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Dernières critiques
Cricri08
  19 octobre 2019
Le Livre du thé de Kakuzo Okakura ()
Une merveilleuse lecture très relaxante! En cette journée grise et pluvieuse, quoi de mieux qu'un voyage en Orient?

L'auteur avait pour but de nous, Occidentaux, faire découvrir le rituel du thé et l'atmosphère de la chambre de thé, de "dégager les valeurs et idéaux traditionnels, si méconnus par l'Occident" ... Dans des mots simples, plein de douceur et d'humour, l'auteur nous enseigne la voie du thé, la pureté et l'harmonie.

Après un chapitre sur les différentes écoles de thé, le lien avec les courants philosophiques est établi : taoïstes, bouddhistes et confucéens ont tous développés cet idéal du thé. Le rituel est également lié à l'art, à l'esthétisme avec des arrangements floraux, une architecture et des matériaux choisis avec soin.

Dans la post-face est rappelé que "Okakura rédigea Le Livre du Thé en 1906, lors même que le Japon, confronté à un afflux massif d'idées et d'institutions occidentales, se voyait menacer de perdre ses repères culturels". Alors un livre pour nous présenter l'art du thé tout en assurant son avenir, un très joli programme!
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yann-frat
  10 octobre 2019
Le Livre du thé de Kakuzo Okakura ()
Inutile d'en dire trop, ce livre est une porte d'entrée idéale dans la pensée asiatiques, présentant les différents courants et leurs différences fondamentales ( bouddhisme, confucianisme, taoïsme...) . C'est aussi un essai sur l'art du thé, cérémonie japonaise de concentration sur l'instant présent, une sorte de méditation à plusieurs qui ne dit pas son nom, une façon en tous cas d'ouvrir son esprit à l’ ici et maintenant.

Un livre précieux.
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magireve
  19 septembre 2019
Le Livre du thé de Kakuzo Okakura ()
Le cha-no-yu est un rituel millénaire prônant les valeurs de la simplicité et de l'humilité. Il s'agit de la cérémonie du thé. Kakuzô Okakura voit son livre du thé publié en 1906, c'est-à-dire à la fin de l'ère Meiji (1867-1912), une période de l'Histoire du Japon où l'Orient subit et s'approprie les influences venues de l'Occident. L'auteur a pu le constater tout au long de son existence puisqu'il est né en 1862. Très vite, il acquiert une excellente connaissance de l'Anglais et décide d'étudier le Chinois. Son parcours se caractérise par un large éventail d'expériences effectuées dans le domaine artistique, puisqu'il a occupé des postes de fonctionnaire dans ce secteur, et a même fondé une école nationale d'art avant de devenir conservateur de musée. C'est en 1905 qu'il commence à dresser l'ébauche du livre du thé. Pour ce faire, il puise au plus profond de ses connaissances des valeurs du taoïsme, du bouddhisme et du confucianisme. Ah, quel essai agréable à lire! Vous n'imaginez pas quel fut mon plaisir à la lecture de cet ouvrage si sobre, si désarmant de simplicité! Pour moi, le livre du thé est une véritable découverte esthétique, non seulement pour les connaissances qu'il m'a apportées au sujet du cha-no-yu, mais aussi pour ses qualités littéraires! C'est si rare de nos jours, de découvrir un livre dépourvu de fioritures distillées ça et là dans le but de faire sensation et de marquer le lecteur! Et quelle belle leçon d'humilité il nous soumet, à nous pauvres occidentaux repliés sur notre société de surconsommation qui nous empêche de savourer les instants les plus divins, au profit de notre confort matériel et surtout de notre égoïsme!



Le cha-no-yu est à la fois une philosophie (au sens littéral du terme, un amour du savoir) , une institution et un art; il nous amène à redécouvrir les valeurs de l'hospitalité traditionnelle. J'ai découvert grâce à ce livre, quels sont les liens entre le taoïsme et le zen: comme l'auteur nous l'indique, le Tao désigne la "Voie" (certaines traductions optent pour les termes tels que chemin, absolu, nature, ou encore raison). le Tao "est l'esprit du Changement Cosmique", l'éternelle croissance "qui revient toujours à elle-même afin d'engendrer de nouvelles formes". Les taoïstes rejetaient les lois, les normes et les codes moraux de la société pour la raison suivante: toute définition était réductrice à leurs yeux, car elle figeait un monde en perpétuel mouvement. En ce qui concerne le zen, j'ai constaté au cours de ma lecture que ce dernier reprenait beaucoup de concepts eux-mêmes issus du taoïsme. le zen, c'est un état d'esprit qui vise à atteindre "la réalisation suprême" grâce à la méditation. Il accorde la même importance à l'existence temporelle qu'à l'existence spirituelle. Autrement dit, le taoïsme revendique les fondements d'un idéal esthétique que le zen a mis en pratique. J'ai beaucoup apprécié le chapitre intitulé la chambre de thé, où l'on découvre les codes du cha-no-yu. On l'appelle également "maison de la fantaisie" et "maison de la vacuité" puisqu'elle se caractérise par un intérieur épuré, minimaliste et très simple. A l'intérieur, on n'y accueille que cinq personnes: l'hôte, et ses quatre convives: "plus que les Grâces et moins que les Muses", tel est le dicton invoqué par l'auteur. Pour pénétrer dans la Chambre du thé, chacun doit s'agenouiller pour montrer qu'une fois à l'intérieur, tout le monde est traité d'égal à égal (n'est-ce pas une belle leçon d'humilité?). le cha-no-yu est l'élévation de l'esprit grâce à la méditation,la simplicité et surtout la modestie. Un véritable manifeste artistique et esthétique (il existe un chapitre consacré à l'art dans le livre du thé), cet ouvrage est une véritable passerelle entre l'Orient et l'Occident, qui m'a amené à remettre en question plusieurs pratiques et de mon mode de vie occidental, au profit d'une découverte des plaisirs simples. La discipline ascétique qu'abrite ce livre est un très bel apprentissage à mes yeux; c'est si rare de nos jour de pouvoir lire un ouvrage capable d'une telle force de conviction! Je comprends pourquoi cela fait plus d'un siècle qu'il constitue un seuil pour tous ceux qui s'intéressent à l'Orient, ou veulent le découvrir. Lorsque je prépare un thé, je n'ai de cesse de songer aux préceptes de ce livre afin de savourer chaque instant de la dégustation au calme, afin de fuir quelques instants le remue-ménage du quotidien. Cette oeuvre est si poétique par son langage et ce qu'elle nous apprend (le chapitre dédié aux fleurs est splendide, il se caractérise par une douceur légère et subtile). Rédigé dans une prose raffinée et engageante, le livre du thé n'a pas fini d'émerveiller des générations éprises du savoir-vivre de l'Orient.
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