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Critiques les plus appréciées

En voiture, Simone !
  06 octobre 2018
En voiture, Simone ! de Aurélie Valognes
La famille Le Guennec au grand complet est sur le point de se réunir afin de fêter Noël. Comme chaque année, Jacques est au fourneau pour son sempiternel chevreuil rôti à la perfection et Martine, son épouse croise les doigts afin que tout se passe bien. En effet, repas de famille oblige, les enfants arrivent avec leurs épouses ou amies... dont le petit dernier Nicolas, qui lui présente à chaque repas de Noël une nouvelle compagne. Tout serait parfait si Jacques n'avait pas tendance à rabrouer ses belles-filles ou leur lancer des pics au travers de cadeaux "à texte".🎁





Aurélie Valognes est sans hésitation une auteur à lire et relire quand vous broyez du noir. Son univers surréaliste avec des personnages excessifs rendent le récit tragico-comique. Comme dans Mémé dans les Orties, En voiture Simone se caractérise par un humour décapant mettant en scène une famille déjantée. Entre Jacques, le père vieillissant et despotique persuadé d'être indispensable, la grand-mère accro aux Mon Chéri; les enfants et les belles-filles différentes les unes des autres... le cocktail est détonant. Le fil rouge du roman est représenté par Martine, la maman qui tente constamment d'arranger les choses, d'adoucir les angles notamment en ce qui concerne son mari. Seulement, après une énième bourde, Martine décide de se rebeller et l'ambiance dans la famille change.





Un roman drôle, frais et qui fait un bien fou à la lecture. Aurélie possède un style décoiffant pour aborder des thématiques complexes comme les liens dans les familles, les différences générationnelles. Le tout dans un roman feel-good qui n'a rien d'anxiogène. 😃





Un roman court, drôle. Une famille en folie... Voilà ce que nous propose Aurélie Valognes dans ce roman. 😃

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Arlo Finch, tome 1 : Le mystère des Longs Bois
  11 octobre 2018
Arlo Finch, tome 1 : Le mystère des Longs Bois de John August
🎒 Premier tome de la série Arlo Finch.🎒





Arlo Finch est un jeune adolescent. Après de nombreux déménagements, sa mère décide de retourner sur le lieu de son enfance "Pine Mountain", où ses grands-parents lui ont légué une maison. Arrivé sur place avec sa soeur Jaycee, Arlo fait la connaissance de son oncle et d'un univers très éloigné de la ville.

Dans sa nouvelle école, il se lie rapidement d'amitié avec Wu et Indra et intègre les Rangers, un groupe aux valeurs scout un peu spécial. Dès leur première réunion, Arlo découvre la face cachée de Pine Mountain où le Merveilleux permet l'Extraordinnaire...

Malheureusement, la vie d'Arlo prend rapidement une tournure dangereuse quand des entités désirent le tuer par tous les moyens...😈





Avant de commencer, je dois vous dire que j'ai aimé cette lecture. Au départ, j'étais assez dubitative dans les premiers chapitres avec un univers qui me semblait avoir déjà été exploité par J.K. Rowling et sa saga Harry Potter. Tout comme totopinette, j'ai repéré de nombreuses ressemblances avec Harry Potter avec le signe distinctif d'Arlo (ses yeux vairons), une histoire de famille difficile, un duo d'amis, du danger, du merveilleux et une entité qui semble vouloir l'éliminer, les couleurs des différentes troupes. Mais, en toute franchise, ce n'est pas plus mal et cela permet ensuite de se focaliser sur les différences.





Autant Harry Potter se focalisait essentiellement l'intrigue dans le monde magique, autant dans Arlo Finch c'est le Merveilleux qui est intégré au monde normal. L'école, les amis, les lieux, les activités d'Arlo et de ses amis ne sont aucunement cachés dans un lieu mystérieux comme Poudlard, mais, elles se font dans une troupe de Rangers prônant des valeurs de courage, d'honneur et d'entraide. Le Merveilleux n'est pas mis en avant dans sa vie ni priorisé comme étant plus important que sa vie de tous les jours. Au contraire, ce Merveilleux n'interfère pas dans la vie des protagonistes.

Autre point plutôt sympa, nous avons ici un héros qui suite à un traumatisme de son enfance cherche refuge dans autre chose. Arlo est un adolescent banal avec des problèmes de son temps. Il est même plutôt protecteur avec sa famille, cherchant par-dessus tout à prévoir les choses.





Côté intrigue, ce premier tome pose des bases plutôt intéressantes pour une suite. De nombreuses questions restent en suspens comme les raisons de vouloir tuer Arlo, la véritable personnalité de Rielle, le pacte passé par sa famille. Ses questions "merveilleuses" s'accompagnent également de questions concernant les pans "familiaux" de la vie d'Arlo comme le passé de son oncle, les raisons exactes qui ont entraîné le FBI à considérer son père comme traître. Bref, cela promet pour la suite.





Au final, un premier volet vraiment sympa et accrocheur. Certes, ce premier tome possède de nombreuses ressemblances avec Harry Potter de manière condensée, mais je suis sûre que les prochaines aventures devraient vite s'émanciper de ce personnage. Le final avec la venue de Renard donne envie de lire le second tome rapidement.

Dans tous les cas, je tiens sincèrement à remercier Babelio et les éditions Milan pour cette découverte. D'ailleurs, bravo pour la couverture qui est superbe et le cheval-bélier en couverture ou en langage Merveilleux, le coche-Marre met en avant l'une des scènes les plus mouvementées du roman. 👍

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Soumission à l'autorité
  13 octobre 2018
Soumission à l'autorité de Stanley Milgram
La façon la plus commune de nos jours et la plus sûre, probablement, de discréditer quelqu'un est de l'accuser d'être un(e) nazi(e) en puissance. En tant qu'enseignante, je ne compte même plus le nombre de fois où j'ai été qualifiée de nazie parce que j'avais OSÉ donner une punition à un élève, qui avait juste, lui, très humainement, martelé à coups de poings, à coups de pieds, la figure ou le corps d'un de ses petits camarades…



Outre cette première constatation, pour beaucoup d'entre nous, lorsqu'on entend dans une conversation « Milgram », cela évoque juste pour nos oreilles profanes une autre façon de dire un kilo. Toutefois, sitôt qu'on a entendu parler, ne serait-ce que de très loin, du nom et des expériences de cet éminent psychologue américain, « Milgram » prend une tout autre signification, et bien plus lourde, celle-là.



En effet, Stanley Milgram a montré à la face du monde, que si le nazisme — ou n'importe quelle autre forme de régime autoritaire (pensons par exemple à l'adorable Pol Pot au Cambodge) — était apparu à n'importe quel autre endroit du monde, les résultats eussent été rigoureusement les mêmes car l'humain semble plus ou moins conditionné à obéir aux ordres reçus, quels que puissent être ces ordres.



De très nombreux observateurs ont semblé écoeurés par la défense d'Adolf Eichmann lors de son procès tenu en Israël pour répondre de crimes de guerre à l'égard d'une foule de citoyens juifs pendant la Seconde guerre mondiale. En gros, l'argument d'Eichmann était : « J'ai appliqué les ordres. » Ceci semble révoltant et surtout tellement facile, après les faits.



