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Critiques les plus appréciées

Belgravia
16 septembre 2017
Belgravia de Julian Fellowes
1815. Un bal à lieu où tous les notables anglais se sont donné rendez-vous afin de passer une merveilleuse soirée. Le lendemain, les jeunes hommes présents à ce bal sont en grande partie tués lors de la bataille de Waterloo face à Napoléon. Sophia Trenchard était arrivée au début de ce bal les yeux pétillants de bonheur et en était repartie effarée par une découverte mettant en péril son honneur et celui de sa famille. Malheureusement, le destin ne fit que confirmer ses craintes.

Vingt-cinq ont passés et Sophia n'est plus. Les parents de cette dernière ont réussi à se faire une place dans la société anglaise. Anne, la mère de Sophia rencontre lors d'un thé la mère de Lord Brockenhurst et lui avoue l'impensable. À partir de cet instant, la famille Trenchard est mise en danger par le simple fait que cette révélation sorte de la sphère privée.





Julian Fellowes nous propose ici un roman dans la droite ligne des oeuvres de Jane Austen à la sauce XXIe siècle avec plus de piquant, plus de péripéties, moins de bla-bla et des situations complexes. Le résultat est agréable à lire avec une rythmique et un scénario bien pensé... mais faisant vraiment trop penser à une série télévisée. Certes, Julian Fellowes n'est autre que le créateur de Downtown Abbey, mais j'attendais vraiment un roman moins stéréotypé et plus complexe. L'histoire de base de Charles Pope, enfant "bâtard" de Sophia reste sympathique et trop gentillette. L'auteur nous offre ici un récit intéressant, mais sans grandes difficultés ou grands événements (à part la tentative de meurtre vers la fin).





Les personnages sont complètement aseptisés avec des caractères trop lisse, trop doux. Cela manque cruellement de texture et de noirceur. Heureusement que Turton et Ellis, les deux serviteurs apportent cette touche "méchanceté" sinon, nous aurions droit à un univers trop superficiel.





Le grand point fort de cette œuvre vient de la maîtrise de l'auteur concernant l'époque et le quotidien des grandes maisons. Nous nous retrouvons plongés dans un second Downtown Abbey ... mais sans la puissance de l'image.





Pour résumer : excellent livre, agréable à lire et vraiment touchant. Malheureusement, rapidement le lecteur comprend comment se terminera l'histoire... le suspens et les révélations étant totalement absents de l'ouvrage. Bref, il manque quelque chose pour en faire un roman incroyable...

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Alice au pays des merveilles
23 septembre 2017
Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll
Voilà un archi-classique de la littérature jeunesse, oeuvre considérée comme majeure à plus d'un titre, oeuvre révérée par beaucoup depuis un siècle et demi, multi-adaptée, multi-imitée, multi-prolongée, multi-inspiratrice. Bref, une pierre angulaire de la littérature…



Malgré mon âge avancé, jamais encore je n'avais tenté d'aiguiser la lame épaisse de mon entendement sur cette pierre angulaire. C'est désormais chose faite et j'ai sollicité tout exprès l'aide de ma fille de dix ans afin d'éclairer d'une lumière non ridée l'autre côté de ce gros caillou.



Aurons-nous le courage d'avouer que nous nous sommes ennuyées ferme l'une comme l'autre quasiment de bout en bout ? Ma fille a carrément jeté l'éponge après six ou sept chapitres, bâillant dangereusement dès la fin du premier, interrompant ou me demandant d'interrompre la lecture extrêmement fréquemment (car j'ai même cherché à la motiver en lui lisant moi-même l'histoire, chose que je ne fais plus avec elle depuis déjà un bout de temps car c'est d'ordinaire une lectrice efficace et tenace).



Quel ennui ! Quelle déception ! Le non sens porté jusqu'au leitmotiv. Non sens, c'est gentil comme désignation, ni queue ni tête serait peut-être plus précis et aussi plus juste. Des chapitres entiers dont je sonde encore en vain l'intérêt : prenons par exemple le Quadrille des Homards ou L'Histoire de la Tortue Toc ou bien encore Porc et poivre. Du bla-bla blablatant blablatifiant blablatroupifiant qui vous bourre le mou comme j'ai peine à le décrire.



Je ne serais pas surprise d'apprendre que Lewis Carroll ait fait des adeptes dans la littérature dite " adulte ", avec des salmigondis comme peuvent l'être l'Ulysse de James Joyce, par exemple. Mais parmi toute cette mélasse dont je suis bien contente d'être sortie, je vois tout de même une belle passerelle intéressante : le procès.



En effet, la scène finale du procès d'Alice n'est pas sans m'évoquer grandement le fameux Procès de Franz Kafka. Si ce livre de non sens a permis à cette autre oeuvre de voir le jour, alors, elle aura eu du sens, et alors elle aura le droit à ma petite parcelle d'estime, d'où cette seconde étoile consentie presque à contre coeur.



