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Critiques les plus appréciées

Le Silence des agneaux
18 mai 2017
Le Silence des agneaux de Thomas Harris
"Apprends-nous l'amour et le détachement.

Apprends-nous à être en repos. »



C'est avec délice que j'ai dégusté une à une les pages ainsi soumises à moi. Un roman d'une saveur particulière, qui se doit d'être apprécié à sa juste intensité. Je connaissais Thomas Harris de Nom, pour avoir vu les adaptations de ses romans, voila pourquoi j'ai tout naturellement commencé mon initiation par celui dont j'ai le plus entendu parlé: le silence des agneaux.



Hé bien! C'était parfait!

Voyez que je suis capable de mettre 5/5!

Il suffisait juste de croiser la perfection :



La petite Clarice, étudiante brillante à deux doigts du FBI!

Gumb, homme qui n'a de rêve que son manteau en peau de femme!



Et bien-sûr, notre favoris, celui sans qui cette histoire perdrait toute sa magie: LECTER! Fin psychologue, doté d'une suprême intelligence et d'un sens de la dérision extraordinaire. Il nous maintient en haleine, son dialecte est envoûtant. Comment ne pas l'adorer?! Lui, Hannibal, le Cannibal qui est enfermé dans sa cage sous haute sécurité ! Et qui arrive encore à « s'amuser ».



Description superbe, ni trop complexe, ni trop facile! Les personnages sont tous travaillés, et amenés correctement. Je ne trouve rien à critiquer: d'où ma note maximale.J'ai seulement regretté d'avoir vu le film d'abord! Mais heureuse d'y retrouver de légères différences et des détails ajoutés. Non, vraiment, j'ai pris mon pieds à travers ce roman! J'ai suivi l'enquête avec Clarice, j'ai adoré ces entrevues avec Lecter, tout en prenant plaisir à découvrir peu à peu l'arracheur de peau.



Maintenant si vous voulez bien, j'ai un repas sur le feu!

Quant à ce qui le compose....



Bonne lecture
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Par amour
15 mai 2017
Par amour de Valérie Tong Cuong
10 juin 1940, aux aurores. Dès qu'Émélie a poussé la porte de la chambre de sa fille, Lucie, cette dernière se doutait bien que cette journée ne serait pas comme les autres. Habillée comme pour un dimanche, une grande valise à la main, elle a déclaré qu'ils devaient partir. Tout de suite. Jean, à peine plus âgé que Lucie, s'est aussitôt levé, à aider sa sœur à se préparer et tous les trois ont attendu patiemment tante Muguette, la sœur cadette d'Émélie. Celle-ci est arrivée peu après, parlant d'une drôle de voix, tenant d'une main un gros sac de toile et de l'autre Marline, toute décoiffée. Pas le temps de faire la vaisselle, les Boches la feront. Il est temps de partir. Joseph, l'aîné de Muguette, était resté dehors, près de son vélo. Tous les six prennent la route, les enfants devant. Il ne faut pas trop tarder car il n'y a pas moins de cinq kilomètres pour rejoindre le bac, d'autant qu'ils ne sont pas les seuls sur la route, ce matin-là, une valise à la main...



Valérie Tong Cuong nous offre un roman choral particulièrement poignant et incroyable de vérité sur la deuxième guerre mondiale. Au travers des portraits de ces deux familles havraises, elle décrit habilement le quotidien d'une population qui subit les attaques, les rationnements, l'occupation nazie mais aussi les bombardements allemands et anglais, détruisant la ville et tuant ses occupants. Une guerre vue et vécue des yeux d'un adulte mais aussi d'un enfant, l'auteur donnant la parole aussi bien à Muguette, Émélie et Joffre qu'à Jean, Lucie, Joseph ou Marline, les enfants. Des parcours extraordinaires de deux familles ordinaires subissant âprement la guerre. Fort documentée et renseignée, pour preuve la liste des ouvrages étudiés et des témoignages individuels recueillis, Valérie Tong Cuong se place au plus près de la vérité, soulignant que ce roman s'inspire de personnes, d'événements et de faits bien réels. Du Havre à l'Algérie, elle retrace avec une maîtrise et une précision remarquable, avec une certaine compassion, le parcours de chacun, de 1940 à 1945. Un récit dense, passionnant, profondément humain, habité par des personnages inoubliables et servi par une écriture qui se veut tantôt grave tantôt innocente.

Remarquable...
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Cyrano de Bergerac
19 mai 2017
Cyrano de Bergerac de Edmond Rostand
J'ai troqué mes cliques et mes claques

Contre des cloques et des flaques

Un sac à dos pour oublier

Qu'avant c'est toi qui me pesais



Extrait chanson Vianney "Je m'en vais"

que je m'eusse permis de rajouter

Contre vents et marées, via Nez. Voilà le décor est planté, j'ai utilisé le Plus que Parfait, parce que Cyrano de Bergerac a, lui, décidé d'être admirable en tout et pour tout !



Une ballade se compose de trois couplets de huit vers,

Point ne t'inquiétasses, j'en écris qu'Un, je m'évapore, je m'éthTer

MI-NEZ mais NEZ c'est Cer-videz moi votre verre

Jusque là, j'eusse rempli à tous les Kritter

Bergerac, moulin à rimes, un vrai Don qui Choque

Cuculle par terre, vous décroche la lune, par les aimants rejoint le firmament

Mieux que tu valusses prendre tes clics plutôt que ses claques, qu'il te Pèrefourasse de son Estoc

Que j'eusse encore besoin de votre ....