Or, et c'est là que les expériences de Milgram résonnent comme un coup de tonnerre aux oreilles de la communauté mondiale, preuve à l'appui, n'importe quel bon et brave citoyen est capable d'infliger une torture ou des chocs répétés possiblement mortels s'ils en reçoivent l'injonction par un scientifique qui leur en donne la consigne.



C'est très déstabilisant, n'est-ce pas ? Nous imaginons tous que NOUS, nous n'aurions pas commis de barbarie, pas d'atrocité, rien de tout ça, nous sommes des humanistes, des amis du bien, or… eh bien, non ! Au risque de vous déplaire singulièrement, de vous faire vous écoeurer vous-même dans le miroir, dans certaines conditions qui n'ont rien d'extraordinairement difficiles à reproduire, vous pourriez, vous aussi, vous comporter comme un(e) nazi(e).



Alors, c'est toujours intéressant de lire comment ont été menées ces plus d'une vingtaine de conditions expérimentales différentes, pour écarter, tel ou tel facteur ou au contraire montrer son influence. Mais le plus intéressant, je pense, c'est la discussion de l'auteur sur le mécanisme d'acceptation de l'autorité.



De mon point de vue, c'est réellement captivant : la structure hiérarchique de notre espèce qui a été favorable à sa survie au cours de l'évolution. Cette structure qui implique un basculement de l'état d'individu à celui d'agent au sein de la hiérarchie et qui fait perdre le sens de la responsabilité personnelle.



Mais il y a également une foule d'autres paramètres qui explique très bien le comportement des personnes qui se soumettent aux ordres, quand bien même ces ordres iraient à l'encontre de leurs convictions personnelles. de plus, toute la discussion sur le conformisme, qui avait déjà été mis en évidence quant à lui par les expériences de S. E. Asch en 1951, est toujours incroyablement d'actualité, et pas plus loin que sur Babelio.



Regardez combien il est difficile d'aller à contre courant d'une majorité. Si tout le monde aime, celui ou celle qui n'aime pas est dans ses petits souliers et c'est tout juste s'il ou elle ose, après mille précautions, dire qu'il ou elle n'aime pas ce livre. On peut être à peu près certain qu'il y aura toujours un(e) tenant(e) de la majorité pour lui rappeler que c'est un(e) ignare et qu'elle ou il n'a rien compris à l'ouvrage et qu'il ou elle ferait mieux de se taire.



Stanley Milgram met aussi beaucoup l'accent sur l'incroyable stress généré par le conflit entre les convictions personnelles et l'ordre reçu. Si vous suivez vos convictions, quoi qu'il arrive, vous serez seul(e) face aux autres et le stress sera décuplé par un refus d'obéissance. Si vous vous soumettez, vous abaissez au contraire le stress généré en vous par le conflit. Vous avez même l'impression d'avoir accompli votre tâche.



Souvenez-vous d'Eichmann, aux yeux de tous, c'est un salaud et sa ligne de défense est pitoyable. Qu'en aurait-il été s'il nous avait pris idée de juger le gars qui a largué la bombe atomique sur Hiroshima. On peut raisonnablement se douter qu'en voyant le joli champignon qu'il faisait pousser, le gars en question n'imaginait pas faire du bien aux populations situées juste en-dessous. Il y avait des femmes, des enfants, des vieillards, rien que des civils, qui n'avaient rien fait, rien demandé.



Donc, si un tribunal japonais s'était avisé de juger les membres de l'équipage fatidique, qu'auraient-ils trouver pour leur défense ? « Nous avons exécuté les ordres reçus par notre hiérarchie. » Les Japonais trouveraient que c'est un peu facile comme argument, que ça ne disculpe rien du tout, or, c'est très certainement la vérité. C'était très certainement la vérité aussi pour Eichmann, tout comme c'est très certainement la vérité également pour les tireurs d'élite qui ont descendu les frères Kouachi.



Certains sont des monstres, d'autres sont des héros, pourtant, quand on regarde ça de très loin, sans affect, sans idéologie aucune, on se rend compte que tout ça c'est plus ou moins la même farine, c'est un fonctionnement banal de l'humain. Un militaire, on lui dit « tire », il tire : il n'est pas là pour questionner les ordres qu'il reçoit et peu importe que la peine de mort soit abolie ou pas dans son pays. C'est un bon soldat, il a été fiable, il n'a pas tremblé au moment critique. Il en retire même peut-être une manière de satisfaction, « le plaisir du travail bien fait » comme qui dirait.



Bref, gardons-nous d'accuser quiconque de nazi ou de quoi que ce soit de comparable. Connaissons-nous nous même avant de juger les autres et bien malin celui ou celle qui pourrait dire qu'il ou elle serait différent au moment critique. Telle est ma conclusion après la lecture de ce fantastique livre de Stanley Milgram que je recommande chaudement à tous. Mais comme à chaque fois, gardez bien à l'esprit que ceci n'est que mon avis, c'est-à-dire, bien peu de chose.
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Leurs enfants après eux
  17 octobre 2018
Leurs enfants après eux de Nicolas Mathieu
Dans l’Est de la France et ses hauts-fourneaux fermés, Nicolas Mathieu nous parle de « vies minuscules » pleines d’un espoir majuscule



Moi, si j’étais un homme...

Cette chanson de Diane Tell rapidement évoquée dans ce livre pourrait peut-être en être l’esquisse.



Lorsqu’on a 14 ans et que l’on vit dans une région sinistrée par la désindustrialisation, on rêve d’un ailleurs différent. Entre le corps qui se transforme et les premiers émois à la vue d’une goutte de sueur s'écoulant entre deux seins, ou en piquant une barque pour aller voir plus loin, c’est comme découvrir une nouvelle contrée. C’est l’aventure qui commence.



Anthony ne veut pas de la vie qui l’attend : « licencié, divorcé, cocu ou cancéreux ». Dans son monde, « Les hommes parlaient peu et mouraient tôt ». C’est élevé dans ce milieu, « sur de grandes dalles de colère, des souterrains de peine agglomérées », qu’il ambitionne d’être quelqu’un d’autre, ne plus vivre sa vie à moitié, prisonnier de rouages qu’il ne maîtrisera jamais. Il veut exister.

Et, pour ça, il ne voit qu’une solution : « foutre le camp » !



Les années 90 en quatre étés

Une écriture à fleur de peau. Nicolas Mathieu met en scène Anthony, Hacine, Stéphanie, Hélène, Patrick et tous les autres par les descriptions charnelles de leurs sensations, de leurs émotions. Le contexte est introduit culturellement par de nombreuses évocations d’objets ou de sujets typiques des années 90, et socialement, avec un portrait d’une ville imaginaire détaillée entre petits-bourgeois, familles populaires et « cassos ».



L’action se déroulera sur quatre étés : 1992, 1994, 1996, 1998. Et quatre chansons : Smells like teen spirit, You could be mine, La Fièvre et I will survive. Toute une époque restituée.

Une écriture à fleur de cœur. L’auteur replonge dans la jeunesse, avec des frissons dans le corps, de ceux qui ont cette période.