Pour le reste, je me dépêcherai de vite oublier cette lecture qui ne m'a procuré, littérairement parlant, aucun plaisir. Et je laisse à d'autres le soin d'analyser toutes les allégories, tous les symboles, tous les clins d'oeil de l'auteur, bref, tout le SENS qui pourrait être contenu et se dissimuler derrière le non sens. Bien entendu, ce n'est là qu'un avis (un et demi, disons, car ma fille en a tout de même lu la moitié) c'est-à-dire un grand non sens…



P. S. : J'aurais vraiment aimé m'enthousiasmer pour cette œuvre, j'ai l'impression d'affectionner l'humour et les jeux de mots, celle-ci semblait écrite pour moi et finalement, non. Au demeurant, Lewis Carroll n'a pas grand-chose à craindre du non sens de cet avis car Alice, au pays d'Elmer, veille (comme Simone d'ailleurs, bien que je ne sois pas exactement certaine qu'elle demeure à présent au Pays d'Elmer… c'est à creuser de toute urgence car c'est important pour le devenir de l'humanité bien qu'il faille constamment se méfier des éléphants multicolores toujours prêts à tromper quiconque lorsqu'on aborde ce registre-là).
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L'amour sans le faire
17 septembre 2017
L'amour sans le faire de Serge Joncour
Ce livre de Serge Joncour m'a laissé une impression mitigée…



Sur le versant positif, il y a la pudeur de cette écriture, par touches, qui jamais ne fait dans le pathétique ou le spectaculaire ou le mélo facile alors même que le sujet s'y prêterait particulièrement et presque " naturellement ".



Il y a aussi cette façon très élégante de traiter le sujet de la difficulté de communiquer entre le personnage principal, Franck (qui vit à Paris) et ses parents (agriculteurs dans le sud-ouest). J'y ai trouvé, malgré l'impossibilité de communiquer concrètement, un réel amour, à tout le moins une réelle tendresse, ce qui n'était pas le cas, ce me semble, d'Annie Ernaux, par exemple, sur une thématique comparable.



À telle enseigne que ce même personnage principal revient, d'une certaine façon, en quête de sens, en quête de lui-même sur ses terres natales, preuve s'il en est besoin, de l'importance que l'auteur (via son personnage principal manifestement fortement inspiré de lui-même) attribue à ce milieu d'origine.



Sur le versant négatif, il y a, selon moi, cette écriture pas très soignée quant au style, avec des formulations un peu passe-partout, voire des répétitions assez peu raffinées qui me donnent une impression de trop grande facilité d'exécution.



Il y a aussi la construction qui fait très " amenée ", horlogerie faite pour sonner à l'heure dite. C'est toujours gênant quand ça se voit beaucoup, au sens propre, ça fait un " deus ex machina " ou, comme on dit " téléphoné ". Donc ce point m'a gênée un peu.



(Exemples de ces points qui me paraissent téléphonés : le fait que Louise et Franck ne se soient jamais côtoyés auparavant, que le motard surgisse précisément à tel moment crucial, que les parents ultra casaniers aient précisément décidé de partir à ce moment-là, qu'une mère laisse si facilement son fils à la garde de sa belle famille, que les Berthiers surgissent eux aussi toujours au bon moment, de même que les sangliers, ou encore que le licenciement survienne précisément à ce moment également. Ça fait beaucoup de coïncidences et de hasards bienvenus sur le chemin de cette histoire.)



Enfin, si le troisième personnage principal, c'est-à-dire l'enfant nommé Alexandre, m'a semblé très crédible, j'ai trouvé que le second personnage principal, Louise, était assez peu convaincant psychologiquement. Je ne sais finalement presque rien d'elle, ni de ce qu'elle pense vraiment, comme si elle n'avait pas été suffisamment creusée, du moins j'aurais aimé qu'elle le soit davantage.



L'histoire, très rapidement, est celle de Franck, expatrié depuis de nombreuses années sur Paris en qualité de caméraman (d'après ce que j'ai compris) dont le couple a capoté depuis longtemps et dont la santé elle aussi défaille.



Il décide de passer voir ses parents avec lesquels il est brouillé depuis dix ans. Parallèlement, une certaine Louise qui végète pareillement dans son existence entreprend de passer quelques jours de vacances…



Je ne souhaite pas en dévoiler davantage pour celles ou ceux qui n'ont pas lu cet ouvrage. Et, comme toujours, gardez à l'esprit que ceci n'est que mon avis, fruit d'une très haute subjectivité, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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L'écorcheur de Portland
18 septembre 2017
L'écorcheur de Portland de James Hayman
Cassidy, une jeune femme court avec son chien un matin très tôt et malgré le brouillard. Dans dix jours, elle va enfin participer à sa première course et semble si heureuse. Abordée par un séduisant jeune homme, son destin bascule dans l'horreur.... 😈

Au même moment, le corps d'une adolescente disparue depuis une semaine est retrouvée dans une décharge par un SDF... mais un corps partiel puisque le trou béant sur son torse révèle l'absence de coeur.

L'inspecteur McCabe fait rapidement le lien entre les deux affaires et se lance dans une course contre la montre afin de sauver Cassidy.😈





Ce livre est SYMPATHIQUE... Mais soyons honnête, avec cette quatrième de couverture et ce titre glaçant, vous ne chercher pas du SYMPATHIQUE, mais quelque chose qui vous fasse crier, qui hérisse vos poils et vous mette en mode paranoïaque, vous demandant pour la énième fois si la porte d'entrée est bien verrouillée. 😡

Ici, ce n'est pas le cas... et c'est FRUSTRANT !!! 😡 Rapidement, vous saisissez l'intrigue et vous découvrez le suspect. La scène où McCabe entre en contact avec le Dr Spencer et focalise son attention sur une photo sans rapport avec l'affaire puisque photo perso, vous met de suite la puce à l'oreille et... vous gâche le plaisir. James Hayman sur ce coup manque cruellement de finesse.😐

Ensuite, l'intrigue bascule rapidement non pas dans le thriller psychologiquement haletant, mais dans le simple polar avec une enquête assez basique pour ne pas dire déjà mâchée.

