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Critiques à l'affiche

Des souris et des hommes
  29 mai 2020
Des souris et des hommes de John Steinbeck
Cette histoire courte au format "nouvelle" est la porte d'entrée idéale pour découvrir John Steinbeck.

Le contexte de l'Amérique rurale, des métayers journaliers allant de ranchs en exploitations pour gagner juste de quoi survivre jusqu'au prochain boulot et entretenir l'espoir de peut-être économiser assez pour avoir son lopin de terre à soi.

Des sentiments basiques, une sensibilité à fleur de peau, une rancoeur et une violence sous jacente dans un monde où le temps semble s'être arrêté, où l'espoir d'un avenir meilleur semble s'être figé.

Un récit âpre et intense, un presque huis-clos qui prend forme en l'espace de 48 heures à peine, un drame pressenti dès les premières lignes, une spirale qui apparaît et qui va inexorablement aspirer les deux amis de toujours, Georges le petit gars débrouillard et Lennie le gentil colosse à la force phénoménale qui n'a pas fini de grandir.

Une histoire qui, je le crois n'aurait pu se dérouler qu'aux Etats-Unis et seulement dans cette période de récession qui a vu tant d'hommes se vendre à la journée pour seulement survivre et continuer d'y croire.

Une lecture au goût d'instantané, un fait divers tragique, un pied de nez du destin, dans tous les cas une histoire qui parlera à chacun selon sa sensibilité car il n'y a pas ici de morale à rechercher ni de justification à trouver.
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L'Affaire Nicolas Le Floch
  27 mai 2020
L'Affaire Nicolas Le Floch de Jean-François Parot
Après un long intermède je retrouve Nicolas Le Floch avec plaisir.

Ce qui m'apparaît comme une évidence à ma quatrième lecture, c'est que l'auteur nous propose à chaque fois plus qu'une simple enquête, j'ai eu la même impression que quand je retrouvais les amis du village que j'avais quitté l'été d'avant, les lieux, les relations, les habitudes, la santé des amis et leurs petits tracas, le tout dans un cadre historique parfaitement rigoureux.

N'oublions pas ces escapades culinaires obligatoires, recettes et tours de mains en prime, tellement vivants et réjouissants qu'ils titillent notre imagination en même temps qu'ils nous mettent l'eau à la bouche, oui, JF.Parot nous charme avant tout par une ambiance presque familiale.

Pour ce quatrième opus notre bon Nicolas est sur la sellette, sa belle et capricieuse maîtresse, Julie de Lastérieux, est retrouvée empoisonnée et tous les indices le désignent comme coupable...

A partir de là que d'intrigues ! Le genre d'histoire à tiroirs multiples et fausses pistes en cascades, c'est complexe et ma foi brillant, n'essayez même pas de deviner le nom du coupable, c'est peine perdue ;)

D'autant que l'auteur prend son temps, et il faut donc taire certaines circonvolutions qui vous mèneraient au deuxième tiers du récit, car comme à son habitude l'auteur nous instruit des événements majeurs de cette période de l'histoire de France...

En conclusion il s'agit d'un très bon cru, l'auteur maîtrise son sujet et bonifie son univers, un très bon moment de lecture.
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Lettres de mon moulin
  24 mai 2020
Lettres de mon moulin de Alphonse Daudet
Les Alpilles, le chant des cigales, l'odeur du thym et du romarin, le son des fifres et des tambours; il suffit de quelques lignes pour que sons, odeurs et images affluent. Avec sa poésie, ses mots simples, ses histoires du quotidien - je veux dire de ce quotidien là -, l'écriture de Daudet est puissamment évocatrice.



Je viens de relire les Lettres de mon moulin et, là encore, c'est tout un monde d'enfance qui surgit. Lequel d'entre nous, petit, n'a pas lu La chèvre de M. Seguin? Et tenez! Je vais partager avec vous un souvenir. J'étais en 5ème, dans la classe de français de Mme Humbert. Une maîtresse femme, droite, rigide, jamais un sourire. Et ce jour là, Les trois messes basses lues par Fernandel. J'ai encore le souvenir de sa voix. Sa voix qui chante, qui raconte l'histoire, qui change de rythme, se précipite pour raconter l'urgence, puis ralentit, grave. Et mon émerveillement de petite fille : Lire, c'est donc ça.
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Le Rouge et le Noir
  25 mai 2020
Le Rouge et le Noir de Stendhal
S'il manque une rubrique au site de Babelio, ce serait celle des Mea culpa.

J'y aurais bien versé quelques lignes pour exprimer le regret de n'avoir pas su prendre la mesure de cette oeuvre lors de ma première lecture, au lycée.

S'il est de très bons livres, il y a les oeuvres, et je dois reconnaître qu'à 16 - 17 ans, je suis passée complètement à travers de celle-ci... Est-ce de courage ou de maturité dont je manquais ? Honnêtement, surement un peu des deux...



Le Rouge et le Noir, ça ne commence pas in medias res. Au contraire, on fait ces premiers pas dans ce livre par la découverte d'une petite ville comtoise, où la scierie a su donner sa musicalité à la contrée. Le décor est admirablement bien dressé. Les personnes apparaissant, on en découvre la subtilité pour trois d'entre eux, seulement ; les autres resteront secondaires, moins dessinés.

