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Autrement

Créée en 1975, Autrement est une maison d'édition spécialisée dans les ouvrages de sciences humaines, les essais et documents et la littérature. La maison d'édition a pour ambition de publier des ouvrages qui portent un regard neuf sur le monde. Autrement a toujours porté un intérêt particulier aux visuels de ses ouvrages et a toujours veillé à apporter une touche de créativité à sa ligne éditoriale.

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Dernières critiques
Stockard
  18 décembre 2017
Il était une fois Morris Jones de Ran Walker
Prénom : Coltrane

Nom : Washington

Pas mal, non ? Surtout le prénom. Contemplez-le bien parce que c'est le truc le plus réussi de ce roman (avec la couverture du livre, faut reconnaître)



Coltrane Washington, donc, ce sont surtout ses parents qui aimaient le jazz, lui pas trop, c'est comme le blues, pas qu'il aime pas en fait mais plutôt qu'il n'y connait pas grand chose et ne s'y est jamais vraiment intéressé. Mais au début du bouquin, ça n'a pas grande importance ce qu'il aime et écoute comme musique, il a bien autre chose à penser : l'écriture d'un livre qui n'avance pas par exemple, alors que son précédent bouquin a reçu un accueil assez bon pour lui permettre d'être nommé écrivain résident dans une université sudiste. C'est d'ailleurs là-bas qu'il reçoit un appel d'un ami journaliste musical qui aurait justement besoin que quelqu'un se trouvant quelque part dans le Mississippi aille interviewer un vieux bluesman oublié qui crèche dans le coin, histoire de pondre un petit article dessus. Pour Coltrane Washington, de l'écriture c'est de l'écriture alors livre, article pour un magazine ou autre, c'est toujours ça de pris et il met pas longtemps à accepter.

Le voilà donc parti faire la connaissance de Morris Jones, Mojo pour tout le monde, et découvrir un peu ce qu'est la musique blues. Un peu seulement, et c'est bien par là que Il était une fois Morris Jones pèche. Si le blues est au centre se ce roman, c'est surtout pour servir de prétexte à trois différentes histoires plus ou moins liées les unes aux autres et qui ont bien peu à voir avec la musique, quelle qu'elle soit. Entre Coltrane Washington qui se montre surtout captivé par la jeune et jolie "belle-fille" de Mojo, l'ado déraciné du coin qui s'intéresse à cette musique uniquement pour mettre sa voisine dans son lit et le fils que Mojo n'a jamais (re)connu mais qui débarque pour des raisons que je ne spoilerai pas, on se retrouve vraiment déçu pour peu que, se fiant naïvement au titre, on attendait un livre sur un bluesman parlant de sa passion dans l'étouffante humidité du bayou. Que nenni donc et si ce livre se lit malgré tout sans trop de déplaisir, rien de bien transcendant n'en ressort.

Finalement, vu la brièveté du bouquin que nous offre Ran Walker, on se dit qu'il aurait eu mieux à sa place en tant que nouvelle dans une éventuelle anthologie sur le blues tout en sachant qu'une fois ledit recueil refermé, ce n'est sûrement pas cette histoire qui aurait continué à nous hanter de ses riffs torturés.

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Plouzennec
  17 décembre 2017
Au coeur des ténèbres de Joseph Conrad
Le travail d' Odette Lamolle, traductrice passionnée de Conrad qui s’attacha à traduire l’ensemble de son œuvre, fait aujourd’hui référence .
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mumuboc
  17 décembre 2017
Noces de neige de Gaëlle Josse
Quel plaisir de retrouver la plume de Gaëlle Josse. 



Me voilà embarquée pour une traversée de l'Europe, entre Côte d'Azur et Russie, la chaleur et le froid, deux époques, deux destins.....