Dommage également que l'intrigue ne fasse que survoler une thématique plutôt sanglante : le trafic d'organe. L'auteur aurait développé le sujet et le livre aurait vraiment pu prendre une touche plus morbide.





Les personnages sauvent un peu les meubles... enfin si on fait abstraction du fait que l'inspecteur possède la capacité de mémoriser de nombreuses infos, qu'il est heureux en ménage, est l'heureux papa d'une adolescente, Casey de 13 ans et roucoule avec Kira, une panthère au lit. Ah oui... remercions l'auteur d'avoir ajouté une touche moins lisse avec l'ex qui après 3 ans, revient pour voir sa fille.





Bref, vous avez compris... Ce thriller est SYMPATHIQUE, mais sans plus. Inutile de prévoir la bombe anti-agression ou la batte de base-ball près de vous pour le terminer. Rapidement, vous découvrirez les grandes lignes de l'intrigue et rien ne vous sidèrera. C'est frustrant !😓

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Point Cardinal
22 septembre 2017
Point Cardinal de Recondo Leonor (de)
Je ferme ce livre.



Les mots me manquent. Pourtant, je vais tenter d'approcher un tout petit peu de ce petit bijou d'humanité.



Ce livre parle d'amour.



Ce livre parle du chemin pour arriver à soi.



Ce livre devrait parler à chacun d'entre nous.



Premières pages. Cinématographiques. Une femme se change, se démaquille, à l'intérieur de sa voiture, jusqu'à devenir Laurent. Un homme donc.



Puis Laurent deviendra Lauren. Après avoir lâcher sa bombe à femme, enfants, collègues de travail.



Voilà pour le pitch. Après tout est belle littérature et grandeur d'âme.



Léonor de Récondo nous transperce souvent le cœur dans le portrait de cette femme née dans la peau d'homme. Elle nous raconte cette "transformation" et les points de vue de chacun des protagonistes.



Pas une once de cliché. Pas un mot qui tombe à plat. Le lecteur sera bouleversé par le parcours de cette famille qui s'aime, tout simplement.



Un des grands livres de cette rentrée littéraire. Ne passez pas à côté.
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Des milliards de tapis de cheveux
24 septembre 2017
Des milliards de tapis de cheveux de Andreas Eschbach
J’ai dévoré ce livre. J’ai eu beaucoup de compassion pour ces hommes et ces femmes aux vies brisées et cadenassées par les interdits religieux, le poids insupportable de l’appareil d’état et des traditions.

J’ai pensé à un sombre voyage en Absurdie.

Car dans cette lointaine galaxie, qu’y a-t-il de plus absurde pour un homme que de tisser durant toute une vie un tapis de cheveux appartenant à ses épouses et à ses filles, d’organiser toute son existence autour de cette unique activité, et de répéter sans se poser la moindre question cette tradition millénaire jusqu’à la fin des temps ? Des tapis, figurez-vous, qui sont destinés à décorer le palais de l’Empereur. Un palais grand comme une planète, à la dimension de son immensurable empire. L’Empereur Dieu de cet extraordinaire livre de science-fiction est à l’origine de tout. Il ordonne à l’univers et aux peuples qui y vivent. Il est infiniment loin et en même temps très proche d’eux. Il est le Dieu paternel ou vengeur. Il est omniscient, omniprésent. Tous les personnages de ce roman ne sont que de pathétiques marionnettes qui lui obéissent par peur, par devoir ou pire, par habitude. Cette soumission transpire à chacune de leurs tranches de vie qui sont autant de défaites et de désillusions. Le seul sourire, la seule brève éclaircie de ce livre sans concession se passe quand un officier retrouve son libre-arbitre en cachant la vérité à ses supérieurs.

Cette mission absurde et sacrée pour ces tisseurs de confectionner des milliards de tapis de cheveux est une dénonciation implacable de nos grands gourous, tous ces « Petit père des peuples », « Grand timonier », « Il Duce », « Big Brother », « Guide spirituel », « Roi Soleil », « Calife », « Lider Màximo », « El Caudillo », « Grand Prêtre »…, dont la démesure, la tyrannie, les caprices, les rêves fous, détruisent les existences des misérables insectes que nous sommes.

Un petit chef-d’œuvre, je vous dis !

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Dans les forêts de Sibérie
13 septembre 2017
Dans les forêts de Sibérie de Sylvain Tesson
L'homme est un loup pour l'homme...

Une cabane blottie au fond des bois. Le froid glacial de la taïga sibérienne, la chaleur d'un thé fumant. La forêt, la neige, le lac, un poêle, une fenêtre. Entre les effluves de vodka, la retraite, la contemplation, l'observation, l'introspection.

