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Critiques les plus appréciées

Le Noël d'Hercule Poirot
  04 août 2018
Le Noël d'Hercule Poirot de Agatha Christie
Pour les fêtes de fin d'année, Hercule Poirot a été gâté par le Père Noël. 🎁Normal, plus sage que lui, tu meurs... pour son plaisir et ses petites cellules grises.





La famille Lee pour les fêtes de fin d'année compte faire les choses en grand. En effet, le patriarche, Simeon Lee a réussi à réunir toute sa famille : ses trois fils (Alfred, David et Georges), les épouses d'Alfred et David, sa petite fille Pilar Estravados, fille de sa fille unique morte de nombreuses années auparavant.

Ce petit monde est donc réuni pour passer un agréable moment festif et heureux... Utopie ! Simeon Lee en homme froid, et aimant les drames est bien décidé à s'amuser aux dépens de ses enfants. Alors, cette occasion lui permet de faire preuve de cruauté.

Le soir du 24 après un dîner houleux où Simeon Lee s'est fait une joie de rabaisser les siens, un cri atroce retentit et des bruits d'objets chutant également. Lorsque la famille se précipite dans la chambre du patriarche, ils ne peuvent que constater les faits : Simeon Lee a été sauvagement assassiné.

Hercule Poirot étant en villégiature chez le colonel Johnson, appelé pour constater les faits, il est naturellement invité à faire son enquête.





Tout d'abord, je trouve ce titre Le Noël d'Hercule Poirot assez cynique. Il n'ya rien dans cette enquête policière qui témoigne d'une ambiance de noël à part les quelques allusions au temps.

L'enquête est décomposée en 7 parties correspondant à 7 jours du 22 au 28 décembre. Les premières parties jusqu'au meurtre permettent de découvrir la famille Lee, les tensions existant entre chacun, leurs aspirations et leurs espérances. Les dernières mettent en avant le meurtre et l'enquête.



Globalement, l'intrigue est plutôt agréable même si des longueurs sont présentes. Les personnages ne sont pas très charismatiques et donnent rapidement envie de tous les enfermer. Entre le fils émotionnellement fragile et son épouse lui servant d'infirmière , le fils voleur et dépensier et l'autre se pensant plus importants qu'il n'est... il y a de quoi. Les personnages féminins ne sont pas mieux avec la femme cupide et dépensière, la mère poule et la demoiselle extravertie. Bref, pas de nuances... que des caricatures.



Heureusement, l'enquête est des plus passionnantes avec des révélations à la pelle. C'est un régal même si l'on connait l'intrigue de suivre les pistes que laisse Agatha Christie dans son oeuvre. Au final on se dit qu'on avait toutes les clefs en main !



Une enquête sympathique.🎁

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La 5e Vague, tome 3 : La dernière étoile
  02 août 2018
La 5e Vague, tome 3 : La dernière étoile de Yancey Rick
Troisième et dernier volet de la trilogie 5ème vague.🌎





Quelques semaines après les événements terminant le tome 2u "La mer infinie", nos survivants ont trouvé refuge dans le repaire d'un silencieux. Cependant, chacun a son idée quant à la suite : Ben désire se lancer à la recherche de Riner et Teacup partie se renseigner sur des grottes non loin (voir le précédent tome) ; Cassie désire protéger son frère Sam et convaincre Evan de ne rien entreprendre de risqué et, Evan désire se lancer dans une mission destruction en infiltrant le vaisseau spatial.

De l'autre côté, Ringer alias Marika prend la décision de contrecarrer les plans de Vosch en acceptant de travailler avec lui...





La première chose qui me vient à l'esprit en achevant cet ultime tome est ... ENFIN !!! et TOUT CELA POUR CA ??!!! 😵

Je suis au final complètement dépitée et déçue par cette saga soi-disant innovante et loin des schémas classiques annoncés par Rick Yancey. Que nenni ! Vous terminez cette trilogie avec tout simplement le sentiment d'avoir été trompé. Nombreux aspects de l'histoire ne trouve pas de réponse après trois longs tomes. Qui sont les Autres ? Pourquoi sont-ils venus ? Pourquoi cette manière de détruire les humains à petit feu ? Comment les Autres sont intégrés dans des corps humains avec une conscience qui ne s'active qu'au moment idéal. Pourquoi EUX sont encore en vie sachant que 7 milliards d'humains sont morts ? Certes, l'auteur donne des réponses, mais elles sont complètement idiotes et sans intérêt.





Parlons de l'intrigue maintenant.... Que vous dire si ce n'est que l'action peine à se lancer avec de nombreux moments d'expectative où les personnages hésitent entre y aller ou pas. C'est lent, c'est tout en longueur... bref, pas très passionnant. Par contre, une fois l'action lancée... là on part dans le gag pour ne pas dire la stupidité. Entre un Ben qui depuis le premier tome ne cesse de se faire tirer dessus sans mourir de septicémie ou de perte de sang ; un Evan qui revient à chaque fois auprès de Cassie malgré ses blessures, une Ringer héritant de super pouvoirs.... bref, il y a de quoi se poser des questions sur ce que souhaitais nous relater Rick Yancey. Au final, cela donne un roman brouillon.😓





Les personnages ne sont pas mieux.... Rick Yancey développe dans ce dernier volet les relations amoureuses des protagonistes, mais ce n'est plus crédible. Les personnages donnent un sentiment de superficialité.