Mais Leurs enfants après eux n’est pas seulement un roman d’initiation ou générationnel. Nicolas Mathieu connaît l’art d’émouvoir mais aussi celui de dépasser les clivages.



Une vie à corps et cœur perdus

Être raisonnable, c’est ce que toute leur vie leur enjoint de faire : leurs familles résignées, les formations sans débouchés, les administrations donneuses de leçons ou les emplois abrutissants. Se taire, ne pas faire de vague, accepter sa condition. Mais à 14, 16, 18 ou 20 ans, on n’a pas l’âge d’accepter une « vie à peu près », une « vie peinarde et modérément heureuse », et se satisfaire « de salaires décents et d’augmentations raisonnables ».



Fuir, partir, tout quitter, tout sauf cette « vie réduite et anesthésiée ». Et en attendant le grand soir, avant le « pincement des petits matins blêmes » s’oublier dans la drogue ou l’alcool, s’occuper avec des menus larcins ou construire des trafics interdits mais remplis d’espoir, se griser de vitesse sur un vélo, une mobylette ou une moto. Courir, s’échapper. Et aimer, s’enivrer d’amour à en crever. Si comme dans la chanson de Diane Tell, être un homme, c’est être romantique, Anthony l’est, le problème est que la vie ne l’est pas avec lui.

« Le paradis était perdu pour de bon, la révolution n’aurait pas lieu ; il ne restait plus qu’à faire du bruit ».



Ce serait donc ça être un homme ? Se contenter, se résigner, accepter sa condition ?

« Moi, si j’étais un homme, je serais capitaine ». Anthony, Hacine ou Stéphanie sont tous dans le même bateau. Un bateau « vert et blanc », comme dans la chanson. Deviendront-ils capitaines de leurs navires, maîtres de leurs existences ? Pourront-ils s’arracher aux affres de la reproduction sociale et du conditionnement culturel qui les étreignent et les empêchent de mener une vie libre.



À l’aide de personnages attachants et puissamment romanesques, Nicolas Mathieu nous offre une superbe ode à la liberté et une farouche dénonciation de l’injustice sociale.



Lu en septembre 2018.



Mon article sur Fnac.com/Le conseil des libraires :
Lien : https://www.fnac.com/Leurs-e..
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Comment dessiner un roman
  14 octobre 2018
Comment dessiner un roman de Martin Solares
Il est des hasards heureux… Laissez-moi vous conter ma rencontre avec ce livre. Vous constatez tous qu'ici ou là — émergence de l'e-pub et de la liseuse oblige —, nous voyons fleurir de ces cabanes à livres. Certaines sont sublimes, d'autres assez chétives mais toutes ont ce charme discret des lieux de passage et d'échange de biens immatériels. La plupart colonisent des endroits du domaine public mais, à de plus rares occurrences, ce sont les résultats d'initiatives privées, l'oeuvre d'un amoureux des livres, au coin d'un jardin, sur une clôture, que sais-je encore…



Et c'est dans l'une de ces minuscules boîtes à livres (pas plus d'une trentaine d'ouvrages à tout casser) que j'ai cueilli ce livre, issu d'un service de presse, dont le récipiendaire n'a même pas pris la peine d'attendre la date de sortie du livre, ni de faire semblant de tourner la moindre page pour s'en débarrasser. Et grand bien lui en a pris car il a fait mon bonheur.



En effet, dans cette suite d'articles ou de mini essais, Martín Solares dresse le portrait-robot ou, plus exactement, la liste des principaux ingrédients nécessaires au façonnage d'un roman de qualité. C'est un livre qui, à beaucoup d'égards, m'a rappelé celui de Mario Vargas LLosa intitulé Lettres à un jeune romancier. de la même façon, l'auteur dresse ici un panorama des différents prérequis et des différentes armes à la disposition des littérateurs pour composer leurs oeuvres.



Cela présente aussi un grand intérêt, d'après moi, même si l'on n'est pas du tout intéressé par le fait de se mettre à l'écriture romanesque, mais simplement en qualité de lecteur curieux et exigeant. Cela donne des outils, non pas objectifs — qui le pourrait ? — mais du moins tangibles pour mesurer la " qualité " des différents romans que nous lisons.



En somme, une bonne introduction, d'après moi, pour toutes celles et ceux qui s'intéressent à la littérature en amateur mais avec soit un oeil critique, soit une velléité d'écriture. Merci à l'éditeur Christian Bourgois d'avoir à la fois expédié ce livre à un ingrat et d'autre part, d'avoir pris ce risque éditorial d'aller un peu marcher sur les plates-bandes de Gallimard avec sa collection (un peu confidentielle) Arcades, qui publie d'habitude ce genre d'ouvrages. Bien entendu, comme un bon dessin vaut mieux qu'un long discours, souvenez-vous que ceci n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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Dans la forêt
  08 octobre 2018
Dans la forêt de Hegland Jean
Me voilà de retour après quelques heures d'immertion totale auprès de Nell et Eva, dans la forêt, où le monde s'est quelque peu arrêté, loin de toute cette frénésie actuelle de la surconsommation.

Seules les étoiles viennent éclairer l'obscurité.

Seule la nature remplit les ventres.

Seuls l'amour et l'envie de vivre viennent envelopper nos douces héroïnes dans ce roman hyptonisant à souhait.

Dans la forêt, il y a de l'entraide, de l'amour, des peurs, des disputes, mais il y a surtout le vent de la vie.



« Pourquoi les hommes cherchent-ils à marcher sur l'eau quand il est possible de danser sur la terre ? »



Magnifique roman, bien écrit, bien traduit, bien construit. le roman débute dans la brume des souvenirs de la cohésion familiale où le pire est à craindre. La société s'effondre et emporte avec elle ces êtres au ciel en avance. Puis il y a l'après, la vie n'est pas un long fleuve tranquille, même en pleine forêt, dans une maison prête à s'effondrer elle aussi. Les deux soeurs vivront ces tumultes au gré des saisons, en autarcie. Les rêves les tiennent debout un moment, finissent par s'éteindre, la survie comme seul bagage.



Brillamment servi, Dans la forêt est un roman époustouflant sur fond apocalyptique, un portrait de deux soeurs tenaillées par la vie. Une force incroyable se dégage de ce roman. C'est certes un peu lent mais on se sent vite happé dans cet univers clos. Car les mots sont justes, les personnages sont là, on les voit, on les sent, on les devine.

Quel voyage mes amis!
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Leurs enfants après eux
  06 octobre 2018
Leurs enfants après eux de Nicolas Mathieu
*** Rentrée littéraire 2018 ***



Leurs enfants après eux.

Magnifique titre pour un roman qui l'est tout autant de la première à la dernière ligne.