Une aventure, une expérience, un défi ?! C'est le témoignage d'une âme solitaire, qui n'entend pas "fuir", fait une pause, pour habiter pleinement l'espace et le temps. Un esprit qui a un besoin vital de se ressourcer, se nourrir de silence, de mots, pensés, lus ou écrits, dans un "ermitage" qui ne possède pas d'heures.

Plus qu'une fuite, donc, c'est une fugue : demeurer un temps éloigné d'un monde en péril, des contractions humaines, opérer un retour vers l'essence des choses, de la vie, la véracité de la nature sauvage. J'ai particulièrement aimé les passages sur la fenêtre de la cabane. Une fenêtre ouverte sur le silence, la beauté, ailleurs, soi.

J'ai vraiment pris mon temps pour lire ce livre, bercée par le rythme journalier et lancinant des jours, des mois, qui s'écoulent. J'ai essayé d'écouter le silence, de regarder le paysage, de lire les livres emportés dans la tanière. J'ai été extrêmement sensible à la plume de Sylvain Tesson (que je découvre enfin), littéraire, poétique, philosophique, écologique, sociologique et humaniste. Il porte un regard réaliste et acéré sur nos folles existences, nos désirs insatiables, nos perpétuelles insatisfactions, nos esprits conquérants et belliqueux, nos tristesses, nos peurs, nos impasses, notre impuissance. Une mélancolie qu'il noie, lui, dans des litres de vodka, pour oublier, pour cautériser, pour engourdir la douleur... La gueule de bois n'en est que plus forte au réveil, l'amertume plus tenace, mais comme tout départ a le goût d'une petite mort, comme il le dit si justement à la fin, l'on n'a pas d'autre choix que de renaître, à la vie (!)
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Café Lovely
22 septembre 2017
Café Lovely de Rattawut Lapcharoensap
Clint Eastwood aux pays des éléphants ( le Clint Eastwood n'est pas celui auquel vous pensez 😁)......

Un petit garçon dont l'amour du frère lui fera découvrir trop tôt, Café Lovely et son charme vénéneux...

Loterie au temple pour le service militaire, un tirage au sort aux mains des dieux mais surtout de la corruption....

L'art du marchandage en Extrême-Orient, comment s'acheter au marché, des fausses lunettes Armani à moitié prix ? (pourrait servir pour des futurs voyages ).......

Misère et racisme, Priscilla (Presley ?😜)aux dents d'or, la petite réfugiée cambodgienne à la générosité émouvante....

Un vieil américain handicapé chez son fils et sa bru thaïlandaise à Bangkok.....

La violence de la mafia aux combats de coqs, une tradition ancestrale en Thaïlande, le sport des rois......



La dure réalité de la misère, au sens large, racontée avec beaucoup de légèreté, de fraîcheur et de pudeur, dans un pays, la Thaïlande, où les farangs ( les étrangers) y vont pour le plaisir ("le cul et les éléphants ,c'est tout ce qui les intéresse, ces gens."), où les enfants et les ados s'initient très tôt à se shooter au solvent à peinture et à la prostitution, où le service militaire au tirage au sort est une question de vie ou de mort, où marchander est un sport national, où la générosité n'est pas proportionnelle au bien-être, où accepter son destin est une des conditions de survie, où être physiquement avec un étranger vous classifie immédiatement de prostitué et où les petits délinquants font la loi et quelle loi !



Sept nouvelles très réussies qui m'ont vraiment touchées, et dire que ce jeune auteur thaïlandais-américain, né à Chicago et élevé à Bangkok les a écrit à seulement vingt-cinq ans, Chapeau ! Comme son nom original "Sightseeing" l'indique, c'est un voyage au cœur d'un pays, doté d'un excellent guide , que je vous invite à découvrir.

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Chanson douce
19 septembre 2017
Chanson douce de Leïla Slimani
La petite biche est aux abois.

Dans le bois, se cache le loup,

Ouh, ouh, ouh ouh

Mais le brave chevalier passa.

Il prit la biche dans ses bras

La, la , la , la.

La petite biche,

ce sera toi, si tu veux.

Le loup, on s'en fiche.

Contre lui nous serons deux.

[...]

Cette chanson douce ,

je veux la chanter aussi,

Pour toi, ô ma douce,

jusqu'à la fin de ma vie....



1950 - Henri Salvador -



Poupée de cire

énigmatique sourire,

quand son regard est ailleurs.

Poupée de son

Rumeurs et soupçons

Manifestes troubles de l'humeur.

Selon docteurs et pronostics

"Mélancolie délirante"

mélant colique , toc et tic,

fureur mono-tonique persécutante.

Roman qui d'un revers de manche hante

En suçant mon pouce... m'enchante :-)















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Point Cardinal
18 septembre 2017
Point Cardinal de Recondo Leonor (de)
Sur ce parking presque désert, une chanson de Melody Gardot en fond sonore, Mathilda se démaquille, enlève ses faux cils, sa perruque et retire sa robe de soie, sa culotte et ses bas. Totalement nu, Laurent enfile sa tenue de sport puis range ses habits de lumière dans sa mallette qui trouvera refuge dans le coffre. Une fois la voiture débarrassée de ses lingettes usagées, Laurent est prêt. Prêt à quitter Cynthia et ses amies du ZanziBar, prêt à quitter Mathilda et redevenir Laurent. Il rentre alors chez lui, accueilli par sa femme, Solange, et ses deux enfants adolescents. Mathilda n'est plus, jusqu'à la prochaine fois...