Julien est issu d'un milieu étriqué, dont ne peut espérer aucune grandeur d'âme. Son ambition passera aussi, voire surtout, par la conquête de deux femmes. La mère de jeunes enfants dont est le précepteur, puis, comme un tremplIn social, Mathilde, une jeune aristocrate parisienne. Il lui portera (et sera porté) par un amour nourri par l'ambition.

Ce n'est qu'après que tout ait basculé, et alors que Julien est condamné pour assassinat qu'on décèlera en lui plus d'humanité, apparaissant au lecteur presque meilleur qu'il ne fût jamais.
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Un ciel de glace
  23 mai 2020
Un ciel de glace de Mirko Bonné
Automne 1914, alors que sur la scène internationale la Première Guerre Mondiale fait rage, à Pillgwelly, quartier de Newport, un jeune gallois, Merce Blackboro, fils d’un décorateur d’intérieur de bateau, s’ennuie. Tiraillé entre l’amour et l’aventure, il choisit la seconde et s’embarque en tant que marmiton sur un vieux bateau- feu pour l’Argentine. Après avoir essuyé un naufrage, débarqué à Montevideo avec un compagnon d’équipage, Merce attend toujours que la vie lui sourit, le jour arrive lorsqu’il tombe sur une annonce insolite : «Recherche hommes pour traversée hasardeuse ».

Renseignements pris il s’agit de compléter l’équipage de Sir Ernest Shackleton pour l’expédition transatlantique à bord du trois mâts L’Endurance dont la mission est d’effectuer la première traversée de l’Antarctique à pied de la mer de Weddell à la mer de Ross: soit 3000 km en traîneaux dans la nuit, le froid et la glace.



C’est à travers les yeux de Merce, passager clandestin et 28 ème membre d’équipage que Mirko Bonné a choisi de nous faire vivre cette expédition mémorable qui malgré son échec est devenue un exploit: plus de 445 jours de survie en milieu extrême sur 665 jours d’aventure. En effet en octobre 1915 après avoir été broyé, brisé par les glaces l’Endurance laisse Shakleton et son équipage seuls sur la banquise, ils devront alors s’organiser, faire preuve de courage et d’ingéniosité pour affronter les périples australs. Une épopée hallucinante où chacun puisera au fond de lui les forces nécessaires pour rester vivant.



J’aurai peut être préféré lire directement le récit de Sir Ernest Shackleton L’Odyssée de l’Endurance mais le hasard a voulu que je découvre d’abord Un ciel de glace de Mirko Bonné grâce auquel j’ai pu suivre et revivre cette aventure hors norme en Antarctique. En effet cette adaptation romanesque plonge le lecteur dans les réalités du monde austral (stations baleinières , conditions météorologiques, couloirs de navigation, faune arctique etc...), les préparatifs et les exigences matérielles de l’expédition et surtout rend habilement hommage à tous les explorateurs de l’Antarctique grâce à Merce, le narrateur, devenu le chouchou et l’aide assistant de Sir Ernest Shackleton à qui ce dernier a confié la mission de dévorer toute sa bibliothèque ! Alors au fil des pages je me suis familiarisée avec les journaux de bord des plus fameux conquérants, explorateurs du pôle Sud et des mers australes: de James Clark Ross à Roald Admunsen en passant par Robert Falcon Scott pour ne citer qu’eux sans oublier l’un des plus célèbres chasseurs de phoques, John Biscoe.



Une aventure surhumaine, des paysages grandioses, des sensations extrêmes, des ciels et des tempêtes étourdissantes, l’odyssée de l’Endurance a été plus qu’une évasion : l’apprentissage du silence et de la solitude sous un ciel de glace!
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L'été des charognes
  24 mai 2020
L'été des charognes de Simon Johannin
L'été des charognes de Simon Johannin, décortique la décomposition de l'enfance dans une campagne rude et cruelle.



« J'ai grandi à La Fourrière, c'est le nom du bout de goudron qui finit en patte d'oie pleine de boue dans la forêt et meurt un peu plus loin après les premiers arbres. La Fourrière, c'est nulle part.

Le père il s'est mis là parce qu'il dit qu'au moins, à part ceux qui ont quelque chose à faire ici personne ne l'emmerde en passant sous ses fenêtres.

Il y a trois maisons, la mienne, celle de Jonas et sa famille et celle de la grosse conne qui a écrasé mon chat, celle à qui il était le chien qu'on a défoncé avec les pierres et qui vient que de temps en temps pour faire ses patates et pour faire chier. »



Ce qui frappe en premier lieu, c'est la violence brute qui s'exprime sur les animaux. Rien ne nous est épargné des miasmes et de la puanteur des corps en putréfaction. Pour cette famille d'éleveurs, pour qui l'élevage intensif et aseptisé n'est pas encore passé par là, il n'y a rien de plus naturel. La violence est quotidienne, et elle ne se contente pas d'être animale. Les coups tombent facilement : pas de temps pour la négociation, sauf si elle est commerciale, car il faut bien vivre de ses bêtes.

Les gamins doivent filer droit. Leur liberté, ils la trouveront dans les champs à jouer avec des cadavres, ou en collectionnant les plus beaux os qu'ils trouveront, peu importe les corps dont ils proviennent...



