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Critiques les plus appréciées

Les Piliers de la terre
  16 octobre 2017
Les Piliers de la terre de Ken Follett
Une cathédrale.



La vie et les œuvres de Philip le prieur, Tom le bâtisseur, Jack le fils prodige, Aliena la princesse déchue, William le méchant parvenu et quelques autres dans ce monde si difficile du douzième siècle en Europe. En fil rouge la construction de la cathédrale de Kingbridge.



Plus d’un millier de pages il faut certes de la motivation pour attaquer le pavé. Le roman a beau avoir une belle réputation, on ne peut qu’être inquiet des éventuelles longueurs. Au final aucune longueur. L’auteur enchaîne les situations à risque, les rebondissements, les scènes érotiques et autres complots et catastrophes naturelles avec la régularité digne d’un métronome.

Nos personnages à peine sortis d’une situation inextricable, vainqueurs comme il se doit, retombent dans les ennuis et les persécutions en tout genre. C’est bien ce que je reprocherais au livre. Cette incessante suite, apparemment sans fin, de problèmes et solutions tout au long de notre lecture.

Il faut avouer que cela tient le lecteur en haleine, qui ne reste jamais longtemps bercé d’une douce lecture. Il plonge dans la gadoue avec nos héros à chaque chapitre, mais cela finit par être un peu agaçant. Les personnages étant assez (très) manichéens, on devine presque à chaque problème qui va faire quoi et comment la crise va être résolue (disons au moins qu’on n’est pas surpris).



J’avais déjà dit qu’on retrouvait souvent dans les romans historiques sur le moyen âge ce qu’on cherchait souvent dans les livres de fantasy. C’est aussi le cas ici. Un poil de magie et on pourrait se trouver transposé dans un Hoobs ou autre.



Une autre petite déception, je ne sais pourquoi, je m’attendais à beaucoup plus de technique sur la construction au moyen âge. j’en ai été pour mes frais. Si la cathédrale est bien le fil rouge et le point central du récit autour de laquelle tournent toutes nos vies, j’aurais aimé plus de détails, de chiffres, un précis d’architecture ? Pas dans ce livre.



Au final, une lecture très fluide, page turner, un roman d’aventures historiques presque trop facile à lire.
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Je reviens d'un long voyage
  13 octobre 2017
Je reviens d'un long voyage de Stéphane Cognon
Pour écrire mon billet, je vais vous conter une anecdote en préambule.



Le petit livre que je tiens entre mes mains est d'une facture délicate et poétique, avec en couverture une carte de géographie qui invite au voyage, et une boussole, pour ne pas perdre le nord. Bienvenue au pays de la Schizophrénie.



Seulement voilà, ce petit livre revient de loin. Il a fait un long et mystérieux voyage pour arriver jusqu'à moi, depuis fin août que je l'avais commandé, une véritable histoire de fou ! Un numéro de commande jamais parvenu à l'éditeur, suite à un bug informatique chez ma libraire. Une commande recommencée, un comptable qui a bien fait le nécessaire, on suit l'affaire de près. Toujours rien. Un problème chez l'éditeur, cette fois ? Pour la nième fois, je questionne :

« — Anne, ma soeur Anne, ne vois-tu rien venir ? »

Rien.



J'en ai déduit qu'ils coupaient encore l'arbre d'une essence rare pour fabriquer le papier, puis que l'éditeur l'écrivait à la main, pour un exemplaire spécial. Mi-septembre, j'ai compris qu'ils me l'acheminaient enfin… à pied, et je pense que j'aurais fini par commettre un crime, saccageant tout chez l'éditeur comme chez le libraire si je n'avais enfin reçu le fameux exemplaire le… 11 octobre ! Cela donnera peut-être l'idée à l'auteur d'écrire un thriller, qui sait ? Si une petite voix lui souffle de venir sur babelio lire ceci ; il a beaucoup d'imagination grâce à sa pathologie (c'est lui qui le dit) !



Un livre qui se mérite, donc.

Mais tout le mérite est pour Stéphane Cognon, car son opus est une pépite.

Un cachet effervescent, qui vous guérit direct de vos a priori. Pas d'effet placébo, tout est beau. Le style est fluide, poétique, humoristique. Le témoignage est pudique, sensible, émouvant et drôle à la fois. C'est dans le tram que j'ai terminé cette lecture, n'ayant pu lâcher ce livre malgré mon programme chargé. Non seulement j'ai éclaté de rire en plein wagon, à plusieurs reprises, tant la fin m'a amusée, une histoire de monsieur météo… lisez, vous saurez… mais j'ai versé ma petite larme, surprise par l'émotion que m'a provoquée sa conclusion.



Son livre est comme une exposition, vous visionnez des tableaux, ou vous êtes au cinéma, et les scènes sont très nettes. L'annonce du diagnostic. L'hospitalisation en psychiatrie pour de longs mois, traumatisme de toute une famille. Les pleurs. le vécu. le détachement. La sexualité pour ces jeunes internés dont les hormones bouillonnent à vingt ans. Le désir d'en sortir. La rechute quand on néglige de prendre son traitement. Les leçons à tirer. L'errance. Les questions du lien au cannabis, quand aujourd'hui encore les spécialistes étudient sa part de responsabilité dans l'apparition des troubles. On sait que tout n'est pas perdu, car la plasticité du cerveau est grande à l'adolescence, et tout peut basculer dans un sens comme dans l'autre, mais alors ?





D'où ça vient ? Il ne saura pas. Mais il s'en sortira. Et comme un diabétique prend son insuline à vie, il avalera ses pilules sans se poser plus de questions, car il sait maintenant qu'elles feront à jamais partie de son petit déjeuner, ou repas du soir, garantes de son équilibre. Soigner le corps et l'esprit, voilà le secret du bien-être. Il a construit sa famille, marié et père de 3 enfants, il est aussi artiste, musicien, poète, photographe…



Les fous ne sont pas toujours ceux que l'on croit quand les fous de Dieu tuent à tour de bras. Une petite voix intérieure me souffle que l'auteur est drôlement plus sympa que beaucoup de gens dits « normaux ».