Léonor de Récondo se glisse dans la peau de Laurent qui lui-même se glisse dans celle de Mathilda. Sans fard, elle dévoile peu à peu l'histoire de cet homme, mari et père, qui aspire à être ce qu'il a toujours eu l'impression d'avoir été. Mal dans sa peau, obligé de se cacher, aussi bien de sa famille que de ses collègues, il va peu à peu se mettre à nu et s'exposer en tant que tel. Un changement qui, immanquablement, va bouleverser sa vie, celle de sa femme et celle de ses enfants. L'auteure saisit parfaitement le tourment qui habite Laurent, sa volonté et sa ténacité d'être et sa transformation. Ce roman, délicat et fragile, traite avec une grande justesse de l'identité sexuelle et du courage d'être soi, envers et contre tous. De sa plume, à la fois sensible, intime et crue, Léonor de Récondo donne corps et vie à ce personnage touchant.

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Une colonne de feu
20 septembre 2017
Une colonne de feu de Ken Follett
Râââ Lovely ! exulterait peut être, comme moi, Alfaric...

Nous sommes en Angleterre, en 1558, deux siècles après "Un monde sans fin". Marie Tudor, la catholique et sanglante fille du terrible Henry VIII règne.

A Kingsbridge, une descendante du bâtisseur Merthin, Alice Willard, de religion "tolérante", est ruinée par le jeune mais procédurier et catholique fanatique Rollo Fitzgerald, aidé par l'évêque non moins sectaire.

Ses fils, Ned et Barney Willard, écoeurés, quittent Kingsbridge : l'un répond à la sollicitation de William Cecil, conseiller de la princesse Elisabeth Tudor, et l'autre court l'aventure maritime.... Et l'on n'oublie pas la part de romanesque chez Ken Follett : sur fond de guerre religieuse, une idylle impossible naît entre un protestant tolérant, Ned, et une catholique dont la famille est fanatique, Margery ...

.

De tous temps, les religions ont empoisonné (j'assume le verbe) la vie des hommes. Déjà, Moïse, vers moins 1300...Et puis maintenant, les djihadistes... Mais dans ce livre, deux "religions-soeurs" font des victimes...

Ken Follett plonge dans la guerre de religions majeure de l'Europe. Au XVIè, le protestantisme (hérétiques pour les catholiques) accroît ses adeptes sur les abus de richesses des évêques catholiques. Ces derniers, avec tous leurs instruments liturgiques, viennent de de reconquérir l'Espagne, et l'inquisition est partout en Europe.

Pour le puissant Philippe II ( porté par la reconquista et les exploits de Cortez et Pizarro) et les Guises, ce n'est pas pour laisser la petite (à l'époque) Angleterre, se laisser gagner par une autre foi. Ken montre que ces deux religions-soeurs, qui se battent au nom du Christ, peuvent faire ou défaire la fortune d'une famille au quotidien dans la petite ville de Kingsbridge.

Mais Philippe n'est pas Charles Quint, et Les Guizes ne sont pas au pouvoir... Ken Follett a le mérite de m'ouvrir les yeux sur les rôles philosophico-politiques de Catherine de Médicis et d'Elisabeth Tudor.

.

Ahhh que je rêve de porter un pourpoint à crevés jouant des effets de la lumière, pour suivre Ned, Barney, Margery, Sylvie Palot, espionner Rollo et Pierre Aumande... surprendre le sourire de la princesse Elisabeth au bain....

Que je rêve, avec eux de rencontrer Pierre de Siorac (1) lors de la St Barthélémy, ou de l'assassinat du duc de Guise devant Henri III ! .... de suivre en direct-live le combat gigantesque de la flotte anglaise contre l'Invincible Armada !

.

Rien à ajouter, sinon un style toujours génial. Mon pote Ken est en super forme, élaborant des stratégies pour placer ses héros fictifs aux moments clefs de l'Histoire d'Angleterre et de France. Il connait très bien celle-ci (2).

Et quand il n'y en a plus, il y en a encore : créations d'enjeux, de tensions, rebondissements incessants...

Un page turner qui n'a rien des thrillers commerciaux ordinaires, car on s'instruit :

-- j'ai enfin compris où passait une grande partie de l'or péruvien !

-- j'ai inversé mon jugement sur Elisabeth Tudor et sur Marie Stuart.

Another brick in my History Wall !

.

Et,sur le plan éthique, ce livre pose la question de la primauté de la "nation" ( 3 ) sur la religion ( Elisabeth ) ou du choix inverse ( Rollo ).



(1) Héros fictif de Robert Merle dans "Fortune de France".



(2) Mais je pense qu'Henri II est un Valois et non un Guise ;

et qu'on franchit les contreforts du Jura et non des Alpes pour le trajet Paris-Genève. (ce sont sans doute deux coquilles).



( 3 ) Concept pas encore bien clair à l'époque, je pense.



....Euh....La colonne de feu ????