L'ambiance âpre de désolation est prégnante à travers les odeurs immondes, et les excréments. On se lave quand on peut, dans la rivière ou dans la ferme s'il reste de l'eau après avoir abreuver les animaux. On se rassure en humiliant ceux qui sont différents : les « gueux », ou les musulmans dont on se moque en jouant à « l'Arabe », beaucoup moins quand il s'agit de leur vendre des moutons.

Les gamins grandissent et mettent du Scorpion pour masquer les odeurs pestilentielles. Ils prennent le car scolaire qui les emmènera chez les grands, mais qui pue autant que l'équarrisseur quand il passe devant les usines de la région.

Dans ses « localités en fin de vie », dont ils en sont les « bouseux », on abat, dépèce et plume, « imprégnés de cette odeur de charogne » et au son du bruit des viscères qui tombent et du « cri que fait le sang quand il coule ». Heureusement il y a des moments de convivialité et de solidarité, même si les enfants finissent souvent par raccompagner leurs parent soûls comme des « bêtes molles dans du formol » en conduisant eux-mêmes les voitures sur les chemins vicinaux.



Un récit âpre et rude, presque infesté d'une atmosphère vénéneuse, qui ne peut qu'être conseillé à un public averti. Pourtant, c'est une écriture lumineuse qui éclaire sa lecture d'une poésie noire mais jubilatoire. le narrateur voit son enfance partir en fumée dans les effluves pestilentielles d'un monde en décomposition entre « les bêtes, les champs, et les cuites » et part se réchauffer au soleil de l'amour :

« Sont sortis partout de nous de l'énergie et des liquides, et sa mâchoire dictait la pulsation. Je suis tombé du bord du monde dans son odeur d'envoûtement, je suis allé et venu dans le noeud sous sa peau, j'ai pris le jus sur sa langue et avalé l'eau dans sa bouche, courbé le mouvement de sa nuque sur un rythme qui nous venait de ce qu'il y a derrière le désir.

Elle m'a traversé comme une cascade de lumière. »



L'occasion de découvrir la prose poétique de ce jeune auteur Simon Johannin, dans son premier roman, qui, s'il n'invente rien dans le genre du roman noir, le magnifie d’un style unique et poétique. Aussi hallucinée que lucide, son écriture prendra encore de l'ampleur avec Nino dans la nuit, co-écrit avec sa femme Capucine. Une plume acérée dans une encre vibrante à découvrir assurément.
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Des souris et des hommes
  23 mai 2020
Des souris et des hommes de John Steinbeck
Dans ce livre, on suit deux hommes Lennie et George dans leur rêve commun : posséder un jour une petite propriété et y élever des lapins. Pour cela, ils vont travailler dans des fermes pour économiser la somme d'argent qui leur permettra de le réaliser. Seulement Lennie, ne contrôle pas sa force et ses passions.

J'ai eu du mal à m'adapter au style de Steinbeck. Ce n'est pas forcément ce que j'aime de prime abord. Cependant, une fois la lecture terminée, je me suis rendue compte que j'ai beaucoup aimé cette histoire touchante de l'amitié entre ces deux hommes. Ce livre dénonce également le système qui a conduit à la Grande Dépression, à travers l'univers agricole, que connait bien l'auteur.
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Chicago Blues
  23 mai 2020
Chicago Blues de Killian Day
Nous sommes plongés dans l'intrigue de ce premier roman du point de vue alterné des deux protagonistes. Le style de l'auteur colle parfaitement à l'ambiance du livre : banlieues défavorisées, racisme primaire, médias à la recherche de sensationnel...

Les personnages sont bien caractérisés, sans compassion ni parti pris. L'auteur sait nous surprendre, tant dans le déroulement de l'intrigue que par l'analyse sociale et médiatique qui décrypte parfaitement l'Amérique d'aujourd'hui... et pas que...

Killian Day a créé un véritable concept autour de son roman. Il intègre à son histoire une bande son avec des titres triés sur le volet correspondant chacun à un moment clé du livre pour une immersion totale ! Une carte interactive permet de suivre les pérégrinations de Lester.

Un livre, et un concept à découvrir sans plus tarder !

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Le petit joueur d'échecs
  23 mai 2020
Le petit joueur d'échecs de Yôko Ogawa
Mon 4e ouvrage de Yôko Ogawa, et voilà encore un petit bijou de roman !



Au sortir de ma lecture, je n'ai pas tellement envie de revenir sur le synopsis.

Succinctement, il s'agit à la fois d'un roman d'apprentissage et d'un huis-clos, qui mêlent des thèmes prisés par l'auteure japonaise : la différence (handicap), la solitude, l'amitié, le dépassement de soi, le sacrifice, le deuil, la transmission...

Quid des échecs à proprement parler ?! Au-delà de l'histoire particulièrement émouvante, je crois que les amateurs apprécieront. Quant aux non-amateurs, ils se laisseront simplement porter par l'onirisme du récit. Sinon, patience, analyse, technicité, stratégie, respect de l'adversaire... Tous les ingrédients du jeu, mêlées à la passion et au suspense, sont brillamment retranscrits.