Aide, mon Rostand. (Comme promis : TER)



Que Huit verres pour un si bon moment

Que dis-je , ... pour un vrai Monument :-)









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L'été des charognes
18 mai 2017
L'été des charognes de Simon Johannin
La Fourrière. C'est ici que je vis. Un hameau au bout d'une route qui finit en patte d'oie. Au moins ici, on est tranquille. C'est pour ça que le père s'est installé ici. Juste trois maisons : la mienne, celle de mon ami, Jonas, et de la grosse conne. Celle-là même qui a écrasé mon chat. Du coup, pour se venger avec Jonas, on lui a buté son chien. À coups de pierre jusqu'à ce qu'il crève. De toute façon, des chiens, il y en a au moins une douzaine au hameau. Agressifs, en plus. Une vraie meute qui gueule sans arrêt. Une fois à la maison, il y avait mon père dans le jardin, en train de cuire des côtes de porc. Le barbecue, l'été, c'est tous les jours. Pour éviter qu'il y ait trop de mouches dans la maison. L'été ne faisait que commencer et on allait bientôt plus pouvoir se baigner dans le ruisseau à cause des brebis que les chiens du hameau, rien qu'en gueulant, avaient tuées...



À l'instar de la couverture, Simon Johannin nous livre un roman profondément sombre, cruel et fangeux. À La Fourrière, le pays de nulle part, les gamins, livrés à eux-mêmes, collectionnent les os trouvés au cimetière, jouent au jeu de l'Arabe, squattent chez la seule voisine qui a la télé, tuent les agneaux, martyrisent les animaux ou ramènent leurs parents bourrés pour conduire. L'on est plongé dans une atmosphère glauque, violente, brumeuse et misérable. L'on a les pieds dans les merdes de chien ou la boue. L'on pourrait presque sentir ces odeurs de charognes bourdonnantes ou ces fumées noires des usines de croquettes pour chiens. Ce roman est divisé en deux parties bien distinctes : la première narre avec âpreté et rudesse l'enfance du narrateur au milieu des charognes ; la seconde évoque l'adolescence. L'écriture est à la fois poétique, dure et râpeuse. Un premier roman saisissant, sauvage et brut.
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Chronique d'une mort annoncée
16 mai 2017
Chronique d'une mort annoncée de Gabriel Garcia Marquez
Ils avaient décidé qu'il devait mourir, pourtant, ils auraient aimé que quelqu'un les arrête. Les assassins de Santiago Nasar étaient allés, mais en vain, au-delà de l'imaginable pour ne pas le tuer.



Parmi les villageois qui ont entendu les deux frères Vicario raconter qu'ils allaient laver l'honneur de leur soeur, certains n'y ont pas cru et d'autres qui, avec beaucoup de bonne volonté, ont tenté quelque chose, ont échoué. Santiago Nasar est mort sous les multiples coups de ses meurtriers.



Volonté, hasard ou fatalité, la mort d'un homme a-t-elle dépendu d'une tradition d'honneur et d'un concours de circonstances malheureuses ? L'enquêteur – il semble que ce soit Gabriel Garcia Marquez lui-même – paraît le croire. Et puis, Nasar était arabe ce qui a fait de lui, dans ce petit village caribéen, malgré l'absence de preuves, un coupable idéal.



Dans ce roman foisonnant de sensations et de sentiments contradictoires, bien que bref, Gabriel Garcia Marquez nous emporte dans un monde fruste et fascinant. Un monde bariolé, fantasque mais bien réel, sublimé par l'imagination narrative admirable du lauréat du Prix Nobel de Littérature.

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Fendre l'armure
19 mai 2017
Fendre l'armure de Anna Gavalda
Deux femmes, cinq hommes, sept histoires, ils parlent à la première personne du singulier ; une rencontre pour la plupart d'entre eux sera le moyen de fendre l'armure, se libérer,respirer, se sauver.



"......je suis allée visiter l'appart.

Bof. Y avait que des livres.

Je plaignais la femme de ménage…",

Vendeuse dans un magasin d'articles pour animaux, le temps d'une soirée, où "On mate, on choise, on fait plouf-plouf et on se raconte !", elle rencontre un poète, qu' elle va se la faire, littéraire !



Jeune veuve alcoolique, deux petits enfants, rencontre dans un café l'âme soeur....

dont l'armure sera fendue dans l'espace d'une nuit; bénis soit le whisky !



Les deux premières nouvelles ne m'ont pas vraiment emballée, je me suis dit la Gavalda , elle s'essouffle, mais à la troisième ca y est je la retrouve. La rencontre improbable d'un homme et d'un chien. Une rencontre et un fond d'histoire trés émouvants.

Ma joie est courte, arrive une autre rencontre, là je ne sais que dire.Ou j'ai rien compris, ou pour faire une chute surprise, Gavalda frise le pervers.

Mais elle ressuscite avec la prochaine "Mes points de vie" , où on la retrouve avec

un "Joe Pesci de six ans et demi " qui défend ses pévés ( points de vie ), mignon, mignon, touchant.



"Rien ne se dit, tout s'entend.

Ou l'invisible butin des amitiés de contrebande.",

"Le Fantassin "

Ai, ai, là encore je peine à comprendre le sens du récit d'une amitié fantasmée ,celui d'un chef d'entreprise condamné à la solitude qui fend l'armure pour nous confier sa rencontre avec son voisin de palier.....agrementé d'un long discours sur les godasses, leur passion commune. Une tirade qui n'en finit pas, vous pouvez y apprendre toutes les techniques de cirage.



La toute dernière nouvelle est géniale. Notre narrateur est un mec de trente-trois ans qui rentre à Paris en " tijivi " ,aprés le mariage d' un pote avec une de ses ex, à Saint-Jean-de-Luz,sa ville natale. Là je retrouve le style de la Gavalda que j'adore !



J'aime beaucoup la prose de Gavalda , mais pour la première fois je l'ai trouvé parfois lourde, l'argot+ l'inventé. Les fonds d'histoire m'ont plue une fois sur deux, donc je ne sais quoi dire, moi qui suis ( ou étais ?) une inconditionnelle d'elle.