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Mariage contre nature
18 septembre 2017
Mariage contre nature de Yukiko Motoya


Tout part d'un jour où San triant par hasard des photos emmagasinées dans l'ordinateur, remarque que le visage de son mari et la sienne se ressemblent comme deux gouttes d'eau, "cela avait quelque chose d’inquiétant." Là voici lancée dans l'investigation de "l'inquiétant" et nous lectrices et lecteurs à sa suite....ca va nous emmener loin.....

San est femme au foyer, sans enfant, vivant depuis quatre ans avec un homme censé être son époux , un homme qui n'a envie de penser à rien en rentrant chez lui et se shoote aux programme de variétés télé et jeux vidéos, voulant entraîner sa femme à sa suite. Une relation de couple, qui hormis la séance d'agitation à sens unique sous le plumard, en reste là. Bien que cet énergumène, "ce spécimen humain" lui devient de plus en plus étranger, San n'essaie pas de fuir ce mariage dilué dans le flot de la vie quotidienne, "j'avais toujours laissé les hommes se repaître de moi". Une relation qui se voudrait être fusionnelle, devient aliénante pour finir anthropophage, mais.... San trouvera la sortie, une sortie en beauté ("Ce qui était étrange, c’est que mes partenaires cherchaient tous à me servir de terreau. Et cela finissait toujours de la même façon, je sentais mes racines menacées de pourriture à cause du terreau et je me dépêchais de briser le pot pour m’en extirper de force.")



Une superbe satire du mariage que l'auteur termine avec une magnifique chute tout en douceur avec une touche surréaliste. Ce petit livre de 128 pages a reçu le fameux prix Akutagawa 2016, le Goncourt japonais.







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Bakhita
17 septembre 2017
Bakhita de Olmi Veronique
Une petite fille, une petite africaine qui aurait pu être heureuse dans son village, entourée de ceux qu'elle aime, seulement voilà, la vie en a décidé autrement, mais la vie est parfois d'une cruauté sans borne et espérer être heureux au Soudan en 1865, c'était compter sans ces négriers cupides qui faisaient commerce de leurs frères humains.



Bakhita est né dans ce Soudan où l'on prostitue les filles, où on les vend comme esclaves, où on pratique à grande échelle, la castration des garçons, ou l'on sépare les familles,...



Bakhita, à qui on a volé l'identité ( elle ne se souviendra plus de son vrai nom), à qui on a volé la joie de vivre, à qui on a interdit de penser, d'espérer, bakhita, traitée plus bas qu'un chien comme tous ces gens expédiés en caravanes vers d'autres souffrances.



Certaines scènes de cette première partie sont vraiment insoutenables, et resteront gravées à jamais dans ma mémoire, toutefois, très attachée à cette jeune fille, j'ai cheminé, dans la deuxième moitié du récit avec celle qui grandit, fait des rencontres, s'attache aux enfants, et passe d'esclave à servante dévouée à son entourage, à un Dieu qu'on lui enseigne, même si, et cela se conçoit, elle restera marquée et sera assaillie par des rêves et des visions de cauchemar, paralysée parfois par ses anciennes terreurs qui se manifesteront souvent, perturbée jusqu'à sa mort par les souffrance endurées dans son enfance.



On remarquera que Bakhita, qui n'a pas été éduquée, si ce n'est à force de coups de fouets, a perdu la mémoire de son enfance, n'a pas reçu d'instruction, ne saura jamais lire et aura bien des difficultés à maîtriser une langue. il semble d'ailleurs que son langage soit fait d'emprunts à plusieurs langues qu'elle a dû pratiquer durant son parcours.



On notera également que quelques années après son installation en Italie, Bakhita informe une religieuse de sa situation d ‘esclave, et la religieuse lui répond qu'elle sait, sans autre commentaire. J'en déduis donc que dans un pays où à cette époque, on a déjà proclamé l'abolition de l'esclavage, on continue à considérer les gens enlevés par des négriers comme esclaves et que leur affranchissement doit faire l'objet d'un procès. La bonne société serait donc restée longtemps complice de ces pratiques… ?



Le récit est merveilleusement bien écrit, je crois avoir affirmé dans un commentaire de citation que cette écriture souvent très poétique, m'a permis de supporter ces quelques scènes difficiles à lire, même si le style se relâche un peu dans la deuxième partie .





Je laisse donc à mes amis lecteurs la possibilité de lire cette pépite de la rentrée littéraire, de cheminer à leur tour avec une femme qui termine sa vie comme elle le mérite mille fois puisqu'étant devenue croyante et pieuse, et qu'aujourd'hui encore, elle existe par les témoignages que l'on a conservés.
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Beaux Rivages
16 septembre 2017
Beaux Rivages de Nina Bouraoui
"Absolument bouleversant", selon Souchon, en première de couverture de la version poche... Non, pas absolument. Bouleversant, trop réducteur. A chacun(e) sa lecture.

C'est la radiographie d'une séparation, du point de vue de la personne quittée, lésée, impuissante, en l'occurrence une femme de 46 ans, ici. Un récit réaliste et ciselé (pas "froid", pour moi, comme je l'ai lu dans certaines critiques), sur la douleur physique et psychologique, le traumatisme, l'abandon, l'humiliation, l'orgueil d'une femme profondément blessée. Le deuil d'un amour, en fait, suivant toutes les étapes du chagrin : sidération, incrédulité, espoir vain, masochisme, obsession, révolte, colère puis, bien plus tard, acceptation ou apaisement, vers un possible (?) chemin de liberté, de résilience.

