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migdal
  23 février 2021
Zulfu de Maurice Bedel
En 1932, Maurice BEDEL, prix Goncourt 1927, publie Zulfu, qui fait écho au roman aziyadé de Pierre LOTI, en racontant le voyage en France d'Ahmed, bachelier turc, républicain militant, attaché parlementaire d'un député turc, affairiste redoutable dont la fille Zulfu étudie en Sorbonne.



Progressiste, Ahmed occidentalise son prénom en Amédée et arrive dans l'hexagone convaincu que le progrès consiste à industrialiser, polluer, rouler en automobile, produire toujours et encore. Croyant que la république française a vocation à éclairer l'humanité en étant un phare industriel et persuadé que nos politiciens se dévouent au bien commun, il va d'étonnement en incompréhension puis en déception en constatant que le français moyen est plutôt conservateur, paysan méfiant vis à vis de ses élus …



Ahmed, alias Amédée, ambitionne de séduire Zulfu certain que ses études l'émanciperont pour en faire une femme de progrès débarrassée de toute superstition et soucieuse d'égalité entre les sexes … mais elle finit par épouser un jeune noble français et refuse de retourner en Turquie.



Une intrigue banale, des personnages assez caricaturaux, mais finalement pas plus que les héros de Pierre LOTI, auraient pu éliminer ce roman de nos bibliothèques, s'il n'avait été écrit par une des plus belles plumes de l'entre guerre, et surtout si la vague islamique qui submerge aujourd'hui la Turquie et le discours écologique qui domine nos médias ne lui donnaient une saisissante modernité en relativisant le progressisme oriental et en dénonçant les utopies idéologiques.



Les anecdotes qui nourrissent cet ouvrage sont une source jaillissante de bonne humeur en décapant le vernis intellectuel qui masque nombre de réalités éternelles. Un régal !
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AugustineBarthelemy
  24 août 2018
Poèmes en argot de Robert Desnos
C’est un exercice difficile de parler d’un recueil de poésie. Quel résumé proposait pour éveiller l’envie et l’intérêt d’un lecteur ? Je vais pourtant essayer de m’y frotter, car le livre que je vais présenter est un exemple rare de l’union entre le phrasé populaire et argotique et la forme la plus raffinée de la poésie classique : le sonnet. Un mélange étonnant et détonnant, ardu et difficile d’accès mais qui mérite l’effort qu’il demande.



L’édition établie par Alain Chevrier regroupe les douze poèmes en argot composés par Robert Desnos et s’organise en deux ensembles : le premier ensemble comprend six sonnets, réunis sous le titre A la Caille auxquels sont adjoints deux autres sonnets parus dans le recueil Destinée arbitraire (1975). Le deuxième ensemble se compose de dix huitains, insérés dans le poème Calixto (1962).



L’argot ayant le désavantage d’être le langage d’une époque à un instant T, il est parfois difficile d’accès car soit le mot a disparu, soit sa signification a changé. Pour en faciliter l’accès, Alain Chevrier accompagne les poèmes d’un glossaire, qui explique l’idiome et éclaire le contexte historique. Pour comprendre le sens des poèmes en langue verte, il propose aussi une traduction en français usuel et en vers blanc.



Les poèmes parus sous le titre A la Caille ont été composés sous l’occupation. Ils témoignent de l’esprit de résistance de Robert Desnos et offrent une satire politique violente à l’encontre du gouvernement de Vichy et des collaborateurs. L’argot devient alors un atout en brouillant le sens et déjouant la surveillance de l’occupant. Un hermétisme nécessaire à l’époque. Mais le langage populaire n’a pas seulement une utilité cryptique, il est aussi ludique. La poésie reste un espace de jeu pour ce poète féru de culture populaire, qui lui permet soit de glisser des allusions grivoises et salaces, soit de constituer une chaîne de mots qui sonne à l’oreille, de créer des rythmes internes, des effets comiques, à l’image des Aphorismes de Rrose Sélavy.



Calixto est un aussi un poème de résistance qui allie la forme ancienne et délicate du huitain octosyllabique, utilisée notamment par Ronsard ou Gongora, au bas langage. Un décalage qui confère à ce texte son originalité grâce à son mélange de styles, et qui en fait un poème quasi unique dans la poésie française, alternant langage noble et « ignoble », le sublime et le vulgaire, l’écrit et l’oral. Les strophes en argot ont parfois été coupées, jugées soit trop violentes ou scatologiques.



’hermétisme de ces poèmes peut rebuter certains. Pour être tout à fait honnête, si vous ne connaissez pas la poésie de Robert Desnos, je ne vous conseillerai pas de vous frotter à cet ouvrage mais plutôt de vous tourner vers d’autres recueils, plus facile d’accès, pour vous familiariser avec son travail poétique, tel que Chantefables et Chantefleurs, injustement cantonné à un recueil destiné pour les enfants, ou Fortunes.



Il n’en demeure pas moins que ces poèmes en argot constituent un exercice unique dans la toute la production poétique française et témoignent du génie autodidacte de ce poète surréaliste trop souvent oublié.
Lien : https://enquetelitteraire.wo..
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Takateru
  21 octobre 2012
Les Essais de Montaigne de Pierre Villey
C'est avec beaucoup de plaisir que j'ai parcouru cet ouvrage rédigé et pensé par Pierre Villey, intellectuel aveugle, influant du début du XXe siècle. Cet ouvrage universitaire constitue encore une référence pour bon nombre d''étudiants en Lettres.
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