En conclusion, enfin cette trilogie est terminée. Je reste cependant sur ma faim concernant les nombreuses interrogations à la lecture de la saga. L'auteur a tenté de se démarquer des autres romans de dystopie et de science-fiction, se moquant des auteurs, des films et j'en passe... mais il tombe au final dans les mêmes travers.😓

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L'échelle de Jacob
  11 août 2018
L'échelle de Jacob de Ludmila Oulitskaïa
Nora, décoratrice de théâtre, femme moderne qui élève seul son fils, découvre à la mort Maroussia, sa grand-mère, les lettres qu’elle et son grand-père Jacob ont échangé pendant plus de vingt-cinq ans. Une correspondance épistolaire sincère, franche, respectueuse et attendrissante. « Un quart de siècle d’amour, d’amitié, de mariage… »



L'époque de Jacob et Maroussia (à partir de 1910, la mort de Tolstoi), et le présent de Nora (à partir de 1975-1981) sont les deux temps de narration de cette histoire familiale, une histoire de femmes libres surtout, qui entendent exister intellectuellement et socialement. D'origines bourgeoises mais progressistes, Nora comme sa grand-mère Maroussia sont féministes, souhaitent s'épanouir dans un travail valorisant et croient à la possibilité d'une justice sociale. Ce qui sur ce dernier point ne fut pas le cas de Jacob qui quand « La justice sociale tant attendue frappa ... abandonna sa carrière à peine commencée à l'institut et trouva un travail dans le département des statistiques du commissariat du peuple au Travail d'Ukraine ... se réduisit à des discussions dans un cercle intime ... son principal interlocuteur restait Maroussia, emballée par l'édification d'un avenir grandiose. » Jacob qui, par la suite accusé d'activités antisoviétiques, passa une bonne partie de sa vie en relégation.



De l'époque tsariste à celle de Poutine, en passant par celle de la révolution bolchevique et de l'URSS, avec Ludmila Oulitskaïa nul besoin d'enjamber les vides, ils n'existent pas ou si peu dans cette saga prenante de grand ampleur (plus de 600 pages quand même) inspirée par la vie de sa famille pendant tout le XXe siècle. Des juifs intellectuels et artistes pour la plupart, surdoués pour certains, dissidents pour d’autres, des hommes et des femmes avec des hauts et des bas qui ont été, à ne pas en douter, des acteurs et des témoins privilégiés de leur époque.
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Les derniers jours de Newgate
  11 août 2018
Les derniers jours de Newgate de Andrew Pepper
Premier tome de la saga Les Enquêtes de Pyke.🍺





Pyke est un Bow Street Runner, l'ancêtre de la police constitué en majorité d'hommes pas très recommandables et capable de fermer les yeux voire de participer à des activités illicites si le butin vaut le coup. Pyke quant à lui fait partie de ceux ayant la réputation la plus sulfureuse, étant un homme calculateur, froid et prêt à tout pour arriver à ses fins. Lorsque Lord Edmonton le convoque dans son manoir afin de lui donner comme mission de retrouver une somme conséquente dérobée, Pyke accepte ne voyant que le bénéfice qu'il pourrait tirer de cette affaire. Mais lorsque sa filature le conduit dans un quartier douteux puis dans une chambre où un couple et leur bébé sont morts, la situation tourne vite au cauchemar voire au piège mené de main de maître.

En un rien de temps, la vie de Pyke bascule et le voilà enfermé à Newgate au milieu d'hommes qu'il a arrêtés. Lorsque le jugement tombe et qu'il est condamné à mort, Pyke décide de tout mettre en oeuvre pour sortir de cette impasse et retrouver les investigateurs du complot afin de leur faire payer chèrement.





Si vous espérez découvrir un nouveau héros au coeur d'or, aux actes altruistes et à la morale sans faille, vous pouvez de suite le chercher ailleurs.😓 Ici, Andrew Pepper nous offre un thriller ou le personnage principal et le héros par la même occasion est tout sauf sympathique. Entre cruautés, dur, froid, vicieux, voire sadique, utilisant les femmes comme de vulgaires bouts de viande, sans scrupules, sans regret, à l'honnêteté douteuse... je serai encore en dessous de la vérité pour vous le présenter.





C'est également ce personnage qui rend au final mon sentiment après la lecture de ce premier opus complètement mitigé.... En effet, le personnage de Pyke nous est présenté comme un être vil, cynique et sans coeur, mais des incohérences se font jour dans le livre. Andrew Pepper tente de justifier ses actes à chaque foi, de lui donner une touche plus noble en argumentant : "Oui il a tué cet homme de telle manière, mais voilà pourquoi....". Cela rend le personnage grotesque et ridicule.

Pire, ces incohérences se reflètent dans les actions de son personnage principal avec un Pyke craint par tous, mais cela n'empêche pas l'auteur par moment de nous le vendre comme un leader ou comme un médiateur. De plus, cet homme à femmes qui n'hésite pas à prendre ce qu'il désire est décrit comme un jouvenceau puceau face à Émilie Edmonton.... Ce côté fleur bleue de l'intrigue ne cadre ni avec la personnalité de ce pseudo antihéros, ni avec l'intrigue.





L'intrigue quant à elle manque de dynamisme. L'histoire traîne en longueur - puisque le récit est plus descriptif que vécu par les personnages - et se disperse énormément entraînant une perte du lecteur en chemin. Entre le meurtre de la famille, le conflit irlandais, les tensions entre catholiques et protestants, la fin de Bow Strreet Runner, les vengeances, les espoirs ... on s'y perd tout simplement.