Leurs enfants après eux. Est-on condamné à mener l'existence de nos parents,? Peut-on conjurer le sort et lever la malédiction, quitte à prendre des chemins de traverse ? Ses pères, ouvriers au chômage qui rabâchent la mémoire ouvrière et donnent à ceux qui ne l'ont pas vécu le sentiment d'être passés à côté de l'essentiel. Ses pères immigrés, « suspendus entre deux rives, mal payés, mal considérés, déracinés, sans héritage à transmettre. » Ses mères qui «  finissaient toutes effondrées et à moitié bonniches, à ne rien faire qu'assurer la persistance d'une progéniture vouée aux mêmes joies, aux mêmes maux »



Anthony, Hacine, Clem', Steph', enfants de prolos, d'immigrés, de petits-bourgeois dans une Lorraine sinistrée depuis la fermeture des hauts fourneaux, ne se résignent pas à ces vies qui leur sont promises en héritage. Années 90. Ils ont 14, 16, 18, 20 ans au fil de quatre chapitres qui nous font plonger dans leur être le plus profond, leurs émois, leurs rêves, leurs fantasmes d'adolescents puis de jeunes adultes. Leurs rêves et leurs dépouilles.



Ce roman est juste formidable dans sa façon de parler de cette jeunesse qui va se désenchanter au contact de cette putain de réalité. Toute la beauté brute, l'incandescence de la jeunesse est décrite avec une subtilité dingue. Tout est juste dans cette chronique de l'adieu à l'enfance pour laquelle tout n'est que promesse avant de s'y casser les dents. L'intensité , la précision, la crudité de la langue permettent à l'auteur de faire jaillir des personnages tous très attachants. La vie pulse en eux et on ressent chacune de ses pulsations. Surtout lorsqu'on suit Anthony, le personnage le plus lumineux, coincé entre un père qui sombre et une mère qui le protège comme une louve. On le voit grandir, évoluer mais toujours attaché à ses rêves.



Moi aussi j'ai eu 14 ans en 1992 et 20 ans en 1998, comme les personnages, comme l'auteur. J'ai savouré toutes les références générationnelles qui parsèment les pages. Mais ce roman va au-delà de la simple chronique réussie d'une jeunesse à un moment donné.

Malgré toutes ces clins d'oeil qui nous renvoient aux années 90, le propos est ultra contemporain sur la France d'aujourd'hui. En 2018, les choses sont-elles si différentes lorsqu'on entre dans l'âge adulte ? le roman se fait alors chronique sociale, politique même lorsqu'il fait écho à la rage de ceux qui se découvrent coincés comme l'ont été leurs parents dans la précarité ou la sclérose intellectuelle.

Nicolas Mathieu dresse là une carte des territoires de l'immobilité sociale, de la France des périphéries avec une rare acuité. Le propos est sombre, certes, mais ne tombe jamais dans le pathos, traversé par des lueurs d'espoir qui éclairent tout. Superbe.



A écouter en compagnie de Nirvana

https://www.youtube.com/watch?v=0TbtMFOtiBc



Lu dans le cadre des matchs de la rentrée littéraire Price Minister - Rakuten France 2018

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Héloïse et Abélard
  06 octobre 2018
Héloïse et Abélard de Régine Pernoud
"Enfin Paris !" L'a-t-il poussé ce cri en voyant la capitale ?

Venant de sa Bretagne natale, il a tout à découvrir de cette ville qui offre déjà mille attraits. Mais il n'arrive pas ici la tête vide notre jeune Abélard, car il sait déjà sur les ongles l'art de la dialectique. Il est subtil d'esprit et il a eu aussi connaissance des sept arts libéraux. Il va se faire un nom en ce grand centre du savoir, et la ville rayonnera elle-même de le compter parmi les siens, elle lui devra beaucoup, dans son prestige intellectuel (le mot n'existait pas), de même qu'à Guillaume de Champeaux. On s'affrontait alors autour de la question des universaux, et Abélard allait forcer le très réaliste Guillaume jusque dans ses retranchements.

C'est à Melun, sans doute dans les écoles de la collégiale Notre-Dame qu'Abélard a donné son premier enseignement. Mais il se fatigue à ne vivre que pour et par la pensée. Et lorsqu'il revient à Paris, il se mêle de rhétorique. Et c'est le triomphe, car il égale et dépasse enfin le maître.

Tels sont les premiers pas de Pierre Abélard à Paris. Et l'on peut dire que Régine Pernoud excelle à nous décrire ce parcours inscrit dans un cadre où s'écrivent aussi les premières pages d'une nouvelle renaissance culturelle, et où surgit soudain la haute figure d'une femme, Héloïse, dans une rencontre qui va modifier le cours de leurs deux existences.

C'est tout le Paris du XIIème siècle qui revit sous nos yeux, et c'est joliment écrit, même si l'Histoire vient bouleverser la vie de ces deux êtres d'exception et les forcer à transcender dans l'Amour divin un simple amour bien humain.



François Sarindar
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Awa Beauté
  07 octobre 2018
Awa Beauté de Sylvain Prudhomme
Awa Beauté, des éditions Initiales, une association de libraires indépendants.

Lu ce jour, 7 octobre 2018, petite nouvelle de Sylvain Prudhomme, écrivain que je viens de découvrir grâce à ma librairie préférée qui le distribuait gratuitement un jour où je me trouvais là pour un achat.

Casamance, considérée par beaucoup comme la plus belle région du Sénégal et d’Afrique de l’ouest, la Casamance qui tire son nom du fleuve Casamance est situé au sud-ouest du Sénégal, entre la Gambie et la Guinée-Bissau.

Awa Beauté, qui tient son prénom à cause de sa grande beauté, vit avec ses frères et sa fille Maïmouna dans cette si jolie partie du Sénégal. Elle est très recherchée par les hommes, mais n'en a que faire.

Awa travaille, dur, elle rêve de s'acheter un salon de coiffure qu'elle appellerait Awa Beauté - Awa Coiffure et pour cela, met ses petits sous de côté depuis plusieurs années pour pouvoir se le payer. Elle nettoie dans une banque le soir et est employée de maison la journée chez Mme Cissé.

Son petit frère Boubacar maigrit, maigrit, l'entourage s'alarme, consultation à l'hôpital, le terrible verdict tombe : cancer.

"Elle sent la nouvelle qui éclate en silence dans sa tête et sa poitrine. C'est une déflagration lente, sourde..."

Pour suivre le traitement, il faut aller à Dakar, cela va coûter très cher et, vous l'aurez compris, Awa n'hésite pas et utilise ses économies de presque une vie pour que son petit frère puisse être soigné comme il faut.

Elle sent bien pourtant qu'elle ne le reverra plus.

Maïmouna pleure, "Est-ce qu'elle pleure parce qu'elle sent. Parce qu'elle sait. Est-ce vrai ce qu'on dit : qu'avant d'apprendre à parler les enfants voient des choses que les adultes ne voient pas. Que les très petits enfants sentent".

Cette petite nouvelle de 47 pages est attendrissante et tragique, écrite avec une simplicité qui frise la perfection, c'est presque une poésie, l'histoire d'une famille toute simple d'Afrique que Sylvain Prudhomme nous livre là.

Une belle découverte. Merci.