Je n'ai lu que deux autres romans évoquant les échecs : "Le joueur d'échecs" de Stefan Zweig et "Le fils de l'Ursari" de Xavier-Laurent Petit (en littérature jeunesse)... Mais le roman de Yôko Ogawa (329 pages) me semble être le plus poussé en ce qui concerne la technicité du jeu.

Quant à la psychologie des personnages, dont celle du très attachant héros, l'on reconnaît bien la patte de l'auteure : un style délectable, tout en acuité et sensibilité, une plume pleine de sagesse, d'onirisme et de poésie.

Un magnifique roman que je recommande !!
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Frida Kahlo. Un portrait photographique
  26 mai 2020
Frida Kahlo. Un portrait photographique de Elena Poniatowska
« Pendant toute sa vie, Frida Kahlo s'inventa et se recréa avec verve et intelligence. Son magnétisme et sa fougue fascinèrent beaucoup de gens, dont maints photographes qui essayèrent de décrire ce personnage hors du commun. Chacun tenta d'éclairer l'ambiguïté de Frida, de montrer sa passion, son charme, sa séduction. Certains furent ses amis ou ses amants; d'autres étaient de simples connaissances ou des photographes professionnels envoyés auprès d'elle par leurs revues ou leurs journaux. Mais devant tous, Frida, avec un sens inné de son apparence photographique, contrôlait son apparence et prenait la pose, inclinant la tête et se servant de son regard pour créer une présence qui ne laissait personne insensible ». Tout est dit.



Ce bel album qui contient soixante portraits de Kahlo, photographiée à toutes les périodes de son existence, s'ouvre sur un texte de l'auteure Elena Poniatowska, personnel , quasi charnel, et se clôt sur un court et pertinent essai de la conservatrice Carla Stellweg.

Lucienne Bloch, Lola Alvarez Bravo, Gisèle Freund, Edward Weston, sont les quelques noms parmi d'autres qui réalisèrent les photographies publiées dans l'ouvrage. Le parcourir, c'est voir les mille et un visages de Frida Kahlo, à travers le regard de l'Autre, et non plus à travers celui de la peintre qui déclinait son visage à l'infini dans ses autoportraits.

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Des souris et des hommes
  26 mai 2020
Des souris et des hommes de John Steinbeck
Roman court mais si intense.

Steinbeck nous décrit la Californie du début des années 30 dans cette Amérique qui lors de la Grande Dépression a vu des millions de ses habitants, familles entières, jetés sur les routes en quête d’un emploi, en quête d’un morceau de pain à manger.

George et Lennie sont de ceux-là, ils vont de ferme en ferme avec l’espoir qu’on leur donne du travail, un repas et un couchage.

Oui mais Lennie, si il est d’une force physique extraordinaire, est un peu « simplet » et c’est George qui s’occupe de lui.

En arrivant dans cette ferme George a un mauvais pressentiment, Lennie aussi d’ailleurs puisqu’il veut repartir.

Mais ils ont besoin des 50 dollars promis pour leur travail.

Et le drame va avoir lieu.

George ne pourra pas l’empêcher, mais il va tout faire pour protéger Lennie malgré tout.

Un roman magnifique, émouvant, dans lequel Steinbeck nous rappelle ce qu’était la vie des pauvres dans cette Amérique ruinée, mais qui est aussi un bel hymne à l’amitié.





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L'apothicaire
  24 mai 2020
L'apothicaire de Henri Loevenbruck
Jusqu'où la soif de connaissance peut mener un homme ? Qu'est-il prêt à sacrifier pour assouvir ce besoin de comprendre, d'expliquer les faits de manière rationnelle, scientifique ?



C'est au XIVème siècle sous le règne de Philippe le Bel que l'apothicaire Andreas Saint-Loup va nous embarquer dans ce périple haletant. Son obsession à rechercher une explication logique - c'est-à-dire autre que par la sorcellerie ou des bondieuseries - au mystère de la chambre oubliée et du tableau en partie effacé de sa maison va même conduire cet anticonformiste radicalement athée sur les sentiers occultes du gnosticisme.



Cette quête de la vérité va lui faire voir du pays (et nous avec !). Il faut dire qu'Andreas a aussi beaucoup de monde à ses trousses. J'ai beaucoup aimé les descriptions historiques des villes traversées telles que Orléans, Saintes, Bayonne, Pampelune, Burgos, Saint jacques de Compostelle, jusqu'au Mont Sinaï. Nous sommes plongés dans l'atmosphère du moyen âge et ses odeurs. Rivalités politiques et religieuses, ésotérisme, la place de la médecine sont aussi de la partie.



Les personnages sont attachants, quoi que peut être un peu atypiques pour l'époque. J'ai apprécié le cynisme d'Andréas, l'honnêteté et la loyauté de Robin, la témérité et la volonté de la jeune Aalis. Mais ils se sortent de situations périlleuses souvent de manière un peu trop providentielle à mon goût. Je sais bien que l'adage dit que le hasard fait bien les choses, mais là, c'est peut-être un peu trop. Les interpellations du lecteur par l'auteur m'ont également parfois agacée, pas quand elles venaient compléter l'histoire, mais surtout quand elles annonçaient un évènement à venir ou reformulaient le caractère ou le comportement d'un personnage, même si elles sont parfois introduites avec beaucoup d' humour.