Une plume que je découvre. Une lecture faite quasiment d'une traite. Une résonnance qui peut être autant personnelle qu'universelle, c'est ce que j'ai aimé. Ce texte m'a touchée, souvent émue, surtout les passages sur le désir / la dépendance / la résistance / la liberté des êtres...

L'amour ne dure pas, pourtant il est éternel, sur le rivage de nos sentiments, de nos vies imparfaites.
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Je tape la manche : Une vie dans la rue
14 septembre 2017
Je tape la manche : Une vie dans la rue de Jean-Marie Roughol
Pour commencer, je dirai que cela m'est un peu égal de savoir qui a revu et corrigé le livre de Jean-Marie ROUGHOL.

L'important n'est-il pas que quelqu'un lui ait donné la parole ?



D'ailleurs, c'est le titre écrit en gros qui m'a interpelée, et non le nom de l'auteur. Certes, un Ghostwriter aurait fait aussi bien, peut-être mieux, car j'ai relevé au passage des petites coquilles pages 85, 103...



L'essentiel, c'est la publication d'une biographie rendue possible pour un SDF anonyme (qui ne l'est plus du coup !). Impensable !

Ce témoignage a gardé un accent d'authenticité.



Vous le croisez dans la rue, souvent, pourtant vous gardez le regard rivé à votre écran de portable, vous faites un pas de côté, vous marmonnez un « je n'ai rien, désolé », et vous serrez les fesses en espérant qu'il ne soit pas trop imbibé d'alcool, et ne vous fasse pas les poches.

C'est moche d'avoir peur de la cloche.



Je suis moche, car parfois je le fais. J'accélère le pas, je change de trottoir, je regarde comme le pigeon est joli sur le bord de la fenêtre, là-haut… Mais il a raison, le plus pratique, c'est le coup de fil à donner en urgence.... enfin, surtout quand ils sont en groupe. En lisant ce témoignage, je me dis que je n'ai pas toujours tort. Les temps ont changé, même dans le monde de la rue... maintenant les mioches vous font les poches.



Son témoignage reste dans la lignée des grands classiques pourtant : enfance cabossée, manque d'amour et violence, rupture, pas d'univers sécure, c'est dur.

Alors on se casse, on se tabasse, on se ramasse, on y repasse, on s'en lasse, mais pour la tape, lui, c'est un As.

Vingt ans qu'il s'y colle, s'en décolle le temps d'un envol dans le monde du cinéma, puis s'y recolle. Pour ses enfants, il les aime, mais ne sait pas faire autrement.



La rue, vous la verrez autrement en le lisant. Il est bourré de talent et d'humour ce gars-là. Je lui filerai sûrement une petite pièce si je le croise maintenant.

Je lui dirai même :

- Eh ! C'est vous ,monsieur Roughol ? Venez donc par ici que l'on rigole, autour d'une bière sans alcool...
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Attention fragiles
14 septembre 2017
Attention fragiles de Marie-Sabine Roger
Depuis quelque temps, la mélancolie le submerge. Chiffonné comme un brouillon. Ce matin-là, sur la passerelle qu'il emprunte pour aller au lycée, l'envie est tentante de sauter. Au lieu de ça, il pleure à chaudes larmes. Et sa tristesse s'enfouit peu à peu. Un instant, il lui a semblé qu'en bas, quelqu'un le regardait. Il remet ses lunettes noires, malgré l'hiver et poursuit sa route...

Nono a bien vu le jeune homme, tout là-haut. Il devait être drôlement triste pour pleurer comme ça. Avec Baluchon, assis devant la maison, le petit Nono attend sa maman, Laurence, partie travailler à la gare. Avec un peu de chance, elle va ramener des croissants aujourd'hui...

En ce matin hivernal, Laurence tente d'oublier le froid qui la saisit. La main ouverte, sans détailler les gens qui passent devant elle, elle fait la manche. Sans réfléchir. Tentant d'oublier sa vie d'avant. Sa vie d'avant la différence...





C'est dans une maison en carton que vivent Laurence et Bruno, alias Nono. Sous une passerelle, loin des regards. Elle a peur qu'on lui retire son gamin parce que c'est pas une vie, ça, que de vivre justement dans la rue. Alors, elle tente de faire face. Certaine qu'elle pourra s'en sortir, retrouver un boulot puis un logement. Nono, lui, ne se rend pas compte de tout ça. Avec son panda, Baluchon, il attend le retour de sa maman. Nelson, alias Nel, quant à lui, ne supporte plus sa maman couveuse et surprotectrice. Ce n'est pas parce qu'il est aveugle qu'il ne peut rien faire. Son chemin va rencontrer celui de Nono mais aussi celui de Cécile. Marie-Sabine Roger nous dresse une galerie de portraits vraiment émouvante et attachante. Elle traite, tout en subtilité, de la différence et l'indifférence, le handicap, le regarde d'autrui. Un roman intelligent sur les démunis et les exclus dont il se dégage beaucoup de chaleur humaine, de tendresse et d'amour. L'innocence de Nono, le combat de Nel et de Laurence, la générosité de Lucas ne peuvent que nous toucher. La plume de Marie-Sabine Roger est à la fois poignante et légère et les mots sonnent justes.
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Requiem pour une révolution
23 septembre 2017
Requiem pour une révolution de Robert Littell
Alexander Til alias Zander décide de quitter Manhattan où il a vu son père et son frère mourir dans l'incendie de l'usine Triangle Shirtwaist sans que les conditions de travail ne changent. Partir pour la Russie et y construire une société plus humaine, plus juste et égalitaire pour tous est donc son but. Adhérant aux idées de Léon Trotski en qui il trouve un mentor, Zander s'envole pour la mère patrie accompagnée de son ami, Atticus Tuohy.