Heureusement, le contexte historique sauve un peu ce livre. Andrew Pepper décrit le conflit en Irlande, les implications avec l'Angleterre, les lois votées et les prémisses de Scotland Yard.





Pour conclure, 452 pages pour suivre Pyke dans un rôle de méchant, mais gentil, mais méchant quand même ... c'est un peu trop à mon sens. J'attends la sortie du second tome pour me faire une idée définitive.😓
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Le Horla
  02 août 2018
Le Horla de Guy de Maupassant
Relisant – encore une fois – ce petit conte, j’ai soudain pris conscience du titre: “Le horla”. Cela m’a decide a ajouter mon grain de sel a toutes les critiques deja publiees sur ce site.



Le horla. Un petit chef-d’oeuvre de la literature fantastique. Ou un petit conte sur la folie. Qu’est-ce que le horla? Un personnage, ou une image, ou une hallucination, quelque chose d’insaisissable qui attaque le narrateur. Insaisissable parce que quand on le croit la, il est hors, et quand on le croit hors il est la. Quand on le voit ici il est en fait ailleurs, et quand on le croit ailleurs il est ici. Il est partout: ici et ailleurs. Il n’est nulle part: ni ici ni ailleurs. Il reste donc a tous moments la hantise du narrateur. Hors-la. Hors du monde mais present dans la conscience du narrateur.



Qu’est-ce donc ce petit conte? Un conte fantastique? Un recit de la folie ordinaire? Un petit chef-d’oeuvre en tous cas, comme l’ont deja note tant d’autres.

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Dans les veines ce fleuve d'argent
  10 août 2018
Dans les veines ce fleuve d'argent de Dario Franceschini
C'est l' Italie, au temps des lavandières, des passeurs, des bateliers, des charrettes à cheval et des auberges.

C'est une histoire de fleuve, de brume et d'eau, de ses gens et de ses animaux.

C'est l'histoire d'un homme, Primo. Un homme du fleuve. De Catarana qu'il a quitté pour la ville et où il y revient pour retrouver quelqu'un qui lui a posé une question quarante ans plus tôt, et à laquelle il n'a pas su répondre.

Un voyage dont il ignore où il le conduira.....



Entre réalisme et magie, un livre qui rappelle les films de Tarkovski, dont Nosthalgia,

et qui m'a aussi fortement fait penser à "La maison des autres" de Silvio d'Arzo.

Un récit riche en sensations, où la douceur de la prose contraste avec la violence des eaux du fleuve d'argent.

Merci Bison.



"Il ne peut pas y avoir de secrets sur le fleuve. L'eau ramène à la surface même les plus lourds.......Le fleuve ne permet jamais à ses hommes d'aller loin. Il les oblige à y revenir, parce que c'est là qu'ils doivent mourir".
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L'appel de la forêt
  13 août 2018
L'appel de la forêt de London Jack
L'Appel de la forêt (ou L'Appel sauvage dans sa plus récente traduction) est chronologiquement le premier roman de Jack London ayant pour personnage principal un chien. Il y aura ensuite Croc-Blanc ; Jerry, chien des îles et enfin Michael, chien de cirque. Ce premier ouvrage est resté probablement le plus célèbre (quoique talonné de fort près par Croc-Blanc).



L'Appel de la forêt raconte comment, après moult péripéties, un chien californien, arraché à ses maîtres, finira par redevenir sauvage dans les montagnes arctiques d'Alaska à l'époque de la ruée vers l'or, au tout, tout début du XXème siècle.



À de très multiples égards, Croc-Blanc est un symétrique inversé de cet Appel de la forêt : la situation finale de l'un étant le début de l'autre et réciproquement. J'imagine que suite au succès rencontré par le premier (et donc aux rentrées d'argent subséquentes), grande était la tentation pour Jack London — qui entendait vivre de sa plume —, de resservir le couvert sur un thème équivalent. C'est ce qu'il fit avec Croc-Blanc et il le fit très bien car, selon moi, il a su gommer dans le deuxième roman bon nombre des petites maladresses qui émaillaient ce premier opus.



En premier lieu, le côté « super héros » du héros. Ici, le héros se prénomme Buck, c'est un croisé saint-bernard et berger écossais, qui vit paisiblement dans une sorte de grande hacienda californienne, jusqu'au jour où… sa vie bascule. Et là, de rudoiement en périple, d'odyssée en calvaire, Buck va s'avérer, dans le grand nord américain situé entre Alaska et Canada, être un super athlète du genre canin, un colosse d'airain, plus intelligent, plus puissant, plus endurant, plus résistant, plus menaçant, plus je-ne-sais-quoi encore en « ant » que tous les autres, huskies et loups compris. Bref, tellement plus « plus » que cela en devient peu crédible, et c'est selon moi un défaut que l'auteur corrigera quelque peu avec son héros dans Croc-Blanc.



En second lieu, la succession un peu artificielle des différents propriétaires de Buck. Car Buck, il faut bien le reconnaître, en ces contrées hostiles du Klondike, où la découverte de l'or faisait tourner les têtes au tournant du XXème siècle, comme tous les autres chiens de traîneau, était ravalé au statut de marchandise, et, en qualité de marchandise, avait non pas un maître mais un propriétaire. Et on peut tout de même considérer que de propriétaires, Buck en a eu beaucoup : j'en ai dénombré au moins six sans compter l'infâme Manuel, l'assistant jardinier, par l'entremise duquel tout arrive. Ça fait peut-être un peu trop, six propriétaires dans une vie de chien, sachant que sa vie est encore loin d'être terminée en fin d'ouvrage. On a l'impression que dès que l'auteur n'a plus besoin d'un personnage, il le jette et s'empresse de redonner un nouveau maître à Buck. Jack London se limitera à trois pour Croc-Blanc.