"Ne nous prenons pas au sérieux, il n'y aura aucun survivant."( Alphonse Allais)



"Nous vivons une vie, nous en rêvons une autre, mais celle que nous rêvons est la vraie."

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On ira voir la mer
23 mai 2017
On ira voir la mer de Olivier Adam
Dans le bus qui le ramène du lycée, Olivier se retrouve assis à côté de Romain, un garçon avec qui il n'a jamais vraiment parlé mais qu'il connaît depuis le collège. Au moment de descendre, il lui propose, sans trop savoir pourquoi, de venir chez lui. Romain est accueilli avec un grand sourire par la maman qui semble se réjouir de cette visite inattendue. Après avoir écouté des disques, allumé la télé, fait quelques paniers, les amis se séparent. Ce n'est pas tant cette visite qui perturbe Olivier mais la phrase que Romain a prononcé. La phrase qui mentionnait Lorette, que cela avait été un vrai choc. Seul, le soir dans sa chambre, le jeune garçon ne peut s'empêcher de repenser à cette putain d'histoire...

Olivier rencontre Lorette au collège. De suite, ils se sont entendus parfaitement. Se considérant très vite comme frère et sœur. Inséparables. Deux caractères différents qui semblent se compléter...



Olivier Adam nous livre un roman délicat et touchant sur l'adolescence. Olivier et Lorette, 14 ans, une histoire d'amour et d'amitié d'une force incroyable. Lui, fasciné, admiratif. Elle, rebelle, fissurée, coléreuse, alcoolodépendante. Différente. L'on ressent, au fil des pages, les fêlures de Lorette, la rage qui l'anime parfois, le poids qu'elle semble porter en elle mais aussi l'amour, sincère, pur, indéfectible, qui l'unit à Olivier. L'on ressent aussi la présence des absents : le frère aîné d'Olivier, qui, honteux, s'est éloigné de sa famille et l'enfant mort. Beaucoup d'émotions, de déchirement, de tristesse et de beauté dans ce roman qui traite avec justesse du mal-être et de la détresse des adolescents.

Une fable douce-amère sur les blessures de l'adolescence, sur les coeurs et les âmes blessés...
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Mort point final
20 mai 2017
Mort point final de Franck Klarczyk


«Il faut ici bannir tout soupçon de ton coeur,

il faut en chasser toute vile crainte.»



Imaginez-vous ce professeur de français, tout à fait ordinaire.

Nulle le temps de sortir vos cahiers, que celui-ci

Tiens son arme ainsi dirigée sur sa classe.

Entrez ainsi donc, aux premières loges du dernier «Act»

Nommée: la divine comédie, ( Douces références à «Dante»).

Sans autre issue qu' «écrire» la dictée récitée... ou «mourir».

Intense polar, amenant à quelques souvenirs Kingiens.

Tenir le cap, parce qu'une seule faute vous sera permise.

Et tenter de survivre jusqu'à l'arrivée des secours.





LéGer résumé? Toutes histoires nous réserve son lot de surprise, et Frank Klarczyk sait jouer de ses lignes.



Bonne petite histoire, qui se déroule en deux temps, courte de 189 pages. L'écriture est fluide, et ne comporte aucune explication inutile. Je n'ai pas relevé d'incohérence, et le texte est solide. J'ai trouvé les dialogues des jeunes en récréation, ou par messages, un peu typé, (amplifié), mais rien de bien méchant. Je crois que d'une certaine façon, cela appuyait ce que l'auteur voulait nous faire ressentir, dans la compréhension du geste à venir.



Le roman démarre sur les chapeaux de roue, et nous pose immédiatement dans le contexte. Il a une maîtrise certaine de la langue française et de la syntaxe. Sans jeu de mot, sur l'histoire! Absolument rien à en redire. Son style, et ses références, ajoutent un petit + au roman, ouvrant notre esprit sur d'autres univers, tout en restant à la fois sérieux et structuré!



Tout le roman ne se passe pas en huit-clos dans la classe prise en otage, il y a aussi une partie extérieur dans le second temps, où les choses se compliquent et offre une petite course poursuite, avec ses rebondissements!



L'unique bémol à mes yeux, (ou mon cœur), c'est les émotions!



Une fois passé le choc de l'impact initial, c'est rapidement répétitif.



Je crois que ce roman aurait gagné en profondeur, si l'on avait pu suivre la vie de certains élèves. En savoir plus que leur dernières pensées, ce qu'étaient leur vie de famille, leurs peurs, leurs problèmes ou même leurs joies. Et ainsi se sentir concerné et cruellement affligé par l'injustice de leurs morts.



Je conseille ce roman, car il est bien écrit et que l'auteur à de très bonnes idées.



Lana.C



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Nymphéas noirs
17 mai 2017
Nymphéas noirs de Michel Bussi
Giverny : son jardin de Claude Monet, son jardin de Claude Monet mais surtout et enfin, son jardin de Claude Monet. C'est dans cet environnement pictural d'exception, dans l'onde fraîche du ru qui alimente l'illustrissime bassin aux nymphéas, qu'est retrouvé le cadavre de Jérôme Morval, chirurgien ophtalmo célèbre, collectionneur d'oeuvres d'art et de femmes, qu'aucune ne pleurera, à l'exception de la sienne, celle qu'il délaissait. Laurenç Sérénac et Sylvio Bénavides, inspecteurs au commissariat de Vernon sont chargés d'élucider le crime.





Dans ce village de quelques centaines d'âmes autochtones et 600 000 visiteurs annuels, cartepostalisé, vitrifié, où le temps s'est arrêté à la mort de son bienfaiteur horticole puis touristique, Michel Bussi invite le lecteur à suivre trois personnages, une fillette de onze ans génialement douée pour la peinture ; l'institutrice de l'école publique, mariée à un homme possessif ; et une femme âgée de 80 ans, qui passe son temps à épier les autres. N'oublions pas Neptune, chien sympathique qui connaît le village comme sa poche, participe à toutes les balades et accepte volontiers les caresses. Le roman se déroule sur treize jours du 13 au 25.05.10.