D'illusions en désillusions, d'espérance en désespoir, de bonheur en malheur, Zander va découvrir que le monde idéalisé peut rapidement tourné au cauchemar...





Au fil de 5 livres reprenant les grandes périodes de l'histoire de la Russie, nous suivons l'épopée incroyable et parfois glaçante de Zander, cet homme utopiste qui rapidement déchante face aux atrocités commises. De son départ d'Amérique en 1917 à la mort de Staline en 1953, le lecteur est plongé dans une fresque historique époustouflante et vivante où se mêlent éléments historiques avérés et scènes du quotidien.

Robert Littel a su faire revivre un pan entier de l'Histoire et, permet au lecteur de comprendre comment des millions de gens ont pu être séduits au départ par cette idéologie égalitaire de départ. L'auteur nous offre une vision à la fois active et passive des événements avec ses personnages côtoyant les personnages les plus en vue de l'époque comme Trotski, Lénine, Staline, apportant au roman une puissance historique indéniable. Le tout sans partir dans l'invraisemblable ou l'édulcorer. Les scènes décrites sont saisissantes.



Ajouté à cela l'antagonisme de deux destins : Zander vs Atticus Tuohy. Autant Zander déchante rapidement par les horreurs perpétrées au nom de l'idéologie qu'il défendait au départ, autant son ami trouve le moyen d'assouvir sa soif de pouvoir en oubliant moralité, conscience et idéologie.





Une épopée historique poignante avec un héros qui ouvre les yeux petit à petit et décide de ne pas rester passif face à l'horreur.

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Lucy psychiatre
22 septembre 2017
Lucy psychiatre de Charles M. Schulz
Ah, là, j'exulte ! Même si la petitesse des cases me fait mal aux yeux... mais si, j'ai mes lunettes !

Je jubile totalement, quelle chipie indécrottable cette Lucy, et pitié, si vous avez besoin d'un psy, elle est à éviter absolument ! Tout transfert est fortement déconseillé !

Certains s'y sont risqués, ils ont « morflé ».





Je me souviens bien maintenant, pour l'avoir lu petite : c'est de là qu'est venu mon attrait pour tout ce qui touche à la psychologie ! De là à en déduire que je m'étais identifiée à elle, je ne vous y autorise pas !
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Le jour d'avant
17 septembre 2017
Le jour d'avant de Sorj Chalandon
5 ⋆ ce n'est pas assez, je voudrais en mettre une ligne entière ! Un vrai coup de ♡ !



En 1974, Michel Flavent est adolescent, son père Jean est cultivateur, son frère Joseph abandonne son métier de mécanicien pour celui de mineur. Joseph va travailler à la fosse Saint-Amé à Liévin, mine qui fera la Une le 27 décembre 1974 lorsque 42 mineurs périront à cause d'un coup de grisou. Michel Flavent se donnera aussi le nom de Michel Delanet, nom francisé par son frère Joseph, de Michael Delaney, pilote automobile qui a tenu le rôle de Steve McQueen dans le film Le Mans. Plus tard, Michel, devenu chauffeur routier, fera peindre Steve McQueen sur la bâche de son gros cube.

Sorj Chalandon rend hommage aux mineurs et, avec son humanité coutumière dépeint les sentiments de revanche et le remords de Michel toujours ressentis quarante ans après le mort de Joseph.

Le Jour d'avant, une oeuvre magistrale de Sorj Chalandon, une histoire qui emmène le lecteur de surprises en surprises.

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Les adultes n'existent pas
22 septembre 2017
Les adultes n'existent pas de Sarah Andersen
Trouver mille excuses pour rester au lit ou éviter tout contact social, s'habiller avec de vieux vêtements confortables, surfer sur internet pour y lire des "conneries", attendre désespérément le soir afin de pouvoir enfiler son pyjama et retrouver sa tranquillité, avoir ses propres techniques pour ranger sa chambre ou plier son linge ou bien encore fondre dès qu'un homme vous parle...





Cette jeune femme, Sarah Andersen sans la nommer, pétillante, introvertie, asociale, bordélique, geek, lectrice compulsive, un brin gamine et j'en passe... se met tout d'abord en scène dans des strips postés sur internet. Connaissant un réel succès, ses quelques strips sont réunis dans cet album. Elle illustre, toujours avec humour, son quotidien, allant de sa phobie sociale à ses petits problèmes de beauté en passant par l'amour ou les réseaux sociaux. Plus que tout la jeune femme s'interroge sur le rôle d'adulte qu'elle est sensé tenir. Un rôle à la fois effrayant et étouffant pour elle. Aussi nous montre-t-elle que l'important n'est pas de paraître mais d'être. Un album vif et piquant servi par un trait simple mais efficace.
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