Hormis ces petits bémols, les 800 pages de ce livre se lisent indéniablement très vite. Les chapitres très courts et les multiples rebondissements lui donnent un rythme effréné et endiablé. Ma co-lectrice Nadou38 et moi-même avions du mal à reprendre notre souffle ! L'auteur sème les pièces d'un puzzle, une pièce conduisant à une autre, sans qu'on puisse les relier entre elles, du moins pas avant la dernière partie (il y en a trois). le tout dans un contexte moyenâgeux captivant. A mon avis, c'est d'ailleurs un livre idéal pour approcher cette période en douceur. Dépaysement garanti. En plus, il est truffé d'expressions bigarrées tout à fait savoureuses. Et pour ne rien gâcher, c'est également un bel hommage au pouvoir des livres à faire vivre l'âme des personnages. C'est du moins mon interprétation de certains passages. Mais après tout, comme le disait Jacques Salomé « Un livre a toujours deux auteurs : celui qui l'écrit et celui qui le lit »

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Alabama Shooting
  23 mai 2020
Alabama Shooting de John N. Turner
Aux États-Unis, 41 États autorisent le port d'une arme cachée. Sur ces 41 États, 31 l'autorisent sans aucun permis. 9 millions d'américains possèdent une arme de poing et peuvent donc se balader en toute impunité avec. Des chiffres qui font froid dans le dos !



Le deuxième amendement de la Constitution des États-Unis dit, je cite :

"Le droit de chacun de posséder une arme ne doit pas être enfreint, pour ce qu'une milice bien organisée est nécessaire à la sécurité d'un État libre".



Si je devais résumer en une seule phrase le roman de John N. Turner, je citerais sans hésiter le deuxième amendement de la Constitution des États-Unis car à lui seul il résume parfaitement ce récit.

Des histoires comme celles-ci il en existe des centaines à défrayer la chronique. Triste constat d'une Amérique en dérive où le port d'arme est majoritairement autorisé aujourd'hui.



Sous le pseudonyme de John N. Turner se cache un auteur chambérien bien de chez nous, médecin, chercheur, passionné par la culture américaine, Alabama Shooting est son deuxième roman.



John N. Turner nous sert un thriller psychologique redoutable et très efficace. L'intrigue est bien ficelée, le récit haletant, et sans temps mort.

L'auteur se met dans la peau du personnage principal, Joan Travers, qui devient la narratrice d'un double récit par alternance (un chapitre sur deux) amenant ainsi une approche psychologique fine et extrêmement poussée puisque dès les premières pages nous prenons entièrement possession des pensées sombres et de l'esprit torturé de cette dernière après qu'elle a abattu à bout portant 3 de ses collègues de l'université de Huntsville en pleine réunion du Département.



Qui est Joan Travers ? Que s'est-il passé le 12 février 2010 dans la salle 369 B du bâtiment Franklin de l'université de Huntsville en Alabama ? Comment cette épouse modèle, mère de 4 enfants (dont le petit dernier n'a que 8 ans), issue d'un milieu favorisé, qui porte le prestigieux titre de Docteur en neurosciences, devient-elle du jour au lendemain une dangereuse criminelle qui dézingue froidement 6 de ses collègues (en tue 3) avec un Rutger 9 mm, celui de son mari Richard ?



Pour répondre à cela il nous faut remonter petit à petit le fil de l'histoire et les souvenirs de Joan Travers. Les souvenirs d'une adolescente solitaire et mal dans sa peau, que ses camarades de classe surnomment cruellement "Tomboy", étouffée par l'image d'un frère cadet qui prend trop de place, toute la place...

Une pulsion meurtrière qui va se développer lentement, insidieusement, comme une bête tapie dans l'ombre du jour où ses yeux de gamine se posent sur le Mossberg 500 calibre 12 dont son père a fait l'acquisition après qu'ils aient été cambriolés.

L'histoire d'une femme que tout accuse mais qui réfute son crime, dit ne pas s'en souvenir et pire, semble n'avoir aucun remord vis à vis des victimes et devient l'une des personnalités les plus haïes des États-Unis alors qu'elle risque la peine capitale.



J'ai indéniablement apprécié la lecture de ce roman que j'ai lu d'une traite jusqu'au dénouement final (et quel dénouement !). J'ai pris du plaisir à détester cette femme dont l'auteur nous dresse un portrait effroyable. Je n'ai ressenti aucune compassion pour elle, pas même un peu d'empathie pour la mère de famille (j'ai essayé pourtant). Peut-être aurais-je dû car finalement à qui la faute ?



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Simone Veil, la force d'une femme
  23 mai 2020
Simone Veil, la force d'une femme de Annick Cojean
BD.

Ils étaient quatre enfants, élevés dans une certaine éthique.

Son père était un homme bon, mais ce qui révoltait Simone, c'est qu'il refusait que sa femme travaille.

Simone Veil ( 1927-2017 ) a été déportée a Birkenau avec sa mère et sa sœur. Sauvée par une prisonnière qui lui a confié :

"Dis-leur que tu as 18 ans."

Simone a su par la suite que les enfants et les adolescents étaient directement envoyés au four crématoire.

Sa mère, avec laquelle Simone était fusionnelle, a été emportée par le typhus dans le camp nazi, un mois avant la libération.

.

