend compte à Joseph : « ça fermentait dur sous le capot ! » lui dit-elle « Une tripotée de jurons lui sert de rosaire ! »



Ces lettres, le bilan de toute une vie. Rien de vraiment exceptionnel ne transpire dans les domaines professionnels, matériels, culturels. Tout est réussite cependant. Réussite d'un amour partagé qui inonde deux vies parce qu'il est sincère, suffisant, simple et nourrissant. Un socle.



Cet amour de Joseph à Zica, de Zica à Joseph n'a pas eu que des effets bénéfiques, loin s'en faut!

Soudain c'est la chute. L'inondation. le drame. le coup de théâtre en deux actes. Zica et Joseph croyaient être seuls au monde installés dans leur félicité. Mais non bien sûr…la vie serait trop simple!



Les cartes sont mélangées et nous n'arrivons plus à savoir où est le roi, où est la reine. Les larmes, nos larmes à nous lecteurs, reviennent brûlantes, acides, dévastatrices, inattendues.



J'ai beaucoup aimé cette lecture puissante. La lumière qu'elle dégage m'a éblouie comme un soleil souvent, m'a piqué les yeux m'envoyant des vapeurs de mercure parfois, m'a fait rire, m'a enchantée.



Ce récit lumineux est assorti d'un variateur d'intensité très efficace. Je me suis adaptée mais aujourd'hui je ne vais penser qu'à Zica et à Joseph….si tant est qu'ils ne décident de m'accompagner la nuit prochaine dans mon sommeil !



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Les exploits d'Edward Holmes
  15 juin 2018
Les exploits d'Edward Holmes de Jean d'Aillon
Les exploits d'Edwards Holmes regroupe 3 nouvelles correspondant aux tomes 1.5, 2.5 et 3.5 de la série. Ces petites nouvelles ont été précédemment publiées en format numérique avant la parution de chaque tome, comme une sorte d'amuse-bouche permettant d'attendre la sortie de la nouvelle grande aventure. Les éditions 10/18 ont décidés de les regrouper en un tome.🙂





🏹Tome 1.5 : Le chanoine à la lèvre tordue.🏹

Un chanoine est retrouvé assassiné. L'enquête menée par Edward Holmes permet de mettre aux nues une escroquerie concernant l'orfèvrerie. En effet, des vases religieux en or sont subtilisés et remplacés par des copies finement ciselées, mais peintes en doré.



Cette enquête dont le titre est inspiré d'une nouvelle de Conan Doyle : L'homme à la lèvre tordue n'a que cela de comparable. Jean d'Aillon nous brosse ici le portrait d'une église où les voeux de pauvreté et chasteté n'ont pas cours. L'intrigue est rapidement relatée et menée avec un récit basé sur l'essentiel. Pas de cadre historique comme dans ses romans, pas d'intrigues croisées. C'est simple, court et concis.





🏅Tome 2.5 : Cinq médailles d'argent.🏅

Edward Holmes enquête sur un complot visant à ouvrir une porte de Paris afin de laisser entrer les troupes ennemies.



Cette nouvelle possède un titre inspiré encore une fois de l'oeuvre de Conan Doyle : Les cinq pépins d'orange. Dans ce récit, l'intrigue manque cruellement d'espace puisque tout se déroule et s'enchaîne en un temps record avec un Edward Holmes surgissant au final pour démasquer les derniers conjurés.





💎Tome 3.5 : L'escarboucle de Marco Polo💎

Marie de Savoisy est accusée du vol d'un joyau inestimable : L'escarboucle de Marco Polo. Edward Holmes décide de mener l'enquête afin de démontrer l'innocence de la chambellane dont il est épris.



Cette nouvelle est encore une fois un clin d’œil à l’œuvre de Conan Doyle via son titre très inspiré par l'original : L'escarboucle bleue. Ce récit nous plonge dans une histoire de vol, de mascarade et de famille. Edward Holmes est ici plus présent que lors de deux précédentes intrigues.







Ce recueil de nouvelles peut être lu indépendamment du reste de la série en raison des indications nombreuses glissées par l'auteur dans ses récits. Cependant, pour en apprécier toute la saveur et pour comprendre les sous-entendus, il est préférable de les lire dans l'ordre chronologique, afin de comprendre notamment les relations et tensions entre les différents personnages.



Globalement, ce recueil est selon moi un encas puisque les histoires sont très courtes sans se focaliser sur les aspects historiques de l'époque. Cela permet à Jean d'Aillon de développer certains aspects de ses personnages ou de décrire le Paris et la société de l'époque lors de l'occupation par les Anglais. Les intrigues sont sympathiques, la lecture est aisée et agréable et le lecteur plongé dans une époque passionnante.



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Le cas zéro
  18 juin 2018
Le cas zéro de Sarah Barukh
Si certaines critiques coulent avec évidence sous la pointe de mon stylo, d'autres s'écrivent de manière plus hésitante. C'est le cas de celle-ci, parce que ce livre ne m'a ni particulièrement enthousiasmé, ni réellement déçu, sans que je puisse dire exactement pourquoi. Je vais néanmoins essayer...