Le monde sans fous ou le monde s'en fout ?



Alors, doucement, les mots sont arrivés dans ma tête.

Avant, j'aurais dit : si t'es schizo, freine !

Maintenant, je dis, si t'es schizo, fonce. Mais n'oublie pas de prendre ton traitement ! Et puis, les schizos, vous êtes tous différents. J'en connais qui sont encore derrière les murs, prisonniers de leur maladie.



Allez-y, Stéphane, vous ne faites de mal à personne avec vos mots ni vos maux. Alors un grand bravo.



J'ai relevé la préface de Béatrice Borrel, présidente de l'UNAFAM, si vous voulez allez plus loin dans le voyage, suivez ce lien :


Lien : http://www.unafam.org/Les-fe..
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Dans la forêt
  15 octobre 2017
Dans la forêt de Hegland Jean
Sur les causes du désastre, Jean Hegland fournit peu d'informations même si elle évoque brièvement des décennies d'avertissements et de prédictions négligés, des guerres livrées au nom de la liberté de certains Etats, des crises économiques avec déficits records, la raréfaction du pétrole, le trou dans la couche d'ozone, des catastrophes écologiques comme des inondations destructrices du Mississippi ou des incendies de forêts incontrôlables, un chômage de masse et une misère galopante, des services sociaux et des administrations asphyxiés. Toute ressemblance avec un monde existant n'est donc pas purement fortuite. Quoi qu'il en soit, lorsque le roman démarre, le monde tel qu'il était n'existe plus, la société de consommation a disparu faute d'électricité et d'essence, la civilisation est en voie d'extinction.



Nell et Eva sont recluses dans la propriété qu'avait achetée leur père près de Redwood, entourée de 32 hectares de forêt secondaire à l'isolement garanti au nord de l'Etat de Californie. La première projetait d'entrer à Harvard, la seconde de devenir danseuse. Les nouvelles du monde extérieur leur parviennent assourdies et floutées, sous forme de rumeurs colportées par quelques rares passants. Il y aurait des émeutes, des épidémies, des pillages qui déciment la population. On croit qu'à l'Est la situation est meilleure, provoquant une Ruée vers l'Est de téméraires survivants. Mais les filles restent à Redwood.



Les soeurs organisent lentement et avec d'innombrables difficultés leur survie, passent au crible chaque objet de la maison dont elles pourraient tirer un quelconque profit, remerciant au passage leur père qui « ne jetait jamais rien ». Elles développent une imagination jusque là insoupçonnée pour prolonger les maigres stocks de nourriture ou des produits indispensables à l'hygiène, faire pousser quelques graines, se chauffer, se soigner, se défendre contre les animaux sauvages ou les prédateurs humains, et s'aimer au-delà de leurs différences et dissensions. Peu à peu et au gré de leurs expériences douloureuses, la forêt initialement hostile devient leur seule espérance, leur garde-manger et leur pharmacie. Avec comme unique support l'Encyclopédie qu'elle apprend par coeur et les livres de ses parents, Nell arrache un à un leurs secrets, ceux que connaissaient les indiens, aux plantes, fruits, arbres, animaux, qu'elle identifie pour explorer puis exploiter leurs bienfaits ou toxicité.



Récit initiatique, post-apocalyptique ? Personnellement, j'ai ressenti Dans la forêt comme une fable écologique dont le message clair, puissant, universel mais aussi sensible et humain, suggère au lecteur une remise en question désormais urgente et vitale : si notre monde s'écroule, faut-il perdre du temps à vouloir le rapetasser, à le maintenir sous respirateur artificiel au lieu de chercher à en construire un autre, plus respectueux, plus propre, moins vulnérable et arrogant, dans lequel force ne signifierait pas violence. Ecrit en 1996 et traduit en français en 2017, Dans la forêt frappe par sa puissance visionnaire. Les crues dévastatrices du Mississippi ont bien eu lieu, et à l'heure où je vous délivre ce modeste avis, la forêt de Redwood a peut-être disparu, puisque chaque jour, la Californie s'envole un peu plus en fumée. Alors oui, plus qu'hier et moins que demain, un autre monde est nécessaire et possible !
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Le parfum
  18 octobre 2017
Le parfum de Patrick Süskind
Je me suis interrogée sur l'intérêt de mettre en ligne une énième critique. Aujourd'hui je l'écris. J'ai lu ce matin une très belle critique de scoubs ce qui a ravivé certains souvenirs.

J'ai lu ce livre à sa sortie il y a une trentaine d'années. Je ne l'ai pas touché depuis. Deux raisons à cela.

Ce livre est le dernier cadeau que m'a fait ma chère maman, décédée peu de temps après. J'ai commencé cette lecture, embourbée dans le chagrin, le doute, la maladie. Patrick Süskind m'a offert une magnifique parenthèse faite d'évasion, et de sérénité. Dans une bulle on est si bien quand les murs se fissurent autour de soi. Jean-Baptiste Grenouille est bien doté d'un pouvoir magique. J'ai pu le vérifier.

La seconde raison pour laquelle je ne le relirai jamais. Simplement parce que je veux garder ce souvenir intact. La surprise ne sera plus jamais aussi vive. J'étais certainement en demande et ce texte a eu sur moi un effet lénifiant. L'auteur m'a raconté une histoire enveloppante parce que j'avais terriblement froid.



Je fais un commentaire au fil de la plume me basant uniquement sur l'image qui me reste de cette histoire riche dense et originale. Trente ans après les faits, je me présente à la barre.



Jean Baptiste Grenouille nait et vit ses premières heures entouré des déchets de poisson immondes et odorants. J'ai senti la force de ce personnage qui loin de perdre son équilibre veut survivre, se différencier et tirer parti de cette situation tellement inconfortable. Il veut vivre contre vents et marées. Il se renforce à travers cette épreuve et renforce probablement son odorat. Il est prêt à combattre.