Pour ainsi dire, le décor impressionniste est planté et bien planté, et me voilà bien embêtée, car plongée dans l'ambivalence, pour parler de Nymphéas noirs. Bien sûr, je salue le talent de l'auteur dont la fertile imagination a créé une mécanique de précision, aux rouages bien huilés. L'idée de situer l'intrigue à Giverny est originale, elle lui permet de retracer la vie normande de celui qui durant les vingt-sept dernières années de sa vie, n'a peint exclusivement que des nymphéas, au moins 272 toiles expertisées, éliminant progressivement tout le décor autour, le pont japonais, les branches de saule, le ciel, pour se concentrer uniquement sur les feuilles, l'eau, la lumière, jusqu'à l'épure absolue, touchant même à l'abstraction peu avant sa mort. J'ai particulièrement apprécié cet aspect instructif sans être prétentieux du roman, comme j'ai apprécié les nombreuses anecdotes historiques sur le courant impressionniste, incrustées aux bons moments, racontées par les bons personnages qui jouent un rôle utile dans l'histoire. J'ai aussi aimé suivre l'évolution de Giverny depuis ses origines agricoles jusqu'à sa transformation mercantile en décor de zone commerciale. Les trois héroïnes sont touchantes et leurs vies riches et intéressantes.





Alors? Pourquoi dans ces conditions ne pas accorder 5***** aux nymphéas noirs ? Parce que tout au long de ma lecture, une sensation diffuse parasitait mon plaisir, quelques infimes détails me dérangeaient, je manquais cruellement d'indices à me mettre sous la dent, certains liens entre les personnages me turlupinaient … Inexplicablement, bien avant la dernière centaine de pages qui a donné raison à mon intuition, je craignais d'être un peu déçue par l'aspect polar. Allez savoir pourquoi ? Je ne peux évidemment rien révéler de plus, il faut me faire confiance. Ou pas.

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Jules
18 mai 2017
Jules de Didier van Cauwelaert
Un bel hommage aux chiens !

Jules est un chien d'aveugle. A Orly, la belle Alice (et son chien) achète des macarons au stand Ladurée. Zibal a un coup de foudre !

Zibal de F, Syrien adopté, est un ingénieur en astrophysique (mais oui, il y en a, Ulysseisback (1) ) , qui élève des Plantes à Traire dans sa salle de bains, mais il est actuellement déclassé en vendeur de macarons.



Ce livre frais, déjanté, avec un scénario "ping-pong", m' a fait du bien au milieu de bouquins "sérieux".

C'est un bel hommage aux chiens, et Dieu sait si notre Chamallow (rhodesian) exprime ses sentiments !



Jules est le maître d'oeuvre dans ce livre, et on sent que Didier van Cauwelaert est sensible aux chiens d'aveugles.



Le grand Syrien, la petite aveugle,

s'aimèrent-ils d'amour tendre,

mais comment s'y prendre.... ( 2)

En effet, Fred, une "Françoise Sagan" remplit, avec Jules, la vie d'Alice.....



Ce livre m'a fait penser au film "Didier" avec Alain Chabat qui m'a fait tordre de rire...Oui, je sais, il ne me faut pas grand chose, dit ma merveilleuse Femme...



(1) Ulysseisback est un de mes correspondants sur twitter.

(2) Clin d'oeil à la toujours belle Juliette Gréco que j'adore.



Nota : dites moi quelle est la race du chien sur la couverture. Je ne pense pas que ce soit un labrador.
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Petit pays
17 mai 2017
Petit pays de Gaël Faye
Loin dans mon exil, petit pays d'Afrique des Grands Lacs



Remémorer ma vie naguère avant la guerre



Trimant pour me rappeler mes sensations sans rapatriement



Petit pays je t'envoie cette carte postale



Ma rose, mon pétale, mon cristal, ma terre natale



Ca fait longtemps les jardins de bougainvilliers



Souvenirs renfermés dans la poussière d'un bouquin plié.

Extrait de la chanson de Gaël Faye "Petit Pays"



"Je ne sais pas comment cette histoire finira, mais je me souviens comment tout a commencé..."



Gabriel, 1993, en plein charivari

Petit pays c'est le Burundi

à part le génocide...c'est le paradis !

Bougainvilliers, Amitiés, Mangues et Gang...en Vrac

Avant d'écrire ma prose, CD de la FNAC...

J'ai réécouté "U2" , J'ai entendu "Tootsie"

Fallait choisir son camp, y 'avait pas vraiment envie...



Mais sûr qu'un jour, il y retournera,

retrouver ses beaux jours à Bujumbura...



4* pour son premier roman, autobiographie d'une enfance perdue

3* un bémol pour son album, ses décibels , sourd m'ont rendu. (Il vient de sortir son 2em album ! )















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Criton
17 mai 2017
Criton de Platon
Socrate, je kiffe grave ce mec ! Lui, il assume !

En prison en 399 avant JC, il attend son exécution suite au procès où il s'est à peine défendu, sachant que les juges aiment les plaintes et les pleurs, et lui, au contraire se faisait une joie de rejoindre Homère et ses comparses pour discuter encore et encore.

Criton lui rend visite et lui propose l'évasion. Connaissant le bonhomme, que va t-il faire, ou plutôt dire ? Hein ?



Socrate refuse, bien sûr, et il argumente, ou plutôt il pose la question à Criton : est ce " juste" de s'évader, alors qu'il vient d'accepter la sentence, et cette justice sur laquelle il a pu réfléchir pendant 70 ans, et qu'il a acceptée ? Que diront les Lois ?

