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Autrement

Créée en 1975, Autrement est une maison d'édition spécialisée dans les ouvrages de sciences humaines, les essais et documents et la littérature. La maison d'édition a pour ambition de publier des ouvrages qui portent un regard neuf sur le monde. Autrement a toujours porté un intérêt particulier aux visuels de ses ouvrages et a toujours veillé à apporter une touche de créativité à sa ligne éditoriale.

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Dernières critiques
Pas-chacha
22 juin 2017
Inconnu à cette adresse de Kathrine-Kressmann Taylor
Quelle belle et juste découverte!



Court échange de lettres entre deux amis. Nous sommes à l'orée de la 2ème guerre mondiale et nous voyons les rapports changer petit à petit.



Une manière différente de traiter le sujet de la montée du nazisme: moins dure et plus froide que ce j'ai déjà pu lire.



Et j'ai aimé être surprise...
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Kickou
22 juin 2017
Pierre-Joseph Proudhon : L'anarchie sans le désordre de Thibault Isabel


Le mot « Anarchie » a été galvaudé, il est à tort, synonyme de désordre, de chaos et de violence. De même, on retient de P.J. Proudhon (1809-1865) une seule citation « La propriété c’est le vol » qui, tronquée, sonne creux, il fallait bien-sûr comprendre : La propriété du capital et de l’outil de travail par quelques oisifs, c’est le vol des travailleurs et des salariés. Dans ce livre, Thibault Isabel cherche (et réussit) à rétablir et à expliquer la pensée et l’œuvre de Proudhon. Selon celui-ci, l’anarchie doit se construire sur 2 bases solides. L’une politique ; le fédéralisme, qui est ni plus ni moins que la démocratie directe, c.-à-d. locale (Quartiers, Communes ... ou associations, syndicats), le pouvoir et ses décisions sont alors « délégués » à l’étage supérieur jusqu'à l’état fédéral (le pouvoir s’exerce donc de bas en haut et non l’inverse comme dans nos sociétés). L’autre est économique ; le mutuellisme qui favorise l’association et la solidarité de travailleurs libres et propriétaires de leur outil de travail (autogestion, artisanat ...). Cette belle architecture ne peut reposer que sur une humanité responsable, mature et honnête, l’anarchie de Proudhon doit donc être morale et intègre. Thibault Isabel nous dit que Proudhon savait cela, il savait aussi l’impossibilité de mettre en place ce genre de société d’autant qu’il été contre toute vaine révolution violente (contrairement à la foireuse utopie marxiste par exemple), et que l’homme est d’abord paradoxal dans ses aspirations (besoin de liberté mais aussi d’une autorité « sécurisante » (la fameuse servitude volontaire de La Boétie), volonté d’égalité mais soif d’enrichissement ...etc.). Mais l’anarchie de Proudhon est aussi pragmatique et positive, elle n’exclut pas de tendre (quel verbe magnifique, non ?) vers l’équilibre de cet idéal, de façon locale, individuelle ou collective (Comme un peintre pointilliste parvient à construire un tableau cohérent par petites touches (ceci étant ma vision de la question)). L’anarchie proudhonienne reste donc un espoir d’émancipation et de liberté. Un bouquin très intéressant à l’heure où nos démocraties parlementaires bafouillent et tanguent. Allez, salut.

P.S. Je n’oublie pas, tout comme T. Isabel, de dire que malgré ses belles théories, P.J. Proudhon était un misérable misogyne, doublé d’un homophobe-antisémite (Il parait qu’a l’époque c’était commun !?!).



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DucalmeLucette
22 juin 2017
Les filles de Roanoke de Amy Engel
Je l’ai dévoré ! Une fois commencé, on a franchement du mal à s’arrêter. Le sujet abordé est malsain mais ce n’est pas le cas de l’écriture et de la façon dont il est traité, nous sommes réellement captivés. La psychologie des personnages est diablement bien dépeinte. L’auteure souffle le chaud et le froid avec brio !



Après le suicide de sa mère, Lane est envoyée à Roanoke par l’assistante sociale. Elle n’y a jamais mis les pieds puisque sa mère l’a fuit dès qu’elle a su qu’elle était enceinte. Lane y retrouve sa cousine Allegra, hébergée depuis toujours dans cette maison énigmatique du Kansas, demeure de leurs grands-parents Lillian et Yates Roanoke. Les deux jeunes femmes se lient très rapidement malgré leurs personnalités très différentes. Qu’en sera-t-il de leur avenir ? Vont-elles soit fuir soit mourir comme ce fut le cas pour leurs aïeules ?



Les relations et les secrets au sein de cette famille sont révélés assez rapidement, ce qui ne nous plonge pas dans un suspense dingue, mais nous sommes véritablement happés par ce lien atroce qui les torture et par cette destinée tragique des filles Roanoke. Tout cela est instillé à petites doses au fil des chapitres jusqu’à un dénouement haletant digne d’un très bon thriller.



Comme le dit si justement la traductrice, Mireille Vignol, le récit est un savant mélange « d’ombres et de lumières, de pudeur et d’obscénité, d’amour et de cruauté » mais aussi de culpabilité et de manipulation.

J’ai beaucoup apprécié le dosage des sentiments et le fait qu’Amy Engel nous plonge juste assez dans l’intime afin d’en comprendre tous les rouages, mais sans jamais tomber dans le voyeurisme pernicieux.



En bref, vous l’aurez compris, je vous recommande chaudement ce page-turner psychologique aux allures de thriller. Le sujet, bien que monstrueux, est assurément bien maîtrisé par l’auteure et très justement dosé pour en faire un récit captivant. Les personnages torturés, à cheval entre l’amour et le besoin de faire souffrir l’autre, campés entre le noir et la lumière, sont rudement bien développés et illustrent parfaitement la complexité de la famille Roanoke. Lisez-le !



« (…) quand je chuchotais des méchancetés à ma mère, les veines se tendaient si fort sur son cou qu’elles semblaient prêtes à exploser ; ses ongles laissaient parfois des lésions rouges sur ses joues ; les soirs où mes paroles acérées, vives et tranchantes comme des scalpels, la coupaient au plus profond, les yeux lui sortaient pratiquement de la tête et j’étais saisie d’une joie pernicieuse et malsaine, parce qu’elle me regardait enfin. Elle me voyait enfin, enfin. « Arrête, me hurlait-elle parfois en me fixant à travers les barreaux de ses doigts. Arrête, sale petite garce ! Arrête ! Arrête ! »

C’était comme une chanson d’amour à mes oreilles. »



Un grand merci à Babelio et aux Éditions Autrement pour cette fabuleuse découverte !
Lien : https://ducalmelucette.wordp..
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