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Bordas


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Lu_a_lu
  14 août 2022
L'École des femmes de Molière
Les plus belles pièces de Molière, répétons-le, martelons-le, sont celles écrites en vers ! Il ne faut pas lire Molière, il faut le jouer. Il faut s'amuser à crier, dans sa chambre, dans son jardin, dans la rue les mots, les rimes et toutes les autres sonorités qui font que jamais le théâtre ne sera inférieur au cinéma !



Outre la beauté du langage, celle de la construction et des personnages, il faut souligner l'univers dans lequel nous plonge les oeuvres de Molière. Un univers du XVIIè siècle qui transparait à chaque fois que les pièces du grand dramaturge se retrouvent sous mes yeux.



L'histoire, comma à chaque fois, est simple mais géniale : il est ici question d'Arnolphe, bourgeois s'appropriant un titre de noblesse - d'ailleurs joué par Molière -, qui tient en horreur le fait de se faire cocufier. Mais il a trouvé l'arme imparable : éduquer selon ses voeux une jeune paysanne (Agnès) et l'épouser au moment voulu. Or, tout ne va pas se passer comme prévu ! Horace, lors de l'absence d'Arnolphe, a vu la jeune fille et les deux jeunes gens se sont épris l'un de l'autre. Arnolphe, apprenant cela, joue sur deux plans mais, à la fin, c'est bien lui qui perd : le père d'Horace, Oronte, est venu d'Amérique pour marier son fils. Et Arnolphe est tout à fait surpris quand il comprend que la femme concernée n'est personne d'autre que...Agnès, fille de Enrique et Angélique, beau-frère et soeur de Chrysalde, amie d'Arnolphe. Elle avait due être élevée en cachette, puis avait été confiée à Arnolphe. Le voilà humilié, il part en courant. L'école des femmes, c'est donc le triomphe des femmes...ce qui n'est pas pour déplaire aux féministes d'aujourd'hui ! Les points soulignant ce caractère-ci - bien que le terme "féministe" ne soit pas des plus adapté pour un texte du XVIIè - sont surtout dans les répliques de Chrysalde qui n'hésite pas, par exemple, à remettre en place le personnage principal en lui expliquant que, s'il ne souhaite pas être cocufié, le meilleur moyen pour lui est de ne se point marier !



Je serais bien incapable de critiquer une seule ligne de Molière, une seule idée, une seule indication scénique. Preuve, s'il en fallait une, de sa grandeur - que dis-je ? de son immensité - c'est la postérité de ses oeuvres.



Bref Molière ne mourra jamais.
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Lamifranz
  13 août 2022
Contes de la bécasse de Guy Maupassant (de)
Guy de Maupassant (1850-1893) est l’auteur de six romans seulement [dont « Une vie » (1883) et « Bel-Ami » (1885)], et surtout de plus de trois cents nouvelles qui font de lui un des maîtres, sinon LE maître incontesté de ce genre littéraire. Parues dans la presse entre 1875 et 1893 (plus toutes celles qui furent éditées à titre posthumes), ces nouvelles constituent un ensemble d’une rare diversité, tant dans les lieux où l’auteur situe l’action (la Normandie, Paris, divers sites de province, la Corse…), les milieux où évoluent les personnages (bourgeois, paysans, militaires, prostituées…), leur psychologie (courage et lâcheté, veulerie, honnêteté naïve et duplicité…), le registre choisi (étude de mœurs, drame, comédie, fantastique, horreur…), que dans les procédés narratifs (abondance de dialogues, équilibre parfait entre narration et exposition, multiplicité des points de vue, complicité directe ou indirecte avec le lecteur…) Ces seuls arguments sont déjà suffisants pour hisser Maupassant sur le podium des auteurs de nouvelles. Ajoutez-y un style accrocheur, réaliste (et même naturaliste, puisqu’avec Zola et les frères Goncourt, il fait partie des grands noms de cette « école »), parfois cruel et parfois tendre, parfois caustique et parfois inquiétant, il n’a pas son pareil pour créer une ambiance, faire naître chez le lecteur une émotion, qu’elle soit agréable ou pas, voire inquiétante ou même terrifiante.

La plupart de ces nouvelles ont été réunies en une quinzaine de recueils, qui représentent un corpus des plus édifiants pour cerner l’auteur, (l’homme autant que l’écrivain), l’œuvre dans sa globalité (nouvelles, romans, articles, adaptations théâtrales), ainsi que le genre de la nouvelle (auquel il donne ses titres de noblesse). « Madame Bovary c’est moi », disait Flaubert. Maupassant est tout entier dans chacun de ses écrits (observateur scrupuleux et sensible, il montre aussi ses failles, ses faiblesses et jusqu’à ses tentations d’anéantissement ou la folie.

« Les Contes de la bécasse » (1883) réunissent dix-sept nouvelles dont plusieurs sont remarquables, soit par leur finesse d’observation, leur causticité, leur sens du pathétique, ou encore leur atmosphère oppressante et angoissante.

A l’instar du « Décaméron » de Boccace, les invités d’une partie de chasse racontent chacun une histoire sur un thème de son choix : toutes sont intéressantes, à plus d’un titre, mais les deux nouvelles les plus captivantes restent pour moi « La Peur » et « Aux champs ». « La Peur » raconte deux histoires où les participants côtoient la « vraie » peur, la première prenant place en plein désert du Sahara, la seconde dans une maison de chasse. « Aux champs » est un drame paysan Dans une misère noire, une famille de paysans vend un de ses fils à de riches bourgeois. Dans une maison voisine, la même offre avait été refusée. Des années après l’enfant vendu revient et ravive les rancœurs…

Par la richesse de son inspiration, la qualité de son écriture et le tableau complet et sans fioritures qu’il fait de ses contemporains, Maupassant ne pouvait pas échapper aux adaptations cinématographiques et télévisuelles.

La télévision a fait honneur aux nouvelles de Maupassant en trois séries tout à fait remarquables :

« Histoire vraie », « Histoire d’une fille de ferme », « Madame Baptiste », « Le Port », « Le Père Amable », « Première neige », six téléfilms écrits et réalisés par Claude Santelli (référence s’il en est en matière d’adaptation littéraire) de 1973 à 1976.

« L’Ami Maupassant » (1986) une série initiée, scénarisée et en partie réalisée par le même Claude Santelli : « Aux champs », « Berthe », « Hautot père et fils », « L’enfant », « La petite Roque », « L’Héritage ».

« Chez Maupassant », (2007-2011), une série de Gérard Jourd’hui, comportant vingt-quatre épisodes, réussite absolue sur les plans de l’adaptation, de la réalisation et de l’interprétation.





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milbilou
  13 août 2022
L'étranger de Albert Camus
Avant de céder aux caprices de la rentrée littéraire ou plutôt à mes caprices de curieuse lorsque les nouveautés déferlent, j’ai eu envie de remonter dans le temps. Toujours imprégnée de la philosophie de Camus, j’ai apprécié de refaire ce voyage en absurdie. N’est-ce pas ce monde qui a façonné le personnage de Meursault ? C’est dans ce style particulier, télégraphique, phrases courtes, absence de jugement expressif, neutralité des sentiments que s’exprime un personnage indifférent, étranger à une société conventionnelle.

A chaque relecture de ce roman, je me dis que je n’avais pas encore suffisamment vécu pour l’apprécier l’année du bac. Maintenant, je le savoure.


Lien : https://mireille.brochotnean..
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