Le lecteur est invité à l'accompagner au fil de ses aventures et de ses voyages. Sa situation matérielle est loin d'être brillante. Elle est même précaire. Ce n'est pas un problème. Il ferme les yeux et l'image de ce qui lui manque le plus apparaît. Des fauteuils en velours aux assises confortables le comblent lorsqu'il est assis sur une pierre. Juste en fermant les yeux. le rêve, l'imagination viennent soutenir la réalité pour qu'elle soit non seulement acceptable, mais très jolie. Si tout n'était qu'illusion ? le mental a t-il un ascendant sur nos faiblesses ?



Grenouille, tel un compagnon, exerce son talent dans différents lieux. Je me souviens qu'il fait le bonheur d'un parfumeur en fabricant l'élixir le plus merveilleux, le plus remarquable qui ait existé. le parfumeur s'enrichit considérablement tandis que notre pauvre Grenouille reçoit un salaire misérable. Grenouille est-il vraiment exploité? est-il pauvre ? le bonheur de créer, de sentir, d'exister n'est-il pas satisfaisant à ses yeux ? Une passion épanouie ne vaut-elle pas une charrette de dollars ?



Grenouille assassin ? Et pourtant Il m'a été très sympathique jusqu'à la fin ce drôle de personnage. Il tuait des femmes qu'il avait aimées après en avoir tiré la substantive moelle. Les brunes, les rousses, les blondes, personne ne lui résistait. J'ai vécu ces meurtres comme un symbole fort : Il garde de chacune de ses rencontres, de chaque personne qu'il a aimé le point essentiel. Nous pouvons nous aussi garder ce qui s'adapte le mieux à ce que l'on aime à la manière d'un puzzle. La bonne couleur, le bon endroit, la bonne tournure. Faire de ce point fort un axe central, un pivot, un cadeau, un diamant. Ce diamant ne se monnaye pas. Il se respecte. Il se contemple. Il se conserve. Garder jalousement ce point fort à l'esprit tout comme Grenouille enferme l'essence de ses conquêtes dans une fiole. Garder ce trésor pour aimer plus, pour aimer mieux, pour aimer durablement. Fermer les yeux sur le reste non pas pour rêver cette fois, mais pour garder le meilleur. Grenouille ne s'occupe plus de l'enveloppe charnelle, de l'apparence. Il jette tout cela.Il tue ce qui n'est pas si important. Il garde l'essence, l'âme, la personnalité.



L'auteur m'a embaumé de ces flagrances inouïes et j'ai refermé ce livre rassasiée de belles images en me promettant d'essayer d'être un peu plus forte, un peu plus passionnée, plus à l'écoute et de garder précieusement mes plus beaux souvenirs comme des bijoux précieux.

Je viens d'ouvrir une petite fiole et l'odeur qu'elle dégage n'a rien perdu de sa force et de son enchantement. Elle est intacte.

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Le crabe tambour
  14 octobre 2017
Le crabe tambour de Pierre Schoendoerffer
Un grand roman. Un livre poignant. On y parle de ces choses essentielles qu’on a toujours tendance à mettre de côté tant elles sont embarrassantes. On y parle de la solitude et des ténèbres qu’on découvre au bout du chemin ; on y parle de la fin des aventures et des illusions ; on y parle de cet ultime voyage dans la « forêt perdue » des Hommes, peuplée de singes hurleurs, de voix oubliées que l’on retrouve miraculeusement, de visages aux contours flous et pourtant si familiers, de moments héroïques et de grands renoncements. On y parle aussi de ces moments qui éblouissent les nuits et réchauffent les cœurs quand survient l’amitié, la fraternité des armes entre de vieux soldats fourbus, quand il faut faire preuve de courage et d’abnégation dans un chalutier, dérisoire coquille de noix balayée par le blizzard et la tempête furieuse.

Un verre d’alcool à la main, arrivé au bout du monde, on se souvient de ces soldats perdus, vaincus d’avance, qui défendirent avec fatalisme des empires en train de s’effilocher et des valeurs moribondes. Ceux qui formèrent le dernier carré, la dernière légion, ces insensés qui toujours chargèrent au son grêle du clairon ; ceux du « Tout est perdu, fors l’honneur ! », qui subjuguent le commun des mortels et restent ancrés dans leur mémoire. Willsdorff, ce prince dérisoire, dit le crabe-tambour, était l’un d’eux.

J’ai fini ce livre juste au moment où Jean Rochefort s’en est allé. Dans le film, c’était lui le vieux commandant de l’Éole, grignoté par son cancer et tout bouffi d’orgueil, avec son visage de pierre et sa voix grave et lézardée.

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Ralentir
  20 octobre 2017
Ralentir de Alexis Horellou
David, commercial dans une grosse boîte, vient d'être promu. Une promotion méritée aux dires de son patron qui a confiance en lui. Mais, ce père de famille est à la fois ravi et ennuyé au vu de la charge de travail qui l'attend. Ce vendredi soir, il prend la route pour rentrer chez lui à Douarnenez malgré la pluie battante qui a déjà provoqué des inondations, bloquant certaines routes. Ne se sentant pas bien, il s'arrête un instant sur le bas-côté quand une autostoppeuse, un brin marginale, croyant qu'il s'arrêtait pour elle, monte dans sa voiture. Ne pouvant la laisser sous la pluie, il se propose alors de l'avancer un peu. Au fil des kilomètres, les langues se délient et chacun d'eux remarque combien leurs vies sont diamétralement opposées. Une conversation et des événements qui vont peu à peu interpeller David sur sa façon de vivre...





Ralentir pour prendre le temps de vivre... Ralentir pour profiter des siens... Ralentir pour prendre conscience de l'éphémérité de la vie... Dans une société où il faut réussir, aussi bien professionnellement que sociétalement, où il faut aller toujours plus vite, Delphine le Lay, elle, nous propose de ralentir, de regarder autour de soi et de profiter de ce qui nous entoure. À travers les portraits de David, commercial ultra-connecté qui fait passer son travail avant sa famille, et Emma, une jeune femme qui vit un peu comme bon lui semble, l'auteure compare deux modes de vie et met en avant le "vivre autrement". Sans donner aucune leçon de moral, elle constate combien la société va vite aujourd'hui et combien les gens ne prennent plus le temps. Delphine le Lay nous offre un album qui donne à réfléchir sur la notion de bonheur et du sens que l'on veut donner à sa vie. Graphiquement, Alexis Horellou joue essentiellement sur les couleurs, passant d'une ambiance grise à une ambiance plus chaude avec des tons ocres. Le trait reste simple mais efficace.
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La Grande Arche
  13 octobre 2017
La Grande Arche de Cosse Laurence
Absolument passionnant, ce livre sur la Grande Arche de la Défense nous raconte une tragédie, celle de son architecte danois qui a démissionné et est mort avant de voir la fin de la construction de son projet. Un rêve devenu cauchemar.