Et il fait parler les Lois, dans un dialogue à trois (trialogue) : Criton, les Lois et lui, dans une maïeutique, fidèle à son habitude, où Criton est obligé de se rendre à ses arguments.



Ce mec est génial : il assume, et il le prouve : c'est un modèle d'éthique et d'équité !



Lisez ça, il fait 25 pages, pas besoin de lire tous les vantards et vautours qui tournent autour pour se faire de la pub avec force remerciements, introductions, remarques et notas !

A 24 siècles d'intervalle, il est plus clair que Spinoza et son système mathématique un peu foireux, et Nietzsche avec ses phrases alambiquées d'où sort parfois, il est vrai, "une étoile dansante".

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La tresse
16 mai 2017
La tresse de Laetitia Colombani
Découvert ce premier roman grâce à une émission TV très matinale....

Je me suis empressée de l'acquérir ...le jour même !

Trois destins féminins aux 4 coins du monde,qui ne se rencontreront

jamais, reliés toutefois par un fil étonnant, qui est symbolisé par "les

cheveux"...Chacune de nos personnages féminins... rencontreront

à des étapes, et lieux éloignés... cet élément physique humain,du

"cheveu"...



Des femmes qui se battent pour leur liberté, leur dignité

La première figure féminine, Smita est une intouchable, elle assume

au quotidien parmi les taches les plus répugnantes celle d' "extracteur",

ce qui signifie que faute de latrines, ces intouchables ramassent la

"merde" des autres. Smita ne supporte pas l'idée que sa fille vive la

même honte et la même vie indigne... Elle se battra donc, fera des

centaines de kilomètres dans les conditions des plus éprouvantes,

pour honorer Vishnou dans un sanctuaire lointain... et faire le souhait, trouver la force pour que sa fille aille à l'école; qu'elle apprenne à lire et à compter, et qu'elle puisse vivre une autre vie.



Etant des plus démunies, Smita se fera tondre la chevelure ainsi que celle de sa petite fille en offrande à Vishnou...



Puis Giulia, très jeune femme sicilienne, vivant à Palerme, aux abords de sa vie d'adulte, entre un père adoré, qui lui a appris son métier qu'il exerce dans un atelier fondée par sa famille: un lieu où on fabrique

des perruques et postiches, avec des "vrais cheveux"...



Soudain la catastrophe: le père tant aimé a un accident grave et tombe dans le coma. Il décédera sans avoir repris connaissance. Simultanément,

Giulia apprend que l'atelier croule sous les dettes, et qu'il va falloir

fermer et licencier les ouvrières qui ont toujours travaillé avec le

père de Giulia et elle-même. En dépit des difficultés, et la désapprobation

de sa mère ainsi que ses soeurs, elle se battra comme une lionne... pour sauver l'atelier de son père et poursuivre l'activité de ce dernier, en important des vrais cheveux... d'Inde....



Dernier portrait féminin, Sarah,vivant au Canada, quarantenaire,

brillante avocate, associée dans un cabinet prestigieux, trois beaux-enfants,

la réussite absolue, en dépit de deux divorces...Tout semble lui sourire,

en dépit d'une vie happée par sa carrière, et l'obligation de performance...

Et là aussi, le cataclysme: Sarah, après un malaise et une fatigue grandissante, est confrontée brutalement à la maladie...



Elle aura la révélation du monde impitoyable du travail où les "malades et

les faibles" n'ont pas droit de cité !!.



Après les séances de chimiothérapie, elle se décidera à se rendre à une boutique spécifique où on peut trouver des postiches et des perruques... Sarah, grâce à une perruque réalisée avec de vrais cheveux...provenant... devinez d'où ?? : d'Inde, et fabriquée par l'atelier sauvé par Giulia, en Sicile...retrouvera la flamme...et l'envie de se battre....



Cette perruque est bien plus que des cheveux... elle sera le symbole

de l'espérance et de l'envie de vivre de Sarah, retrouvée...



Trois histoires de femmes vaillantes, combatives, déterminées qui

grâce à leur courage, leur volonté farouche ,parviennent à infléchir leur

destin, qui semblait tout tracé, à conquérir leur indépendance et à

réaliser leurs rêves ....

Un premier roman lumineux, qui diffuse avec bonheur des flux

d' énergie , de dynamisme et d'espérance , bienvenues...



Un très heureux moment de lecture , intense et communicative.



La seule gêne, minime, fut dans la structure, la forme, pourtant

très astucieuses des trois récits entrelacées, comme une tresse

de cheveux...Pour ma part ces alternances, césures m'ont quelque

peu bloquée...J'ai choisi de lire ces trois parcours féminins, séparément, dans leur entier...en me concentrant sur chaque personnage féminin, à la fois...



"Epilogue



Mon ouvrage est terminé.

La perruque est là, devant moi.

Le sentiment qui m'envahit est unique.

Nul n'en est le témoin.

C'est une joie qui m'appartient,

le plaisir de la tâche accomplie,

la fierté du travail bien fait.

Tel un enfant devant son dessin, je souris. (...)





Je dédie mon travail à ces femmes,

Liées par leurs cheveux,

Comme un grand filet d'âmes.

A celles qui aiment, enfantent, espèrent,

Tombent et se relèvent, mille fois,

Qui ploient mais ne succombent pas.

Je connais leurs combats,

Je partage leurs larmes et leurs joies.

Chacune d'elles est un peu moi. " (...)

[p. 221-222]







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Sexe et violence
16 mai 2017
Sexe et violence de Danijel Zezelj
Le soleil pointe ses rayons. Un entrepôt désert. Des soldats en mission qui font la ronde. Quelques tirs venus de nulle part et c'est un homme à terre... Une mort qui bouleversera ses proches. Sa femme, à la fois révoltée et accablée. Et sa sœur qui se perdra dans les méandres de la folie. Deux femmes qui devront apprendre à affronter leur destin...