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Anaïs
  14 octobre 2018
Anaïs de Yves Montmartin
Pour une fois, je ne vais pas faire de résumé du livre avant de donner mon ressenti après la lecture. Le résumé de l'auteur est assez énigmatique pour vous donner les grandes lignes...😊





Je souhaiterais remercier l'auteur, Yves Montmartin de m'avoir proposé de lire en avant-première son nouveau livre. 👍 J'avais fait connaissance avec son univers et son style dans un précédent ouvrage, le livre qui vole où j'avais été agréablement surprise par la qualité et la douceur de sa plume.



Anaïs se présente comme un roman policier sans vraiment l'être. Une jeune fille disparait sans donner le moindre signe de vie et l'auteur nous propose via quelques personnages de remonter dans le passé avant ce drame que rien n'annonçait. Cette remontée dans le passé est très perturbante au départ puisque les protagonistes, les faits sont si éloignés qu'on ne cesse de se demander si l'auteur n'a pas fait un hors sujet. Ce sentiment perdure et sans s'en rendre compte, l'auteur nous prend par la main et nous dévoile une petite fenêtre cachée au milieu de tout cela où se trouve l'explication. Je refuse d'en dévoiler plus afin de vous laisser la surprise.





Tout comme la première fois, j'ai été conquise par la plume douce de l'auteur où la violence, l'horreur malgré la thématique ne sont pas présentes dans ce roman. Tout est relaté via le point de vue et des extraits de journaux souvent candides de morceaux de vie. L'auteur utilise la méthode du flash-back permettant de suivre l'enquête concernant la disparition d'Anaïs et de revenir à des moments clefs dans le passé.



Les seuls bémols à mon sens concernent les extraits du journal intime d'Amandine et la couverture.

Les extraits de journal font redondance très souvent avec ce qui est relaté dans le chapitre précédent où le narrateur est la même personne. Ces extraits sont certes plus directs dans leurs propos, plus personnels, mais sans grand intérêt par moment.🙄

La couverture.... 😖 Bon j'avoue qu'à la réception du livre, j'ai esquissé une grimace. Un fond noir, du rouge... je m'attendais à lire un thriller et j'avais vraiment envie de tout sauf de cela. Il serait bon d'adoucir la couverture et de partir sur quelque chose de plus clair qui correspondrait plus au contenu... Et par-dessus tout, oublier ces ronds rouges ! Cela laisse entendre meurtre, sang, horreur, serial killer et j'en passe... bref tout sauf le but visé.️😐





Pour conclure, Anaïs est un roman à découvrir. 😉 le style de l'auteur est frais, le récit est traité d'une manière humaine sans partir sur du sensationnel et de l'horreur. Yves Montmartin nous offre seulement une porte d'entrée dans la vie d'une famille qui bascule dans le drame. le tout est saisissant et émotionnellement puissant une fois que vous comprenez les indices distillés dans le livre et la conclusion.





Encore une fois, un grand merci Yves pour ce partage. J'ai passé un excellent moment de lecture et je peux vous assurer que votre livre m'a émotionnellement touché notamment par l'humanité mise dans le ton, le style, les faits, les personnages. 😉

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Le train zéro
  12 octobre 2018
Le train zéro de Bouida Iouri
Voila. J'ai fini. Je l'ai lu d'une traite. Je l'ai fini. Il m'a fini. J'ecris tout de suite. Sans reflechir. A quoi bon? Je le regretterai peut-etre plus tard. Sans repentir. Mais d'abord je vais me verser une vodka. Une vodka, moi? Moi le mediterraneen ouzoamidi jerezlesoir? Moi le gache par la francophonie calvadosdetempsentombe? Une vodka? Mais ou se cachent les tasses en fer-blanc rapportees du Venezuela comme un souvenir exotique? Une vodka. Je n'ai que de l'Absolut. Je vais y mettre du poivre. Et des feuilles de the noir. Il me faudrait une saloperie a base de pommes de terre. Comme ils devaient en boire a la station. Comme s'en avalait Ivan, le vieux Vania, le dernier de la station, avant de s'envoyer en l'air avec son train, le train zero. Oui, il s'est envoye en l'air, il a saute son train, il l'a fait sauter, le train de sa vie. Cent wagons. Plombes. Deux locomotives a l'avant, deux a l'arriere. Le train pour lequel a ete creee la station no. 9. Le train pour lequel on les avait amenes, lui et les autres, construire cette station. Le train qu'ils avaient servi toute leur vie. Il s'arretait a la station toutes les nuits, a minuit. Le temps de recharger charbon et eau. Et ces derniers temps il ne s'y arretait plus. Il passait en trombe, dans un grand bruit de ferraille violee. Alors tous sont partis, peu a peu. Deja avant il y en a eu qui partaient, essayant de comprendre, chercher la destination du train, la derniere station. Parce que, que transportait-il, ce train? Ils devenaient fous, comme Micha le juif, comme Vassia, comme Alionka qui s'etait couchee sur les rails en criant: maman! Que transportait-il? Personne ne savait. Defense d'en parler. Je rale. Ou est ma vodka? Alionka avait hume les wagons: "c'est des gens". Folle. Elle etait folle. J'enrage. Vassia avait marche des centaines de kilometres pour en revenir fou: "il n'y a pas de gens. Que des femmes et des enfants". Four a lier. J'ecume.



Ca a ete sa vie, a Vania. La station. Le train zero. Le fracas des roues. Les gemissements du metal. Le charbon. L'eau. La chaudiere. Les conserves. La vodka. Les femmes. La ligne. Ric-rac.

C'aurait pu etre different. Parce qu'il y avait Fira. Fira, la seule translucide d'entre toutes les femmes, toutes opaques. Deja dans le camion qui les avait emmenes au site de la station il l'avait flairee, abasourdi. "Qu'est-ce qu'elle sentait? Oh Seigneur! Pas le chou, tout de meme! Ni l'oignon. Ni. [...] Son odeur a elle". Pour Fira, il avait tue, le colonel roux qui commandait les soldats de la garde. Elle etait la seule femme. Elle etait toutes les femmes. Mais ils l'avaient emmenee, l'interroger. Elle etait revenue toute ensanglantee. Opaque. Elle ne voulait plus rien. Plus rien de la station. Plus rien des hommes. Je vais rajouter des feuilles de the noir. Me bruler le palais. M'enflammer le gosier. Pour Fira. Une petite qui disait: "nous les juifs nous n'avons que le sang et la memoire". Elle a eu sa ration de sang. Et moi du coup j'ai decroche la memoire. Une memoire qui n'est pas a moi. Une memoire qui est a tout le monde et que je m'en vais noyer dans l'Absolut degenere.



Une autre tasse pour tous les autres. Amenes vers un isolement force, pour un travail inexplique, incomprehensible. Une station pour un seul train? Que dis-je une? Et la 5? Et la 6? Et la 10? Et les autres? D'ou vient ce train? Ou va-t-il? Que transporte-t-il? Pourquoi tout ce travail? Pourquoi toutes ces vies embastillees? Pourquoi toutes ces morts? Pourquoi tous ces fous? Tous ces rendus fous? Pourquoi toutes ces souffrances? Ce pourrait etre absurde si nous n'avions jamais entendu parler de l'Homme de Fer, le sbire sanguinaire aux sourcils epais et a la longue moustache. Le millionnaire: des millions d'assassines, des millions d'emprisonnes, d'enfermes, des millions de deportes. Mais voila, moi je m'en souviens. Toute la vodka ingurgitee n'a pas reussi a me faire perdre la memoire.