En troisième lieu, j'ai tendance à être assez mitigée, voire très, lorsqu'à plusieurs reprises l'auteur nous fait état d'un supposé atavisme, à mi-chemin entre le chamanisme et la génétique, qui ferait que Buck « ressentirait » au fond de son être une disposition primitive et aurait comme « en mémoire » une représentation de l'homme préhistorique et de ses attributs, ce qui faciliterait son retour à la vie sauvage. Ça ne correspond ni à ce dont j'avais l'intuition auparavant, ni à ce que dit la recherche actuelle après vérification, c'est même tout le contraire : les chiens sont de plus en plus adaptés à la sphère anthropique et plus loin que jamais de leur ancêtre sauvage, le loup. Des compétences nouvelles apparaissent (comme suivre le pointage du doigt d'un humain) et d'anciennes disparaissent (comme se déplacer dans une même direction sur des centaines de kilomètres) : on est sur la voie d'une spéciation. le portrait comportemental de Croc-Blanc me semble beaucoup plus réaliste sur ce point : même à la fin, il demeure « handicapé » des attributs propres au chien.



Ma quatrième remarque, quelque peu en lien avec la troisième, a trait à une espèce de destinée qui transparaît en fil conducteur tout au long de la narration et qui ferait état d'une manière de prédestination de Buck à la vie sauvage. En fait, ce qui me pousse à croire qu'il s'agit d'une maladresse, c'est que cela n'est présent que pour étayer la symbolique et le message que souhaite distiller Jack London : faire l'éloge du côté brut de la nature, du retour à la force originelle, loin de l'affaiblissement généralisé de la vie civilisée. Buck est fort et il a le caractère franc, il fait les choses par conviction et non par intérêt ; bref, tout le contraire de l'image que se faisait London du citadin moyen. Donc le roman sonne à mes oreilles comme un message à l'adresse des humains, où l'animal n'est que le moyen de véhiculer ce message. C'est tout à fait différent dans Croc-Blanc et surtout dans les deux derniers romans sur les chiens où la relation homme-chien est réellement au coeur des ouvrages et me semble tellement plus pertinente.



J'imagine qu'il n'est pas utile de continuer plus longuement ce bilan « à charge » de L'Appel de la forêt comparativement aux autres romans de l'auteur dédiés aux chiens. Cela avait juste pour objectif (et non pour prétention) de comparer et peut-être de rééquilibrer les « valeurs » supposées des uns et des autres pour des lecteurs qui n'auraient lu aucun de ceux-là. L'Appel de la forêt est extrêmement célèbre, les deux derniers comparativement beaucoup moins alors que leurs qualités respectives ne m'apparaissent pas significativement inférieures, c'est même, à mes yeux, tout le contraire.



Pour le reste, c'est tout de même un roman très agréable à lire, même s'il est un tout petit peu téléphoné par moments, on ne s'y ennuie guère. Toutefois et ce sera mon dernier mot, si vous n'aviez qu'un seul roman de cet auteur à choisir concernant les chiens, et en dépit de sa popularité, j'aurais tendance à ne pas vous conseiller celui-ci. Mais comme d'habitude, vous savez à présent que ceci n'est que mon avis, qu'il n'engage absolument que moi (et encore) et surtout que comme chacun de nous possède un avis différent, celui-ci, à lui tout seul ne signifie pas grand-chose.
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Jours barbares
  10 août 2018
Jours barbares de William Finnegan
De spots en breaks, William Finnegan nous entraîne sur la vague. Entre réminiscences “surfesque” et carrière journalistique autour du monde, la quête du meilleur ride porte des atours quasi mystiques.



Malheureusement, l’auteur finira par me noyer, car même s’il n’est pas nécessaire d’être un passionné de ce sport, il faut quand même être motivé.



Dommage, car je pense malgré tout que ce livre est plein de qualités. Ce n’était peut-être pas le bon moment...



Abandonné en juillet 2018.
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Pour vous servir
  02 août 2018
Pour vous servir de Véronique Mougin
Nom : Joyeux (qualité dont elle aura sans aucun doute besoin dans l'exercice de sa profession).

Prénom : Françoise.

Profession : femme de ménage, femme d'entretien, parfois conseillère voire confidente, chargée des courses, cuisinière, … en tout cas taillable et corvéable à Merci.



Accompagnant de la susnommée employée : Michel Joyeux, cuisinier de son état qui en aura vite ras le bol des manies, exigences, et débordements des patrons souvent incapables de reconnaître son travail.



S'il s'agit d'un roman, c'est sans aucun doute un écrit fort bien documenté qui me rappelle une grande tante qui a travaillé dans la haute société parisienne entre 1940 et 1980 et qui nous racontait la petite histoire de ces gens friqués, et moi petite fille, j'adorais ces récits, c'est sans doute la raison pour laquelle j'ai eu envie de lire ce livre. Mais ce n'est peut-être pas l'unique raison : les gens très fortunés font pour moi partie des mystères de la création : leur apprend-on dès leur plus jeune âge à mépriser ? quelles sont exactement leurs valeurs ? qu'est-ce que l'amitié pour eux ? Est-ce une notion basée sur les rapports d'argent ? Bien sûr, il ne faut pas généraliser.