L'auteure a imaginé un thriller médical sur fond d'apparition du sida (appelé LAV en 1982, année clef de l'histoire). Si le terme « médical » est tout à fait approprié quand le récit décrit les difficultés qu'un médecin peut éprouver à établir un diagnostic nouveau ainsi qu'à trouver ensuite un traitement adapté... le mot « thriller » ne définit, à mon avis, pas vraiment ce roman. L'intrigue, dénonçant la corruption des administrateurs de l'hôpital et autres autorités sanitaires, est mince, le suspens absent, les péripéties survenant à la fin plutôt invraisemblables.

C'est davantage une fiction rendant hommage au corps médical en général et à un médecin en particulier. Ce dernier se nomme Laurent Valensi, chef de clinique de médecine interne à l'hôpital Saint-Louis, juif tunisien, issu d'un milieu très modeste. Interniste doué, passionné par son métier et altruiste à un point qu'il en néglige sa femme et sa fille.

Mais est-ce que tant d'abnégation mérite de mettre un homme sur un tel piédestal comme S. Barukh (dont le père était médecin) semble le faire ici ?



Or, Laurent Valensi n'est pas seulement le diagnosticien qui veut se battre à tout prix pour un patient en fin de vie, c'est aussi un homme qui se raconte. Il s'étale sur la mort de ses parents, les relations avec ses frères, son cheminement jusqu'au serment d'Hippocrate, le racisme, la culpabilité qu'il ressent... et j'avoue que ses (trop nombreuses) tergiversations et ses états d'âme, alourdissant et éparpillant l'histoire, m'ont parfois agacé.



Mais ce texte, d'une fluidité naturelle, très compréhensible au niveau de la terminologie médicale et émaillé de beaucoup de dialogues, reste avant tout un récit imprégné d'allocentrisme, de dévouement et de sensibilité... et c'est ce dont je veux me souvenir.



Je remercie la MC privilégiée de Babelio et les éditions Albin Michel.
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Mort sur le Nil
  17 juin 2018
Mort sur le Nil de Agatha Christie
Nouvelle enquête d'Hercule Poirot.

Oublier la croisière s'amuse et faite place à la croisière tueuse 😈





Même lors de vacances loin d'un Londres gris et pluvieux, Hercule Poirot ne peut se reposer. 😮 Lors d'une croisière sur le Nil, notre détective se retrouve au milieu d'autres passagers, plus farfelus les uns que les autres. Entre le couple en voyage de noces poursuivi par l'ex-fiancée évincée ; le duo fusionnel mère et fils ; l'auteur de romans policiers au succès passé ; un terroriste, un agent secret, des notaires en pagaille et des vieilles filles en quantité.... notre pauvre Hercule Poirot a de quoi se faire du mouron.

Et lorsque lors d'une soirée, la fiancée sort un révolver et tire sur son ex... sans le tuer et que l'épouse de ce dernier est retrouvée assassinée le lendemain, il y a de quoi devenir fou pour tout être sensé.

Mais pour Hercule Poirot, cette énigme est pour lui un jeu d'enfant.





Sans hésitation, Mort sur le Nil fait partie de mes romans préférés d'Agatha Christie. 👍L'intrigue et les protagonistes sont tellement tordues que l'ensemble et la résolution finale n'en est que plus passionnante. Je me souviens lors de ma première découverte de cette oeuvre de l'étonnement que j'avais eu lorsque le détective nous dévoile les faits et sa théorie. Ce même plaisir est toujours présent même si l'intrigue est connue et a été adaptée avec brio à plusieurs reprises à la télévision.





Le seul bémol est selon moi le rôle tenu par les femmes dans cette intrigue. 🙄Vous avez en effet le choix entre les modèles suivants : alcoolique, kleptomane, riche idiote, vieille fille et névrosée. Il n’y a pas à dire... quel choix !🤪

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La Servante écarlate
  18 juin 2018
La Servante écarlate de Margaret Atwood
J'ai mis plusieurs semaines à me remettre de cette lecture. Magnifiquement bien écrit, très "page-turner" mais trop angoissant pour moi dans le sens où je n'arrêtais pas de me dire "et si ça arrivait dans la vraie vie ?" Et si les femmes devenaient des objets à qui les hommes attribuaient des fonctions : les servantes aux robes écarlates pour la procréation, les épouses qui commandent les maisons, les Marthas qui entretiennent les maisons (cuisine, ménage...) ?

Comment survivre dans un monde liberticide où tu es chosifiée et exclue de toutes relations affectives (amicale, amoureuse, passionnelle, filiale, maternelle...) ? C'est glaçant, perturbant et questionnant.
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Fahrenheit 451
  14 juin 2018
Fahrenheit 451 de Ray Bradbury
Un classique de la littérature mondiale qui, 65 ans après sa première parution, reste d’actualité.

Aujourd’hui, on ne brûle plus les livres mais une censure officielle continue de s’exercer dans de nombreux pays.

Ce roman dystopique ne fait malheureusement pas partie des œuvres qui décrivent une vision sombre d’un avenir qui ne se réalisera pas. L’histoire, même très récente, est parsemée de scènes violentes de censure de l’écriture et de la lecture.

Tout comme 1984, Fahrenheit 451 n’est pas une œuvre dépassée, et, même si l’année 1984 est passée sans que la vision pessimiste du roman de Georges ORWELL ne se soit réalisée, l’œuvre de BRADBURY reste malheureusement d’actualité et c’est à nous d’être vigilant pour que le monde imaginé en 1953 par cet auteur américain ne se réalise pas dans une société dite civilisée plus ou moins proche.
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