Annick Cojean a interviewé plusieurs fois Simone Veil. Elle est même devenue amie avec elle. Peut-être fut-elle un peu la fille qu'elle n'a pas eu ?

Deux choses m'ont un peu gêné dans cette belle biographie : une chronologie malmenée, et un peu trop d'Annick.

.

Pour moi, Simone fait partie des Anges, ces êtres qui peuvent être terrestres, mais qui ont pour mission de sauver les humains :

- grâce aux améliorations qu'elle a fait dans les prisons ;

- grâce à la loi (1974 ) sur l'avortement, combattue à l'Assemblée par les machistes, mais qui a libéré la Femme, et surtout empêché la mort de 300 femmes par an, et la mutilation de centaines d'autres ;

- grâce à son manifeste ( 1995 ) pour la parité hommes / femmes chez les candidats députés, le pourcentage de députées qui était de 6% s'est élevé, et a ainsi permis que la parole féminine puisse mieux s'exprimer.

.

Même si toutes les femmes ne sont pas des Anges ( et certaines en sont loin, comme pour nous ), comme Madame Veil, je suis épaté par la phrase de Desmond Tutu qui souhaite que les femmes prennent les choses en main :

"Les hommes, dégagez du chemin !"
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La Vallée
  24 mai 2020
La Vallée de Bernard Minier
Oui. Mais non. Lorsque Bernard Minier a fait son apparition dans le paysage littéraire, j'ai apprécié sa trajectoire personnelle, son ton, son style, sa singularité, son flic sympathique, son amour des Pyrénées, surtout cet amour de la montagne que je partage avec lui. J'ai lu avec plaisir les premier, second, troisième tomes des aventures de Martin Servaz ; j'ai adoré le quatrième, celui qui se déroule outre-atlantique – le plus original selon mes critères -, puis j'ai calé complet sur le cinquième que j'ai considéré comme la resucée de trop d'une même histoire éternellement touillée et diluée. Et puis là, je ne sais pas si c'est un effet du confinement, j'ai eu envie de prendre un bol d'air dans les Pyrénées avec La vallée et de découvrir comment Martin Servaz a évolué depuis ma rupture. Bon... Il est toujours gentil le Martin, il est désormais famille monoparentale, et suspendu de ses fonctions en attendant un conseil de discipline, il n'a toujours pas oublié Marianne disparue depuis des années. Ah ben tiens, justement Marianne, c'est bien elle au téléphone qui l'appelle au secours ? Et hop, en deux temps et trois mouvements, Martin enfile ses pataugas, fonce sur ses traces et se retrouve retenu dans un village isolé par un éboulement.





Oui. Mais non. Grosse déception ! On prend les mêmes, on recommence et on fait du neuf avec du vieux, en laissant soigneusement les portes entrebaillées pour un énième recyclage des personnages dans un opus ultérieur. On rappelle toutes les 10 pages une anecdote d'un roman précédent, dont le titre et l'éditeur sont scrupuleusement notés en bas de page, il ne manque que le prix. On utilise ici ou là quelques mots compliqués pour faire genre documenté : paraphilie, pygmalionisme, hiérophilie ou dermatoglyphe, dont on peut trouver les définitions sur wikipedia. On dit tétranitrate de pentaérythritol au lieu d'explosif ou sclérose latérale amyotrophique au lieu de Maladie de Charcot. Mais ce vernis très superficiel ne masque pas les truismes tels que «une route inondée de soleil » ou « des cimes tutoyant l'azur » on encore l'excellent «une voix aussi coupante qu'un couteau entrant dans du beurre» qui marquent la faiblesse du style. Mais ce qui m'agace le plus, ce sont les phrases en italiques, cette manière de prendre le lecteur pour un crétin en soulignant en rouge ce qui est important comme par exemple : « Cette femme lui faisait penser à un reptile ou à un squale : un animal à sang froid », ou « le gnou a beau fuir devant le danger, espérer une vie paisible à brouter son herbe, un jour ou l'autre le léopard le rattrape »... Pour ne pas accabler un auteur en qui j'ai placé beaucoup d'espoir et à qui j'ai accordé, à tort, ma confiance, je n'insiste pas sur les lieux communs habituels sur le bien et le mal, ou sur Dieu contre Satan, ou encore sur ses réflexions simplistes et démagogiques sur l'évolution de notre société.





Pourtant, tout était en place pour que ma première randonnée post-confinement soit vivifiante : il y avait la montagne, il y avait un monastère, il y avait un village coupé du monde, il y avait des meurtres. Tous ces éléments auraient pu donner un excellent roman, moi aussi j'avais chaussé mes pataugas et retiré mon masque.

Oui. Mais non !

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Changer l'eau des fleurs
  26 mai 2020
Changer l'eau des fleurs de Valérie Perrin
Comme je ne lis que très peu de contemporains, je ne savais pas du tout à quoi m’attendre avec Changer l’eau des fleurs de Valérie Perrin. Ce roman, sorti il y a un peu plus de deux ans chez Albin Michel, a fait beaucoup de bruit tout au long de l’année 2018. Partout sur la blogosphère ou dans la presse littéraire, ce titre semblait en avoir marqué plus d’un. Oui, il s’agit d’une énième chronique venant louer la beauté de cette histoire - oui, Changer l’eau des fleurs est un véritable coup de cœur. Et oui, vous allez pleurer. Rire aussi, mais surtout pleurer.