Toutefois l'histoire de Françoise et de ses places successives me semble très édifiante. Son histoire professionnelle est constituée de chapitres s'ouvrant sur la présentation du poste qui lui est attribué, son salaire, ses obligations, et se refermant sur une règle qu'elle établit pour elle-même et dont elle devra tenir compte au long de sa carrière si elle veut éviter les ennuis.

des employeurs dont l'étendue de la fortune est inconcevable pour le commun des mortels, elle en rencontre de toutes sortes : depuis les richissimes châtelains qui curieusement ont beaucoup de travail lorsque Françoise se voit obligée de harceler Monsieur au sujet d'une éventuelle augmentation, (mais elle rit quand madame voit pour la première fois une paire de gants de caoutchouc), en passant par la Tatie Danielle de service, les gens biens qui ne voient pas ce que leur rejetons font de leur argent de poche, la notaire illuminée qui écoute la messe en latin tout en vitupérant contre les Africains, les Asiatiques et les arabes, prête à dénoncer les sans-papiers, la mère de famille qui s'aperçoit (un peu tard ) qu'élever des enfants, c'est difficile voire impossible… J'en passe, je laisse aux lecteurs de cette pépite le soin de découvrir les aventures de Françoise qui garde en toutes circonstances son humour. Cet écrit de Véronique Mougin est admirable, on croirait une autobiographie, et plusieurs fois, je me suis surprise à retourner le livre dans tous les sens, à la recherche de quelque indice qui aurait pu expliquer le pourquoi de ce roman : vécu de l'auteur, témoignages venant de relations, travail dans ce milieu avant de se convertir pour devenir écrivain ? Rien de tout cela. Il faut tout de même savoir que Véronique Mougin , en tant que journaliste, semble s'intéresser particulièrement au social et a publié deux ouvrages : femmes en galère et les SDF, que je lirai certainement si je trouve ces livres.



J'avais adoré « où passe l'aiguille » publié en 2018, je me suis délectée en lisant ce premier roman qui paru en 2015. J'espère que l'auteur nous prépare encore quelques romans et continuera longtemps à manier son humour souvent décapant qui empêche de refermer ses livres.

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Le chat noir
  12 août 2018
Le chat noir de Edgar Allan Poe
Le narrateur , homme aimant sa femme et son chat noir plus que tout, fini par tomber dans l'alcoolisme. De là il s'ensuit des déboires; comme il peut en subvenir dans ces cas là



La petite touche de fantastique de Poe instille goutte à goutte dans sa nouvelle est la dose idéale. Poe arrive par son écriture a nous plonger dans une histoire angoissante qui monte doucement , mais sûrement en intensité.



Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu de Poe, mais le plaisir est toujours intact.
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Chanson douce
  07 août 2018
Chanson douce de Leïla Slimani
Écouté, dans ma voiture, parfois bloquée par les vacanciers venus jouer les touristes dans mon sud-ouest, ce furent 5h45 de questionnement, de trouble, d'incompréhension et parfois aussi d'horreur.

J'avais entendu une interview de Leïla Slimani et je connaissais le thème de son roman, Prix Goncourt 2016, et j'avais choisi délibérément de ne pas le lire car je refusais de trouver la moindre circonstance atténuante à Louise, la nounou infanticide.

Et puis le livre audio s'est présenté sous mes yeux, à la médiathèque, et, même si je n'étais pas persuadée de l'écouter jusqu'à son terme, c'est envoûtée par la voix de Clotilde Courau, que j'ai remonté le temps avec Myriam et Paul, les parents, et Mila et Adam, leurs enfants, dont Louise, la nounou, avait la charge ...

Un seul mot pour résumer : glaçant !

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La délicatesse du homard
  11 août 2018
La délicatesse du homard de Laure Manel
Un homme. Une femme. Une rencontre incongrue sur une plage bretonne. Deux passés en friche que l'auteure nous fait découvrir par petites séquences. Deux naufragés que la vie n'a pas épargnés.

Lui est devenu un ours solitaire, ressassant à n'en plus finir ses erreurs du passé, ses échecs retentissants. Il fuit comme la peste tout ce qui ressemble de près ou de loin à l'amour, à une relation durable, source évidente d'emmerdes et de souffrances puissance 10.

Elle ? elle n'existe pas ; elle est invisible ; elle est celle qu'on ne retient pas, qui ne compte pour personne. du moins le pense-t-elle, du plus profond de son âme. Elle n'est qu'un cri de colère, de haine. Elle a choisi de disparaître, de quitter sa vie. Une fuite en avant désespérée qui la mène jusqu'à cette plage bretonne.

Ils vont mettre un bout de temps à s'apprivoiser, ces deux-là ! puis à s'aimer, à se dire leurs vérités, à se montrer leurs plaies. Ensemble, ils vont clore toutes les douleurs du passé, s'entraidant l'un l'autre ; ils vont solder les comptes, se redonner une nouvelle chance, et construire à deux un avenir qu'ils espèrent, en croisant les doigts, en priant le bon Dieu, le plus radieux possible.

Un bien joli roman avec en prime la petite larmichette que vous allez verser sur les dernières pages, du moins pour les coeurs d'artichaud dans mon genre.

Une écriture simple, sans fioriture, sans prétention. C'est précisément cette humilité qui fait toute la force du livre, toute sa beauté.