Danijel Žeželj nous offre un album pour le moins saisissant et remarquable. Point de départ de cet album : la mort d'un soldat et les répercussions sur les deux femmes de sa vie. Mais il y a aussi un jeune tagueur privé de couleurs, un homme haut perché sur un immeuble. Ce n'est pas tant le scénario qui importe mais plutôt le graphisme incroyable et particulier de l'auteur. Chaque case est un véritable tableau. Le noir est d'une force incroyable, le blanc, pur et le jeu d'ombre et de lumière frappant. D'un simple détail à une vue d'ensemble, de la petite case à la pleine page, les planches se suivent et ne se ressemblent pas. Une plongée dans le deuil et la souffrance envoûtante...
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Le Sang noir
16 mai 2017
Le Sang noir de Guilloux
Louis Guilloux campe ici un personnage inoubliable. Pour qui j'ai ressenti beaucoup d'empathie. Un homme difforme, aux pieds enormes qui le font se deplacer comme une marionnette chancelante; affuble par tous temps d'une peau de chevre comme pour revendiquer le ridicule; un intellectuel studieux d'une petite ville de province que ses concitoyens ne savent comment avaler; un professeur de philo vieillissant dont les eleves se moquent et lui ont colle un sobriquet qui a traverse les promotions: Cripure (pour Cripure de la raison tique, refonte ecoliere du celebre livre de Kant); un misanthrope portant un regard severe sur les faux-semblants, les mesquineries, l'hypocrisie et les simagrees patriotiques de la societe qui l'entoure; atee, antimilitariste en temps de guerre, vivant une liaison libre comme pour nier la poussiere de saintete ou est placee la famille. Un anticonformiste que j'ai trouve profondement troublant dans ses contradictions internes, attachant dans son douloureux vecu (du a son infirmite) et dans ses deboires.



Le sang noir n'est pas seulement le portrait d'un personnage, mais de beaucoup d'autres qui gravitent autour, en fait le portrait d'une petite ville francaise pendant la 1ere guerre mondiale, et plus exactement en 1917, annee de mutineries (et d'executions sommaires) en France et de revolution en Russie. Portrait qui permet a Guilloux (ou au lecteur) de s'elever contre les conformismes bien-pensants, contre la pensee-troupeau qui en temps de guerre devient pensee-horde.



Et j'ai beaucoup aime l'ecriture de ce roman. La facon qu'a Guilloux de faire transparaitre, derriere des pages tres humoristiques, les atrocites de la guerre, celles que les petits bourgeois cocardiers de l'arriere se refusent a voir. Sa facon de brosser des caracteres, caricaturaux au premier abord, qui prennent de l'epaisseur au fil des pages. Le comique des situations, l'ironie des dialogues, des radotages recurrents, qui alimentent en fin de compte une intrigue empreinte d'un certain pessimisme. Guilloux ecrit une tragedie, tres theatrale (tout se passe en une seule journee), ou l'homme qui denonce la stupidite de ses congeneres sera forcement sacrifie au dernier acte. Un cadavre que sa compagne, paysanne mal degrossie et illetree, sera peut-etre la seule a pleurer. La societe qui l'a subi s'efforcera de l'oublier.



Le lecteur que je suis ne pourra oublier ni le personnage ni le livre. Louis Guilloux, un auteur qui a eu sa petite heure de gloire, merite qu'elle continue, ou qu'elle se renouvelle. A redecouvrir. Sans delai.

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Le dernier gardien d'Ellis Island
23 mai 2017
Le dernier gardien d'Ellis Island de Gaëlle Josse
"Ellis Island, marchepied d'une terre désirée et d'un rêve à construire. (...)

À Ellis Island, le temps n'existe plus, l'attente en est la seule mesure."

John Mitchell, dernier inspecteur du centre d'immigration d'Ellis Island, livre dans son journal intime ses ultimes souvenirs, retraçant 60 années d'une épopée tragique. Cet homme nous raconte également les drames personnels qu'il a vécu, ceux qui ont fait de lui un homme brisé, par le deuil, par la culpabilité et la dureté de sa tâche, par la solitude...

Un récit émouvant et réaliste, servi par une plume lancinante mais jamais ennuyeuse, qui m'emporte à chaque fois (c'est le 4e roman que je lis de l'auteure) dans un univers unique, à la fois universel et intimiste.



Merci à Alexia / Marple pour cet échange de livres ! :-)
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Trois saisons d'orage
22 mai 2017
Trois saisons d'orage de Cécile Coulon
Les Fontaines, un village minuscule, humide et brumeux, couvert de pierre, d'eau, de terre et d'herbe. Un village sauvage au bord de trois falaises, surnommées les Trois-Gueules, dû à leur forme. Une entreprise d'extractions, Charrier frères, à la fin de la seconde guerre mondiale, redonna aux Fontaines un semblant de vie. Les fermiers côtoyèrent alors des ouvriers, des types aux visages blancs de poussière, les bien-nommées fourmis blanches. André, jeune médecin qui a déjà vu mourir beaucoup d'enfants, entendit parler des Trois-Gueules. Il quitta alors Lyon, s'y installa et répara ces fourmis blanches, changeant ainsi leur existence. Lorsqu'un soir, il se rendit au chevet d'un enfant mort, il tomba amoureux de la maison et sut que ce serait ici qu'il vivrait. C'est ainsi qu'il s'y installa, deux ans plus tard, tout en continuant à exercer au cabinet du village. Bientôt sa vie se trouva chamboulée avec l'irruption inattendue d'un p'tit bonhomme, un dénommé Benedict, un enfant qu'il eut avec Élise, un soir de déprime. Ne supportant pas cette vie à la campagne, elle laissera le petit garçon à son père...