Violette Toussaint, comme le résumé l’explique mieux que moi, est une femme haute en couleurs. Derrière ses manteaux sombres se cachent des robes fleuries et cette garde-cimetière connaît la vie de tous les résidents de son jardin. Sa vie avance tranquillement, entre les enterrements et les repas avec ses amis des pompes funèbres et le Père Cédric, mais une question reste en suspend : comment Violette en est-elle arrivée là ? À travers sa rencontre avec Julien, un policier marseillais venu enterrer sa mère, les fantômes de Violette vont refaire surface.



Changer l’eau des fleurs, c’est un roman qui prend son temps. Tout au long de l’histoire, Valérie Perrin déroule la vie de Violette en la croisant parfois avec celle d’Irène, un autre personnage important appartenant au passé. Car dans ce livre, on mélange les intrigues et les chronologies, mais le tout est exécuté avec brio : jamais je ne me suis sentie dépassée par le changement d’époque ou de personnage là où, d’habitude, je suis difficilement convaincue par cette façon d’aborder une histoire. Au contraire, Valérie Perrin a réussi à rendre toutes ses intrigues intéressantes mais surtout nécessaires les unes pour les autres. Mais ce qui m’a le plus marqué, ce sont les personnages. Quelque soit leur importance ou leur présence dans l’histoire, ils sont tous dotés d’une complexité et d’une profondeur les rendant complètement uniques. Philippe est pour moi le plus réussi. À mi-chemin dans le roman, je n’aurais jamais cru pouvoir ressentir de l’empathie pour lui, et pourtant, c’est un personnage complet, construit du début à la fin, marqué par le même drame que Violette... Peut-être pas excusable, mais explicable.



Ce roman est une ode à la vie ayant comme sujet principal... la mort. La mort dans toutes les significations qu’elle peut avoir : la mort du corps, de l’âme, de l’amour, du bonheur. C’est une ode à la vie justement parce que, même dans les moments les plus douloureux de l’histoire, Valérie Perrin attrape son lecteur pour le sortir de l’eau. Pour lui offrir d’autres possibilités de renaissance, pour lui permettre de rire alors que ses joues sont encore trempées de larmes. Malgré cette description mélodramatique et, somme toute, assez clichée, Changer l’eau des fleurs ne ressemble à aucun autre roman du genre. C’est en cela, je crois, qu’il a autant marqué les lecteurs : personne ne peut s’attendre à une telle histoire, même après avoir lu de nombreuses chroniques. Personne ne peut rester indifférent face à la douleur de Violette, surtout quand celle-ci est aussi magnifiquement présentée. Car Valérie Perrin est une autrice avec de la voix : si ses personnages sont aussi humains, c’est notamment grâce à une prose naturelle, parfois cruelle (certaines phrases m’ont arraché des larmes pour leur seule beauté...), mais tellement poétique. Je pourrais parler de sa plume pendant des heures, mais cette dernière parle pour elle-même : voici mon argument ultime pour vous faire lire Changer l’eau des fleurs. Vous vous devez, au moins, de le lire pour son écriture si belle et si touchante.



Ce roman fut une formidable découverte. À cause de tout ce que j’ai pu lire à son sujet, j’ai eu peur d’être déçue, mais il n’en fut rien. Même avec de très hautes attentes, Valérie Perrin a réussi à me surprendre et à me briser le cœur - puis à me le recoller en un seul morceau, petit bout par petit bout. Je vous encourage, tous, à la laisser vous réparer le cœur à votre tour. Je vous promets que ça en vaut la peine.
Lien : https://minuteplume.weebly.c..
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Les Indes fourbes
  26 mai 2020
Les Indes fourbes de Alain Ayroles
ATTENTION CHEF-D'ŒUVRE !!!



Don Pablos de Ségovie est une homme fourbe, malin comme un singe et rusé comme un renard. La seule et unique chose qui l’intéresse c'est l'or, et surtout comment s'en procurer ! C'est pourtant mal parti pour lui, enfant de gueux, son avenir n'est pas tracé de lignes d'or...

Donc notre Pablos rêve de devenir riche et pour ça il lui faudra user de beaucoup de friponnerie et de malice !! Est-ce qu'il va réussir à trouver l'Eldorado et revenir richissime ?

Dans cette BD, nous partons à l'aventure avec lui, c'est lui qui nous conte son périple et c'est exactement comme s'il était réellement en face de nous et que nous l'écoutions !!

Cette histoire est incroyable, son protagoniste est plus que culotté et c'est aussi grâce à ça qu'on passe un si bon moment de lecture.

Les planches sont toutes sublimes et les dessins sont superbement réalisés.

J'ai adoré cette BD dont tout le monde fait l'éloge et maintenant, je comprends pourquoi ;)
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La goûteuse d'Hitler
  24 mai 2020
La goûteuse d'Hitler de Rosella Postorino
J'ai adoré ce livre, je l'ai lu presque d'une traite. Les rebondissements font qu'on ne s'ennuie pas une seconde et la palette des émotions ressenties est large. J'ai été happée par l'histoire en tournant les pages de plus en plus vite jusqu'à la fin. A conseiller sans hésitation.
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L'enfant aux cailloux
  24 mai 2020
L'enfant aux cailloux de Sophie Loubière
Perplexe j’ai commencé ce livre, perplexe je le termine.