Quand en 1983, Johan Otto von Spreckelsen gagne le concours international anonyme pour le projet Tête Défense devant marquer l'axe historique de Paris, son projet, un cube évidé qui forme une arche, emporte l'enthousiasme de beaucoup et surtout celui du président Mitterrand. Mais l'architecte professeur n'a que cinq réalisations à son actif : sa maison et quatre petites églises, et pas de cabinet d'études.



Ce qui fait que le temps passant, les difficultés à s'accorder sur la réalisation entre le maître d'ouvrage et le maître d'oeuvre ne font que s'accroître — Spreckelsen est un perfectionniste, il accepte difficilement les modifications indispensables à la viabilité de son projet. A cela il faut ajouter les différences de culture, et surtout le changement de majorité : en 1986 le nouveau gouvernement Chirac souhaite privatiser l'édifice. Beaucoup trop de divergences et d'aléas qui conduisent Spreckelsen à la démission. Il renonce à signer le bâtiment :  « Il n'avait en tête que sa superbe épure et la certitude qu'on allait l'abîmer », et meurt un an plus tard, deux ans avant l'inauguration de L'Arche.



Pour rapporter cette histoire édifiante à de nombreux points de vue : notamment les agissements de la classe politique, de droite comme de gauche, et ceux de ses amis, l'auteure, sans jamais se départir de son sens de l'humour, a fait un remarquable travail d'enquête. Elle a rencontré les nombreux protagonistes de ce presque fiasco qu'a été la construction de la Grande Arche de la Défense. Vaste gâchis, sauf si l'on considère ce monument comme un très bel ouvrage, le chef-d'oeuvre architectural d'un grand et beau danois.
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Demande à la poussière
  10 octobre 2017
Demande à la poussière de John Fante
Il rêvait d'une ville étrangère

Une ville de filles et de jeux

Il voulait vivre d'autres manières

Dans un autre milieu



Il rêvait sur son chemin de pierres

"Je partirai demain, si je veux

J'ai la force qu'il faut pour le faire

Et j'irai trouver mieux"



Il voulait trouver mieux

que son lopin de terre

Que son vieil arbre tordu au milieu

trouver mieux que la douce lumière du soir,

près du feu qui réchauffait son père

Et la troupe entière de ses aïeux

Le soleil sur les murs de poussière

il voulait trouver mieux...



Francis Cabrel, les murs de poussière (1977)



Le vent du Mojave ramène le sable,

Ses pas encore soulèvent la poussière

ça ne nous le rendra pas plus affable,

Il doit tout changer de son atmosphère.

Vera Rivken, grand coup de tonnerre

Tu ne commettras point l'adultère

Camilla Lopez, ébloui par ta lumière

mais par son héroïne, Bandini frolera l'enfer

Border-line, ne connaît pas ses frontières

s'il pleure "dans l'oeil, j'ai une poussière"

Elle a beau souffler des heures et des heures

sur son oeil

elle n'a pas pu enlever la poussière sur son cœur

mille fois ressentie au fond de la gorge, c'est l'angoisse

la misère, la galère, la poussière c'est la poisse.

Petit à petit, Arturo se Grandit

Qui lira Vera ...c'est garanti.

Roman, autobiographie

Même Bukowski le chérit.



fin de la chanson de Cabrel:



....Il n'a pas trouvé mieux, il s'est retourné...

le soleil lui a brulé les yeux !

John Fante (1909-1983), le précurseur de la Beat Génération, finit ses jours aveugle suite diabète et complications....

















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La femme brouillon
  15 octobre 2017
La femme brouillon de Amandine Dhée
« Je suis maman comme une plaisanterie, un malentendu jamais dissipé. »

Voilà le sujet du livre avec les propres termes de l’écrivaine.

Elle nous raconte le parcours classique de l’enfantement, son avant et son aprés, des yeux d’une femme qui ne veut pas et ne peut pas entrer dans le rôle classique de mère, qu’elle qualifie de «  mère parfaite », établie par la société. Ce qu’elle raconte n’est rien de nouveau, pourtant son humour, sa sincérité et sa prose simple et légère en font une lecture très plaisante. De nombreux passages me rappelant mes propres expériences m’ont fait sourire. Pour moi tout ce qu’elle ressent sonne juste 😊.

Une lecture que je recommande quelque soit votre âge ou que vous ayez des enfants ou non, homme femme confondus. C’est très court et se lit d’une traite.



« L’humanité commence avec un sourire, j’en suis témoin. »
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Les huit montagnes
  18 octobre 2017
Les huit montagnes de Cognetti Paolo
Un pére, une mère, et un petit garçon,le narrateur.

Nous sommes au nord de l’Italie dans les années 80.

Ils vivent à Milan l’hiver et l’été c’est la vallée d’Aoste, et Grana où ils finiront par louer une petite maison. Le père, un solitaire, se retrouve dans les longues randonnées en montagne, et malgré son mal de montagne, le petit le suivra, pour un temps.....

La maison de Grana sera aussi le début d’une très belle amitié entre Pietro, le petit garçon avec un autre du coin, Bruno. Ils partiront ensemble à la conquête de la montagne et de ses endroits secrets, remontant un torrent, s’aventurant dans les galléries condamnées d’anciennes mines, dévalisant des vieilles cahutes, surprenant des chamois ......nous entraînant à leur suite, pendant trois décennies.