Deux femmes : à la fin du 19ème siècle, Anna quitte Nice pour rejoindre Saint Pertersbourg avec toute sa famille d'aristocrates russes et sa dame de compagnie, Mathilde qu'elle n'aime pas car trop jolie à son goût et surtout par rapport à elle qui se sait disgracieuse.  Elle est heureuse dans ce train qui mettra 5 jours pour arriver à bon port car elle va retrouver celui qu'elle aime : Dimitri. Il n'a prononcé que quelques mots mais son coeur de jeune fille de 16 ans est chamboulé et elle ne doute pas. 



C'est étrange, nous sommes une même famille, mais personne n'est heureux en même temps. (p8)



Irina, elle, prend le train à Moscou en 2012 pour se rendre à Nice afin d'y rencontrer Enzo avec qui elle correspond depuis 6 mois grâce à un site de rencontres. Elle ne l'a jamais vu mais elle est convaincue qu'il est l'homme de sa vie, d'une nouvelle vie. Il a son âge, ils partagent beaucoup et malgré quelques petits mensonges de la part d'Irina, elle sent qu'un bonheur est possible après la douleur des derniers mois.



Bien sûr, ce n'est ici qu'un repos cahoteux, fragmenté, ce sont des miettes, des brisures de nuit, quelle attrape comme elle peut, jusqu'à ce qu'un bruit, une lumière, un train passant fracas en sens inverse l'arrachent à cette permission d'absence. 



C'est un espace où elle ne demeure pas seule, nombre de silhouettes viennent s'y faufiler, visages, lieux, souvenirs, comme amplifiés par des miroirs déformants de fête foraine, et ce soupir de soulagement incrédule lorsqu'elle réalise que ce n'était que des rêves, faits d'un bric-à-brac d'instants, agrégat de souvenirs incertains, concrétion de sensations imprécises et vaguement douloureuses. Une sorte de kaléidoscope coloré et mouvant, dans le quel une nouvelle rosace se forme à la plus infime rotation du tube métallique.(p55)



Mais les deux voyages à plus d'un siècle de distance vont réserver bien des surprises et se trouver liés..... 



Un fait qui parait anodin peut se répercuter à l'infini, comme les ondes concentriques se propagent à la surface, bien après que la pierre jetée dans le lac a disparu (p149)



Rebondissements, révélations de secrets de famille, Gaëlle Josse fait basculer de simples voyages en drames. 



Lorsqu'on a traversé le pire, même le très difficile paraît clément.(p135)



Vous montez à bord, vous êtes charmés par l'écriture, les décors, les personnages, par un côté toujours insolite des lieux, des situations et puis le rythme s'accélère, les vies basculent, se dévoilent, les règles ne sont plus les mêmes. 



Comme dans les deux précédents romans que j'ai lus, une narration douce mais efficace (romans toujours courts), sensible, concise qui installe le paysage, les acteurs prennent place et puis, au détour d'une page, une révélation, un retournement de situation, un événement chamboulent l'histoire et la lecture prend une autre couleur.



L'auteure aborde les thèmes des réseaux sociaux, leur dangerosité, mais aussi les secrets de famille, les destins.



Je ne suis pas déçue par cette nouvelle lecture, même si j'ai préféré les deux précédentes (Le dernier gardien d’Ellis Island et les Heures souterraines) (peut-être parce qu'il s'agissait d'une totale découverte d'un univers, d'une auteure et quand cela arrive j'adore).



Je sais maintenant qu'à chaque fois je m'attends à être surprise, émue, dans l'attente aussi du bouleversement dans l'histoire mais sans avoir le sentiment de relire une même histoire comme cela arrive avec d'autres auteurs. Et à chaque fois cela marche. 



Je vous recommande vivement Gaëlle Josse, de courts romans (comme quoi la longueur ne fait pas, forcément, la qualité) où l'on prend du plaisir, où l'émotion, les sentiments et les surprise ssont présents tout en abordant des thèmes d'actualité.
Lien : http://mumudanslebocage.word..
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