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L'Art de perdre
  02 août 2018
L'Art de perdre de Zeniter Alice
C’est avec beaucoup de sentiments négatifs que j’ai abordé le début de ce roman : de la répugnance, à parcourir une fois de plus le récit des exactions des fanatiques de tous poils, de l’aversion pour ses scènes qui , bien que maintes fois lues ou vues, provoquent toujours cette nausée, comme le font celles qui évoquent les horreurs de la shoah. Pas question dans cet épisode de l’histoire de prendre parti, sinon contre celui de la violence extrême « justifiée d’idoles » ou d’utopies qui sont autant de passeport pour exhumer la nature bestiale de l’humanité. Malgré tout Alice Zeniter, au-delà de l’évocation de l'insoutenable , parvient à bien mettre en évidence l’absurdité du destin de ceux qui ont fait le choix qu’ils croyaient juste, qui en furent glorifiés pour devenir des parias apatrides.



Puis vient départ de ce pays auquel la famille doit renoncer , tant la menace est grande et la peur omniprésente. Le chagrin est d’autant plus lourd que ce qui s’efface peu à peu au rythme de la progression du ferry qui s’éloigne, c’était la réussite sociale, la gloire éphémère du héros, la vie en famille, l’espace et un destin choisi.



C’est là que le récit devient captivant , et riche de faits qui n’ont pas été étalés à la une des médias de l’époque. Il n’y a en effet pas de quoi être fier : avoir utilisé ces hommes à des fins de stratégie militaire, au péril de leur vie, pour les délaisser , eux et leur famille, , en proie a des conflits de loyauté insolvables , et dans des conditions de vie quotidienne que l’on réserve plutôt à des criminels, pour aboutir au final dans celui fut la genèse des « quartiers », n’a rien de glorieux.



C’est la dernière partie qui est la plus remarquable : Naïma , née en France, d’un père qui a oublié, dans un processus d’auto-protection, finit par retourner sur la terre de ces ancêtres.

Si Naïma naît sous la plume pour exister au nom d’Alice Zeniter, qui s’est inspirée de la vie de sa propre famille pour écrire ce roman, elle fait partie d’une galerie de personnages dont le portrait est élaboré avec finesse et subtilité, pour le plus grand bonheur du lecteur.



Um mot pour mentionner le magnifique poème d'Elisabeth Bishop qui a inspiré le titre.



Les lycéens ont encore une fois élu un ouvrage brillant, et nécessaire.


Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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Le Fauteuil hanté
  13 août 2018
Le Fauteuil hanté de Gaston Leroux
Que c'est bon de retrouver l'auteur de Rouletabille, sa logique et son humour.



La prose de Gaston Leroux est un régal, plein de jeux de mot très drôle.

Déjà la recherche des noms de familles des personnages est juste tordant (enfin pur certains) et bien sûr ces patronyme leurs vont comme un gant.



J'ai beaucoup aimé la façon de mener l'intrigue. Je n'y ai vu goutte et franchement pour mon plus grand plaisir. Les personnages sont recherchés et créent la sympathie



J'aime bien ces vieux bouquins qui ont une qualité étonnante et qui malgré le temps ne vieillissent pas si mal.

Je me pose la question de savoir si l'auteur n'avait pas une dent contre l'académie française, qui l'air de rien en prend pour son grade (pour mon plus grand plaisir encore une fois !) .





Un chouette roman , bien dépaysant

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Lorsque j'étais quelqu'un d'autre
  04 août 2018
Lorsque j'étais quelqu'un d'autre de Stéphane Allix
Une erreur de choix qui m'a pourtant fait bigrement réfléchir. Peu attiré par le paranormal et l'ésotérisme, je n'avais jamais entendu parler de Stéphane Allix. En me procurant ce livre, je m'attendais à du romanesque ; j'eus droit à une enquête journalistique sur la vie et la mort d'un officier SS. Lors d'une séance de méditation dans une cabane paumée au Pérou (un peu d'exotisme ne fait pas de mal), notre journaliste a une vision horriblement précise de l'agonie d'un officier SS sur le front russe. Persuadé qu'il est sa réincarnation, Stéphane Allix n'aura de cesse de poursuivre cet officier SS du lieu de sa naissance jusqu'à celui de sa mort dans un village perdu de Russie. Ces rêves de plus en plus précis, sans ambiguïtés, montrent que cet officier SS, porté par une brise immortelle, est une part de lui.

Je n'ai pas accroché, parce que je ne crois pas à tout ce charabia. D'ailleurs, son histoire n'a mené à rien sinon qu'il est le porteur d'une parole de l'ombre. Tu parles d'une révélation… Pour moi, une fois mort, on ne survit que dans la mémoire des vivants, et de ce que l'on a pu construire sur cette basse terre. On ne survit que dans ce que nos gênes apporteront de bien ou de moins bien à nos descendants.

Je me souviens pourtant qu'à son retour de Jérusalem, où elle allait pour la première fois, ma grand'mère adorée me prit par la main et me dit que certaines rues, certaines places lui avaient paru invraisemblablement familières. Elle avait acquis la conviction qu'elle s'était déjà rendue dans cette ville dans une autre vie, un autre temps. Bizarre d'entendre cette réflexion de la part d'une vieille dame si sensée, si raisonnable, si accrochée au réel, et qui entretenait avec la religion et son infernal au-delà des relations plutôt suspicieuses… Une remarque que je n'oublierai jamais.



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Le Retour de Casanova
  08 août 2018
Le Retour de Casanova de Arthur Schnitzler
Casanova a vieilli. le grand seducteur veut retourner a sa Venise natale d'ou il s'est enfui il y a fort longtemps. Il est fatigue. Fatigue d'aventures, fatigue d'amours. de Mantoue ou il sejourne il en demande donc la permission.