Cécile Coulon nous offre un roman ancré dans la terre, un roman de terroir puissant habité par des personnages riches, écorchés et au fort caractère que l'on suit durant trois générations. Au coeur, les Trois-Gueules, personnage à part entière omniprésent, oppressant parfois, plombant et immuable. L'auteur tisse, au fil des pages, une trame dramatique autour de la famille de André, sur trois générations, puis tresse cette histoire avec celle d'une autre famille, non pas notable mais paysanne. Deux familles liées par un secret. Une intrigue passionnante et saisissante sur fond historique qui l'est tout autant, à savoir l'exode rural, les inégalités sociales ou encore la place des femmes. Au cœur de ces terres reculées, au milieu de cette nature capricieuse, de ces coups du sort, cette saga familiale, d'une puissance rare, agrippe le lecteur dès les premières pages. L'écriture est vivante, minérale, précise, et Cécile Coulon décrit avec virtuosité et justesse aussi bien ces paysages séculaires et oubliés que les scènes du quotidien. Un récit âpre, fort et enfiévré.

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L'arche
21 mai 2017
L'arche de Boyd Morrison
Bizarre, cette « manie de faire des phrases » chez les sociopathes-pervers-narcissiques juste au moment du triomphe final où ils peuvent enfin accomplir leur grand rêve… Dans le monde romanesque, le nombre de méchants qui perdent la partie à cause du mot de trop, de l’ultime fanfaronnade au moment crucial est ahurissant…

Le sociopathe de l’Arche est un gratiné. Pour faire court, il veut, à l’aide d’une arme bactériologique, éradiquer la race humaine pour le bien de l’humanité. Bien sûr, quelques gentils sont là pour empêcher ce projet démentiel d’aboutir. S’ensuit alors entre eux et les sbires fanatisés de notre sociopathe toute une série de poursuites improbables et meurtrières dans tous les moyens de locomotions possibles et imaginables, à l’exception notable de la bicyclette.

L’arme bactériologique se trouvant dans l’arche de Noé, notre petit monde se donne rendez-sur le mont Ararat où l’arche est censée se trouver. En possession d’un papyrus vieux de 3000 ans, les gentils n’ont aucune difficulté à la localiser. Une fois au sommet du mont Ararat, ils font cent pas direction sud-est, puis soixante-douze pas direction nord-est ; là ils tombent sur un rocher autour duquel ils font dix fois le tour ; ils exécutent ensuite un élégant trois-quarts de pirouette, et pif paf ! ils tombent sur l’arche de Noé que tout le monde cherche depuis 3000 ans. Tout à leur affaire, ils ne repèrent pas notre sociopathe caché derrière un bosquet qui, pour avoir mal pirouetté, ne put entrer dans l’arche (le sombre crétin !). Accompagné de ses sbires, notre sociopathe y pénètre à son tour pour s’emparer de l’arme bactériologique, au nez et à la barbe des gentils (le principal se nomme Tyler, mélange savant et subtil de Géo Trouvetou et d’Arnold Schwarzenegger). S’ensuit alors une nouvelle série de poursuites incroyables, de prises mortelles de karaté, de lancements de grenades, de tires à la mitraillette, au pistolet, de combats homériques au couteau, à l’épée, à l’arbalète, de tirage de cheveux… On s’inquiète quand même un peu pour l’arche de Noé qui aurait préféré rester dans l’anonymat… Au bout du compte, c’est le méchant qui gagne. Et c’est là que ça devient intéressant (au chapitre 72 quand même !). Car si le sociopathe tire d’abord, et cause après, son rêve de toute une vie sera enfin réalisé : éradiquer la race humaine pour le bien de l’humanité. Il se prépare donc à tirer sur le gentil et à s’emparer de l’arme biologique sans proférer le moindre mot… Moment insoutenable ! Va-t-il y parvenir ? Il peut le faire. Il va le faire………………………………. Et il ne le fait pas. La tentation était décidément trop forte. Et le voilà qui se met à plastronner, qui fait le mariolle… C’est moi le plus beau, le plus intelligent. J’ai gagné. Un vrai kéké ! Et puis il a besoin d’expliquer aussi, au cas où le gentil n’aurait rien compris ! Pourquoi les gens vont mourir dans d’atroces souffrances, pourquoi la race humaine doit être éradiquée pour le bien de l’humanité ? Mais pendant que le dangereux sociopathe se « pavane comme un dindon », le gentil au trois quart-mort, qui n’en demandait pas tant, lance la patte dans un ultime effort et parvient à le terrasser définitivement…. Voilà ! Le vrai méchant a encore perdu pour cause de jacasseries intempestives.

Je lance un appel désespéré à mes ami(e)s babéliotes : connaitriez-vous par hasard un dangereux sociopathe-pervers-narcissique qui soit du genre taiseux ?

Un grand merci à Babélio qui m’a offert ce livre audio dans le cadre de Masse Critique. C’est la première fois que « j’écoute » un livre, et je renouvellerai à coup sûr cette expérience (mais pas avec le même livre).



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Evacuation
17 mai 2017
Evacuation de Raphael Jerusalmy
Tel-Aviv, évacué,sous menace de guerre,

Saba, un grand-père qui lit Beckett et Joyce,

"Molloy" sous son bras il refuse de partir et résiste à Naor son petit fils et Yael la petite amie de ce dernier qui viennent le chercher,

Les voici coincés, tous les trois, dans une ville désertée où l'attaque a débuté.

"Nous évoluions comme dans un rêve.

Des panneaux publicitaires étaient restés allumés. Celui de la dernière Mazda fonçant à travers l'Arizona. Une promotion d'El al pour un vol direct Tel-Aviv-Colombo. Valable jusqu'à la fin du mois. Une pub de la Phénix, “la meilleure assurance vie”."