Elsa Préau septuagénaire vit seule dans sa maison. Son fils Martin, médecin, lui rend visite à l’occasion tant bien que mal. Les relations entre la mère et le fils sont tendues sans trop savoir pourquoi. On se rappelle du début de l’histoire où Elsa petite entendait des voix. On sait qu’elle a épousé son cousin d’enfance qui un beau jour a disparu pour ne jamais revenir.

Ancienne directrice d’école, Elsa de sa fenêtre surveille ce qui se passe dehors pour un jour, reconnaître un enfant pas tout à fait comme les autres. Elle note dans son carnet ses observations et finit par penser que l’enfant aux cailloux ainsi nommé est victime de maltraitance.



Entre ses observations, il y a ses missives qu’elle envoie à des personnalités politiques importantes pour partager son désarroi sur les imperfections de la société. Puis il y a les bruits dans le grenier, l’odeur pestilentielle en haut.



Toute une atmosphère étrange qui nous font douter de la santé mentale d’Elsa. L’auteure sème parfaitement bien le doute, à tel point qu’on s’imagine milieu du roman comprendre l’histoire. À un tel point que lorsqu’arrive la fin, j’ai ressenti une terrible frustration. J’ai eu l’impression pendant les trois quart du livre de me promener dans les eaux troubles de la folie, de l’indifférence et du désamour le plus total. Des thèmes sont amenés ici: la solitude des personnes âgées, les conflits familiaux, le pardon pour une fin tellement tout autre et si peu travaillée que naît une confusion totale chez moi.



Beaucoup de longueurs également pour amener un résultat qui selon moi est déséquilibré par rapport à la globalité du roman. Pas vraiment un thriller ni un polar, un roman dramatique oppressant, un long monologue qui ne m’aura convaincue qu’à moitié. L’écriture m’a semblé froide et dénuée de sensibilité, tout est trouble ici, l’empathie peine à naître. Même constat avec Cinq cartes brûlées. Il y a ainsi des écritures qui ne vous parlent pas plus que cela.
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Petit éloge des faits divers
  23 mai 2020
Petit éloge des faits divers de Didier Daeninckx
Didier Daeninckx a été journaliste localier aux confins de la Seine-Saint-Denis, c'est dire qu'il connaît bien ce que certains nomment avec mépris la rubrique des chiens écrasés, autrement dit les faits divers. Pourtant comme l'auteur le rappelle dans sa préface, « Le fait divers est le premier monument érigé à la mémoire des victimes, même si ce n'est qu'un pauvre monument de papier noirci». Je ne résiste pas à la tentation d'ajouter cette citation de Roland Barthes extraite de Structure du fait divers. Essais critiques : « Le fait divers est un fait social à part entière, et par conséquent historique, qui porte un éclairage sur les dérèglements du monde, sa monstruosité, ses laideurs, ses failles. Il peut être considéré comme un témoignage capital de la civilisation ». Dont acte !





Ce recueil petit mais costaud, composé de 5 nouvelles, « Prise de tête », « Loto stoppeur », « Je touche du bois », « Douche franche », «Profession de foi », fait l'éloge, hélas funèbre, du fait divers. Si toutes sont excellentes, reflètent le talent de Didier Daeninckx ainsi que la clarté synthétique de sa pensée, mettent en valeur son style sans bavures ni fioritures ainsi que son érudition historienne, ma préférée est la première.





C'est lors d'un voyage aux Nouvelles-Hébrides pour étudier les traces laissées dans la mémoire collective des insulaires par l'exposition coloniale de 1931 au cours de laquelle furent exhibés à Paris des Kanak de Nouvelle-Calédonie présentés comme des hommes anthropophages, que Didier Daeninckx exhume des archives d'un ancien journal local, un entrefilet de mai 1931 relatant une série d'exécutions de Vietnamiens, dont les têtes furent tranchées par une guillotine tout spécialement acheminée depuis Nouméa. Voilà la genèse de la première nouvelle du recueil, « Prise de tête », tranchante comme un couperet, qui sort de son pudique silence institutionnel l'une des nombreuses exactions répugnantes de la colonisation. Les mélanésiens ayant beaucoup résisté pour préserver leur mode de vie, leurs coutumes, les colons jamais à court d'idées, ont déporté aux Nouvelles-Hébrides, des vietnamiens plus souples et exploitables. Mais même dociles, les « jaunes » se rebellent lorsqu'ils tombent comme des mouches en transformant les piments verts en poudre, victimes des particules urticantes qui s'attaquent à leur épiderme et détruisent leurs pupilles. En réponse à leurs revendications, les meneurs sont arrêtés... Un incendie dans un entrepôt de cacao met le feu aux poudres, un contremaître à la cravache punitive est tué, on ne sait par qui... Bilan : 6 coolies guillotinés pour l'exemple.





Comme le dit Didier Daeninckx dans sa préface : « Je sais que les sentences de mort se prononcent au nom du peuple français, et j'ai non pas envie, mais besoin de savoir ce que l'on a fait en mon nom ».

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