Il y a une tristesse infinie dans cette histoire d’une famille « sans histoires » ( « Lui, irascible, autoritaire, intolérant, elle, forte et tranquille et conservatrice. Leur façon rassurante de jouer toujours le même rôle en sachant que l’autre jouera le sien : ce n’étaient pas de vraies discussions que les leurs, mais des dialogues écrits d’avance dont je devinais immanquablement la chute, et dans cette cage je finissais moi aussi par étouffer. »), une tristesse qui se fondra dans la beauté des montagnes et de la nature avec « La barma drola ».......



Paolo Cognetti nous raconte ici, une magnifique aventure spartiate de montagne et une histoire d’amitié et de solitude, qui rayonnent sur toutes les misères de la vie. J’ai adoré cette communion avec la nature et le personnage intègre et pur de Bruno le montagnard et sa conception de vie d’en profiter au présent (« ....Il vaut mieux pas trop penser à l’avenir.....autrement on devient fou.

-Alors à quoi je dois penser ?

-À maintenant. Elle est pas belle, cette journée ? »).

Il m’a rappellée le personnage de Novecento de Baricco qui ne descendra jamais à terre de son bateau. Un autre personnage que j’ai adoré.

Si vous aimez la montagne, vous serez comblé, pour le contraire je suis convaincue que ce beau livre vous donnera envie d’y aller faire un tour, et pourquoi pas sur les traces de Pietro dans le Piémont....... et même plus loin.

Un coup de cœur pour ce prix Strega , Goncourt italien 2017, amplement mérité !



Je remercie NetGalley et les Éditions Stock. Un livre que je n’aurais probablement pas lu s’il n’était sur le site, et ça aurait été bien dommage .



« -Et tu es né pour quoi, alors ?

- Pour être montagnard. »

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Toyer
  15 octobre 2017
Toyer de Gardner McKay
Los Angeles, chaleur intense, rêve de gloire dans l'esprit de nombreux habitants y résidant.

L'un d'eux a su se démarquer. Il ne tue pas, il ne viole pas... il séduit ses victimes puis pratique sur elles une cordotomie spinale, à savoir une déconnexion totale du cerveau sans pour autant toucher aux fonctions vitales. Cet homme sévit depuis un an déjà et chaque victime est amenée dans les services de la physiatre, Maude Garance. Lorsque la dixième victime fait son entrée dans son service, Maude passe à l'action. Aidée de Sara Smith, journaliste d'investigation à L'Herald, elle décide de communiquer avec Toyer via le journal. Une relation s'établit petit à petit entre eux... mais lequel des deux craquera le premier....





Ce livre est un énorme pavé ! Il peut faire peur au premier abord, mais rassurez-vous, l'auteur au travers de chapitres courts et l'utilisation de plusieurs points de vue rend la lecture plaisante et plutôt intéressante. 😉





Globalement, le livre se lit facilement. Le lecteur est pris dans l'histoire qui n'est pas tant un thriller au sens habituel puisque le tueur ne tue pas ... vous suivez ici une sorte de combat psychologique entre deux êtres décidés à gagner. D'un côté Toyer, tentant de plaider son innocence et son irresponsabilité concernant ses actes et, Maude Garance tentant de l'arrêter afin que le nombre de victimes cesse. Cet angle inattendu pourrait être constructif ... seulement le rendu au fil de la lecture est complètement autre. le serial killer, Toyer est décrit non pas comme un monstre, mais un être faible et fragile, la docteur comme une psychopathe. L'histoire tombe dans la caricature avec des scènes complètement farfelues comme le procureur s'énervant contre Maude Garance parce qu'il ne fait rien, la police aux abonnés absents ne réagissant pas lorsque Toyer communique via le journal....





Bref, le lecteur n'entre pas dans l'histoire. 😴 C'est trop "superficiel", cela manque justement de psychologie et de nuances pour un thriller qui se veut mental. Le comble !😮

Ajouté à cela les effets de styles avec les pensées sans intérêt des protagonistes en italiques qui n'apportent rien , les liens qui unissent les personnages (Los Angeles doit être une ville bien petite) et le final complètement idiot. Le lecteur ne s'ennuie pas, mais n'est pas non plus transcendé par sa lecture. Dommage.... cet angle aurait pu donner quelque chose de vraiment plus fort s'il avait été plus subtil et moins dans le cliché.

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Les fiançailles de M. Hire
  18 octobre 2017
Les fiançailles de M. Hire de Georges Simenon
Chronique de la méchanceté ordinaire.

Mr Hire est le genre d’homme qui suscite gêne, méfiance et curiosité. La société adore détester ce type de personnage tout petit, tout rond, tout seul… trop seul et enveloppé de mystères. C’est celui qui provoque les pires commérages. C’est aussi la victime idéale, le coupable rêvé. Surtout quand un crime vient de se dérouler dans le quartier.

Non que Mr Hire soit exempt de tout reproche, mais on le plaint, on a mal pour lui quand il voit les autres ricaner ou fuir à son approche. Il aurait pu ainsi continuer sa petite vie de réprouvé si l’inconscient n’était pas tomber amoureux d’Alice, rousse plantureuse qui n’a pas froid aux yeux. Il l’aime à sa manière, un peu bizarre et malsaine, je le reconnais… Mais pour elle, il irait décrocher la lune ; et il le ferait avec humilité. Il faut le voir faire preuve d’audace, prendre tous les risques pour l’amour de sa belle, et s’imaginer, l’espace d’une nuit, d’une nuit seulement, qu’elle irait le rejoindre. Pauvre naïf qui n’a rien compris à la veulerie et à la cruauté des Hommes !

Simenon n’a pas son pareil pour se faufiler dans ce monde gris et froid de banlieue, où les concierges qui existaient encore cancanaient avec des flics obtus et fatigués ; il n’a pas son pareil pour décrire sans emphase et avec des mots simples la détresse d’un homme, la lâcheté d’un autre, un regard qui brille de perversité ou un cœur qui se prend à espérer.