Iouri Bouida non plus n'a pas perdu la memoire. Il nous donne la un recit ahurissant, invraisemblable, effarant, qui pourrait etre de la science fiction, mais nous comprenons tres vite, nous savons tous, les cheveux dresses, le sang tambourinant nos tempes, que c'est son devoir de memoire. Il ecrit sans aucune moderation, sans atermoiements, il ne laisse aucun repit a son lecteur, il est cruel, mais c'est parce que sa memoire est cruelle.

Et il touche. Juste a l'intersection entre le coeur et le cerveau. Moi j'ai le coeur dechire. Et le cerveau... ai-je encore un cerveau apres toute cette vodka? Je ne sais plus. Je verrai bien quand je me remettrai de cette nuit de beuverie. Quand je me remettrai de Bouida. Si je m'en remets. Je crois que pour moi il y aura desormais un avant Bouida et un apres Bouida.



Il va etre minuit. Le train zero va passer. Je vais le faire sauter.
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Diyarbakir
  11 octobre 2018
Diyarbakir de Seyhmus Diken
Diyarbakir est une ville au sud-est de la Turquie, connue comme le bastion de la population kurde de Turquie. Une ville et une minorité ethnique qui ont toujours subit des pressions et une certaine hostilité de la part des autorités du pays, et cela depuis l'empire Ottoman.



L'auteur Şehmus Diken originaire de cette ville très ancienne, qui date du XIII éme siècle avant J.C., nous donne un état des lieux très riche à travers l'Histoire de la ville dans le contexte politique du pays et des Kurdes, sa géographie, ses tribus, ses us et coutumes, y mêlant contes, légendes et poésie de la région, avec sa propre histoire. Des légendes truculentes comme celle des femmes qui vont pique-niquer en dehors des remparts de la ville, qui pour contourner le couvre-feu en rigueur, portent leur pique-nique dans un cercueil, sous prétexte d’un enterrement au cimetière, non loin de leur lieu de villégiature, ou l'anecdote du village à cent pour cent syriaque, des orthodoxes, où le gouvernement construisit une mosquée et envoya un imam en service tous les jours....

Une ville dont les murs de fortification sont des vraies œuvres d’art datant de 3000 ans avant J.C., aujourd’hui presque en ruines, et qui s’efforcent de rester debout, comme le symbole d’un passé glorieux et de l’endurance. Une ville où ont vécu côte à côte, en parfaite entente à une époque, kurdes, arméniens, syriaques, juifs et turcs sans aucun questionnement d'origines.

Une ville aujourd'hui en train de perdre son âme, au nom "de la modernité et du progrès" ( comment ne pas commémorer Tiziano Terzani ), mais aussi et surtout pour des raisons politiques, graves.



Ecrire 300 pages sur une ville sans tomber dans le piège de guide de voyage, et relater avec amour et humour son âme vieux de cinq mille ans, sous le joug de maintes épreuves, voilà un tour de force très réussi par Diken. Une approche objective d'un homme éclairé, pacifique, intelligent, sans aucune attitude agressive. Malgré les difficultés actuelles, un auteur non exilé, qui vit toujours dans sa ville natale, et ses livres en vente libre dans le pays. L'édition originale date de 2002, seize ans ont passé, les choses ont empiré et le fond des problèmes est toujours là, mais avec des solutions de plus en plus inaccessibles. Un livre pour curieuses et curieux, hors des sentiers battus, pour mieux comprendre notre monde à travers une ballade intemporelle dans la plus grande ville de la Mésopotamie, d'où a émergé l'une des plus vieilles civilisations de notre Terre.



Je n’ai qu’une pincée d’âme, / A offrir à son désatre, à son malheur, / Que je meure loooy… / Vide, ma main, / Piégé, mon pied. / Or, moi seul saurai  / Combien j’aime à feu et à sang  / Et aussi la Tour de Diyarbekir / Qui a une bouche mais pas de langue…

……. »

( Ahmed Arif , poète originaire de Diyarbakir )

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Le Melkine
  08 octobre 2018
Le Melkine de Olivier Paquet
Une belle introduction.





Le Melkine est indépendant. C' est un navire école qui fait le lien entre les fréquences, mais la chef de l'une d'elle veut se servir de lui pour prendre l'avantage et vaincre le conditionnement des habitants.





Dissonance cognitive et conditionnement culturel. Vous n'avez pas compris grand chose à ces premières lignes ? C'est normal. Malgré une ambiance très zen qui fait qu'on se sent bien à la lecture de ce premier opus, je l'ai trouvé un peu bavard. Il n'est pas particulièrement compliqué à suivre et on comprend finalement tout ce que cherche à dire l'auteur. Il nous présente son univers, ses personnages attachants et bien dessinés.





Ce premier tome est une lecture agréable, mais qui traîne parfois un peu en longueur. Normal c'est l'intro d'une trilogie. Attendons la suite.
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Brûlures
  10 octobre 2018
Brûlures de Dolores Prato
Dolorès Prato ( 1892- 1983 ) est une écrivaine, poétesse italienne.

Ce court récit de 44 pages, inspiré de l’enfance malheureuse de l’auteure, qui abandonnée par sa mère, non reconnue par son père et laissée aux bons soins d’un oncle dans les ordres, se voit confier à un couvent de religieuses cloîtrées.

Dans la fiction la mère est morte, la jeune fille a une sœur, et la vie dans le couvent est devenue une épreuve pour l’adolescente qui reçoit une lettre de l’oncle, immigré en Amérique du Sud.......

Les religieuses la menace de « Brûlures »,si elle décide de partir du couvent et explorer les mystères terrestres, abandonnant les mystères célestes.....

Une nouvelle pleine de poésie, une première approche à une grande écrivaine méconnue du grand public.
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Les bracassées
  15 octobre 2018
Les bracassées de Marie-Sabine Roger
Fleur Suzain ne quitte pratiquement jamais son appartement. Non pas seulement à cause de son obésité qui la met un tantinet mal à l'aise mais surtout parce qu'elle est agoraphobe, phobique sociale et constamment angoissée. Une angoisse qu'elle apaise à coup de Zenocalm, de Sérénix et Placidon. La seule sortie qu'elle s'autorise est lorsqu'elle se rend chez son thérapeute, le cher Fiodor Borodine. Mais, voilà, depuis que Mylord, son carlin chéri, a fait une crise cardiaque il y a peu, elle hésite à le laisser seul pour quelques heures. Aussi décide-t-elle de laisser une annonce chez Diego, l'épicier du coin...

Harmonie, une jeune femme de 29 ans, souffre du syndrome Gilles de la Tourette, en proie parfois à de nombreux gestes vifs et violents et de mots grossiers. Recherchant désespérément son parapluie qu'elle a perdu, c'est en consultant le panneau d'affiche chez Diego qu'elle tombe sur une annonce proposant une ou deux heures de ménage par semaine, suivant le cas. Ce boulot, il le lui faut ! Résolue et satisfaite, elle prévient Freddie, son petit ami, de son intention de postuler. Lui doute quelque peu.