Pendant l'attente il est invite dans un domaine agricole ou il rencontre une jeune fille qui l'émeut par sa beaute et son intelligence. Elle ranime son caractere chasseur et il essaie de la conquerir. Ce sera la preuve qu'íl a encore toutes ses facultes, qu'il est encore le Casanova qu'on a tant craint et celebre partout en Europe. Mais elle se montre non seulement indifferente mais aussi legerement dedaigneuse. Il devra user de tromperie, artifice qui finira mal en fin de compte. L'exultation qu'il a ressenti un bref moment tourne en malaise, en ecoeurement.



Pour enfoncer le clou Venise lui communique qu'elle n'est prete a le recevoir que s'il accepte la basse besogne d'epier ses concitoyens. Il accepte, de tristesse de coeur. Il est encore en vie mais il n'est plus Casanova. Et de toutes facons la Venise qu'il retrouve n'est plus sa Venise. Tous ses espoirs, en fait ses illusions, sombrent.



Schnitzler nous donne un petit roman sur la vieillesse, sur le desenchantement. Et comme toujours chez lui, on sent que derriere la decheance d'un homme il depeint le declin d'une epoque, d'un monde. Ou du moins que chaque changement d'epoque ne peut etre que douloureux pour ceux qui ont connu autre chose. Et il importe peu que le changement soit en mieux ou en moins bien. Il n'est jamais faste pour les anciens.



Il peut exister des vieillesses heureuses. Mais – entre nous – qui veut vieillir?



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Ça peut pas rater
  07 août 2018
Ça peut pas rater de Gilles Legardinier
Marie vient de se faire méchamment larguée pour une jeunette. De gentille jeune femme elle devient un vrai démon. La vengeance est un plat qui se mange froid et puis elle a perdu confiance dans la gent masculine.



Un roman assez sympa qui se lit vite et bien, sans prise de tête pour le lecteur. Maintenant l'héroine est complètement déjantée… mais au final elle n'est pas la seule.



L'écriture de l'auteure est toujours aussi agréable et son humour bien présent. J'aime beaucoup sa logique humoristique qui m'a fait sourire a bien des reprises. Ce que j'aime aussi c'est le côté qui l'air de rien parle également de choses sérieuses. Le relationnel homme-femme, la confiance, l'amitié,...



Un livre léger, agréable et idéal pour ces chaudes journées.
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Rocking Horse Road
  06 août 2018
Rocking Horse Road de Carl Nixon
Qui a tué Lucy Asher ?

New Brighton, banlieue de Christchurch, Nouvelle-Zélande.

Un matin de décembre 1980, Pete, ado de quinze ans, descendant la plage aperçoit de loin une jeune fille nue couchée sur le sable. Est-ce un mirage ? Malheureusement, non. C'est Lucy, dix-sept ans, assassinée. Vingt-cinq ans après, le narrateur, l'ami de Pete, et présent à l'époque sur les lieux, suite à la découverte morbide, se souvient.

Un meurtre qui bouleversera les habitants de New Brighton et s'incrustera dans la mémoire de Pete et ses acolytes. Il leur laissera à jamais un sentiment de malaise balayant l'insouciance de leur jeunesse, dont l'image, du court chemin du cercueil, de l'église au corbillard, marquera pour toujours, un tournant dans leurs vies et la perte de leur innocence, “un moment décisif où nous sommes entrés dans un espace de non retour, comme le prouveront ultérieurement les faits”, (« At that moment we moved through to a landscape from which, events would later prove, there was no going back. »). Dans cette communauté fermée, où Lucy était une des leurs, désormais elle deviendra une obsession.....

Suite au meurtre fin 80 , l'annonce en mars 81 de l'arrivée en tournée en Nouvelle Zélande de l'équipe de rugby sud-africaine Springbok, rival notoire de leur équipe AllBlack, et le vandalisme qui s'en suivra dû à là diversité d'opinion vis à vis de l'Apartheid, portera la perte d'innocence au niveau national. Quel type de personne peut tuer ainsi une jeune fille, ou peut faire du vandalisme défiant tout une communauté ? (« What type of people came in the night and defiled such an important part of the community? »).Des questions qui semblent étranges aujourd'hui, vu l'état du monde, mais apparemment dans ce pays à l'époque elles ne l'étaient pas.



Superbement écrit dans le fond et la forme (v.o), avec de jolies descriptions de la nature et des lieux, ce n'est pas à proprement parler un thriller. A partir d'une simple histoire de meurtre, l'auteur nous plonge dans les méandres d'une chronique sociale et d'études de moeurs d'une communauté, et de la radiographie de sa jeunesse, sur fond de la Nouvelle-Zélande des années 80. Un livre aussi sur l'amitié, au ton mélancolique, un brin fataliste, égayé de temps en temps d'un zest d'humour discret. Un livre qui plaira aussi bien aux amateurs de romans noirs, qu'aux amoureux de la littérature, et surtout, surtout, aux curieuses et curieux .



“One of the things that our investigation has taught us over the years is that life is almost never that simple.”

( de nos recherches durant des années, nous avons bien appris une chose, que la vie n'est presque jamais aussi simple).

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La bonne vie
  15 août 2018
La bonne vie de Megevand Matthieu
Enfin, je peux poster mon avis suite à des directives demandant de patienter jusqu'au 15 aout. C'est chose faite.