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La crypte des Capucins
  15 octobre 2017
La crypte des Capucins de Joseph Roth
Le crepuscule s'orne souvent de teintes douces, tres tendres. Joseph Roth n'aime pas cette tendresse. Pour lui elle ne fait que cacher la douloureuse agonie du soleil, du jour, d'une époque. Meme si ce jour, cette époque, n'ont pas ete exempts de defauts, meme s'il ne les idealise pas, leur crepuscule est ressenti tragiquement par lui.



La crypte des capucins, qui peut etre consideree comme une suite – et fin – de la marche de Radetzky, est une oeuvre encore plus crepusculaire, malgre la legerete du style et l'ironie qui s'y deploie. Publiee en 1938 elle reflete le desespoir de l'auteur, qui voit les ombres s'allonger sur l'Europe centrale.



Le personnage principal s'appelle Trotta, nom de famille qui a traverse toute La marche de Radetzky. Mais ce n'est plus un guerrier heroique, ni un grand administrateur de l'empire, mais un jeune bourgeois viennois decadent, qui ne sait rien faire, rien entreprendre, rien penser meme, face a la chute vertigineuse de son milieu, de sa societe, de son monde. Il s'entiche bizarrement d'un marchand ambulant Slovene mal degrossi et d'un cocher juif de Galicie. Il partira avec eux a la guerre (celle de 14-18), qu'il fera sans gloire, et de laquelle il reviendra pour assister impuissant, comme paralyse, a l'ecroulement de son ancient univers. Il finira par se refugier dans la crypte ou est inhume le vieil empereur Francois-Joseph. Lui aussi est mort, sinon enterre: c'est un mort-vivant. Antiheros par excellence, inapte a toute action, il est la personnification de ce desastre qu'est pour Roth la fin de la Mitteleuropa unie sous l'empire austro-hongrois. Cette Mitteleuropa qui est peut-etre symbolisee dans l'amitie qui noue trois hommes de classes sociales differentes, de regions differentes, de religions differentes. Amitie qui ne pourra survivre a la guerre, et surtout pas a ses sequelles politiques.



Un personnage secondaire dira que ce sont les regions eloignees qui ont permis a Vienne de briller, sans elles elle devient pathetiquement provinciale. Un autre (ou le meme? Je ne m'en souviens plus tres clairement) que ce sont les germanophones, les "alpins", les "teutons", les "Sudetes" qui ont tout detruit avec leur perception de superiorite culturelle, avec leur "fidelite nibelungienne". On sent que Roth ecrit cela fin des annees 30, quand les Nazis sont fermement au pouvoir et menent leurs attaques contre les arts et les artistes "degeneres".



La crypte des capucins n'est pas une oeuvre nostalgique, elle deborde d'ironie et offre un vrai plaisir de lecture, mais elle reste a mes yeux carrement crepusculaire. Si je me permets d'utiliser un titre du nouveau recipiendaire du Nobel, "the remains of the day" sont tristes d'apres Kazuo Ishiguro. Pour Roth ils sont desesperants.

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Crimes, aliens & châtiments
  10 octobre 2017
Crimes, aliens & châtiments de Pierre Bordage
En septembre, mon ami Relax m'a gentiment montré ce recueil de nouvelles que j'avais du volontairement zapper du fait d'une rentrée littéraire assez riche et qui avait fait un immense cratère dans mon budget.



Ma passion pour Pierre Bordage et ma curiosité piquée au vif, m'a poussée a aller voir ... et bien évidemment a acheter ce livre.

Le thème du recueil a été pour moi tellement attirant que je n'ai pas pu faire autrement (on se trouve des excuses comme on peut !).



Les extraterrestres ont envahi la terre. les auteurs de SF ont perdu leur utilité...mais ils se sont reconvertis en détectives privés.



J'ai trouvé l'idée excellente et j'avoue que j'ai adoré cette lecture.



Pierre Bordage a été excellent comme a son habitude. sa plume m'a une fois de plus envoutée. Il reste sans conteste mon auteur de SFFF préféré.



Lors d'une précédente lecture, j'avais déjà croisé le chemin de Laurent Genefort. Mais malheureusement pour moi, cela avait été une déception. Par cette nouvelle, pleine d'humour d'ailleurs, me voilà réconciliée avec l'auteur et je vais aller a nouveau plonger mon nez dans ses écrits.



Quand au troisième auteur, Laurent Whale, qui était un parfait inconnu pour moi jusqu'à ce jour. Cette lecture a été une véritable révélation. J'ai tout simplement adoré sa prose, très humoristique et qui a réussi a tirer plusieurs éclats de rire. Je vais bien évidemment m'attarder dans un futur plus ou moins proche sur ses romans.



Alors, un grand merci a Relax, sans qui je serais passée à côté de ces belles découvertes
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Mercy, Mary, Patty
  18 octobre 2017
Mercy, Mary, Patty de Lola Lafon
Gene Neveva, professeure, américaine engagée (contre la guerre au Vietnam entre autres) est chargée de faire un rapport qui défende Patricia Hearst qui a rejoint la cause de ses ravisseurs. Elle a été contactée par un des avocats de la famille Hearst prête à tout pour sortir leur fille de prison. Gene engage à son tour une assistante, Violaine.



Pour adhérer à la cause de ses ravisseurs, transformée en révolutionnaire en moins de deux mois, Patricia Hearst a-t-elle pris conscience de certaines choses, a-t-elle été manipulée ou subi un lavage de cerveau ? Dans cette hypothèse elle ne peut être tenue pour responsable d'avoir participé à un hold-up avec ses ravisseurs. C'est ce que Gene doit démontrer, voilà l'enjeu de ses recherches. Mais pas seulement. Gene se sent aussi investie d'une autre mission.



Ainsi, son assistante, Violaine, qui ne connaît pas la finalité du rapport commandé à Gene, va découvrir pour sa plus grande joie que Gene est en train de l'éduquer. Gene qui lui apprend à réfléchir par elle-même, à ne pas se fier aux apparences, que l'Amérique n'est pas celle qu'elle s'est imaginée - qu'avec Patricia Hearst, les Etats-Unis ébrèchent l'Amérique racontée par ses parents.