La rencontre haute en couleurs entre ces deux femmes va bouleverser leur vie...





En flânant rue des Soupirs, on y croisera Fleur et Harmonie bien sûr mais aussi Elvire, aux yeux fébriles et vibrionnants, Tonton, la femme un brin baraquée aux sculptures modernes, monsieur Poussin, le photographe centenaire qui a passé sa vie à faire des clichés, le "docteur" Borodine qui cache bien des secrets et Mylord, le carlin obèse. Une galerie hétéroclite de personnages particulièrement attachants, réjouissants et qui, au contact des autres, va porter un regard différent sur le handicap. Qu'il soit obèse, atteint du syndrome Gilles Tabourette ou de nystagmus, chacun va apprendre sur les autres mais aussi sur soi. Marie-Sabine Roger nous offre, une fois encore, un très beau et émouvant roman, empreint de bienveillance, de gentillesse, de délicatesse, de tolérance, d'humour, d'amitié et de dépassement de soi. L'auteur manie avec dextérité la plume : elle écrit comme Harmonie s'exprime, avec ses mots grossiers et ses Ah Ah Ouh Ouh, et dépeint le quotidien de Fleur à travers son journal intime. Un roman tendre et cocasse et des bracassées que l'on quitte à regret...
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Tu t'appelais Maria Schneider
  11 octobre 2018
Tu t'appelais Maria Schneider de Vanessa Schneider
Il a suffi d'une scène du film de Bernardo Bertolucci, Le dernier tango à Paris, pour faire de Maria Schneider une jeune femme scandaleuse. Une scène qui n'était pas prévue dans le scénario original qui allait décider de toute sa vie. Une scène que l'histoire familiale de Maria, peu aimée de ses parents, a rendu insurmontable pour la jeune fille de l'époque, désormais adulée et détestée, qui va partir dans une longue dérive enchaînant drogue, alcool et internements. Plus tard, Bertolucci a fini par s'excuser (se dire coupable, mais ne rien regretter au nom de l’art), mais trop tard, Maria n'était plus de ce monde. Et d'ailleurs rien n'aurait pu effacer le mal qu'il lui avait fait avec son film.



Remarquablement racontée par sa cousine Vanessa, l'histoire de Maria Schneider est une histoire émouvante qui montre une famille excentrique incapable de sortir la jeune actrice de l'enfer. Par indifférence ou parce que ce n'était pas possible. C'est aussi l'histoire d'une époque, celle de la libération sexuelle, avec ses retours de bâton pour les femmes. Un récit édifiant qui montre à quelle point les actrices étaient, et sont, dans un monde dominé par l'argent et les hommes (le reflet de notre société patriarcale), à la merci de leur désir et de leurs fantasmes. Il suffit, s'il fallait s'en convaincre, de regarder l'affaire Weinstein qui aujourd'hui dévoile peu à peu cette réalité nauséeuse.



Elevée au rang de chevalier des Arts et Lettres par Frédéric Mitterrand, alors ministre de la culture et ami de longue date, après une vie tumultueuse et tragique Maria est honorée, ainsi que l'écrit Vanessa Schneider : « Tu étais enfin récompensée, reconnue comme une actrice qui a compté. Tu n'avais pas traversé la vie pour rien. Tu pouvais désormais la quitter. »



#TuT'appelaisMariaSchneider #NetGalleyFrance
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Sherlock, Lupin et moi, tome 1 : Le mystère d..
  07 octobre 2018
Sherlock, Lupin et moi, tome 1 : Le mystère de la dame en noir de Irene Adler
Premier tome de la saga Sherlock Holmes, Lupin et Moi. .👨‍👧‍👦





Mme Adler passe l'été avec sa fille, Irène à Saint-Malo. À peine arrivée, Irène ne peut supporter longtemps le comportement lourd et pesant de sa mère et décide de se promener. Elle fait la connaissance de William Sherlock Holmes puis d'Arsène Lupin. Rapidement, ces trois adolescents s'entendent comme des larrons en foire et passent le plus de temps possible ensemble. Leur endroit fétiche est une maison abandonnée, la résidence Aschcroft. C'est d'ailleurs lors de l'une de leur expédition dans la villa qu'ils découvrent un corps gisant sur la plage. Ce naufragé malheureusement mort ne possède pas le moindre papier d'identité sauf un petit mot laconique.

Nos trois jeunes enquêteurs décident de mener l'enquête sans prendre conscience de tous les risques...





J'aime beaucoup l'univers de Sherlock Holmes ainsi que celui d'Arsène Lupin. Alors voir dans ma librairie un ouvrage les mettant tous les deux en relation a attisé ma curiosité. Je reste au final dubitative quant au résultat. Ayant déjà lu des pastiches mettant en scène la jeunesse de Sherlock Holmes, je n'ai pas trouvé inédit de mettre cette époque en avant. L'intrigue de départ est un peu brouillonne avec une histoire de mort, d'identités variées, de réseau clandestin et de vengeance. Ce livre s'adressant à un public jeune, je trouve ces thèmes trop lourds et indigestes dans une seule intrigue.

Par contre, le récit relaté au travers des pensées et souvenirs du personnage féminin, Irène Adler (personnage créé par Arthur Conan Doyle d'ailleurs et ayant émoustillé Sherlock) apporte une touche sympathique au récit. Ainsi, le récit est émaillé de commentaires comparant le Sherlock ou le Lupin jeune avec leurs "futurs" devenir. L'humour est présent et apporte un côté un peu décalé à l'ensemble.





Pour conclure, un roman reprenant la thématique Holmésienne et Lupienne en version jeunesse, et permettant de découvrir nos héros dans leurs adolescences. Personnellement, je n'ai pas adhéré plus que cela, mais si cela donne ensuite aux lecteurs de découvrir ses personnages mythiques dans leurs écrins originaux... Pourquoi pas.😉

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À son image
  15 octobre 2018
À son image de Jérôme Ferrari
Antonia ne croyait pas en Dieu, mais son oncle, qui lui avait offert son premier appareil photo, en célébrant la messe des morts peut pleurer et espérer qu'elle est auprès du Seigneur. A la lumière de photographies, associées à chaque moment de la liturgie de la messe de requiem pour la jeune photographe corse morte accidentellement, se dévoile « ...le lien intime unissant la photographie à la mort ». Un sujet dont Antonia est souvent le lien charnel.



En 1983, Antonia photographie les flammes qui menacent de ravager le village de ses parents et la peur des habitants. Bien avant en 1911, pour un journal Italien Gaston C. photographie à Tripoli des corps suppliciés et des pendaisons qui l'impressionnent mais lui font sentir à quel point il est vivant. A la même époque dans Les Balkans, Rista M. photographie la guerre et les supplices. Quand Antonia est devenue photographe professionnelle, en 1984, réduite à photographier des joueurs de pétanque, elle fait pour elle des photos des morts de la lutte armée des indépendantistes corses. Des jeunes gens à qui elle trouve un manque de crédibilité, bien que proches d'eux et maîtresse d'un des leurs. Et puis comme « Il est des appels auxquels on ne peut que répondre » Antonia part, contre l'avis de sa famille, photographier la guerre en Yougoslavie. Elle ne développera jamais les photos : impossibles à regarder.