La bonne vie se présente comme une biographie romancée de Roger Gilbert-Lecomte, poète maudit qui malgré un génie et une plume extraordinaire sombra dans la drogue et ne laissa à la postérité que quelques écrits. Matthieu Mégévand la vie de ce poète, né à Reims en 1907 et se sentant déjà à l'époque dans un univers trop étriqué pour lui. Pouvant être qualifié de surdoué, Roger Gilbert-Lecomte, ne pense pas qu'à l'art, à la philosophie et à appliquer ces préceptes à sa vie de tous les jours. Accompagné de camarades de classe, il monte à Paris où il fonde la revue Le Grand Jeu.

Malheureusement, sa quête de toujours pousser plus loin l'ennui et les défis le conduise à se marginaliser et sombrer dans les drogues dures. Rapidement, son état de santé se détériore, ses amis ne peuvent plus l'aider et ce poète s'éteint pour de bon.



Comme beaucoup, je ne connaissais pas ce poète ni de nom, ni de part ses écrits.

Matthieu Mégevand nous brosse ici une biographie antagoniste sur plusieurs points. Tout d'abord, le titre La bonne vie... sachant que Roger Gilbert-Lecomte a brûlé la chandelle par les deux bouts en croquant la vie à pleines dents sans se préoccuper des contingences financières, matérielles, familiales où le mot travail et salaire n'avaient aucun sens pour lui... Oui, on peut parler de bonne vie même si au final elle fut courte et douloureuse.

Ensuite, le récit n'est qu'une succession de hauts et de bas où la vie de Roger Gilbert-Lecomte oscille entre succès et malheur. La création de sa revue lui apporte une renommée, mais son addiction aux drogues, à la paresse l'empêche de développer le tout.





Matthieu Mégevant a su retranscrire dans cette biographie les noirceurs, les malheurs par lesquels passe Roger Gilbert-Lecomte. Au final, le rendu est plutôt réussi et émotionnellement fort.





Un grand merci aux éditions Flammarion pour cette découverte.

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Oreiller d'herbes
  15 août 2018
Oreiller d'herbes de Sôseki Natsume
Je me souviens d'avoir débuté, il y a longtemps, mon commentaire de Sur la Route par : « Ceci n'est pas un livre, c'est un état d'esprit. » Eh bien je crois que je pourrais débuter celui-ci par une formule exactement similaire, tant l'impression laissée sur moi est du même type (mais non pas comparable).



Ici, l'auteur Natsume Sôseki écrit le roman d'une quête. Mais est-ce un roman ? Est-ce une quête ? Je ne sais… Car c'est si différent des écrits à l'occidentale, c'est si chargé de codes, qui me sont, pour bon nombre, inconnus, que je n'arrive guère à me prononcer. Bref, c'est spécial.



Au départ, j'ai vraiment adoré l'entrée en matière du roman, pleine de réflexion et de philosophie, le tout délicatement recouvert d'une fine couche de lyrisme. Et puis, est venue la narration, au sens le plus classique du terme, avec des personnages, des événements, si bien que l'impression première — très positive — est un peu retombée comme un soufflet, car, avons-le, l'auteur n'est pas franchement un as de l'intrigue.



Oui, c'est cela qui m'a un peu dérangée, cette espèce de mélange entre une introspection de haut vol teintée de poésie comme sut en faire Fernando Pessoa avec son Livre de l'Intranquillité et cette soupe narrative, plus prétexte qu'autre chose. Et puis, par moments, ça revenait, les phases méditatives, apaisantes et lyriques à la fois, mais sans le charme des débuts.



L'auteur, donc, nous fait prendre part à la quête personnelle du narrateur, un peintre japonais de Tokyo (Edo) qui souhaite se rendre dans la montagne la plus reculée pour toucher aux racines vraies de l'art, de la poésie tout particulièrement bien qu'il fût peintre, je le rappelle. C'est en cela que ce livre n'est peut-être pas si éloigné du roman de Jack Kerouac sus-mentionné, l'idée d'une quête d'un objet immatériel. Il appartient peut-être également à la catégorie de ceux qu'a signés Hermann Hesse, son Siddhartha, son Loup de Steppes, par exemple, mais avec des tonalités bien à lui, très extrême-orientales, plus proches à certains égards de celles d'auteurs nippons du XXème tels que Kawabata ou Mishima.



Vous voyez, c'est assez étrange comme objet littéraire. Pas désagréable, de mon point de vue, mais pas non plus à m'y sentir totalement à l'aise : un rythme lent, réflexif, méditatif et contemplatif, mais pas que, des épisodes narratifs où l'on suit des personnages, mais pas que, et puis surtout, une gageure insurmontable, à savoir, essayer désespérément de pister, de s'approcher de manière asymptotique de ce que pourrait être un être poétique, le tout sur fond de séparation entre un homme et une femme couplé à un arrière-plan de guerre sino-russe.



Vous admettrez que ce n'est pas évident à définir un machin pareil, ça résiste à toute forme de catégorisation et je me demande encore, plusieurs semaines après en avoir terminé la lecture ce que je dois en penser. Peut-être est-ce cela finalement, l'accession à la poésie vraie, ne plus penser, lâcher prise, dériver sur l'onde, laisser glisser les lignes et les impressions sous nos yeux de lectrices et de lecteurs inconséquents… Quoi qu'il en soit, de cet avis comme de beaucoup d'autres choses, cela ne signifie pas grand-chose, et si le coeur vous en dit, allongez-vous sous les nuages, la nuque posée sur un oreiller d'herbes et laissez-vous porter…
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