Patricia, Gene, Violaine, trois femmes éprises de liberté, des femmes qui s'engagent, refusant les injustices et l'ordre établi. À travers leurs histoires - réelle ou fictives - sans jamais porter de jugement, avec beaucoup d'intelligence (et d’originalité), Lola Lafon dessine une Amérique loin du rêve tant vanté, une Amérique aux prises avec la guerre du Vietnam, le racisme et l'inégalité sociale. Remarquable.
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Le festin du serpent
  19 octobre 2017
Le festin du serpent de Ghislain Gilberti
J'ai un collègue de boulot qui sait que je suis une passionnée de lecture. du coup parfois on papote bouquin. Et il m'a insidieusement glissé un nom lors d'une discussion : "Tu sais il y a un mec qui est originaire de chez nous (ma région d'adoption) et qui écrit super bien des thrillers.. et blabla ... (je vous écourte le discours parce que je crois que ça a duré un bon moment).



Pour ceux qui me connaissent, il ne m'en faut pas plus pour piquer ma curiosité. J'ai donc plongé le nez dans son premier roman tête baissée. Je tiens donc a remercier plus que chaleureusement Nicolas pour cette superbe découverte.



J'ai même, il faut l'avouer été très surprise pour un premier roman. Quelle maîtrise du sujet, des technologies, des détails, de l'écriture, de l'intrigue, des personnages...

C'est vrai qu'au départ quand j'ai vu qu'une partie du roman parlait de terrorisme , j'ai un peu pris peur. Peur de plonger dans un univers qui me révolte et d'aller trop loin. Pour aller loin effectivement ça va loin, mais comme Ghislain Gilberti a une écriture violente , certes mais très addictive c'est passé comme une lettre a la poste avec un timbre vert : 48 heures pour lire ce beau pavé (j'aurais pu faire moins mais des obligations m'ont tenue loin du roman).



J'ai tout simplement tout adoré. Les personnages sont superbement travaillés , même si j'ai trouvé Cécile Sanchez un chouia trop Wonder woman a mon goût. On s'approprie les personnages très facilement et on suit leurs aventures avec délectation.



Vous aurez compris que c'est un réel coup de coeur, et une immense découverte. Je vais donc suivre avec grande attention les pas de cet auteur. D'ailleurs sont deuxième roman a mis ma PAL a mal puisqu'il vient de se positionner en haut de la pile
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Mr. Gwyn
  19 octobre 2017
Mr. Gwyn de Alessandro Baricco
Auteur de trois romans, d'un essai et de deux nouvelles, Jasper Gwyn est un écrivain à la mode en Angleterre, et un peu connu ailleurs. Mais, aujourd'hui, il se rend compte, avec une lucidité frappante, que ce qu'il fait ne lui plaît plus. Il adresse au Guardian une liste de 52 choses qu'il se promet de ne plus faire, dont la dernière et la non moins importante : ne plus écrire de livres. Autour de lui, notamment Tom Bruce Shepperd, son agent, peine à croire à cette liste. Et pourtant... Le temps passant, le simple geste d'écrire lui manque. Pourquoi ne pas devenir traducteur ou guide de voyages ? Non, la seule réponse claire qui lui vient à l'esprit est copiste autrement dit écrire des portraits. Une activité aussi originale que révélatrice...



Quel personnage singulier et troublant que ce Mr Gwyn ! Écrivain en pleine fleur de l'âge qui a décidé de tout arrêter, le voilà devenu portraitiste. Non pas avec une palette de couleurs mais une palette de mots. Des portraits uniques qui se font dans des conditions particulières, qui demandent beaucoup de patience et dont les seuls lecteurs seront Jasper Gwyn et le modèle. Alessandro Baricco manie avec poésie et habileté sa plume et nous plonge dans un roman pour le moins intrigant mais subtil. Il dépeint intelligemment les notions d'écriture et la magie des mots, l'Art en général, l'être et le paraître, ainsi que l'amour et l'amitié. Ce roman, pénétrant, fantaisiste et plus profond qu'il n'y paraît, possède un charme indéniable et est une véritable lettre d'amour à la Littérature.
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La faux soyeuse
  16 octobre 2017
La faux soyeuse de Eric Maravelias
Septembre 1999. Un appartement crade aux odeurs pestilentielles. Mille douleurs qui l'assaillent à son réveil. Un corps tenaillé souffrant du manque. Un corps anéanti par la maladie. le goudron de la cigarette lui transperce les poumons. Franck se donne du courage pour se lever et regarde à travers les vitres grises les deux bouleaux qui ploient sous le vent. le miroir lui renvoie une image éclatée, explosée en mille fragments. Comment en est-il arrivé là ? Comment l'adolescent, téméraire et insouciant, qui trainait avec sa bande de potes, la plupart du temps chez Léon, a-t-il sombré ? de magouilles en larcins, du fric qui s'amasse à la poudre qui se répand dans une banlieue livrée à elle-même...



Une plongée en enfer. À la fois tourbillonnante et vertigineuse. Une chute fracassante dont on ressort chancelant, brisé et des bleus à l'âme. Éric Maravélias sait de quoi il parle et pour cause, tout comme Franck, il a connu la déchéance, le manque. Le manque de cette poudre aux yeux. Avec ce roman, au titre si juste, il nous entraine dans les pas hésitants et désordonnés de Franck, dealer camé, au fond du gouffre et cerné par la mort. Avant et après la chute, du début des années 80 à la fin des années 90. Un avant et un après qui se révèlent être tout aussi oppressants, sordides, violents et saisissants. Un roman suffoquant, cru, atrocement noir et tragique habité par un personnage complexe, sombre et pourtant attachant. L'auteur écrit avec fougue, avec rage. Dans l'urgence. D'une plume palpitante, acérée et poétique qui écorche. Et qui laisse le lecteur groggy...
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La dernière frontière
  18 octobre 2017
La dernière frontière de Howard Fast


Il en a toujours été ainsi. Lorsqu’un peuple est en détresse, lorsqu’il ne peut plus assurer sa sécurité, son mode de vie, ses croyances, lorsqu’il souffre de privations constantes, il émigre vers des terres plus accueillantes, plus bienveillantes.