Ces épisodes présentés sans chronologie, qui ont pour point commun la photographie et la mort, sont autant de prétextes pour une réflexion sur la foi, sur le nationalisme corse, sur le rôle de la photographie dans les guerres. Avec ce livre remarquable tant dans la forme que dans le fond, une manière pour Jérôme Ferrari de nous pousser à réfléchir sur l'image du réel à laquelle on s'attache, en réalité un instantané déjà dépassé au moment où il est fixé : ... « Sur les photographies, les vivants mêmes sont transformés en cadavres parce qu'à chaque fois que se déclenche l'obturateur, la mort est déjà passée. » Une image de la mort, quand il s'agit des guerres, souvent manipulée, tout aussi incapable de dire leur atroce réalité, de nous faire réfléchir pour qu'elles cessent : « la photographie ne dit rien de l'éternité, elle se complaît dans l'éphémère, atteste de l'irréversible et renvoie tout au néant. »
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La mélancolie du kangourou
  13 octobre 2018
La mélancolie du kangourou de Laure Manel
Comme j’ai aimé ce roman !

Comme j’ai aimé ce kangourou de père impuissant.

Comme j’ai aimé cette mélancolie de l’amour enfoui.

Comme j’ai aimé Rose, cette fée au grand cœur et cette petite Lou, petit bébé innocent.



Après s’être épanchée sur la délicatesse du homard, Laure Manel se penche ici sur la mélancolie du kangourou avec cette même idée de résilience en toile de fond ou comment une rencontre peut guérir les blessures de l’âme.



Antoine a 36 ans quand il devient père et orphelin le même jour lorsque sa tendre Raphaëlle décède des complications de l’accouchement. Antoine est dévasté. S’occuper de sa fille en plein deuil de son épouse, c’est impossible pour lui. Il en veut à Lou, il en veut à la terre entière de ne pas le laisser tranquille, de ne pas le laisser pour mort devant l’effroyable absence de celle qu’il aime tant. Simone, sa mère se rend compte qu’Antoine ne pourra s’occuper de sa fille, il lui faut de l’aide. Et c’est ainsi qu’ils engagent Rose, une jeune fille bien dans sa peau qui ne demande pas mieux de joindre l’utile à l'agréable en s’occupant du jeune nourrisson. La place de Rose dans cette maison mortuaire devient vite indispensable. Antoine délaisse sa fille, il se noie dans le chagrin pendant que Rose s’occupe, le cœur serré, de Lou. Elle la berce, la nourrit, lui sourit, bref elle lui offre tout ce qu’une mère aimante est censée offrir à son bébé. Sans prendre la place de mère, sans juger le père, elle endosse à 22 ans le plus grand rôle de sa vie.



Ce roman aérien est doux, touchant, sensible, relevant de délicates questions existentielles sur le deuil, la reconstruction, l’amour paternel, la résilience, la patience et surtout il offre un beau regard pétillant sur l’essentiel de la vie à travers les yeux d’une jeune fille pétillante et combien vivante.



La mélancolie du kangourou c’est le rendez vous de la mort avec la vie.

C’est un paradis en enfer. C’est des yeux qui s’ouvrent tout doucement sur la pointe des pieds. C’est un éblouissant hommage à la vie après un drame.



À lire sans modération pour se sentir léger comme une plume.
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Cher Diego, Quiela t'embrasse
  08 octobre 2018
Cher Diego, Quiela t'embrasse de Elena Poniatowska
Diego Rivera est un peintre celebre.

Diego Rivera est un monstre sacre.

Diego Rivera est un monstre. Un ogre cannibale qui engloutit la substance vitale de ceux qui l'entourent et n'en laisse que les os.



C'est du moins comme ca qu'il apparait dans ce petit livre de Poniatowska. Un livre qui imagine les lettres que lui aurait ecrit sa premiere femme, abandonnee sur le vieux continent apres dix ans de mariage, quand il repart, seul, pour le Mexique. Lachee, jetee comme du lest, oubliee. Loin des yeux loin du coeur? Rivera a de tres bons yeux de peintre, mais a-t-il du coeur?



Un roman epistolaire emouvant, parce qu'il soumet a notre lecture des lettres auxquelles ne repond qu'un silence humiliant, avilissant. Des lettres d'une femme desemparee par sa solitude. Sans lui, elle est seule et esseulee, et aucun des amis qui l'entourent et essayent de la soutenir n'arrivera a remplir le vide qui s'est empare d'elle. Elle est inconsolable. Elle continue a aimer, elle aimera toujours, tout en sachant qu'elle ne peut esperer ni amour, ni aucun sentiment en retour, de celui qui l'a delaissee. Ses lettres exhibent la passion obsessive d'une femme, peintre elle aussi, qui pendant dix ans avait laisse son art en arriere, deperir, pour mieux servir l'objet de son amour. Des lettres qui pleurent l'enfant qu'elle a eu de Rivera et qui est mort bebe, parce qu'il ne lui reste donc rien de lui. Des lettres de desarroi: sans lui, quel avenir? Pourquoi un avenir? Avant elle etait Quiela, comme lui l'appelait. Maintenant elle n'est plus qu'Angelina Beloff, ou La Bielova, comme la denomment les autres.



Les lettres sont datees de 1921-1922. Entre les lignes on sent que, si en amour elle n'arrivera jamais a se remettre, son art, renouvele, lui permettra de respire, de continuer a vivre. de s'accepter comme La Bielova. Dans une sorte de courte postface, Poniatowska nous dit qu'en 1935 elle reussit a rejoindre le Mexique, sans essayer d'importuner Rivera. Se rencontrant dans un concert, il passera a cote d'elle, sans meme la reconnaitre.



Elena Poniatowska, La Poniatowska, La Belle Poniatowska, La Princesse Poniatowska, a reussi un livre emouvant. Un roman, un livre de fiction, qui restitue une vraie histoire et qui m'a semble plus veridique que tout ce qui aurait pu etre dans la vraie vie. Elle a ecrit de nombreux livres sur des femmes, et elle arrive a exprimer toute une palette de sentiments, d'emotions, que peut-etre seule une femme aurait pu traduire en mots. Elle le fait magistralement.





P.S. J'ai lu les autres critiques sur Babelio. Ce livre a rappele a certains la Lettre d'une inconnue, de Zweig. Moi je le rapproche plutot de A la hauteur de Grand Central Station je me suis assise et j'ai pleure, d'Elizabeth Smart. le meme amour inconditionnel que rien ne pourra jamais remplacer.

D'autre se sont revoltes face a l'effacement, voulu, de la protagoniste derriere l'homme qu'elle a admire et aime, au nom du feminisme. Et moi je me dis que l'amour se developpe dans une autre dimension que la politique ou le social. Qu'en amour il n'y a peut-etre de place ni pour du machisme ni pour du feminisme. Ces notions rendent les armes devant l'amour. Et de toutes facons, je crois que l'ecriture de Poniatowska est en soi feministe. Et c'est tres bien comme cela.

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