Un récit en deux temps,

L'épisode des trois, coincés dans un appart squatté de la ville évacuée est

racontée par Naor à sa mère durant un road movie à deux, à travers le pays, du Kibboutz Ein Harod à Tel-Aviv, un voyage symbolique dont l'issu ne sera connu qu'à la fin.....

Récit aéré de panneaux routiers , symbols d'un pays pas comme les autres....



Vous pensez sûrement à un récit apocalyptique, qui donne mal au coeur, mais

c'est sans compter sur l'humour caustique de Jerusalmy, qui nous déroule les quatre cent coups que font les trois compères afin de survivre, self service à volonté,dans un Tel-Aviv hors des circuits touristiques.....Naor, étudiant en cinéma les filme avec les moyens de bord, son smartphone. Au bout d'un moment tout les repères changent puis disparaissent, ne compte plus que l'instant que l'on vit, et le récit devient de plus en plus loufoque, jusqu'à.......



Une métaphore générale de la vie en Israel,-"Tel-Aviv est faite pour le présent. Exclusivement. le lendemain y a toujours été incertain......N'était-ce pas pour cela que nous avions refusé d'évacuer ? Ne pas nous laisser catapulter vers l'avenir."-,

Agrémentée,de réflexions politiques,-"Il a dit que ça ne faisait de mal à personne de se prendre un coup de pied aux fesses de temps à autre. Et que nous, les Israéliens, en avions fort besoin. Parce que nous nous étions enlisés dans un statu quo. Non pas seulement avec les Palestiniens. Ce qui était certes regrettable. Mais aussi et surtout avec nous-mêmes. Ce qui était bien pire."-



Un court récit intéressant qui porte le lourd héritage d'Israel dans une prose légère, avec un zeste d'humour qui relève le tragique.



Merci Mollymoon.







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Le Cercle de la vie
13 mai 2017
Le Cercle de la vie de Joseph Marshall III


Laisse le vent te traverser.



C’est par ces mots que commence ce très beau livre d’histoires et sagesse du peuple sioux. Des histoires qui divertissent et enseignent, qui associent humains, animaux et nature de manière indissoluble. Des histoires inscrites dans la tradition d’hier et d’aujourd’hui. Une mythologie sans cesse répétée qui transmet les vertus essentielles : l’humilité, le respect, la compassion, l’honnêteté, la force d’âme,… qui donnent leur nom à chacun des douze chapitres, fondant l’identité et la culture indiennes.



Chaque histoire est suivie d’anecdotes, d’expériences personnelles que Joseph Marshall III, élevé par ses grands-parents, a vécues, vues ou observées parmi les siens et qui illustrent la voie suivie par les ancêtres jusqu’aux générations d’aujourd’hui. Par exemple, il explique que les guerres intertribales auxquelles se livraient les Indiens des Plaines étaient, en fait, le moyen d’exercer la bravoure et la conduite honorable de chacun. C’était plus souvent des escarmouches où vaincre l’ennemi ne signifiait pas nécessairement de le tuer. Autre chose était de se battre pour protéger sa famille, sa tribu, ses territoires de chasse. Mais ça c’était avant l’arrivée des Européens.



L’auteur, écrivain et historien contemporain, appartient à la tribu Lakota Cicangu. Il ne néglige pas les problèmes actuels de chômage, d’alcool, de vie souvent précaire dans certaines réserves mais sans s’appesantir, sans juger, pour que chacun selon sa compréhension et la vérité de son chemin puisse vivre selon les vertus ancestrales.



Ma mythologie préférée est celle de la création du peuple indien sorti du trou de la terre, à la frontière sud des Black Hills, les montagnes sacrées. Un hiver rigoureux suivi de pluies interminables et de vents mauvais, éliminèrent les autochtones. Seule une jeune fille en réchappa, dénuée de tout, désespérée. Un aigle portant une amulette lui permit de survivre en chassant, en rapportant du bois d’une terre plus hospitalière, en bavardant de mille choses pour effacer ses idées noires. Un jour, s’accrochant à ses pattes, la jeune fille découvrit un monde immense et merveilleux qui la remplit d’humilité. Mais elle restait seule. Alors l’aigle pria le Grand Esprit et le supplia d’aider la « Deux-Jambes ». Peu de temps après, quelle ne fut pas la surprise de l’Indienne d’entendre la voix familière de son ami aigle transformé en humain, l’amulette toujours autour du cou. L’animal avait renoncé à ses privilèges d’être porté par les vents, d’observer la terre du haut des montagnes, de voler au plus près du soleil. Voilà pourquoi les plumes d’aigle sont tellement importantes pour les Indiens. La vertu associée à ce mythe est la compassion. C’est de toute beauté même s’il est difficile de choisir.



Je n’ai pu m’empêcher de faire la comparaison entre cette histoire et l’emblème des Etats-Unis. On l’appelle aigle même si c’est un pygargue ; il tient dans son bec le drapeau et dans ses serres des flèches et une branche d’olivier. Je n’en connais pas son histoire mais je vais rapidement réparer cette ignorance.



Pourquoi le Cercle de la Vie ? Parce que le caillou ricochant dans la rivière fait des ronds dans l’eau, parce que les feuilles d’automne tombent en tourbillonnant, parce que le soleil et la lune sont circulaires, parce que la tornade avance en tournant sur elle-même, parce que la vie est cycles (saisons, naissance, vie, mort). Les tipis sont de forme conique, la roue-médecine est traversée par une croix à branches égales qui représente les chemins de la vie, les quatre saisons, les points cardinaux et les quatre éléments. Le cercle symbolise l’égalité entre toutes les formes de vie. Aucune forme n’est supérieure ou inférieure mais différente, oui.



Ainsi pourrais-je vous raconter mille et une choses car chacune des 245 pages de ce livre est captivante. Je vois que je suis la première à écrire un billet sur ce trésor mais j’espère être rejointe par des amoureux de contes et légendes.

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