Les Indiens d’Amérique, eux, vivaient sur des terres fertiles, en harmonie étroite avec la nature qu’ils remerciaient chaque jour pour ses bienfaits, défendant âprement leurs terrains de chasse. Une vie rude sur une terre sacrée dont ils se croyaient propriétaires. Au fil des siècles, d’autres peuples trouvèrent ces terres à leur goût et s’y installèrent. Lorsque les Européens arrivèrent de plus en plus nombreux en Amérique, la tendance s’inversa. Au nom de la liberté probablement, ils chassèrent ce peuple fier et sauvage. Davantage même, ils l’exterminèrent.



Dans l’épisode de cette Dernière Frontière, il est question de logique implacable pour les Indiens et d’entêtement implacable pour les militaires.



En juillet 1877, les Cheyennes du Nord (Montana) doivent quitter leurs villages de toile, leurs vallées et forêts giboyeuses, leur vie tranquille au bord de la Powder River, poussés par des décisions gouvernementales absurdes. Bien sûr, il est nécessaire de faire place au progrès, d’installer des lignes télégraphiques, des voies de chemin de fer et d’exploiter un sous-sol riche en minerais. Bien sûr, il faut faire le commerce des peaux et apprendre à vivre à ces sauvages. Les Cheyennes sont déportés à 1 600 km de chez eux, en Oklahoma appelé en ce temps-là Territoire Indien, terre désertique, inhospitalière, impropre à nourrir tant de bouches. Oh ! oui, ils reçoivent de l’aide humanitaire : des couvertures infestées de virus, de la viande avariée, des denrées totalement insuffisantes. Très vite, famine et épidémies déciment leurs rangs.



Un an plus tard, trois guerriers s’enfuient de la réserve où ils sont parqués pour rejoindre leurs Black Hills sacrées. Crime de lèse-majesté. Les menaces pleuvent, les demandes de retour sont ignorées et, début septembre 1878, les chefs, Little Wolf et Dull Knife, quittent en silence la misère quotidienne, accompagnés de 300 hommes, femmes et enfants et de leurs maigres ressources. L’alerte est donnée avec retard et imprécision. Cette évasion va déclencher une poursuite impitoyable et totalement disproportionnée.



Affamés, manquant de tout, les Cheyennes suivent leur voie vers le Nord. Un régiment est envoyé à leurs trousses, sans succès. Au fil des semaines, les troupes se succèdent, plus nombreuses, mieux armées. Les deux camps comptent des morts lors de chaque escarmouche. Little Wolf est un stratège hors pair. Il déjoue les plans des militaires, vole de la nourriture et des armes à des chasseurs de bisons, entraîne son peuple dans ce voyage connu dans l’histoire comme La Longue Marche des Cheyennes. Les chevaux meurent, les gens aussi, tous sont épuisés, les obstacles se multiplient mais les Dog Soldiers indiens résistent. Plus que de se battre, ils cherchent à échapper à leurs poursuivants.



Pour se donner plus de chance d’atteindre le Montana, le groupe se sépare dans le Nebraska. Dull Knife, parti avec les plus faibles, est rejoint par l’armée et enfermé dans des baraquements sordides à Fort Robinson. Ils sont une centaine, en très mauvais état. Ils ont parcouru 1 300 km. Début janvier 1879, Washington exige leur retour en Oklahoma. Une révolte désespérée s’ensuit, quelques dizaines d’Indiens réussissent à s’enfuir. Beaucoup meurent. La folie des soldats est démesurée. « La crise de violence se calmait, lavée, épuisée, expiée par tant de sang, laissant les troupes de Fort Robinson glacées, éreintées, malades » (p. 279).



De son côté, Little Wolf et les siens finissent par arriver dans le Montana.



La Dernière Frontière est le requiem d’une race condamnée par la bêtise des hommes, l’histoire du courage et de l’honneur de 300 Indiens (dont moins de 100 guerriers) qui n’ont plus rien à perdre, contre la cavalerie des Etats-Unis déployant jusqu’à 9 000 hommes secondés par 3 000 miliciens !



L’auteur, Howard Fast, a écrit ce livre en 1941. Il a retrouvé des familles de survivants. Il ne se contente pas de dénoncer les faits, il donne les motivations des Blancs, civils et militaires, dont certains reconnaissent les travers de la bureaucratie, l’obstination de William Tecumseh Sherman, général en chef des armées, à poursuivre quelques centaines d’Indiens qui veulent simplement rentrer chez eux, les départements multiples qui gèrent les « affaires indiennes », leur concurrence et leurs désaccords, les décisions nécessaires avant de recevoir les ordres de Washington, etc.



Le livre de Howard Fast a été partiellement utilisé pour le film de John Ford, Les Cheyennes, réalisé en 1964, notamment la reddition de Dull Knife et la révolte de Fort Robinson. Je viens de le re-visionner, Fast n’est cependant pas crédité au générique, ce qui n’enlève rien à cette histoire incroyable et palpitante qui rend hommage aux Amérindiens.



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Terremer
  17 octobre 2017
Terremer de Ursula Le Guin
Décidemment en ce moment je ne suis pas vraiment chanceuse avec mes choix de romans. C'est le troisième d'affilé qui ne me convainc pas .



Et pourtant une fois de plus j'aurais du être emmené dans les contrées de Terremer sans problème. La fantasy j'aime ça, en général.

Alors déjà le personnage principal ne m'a pas plus emballé que ça. Sans doute qu'il était au départ un peu trop prétentieux à mon goût , et j'ai du lui en tenir rigueur tout au long de ma lecture. Du coup je ne me suis pas attachée au personnage et l'écriture distante de l'auteure n'a certainement pas du aider.



J'ai aussi trouvé l'histoire assez lente et ponctuée de longueur. Et pourtant la plume d'Ursula Le Guin n'est pas désagréable, elle est même poétique à certains moments. Mais l'ennui s'est vite fait sentir. Et j'avoue , un peu honteuse , que je n'ai continué cette lecture que parce le challenge pavé rapporte un peu d 'argent à une association.
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