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Métailié

Les Editions Métailié sont une maison d'édition créée en 1979 par Anne-Marie Métailié. La maison s'est d'abord concentrée sur la publication d'ouvrages de la littérature lusophone et hispanophone puis s'est ouverte sur des auteurs de nationalités différentes comme Christopher Klein (allemand), Massimo Carlotto (italien) ou encore Arnaldur Indridason (islandais). Il est à noter que les Editions Métailié publie tous les ouvrages traduits de l'auteure espagnole Rosa Montero

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Dernières critiques
Sachenka
  24 juin 2018
L'Aliéniste de Joachim-Maria Machado de Assis
À la fin du 19e siècle, Simon Bacamarte est un jeune homme fortuné mais il est tout occupé à la tâche qu’il s’est donné. Diplômé aliéniste (ce qu’on nommerait aujourd’hui psychiâtre), il réussit à convaincre les autorités de sa région natale du Brésil, Itaguaï, d’ouvrir un asile pour accueillir les malades mentaux. Tous applaudissent cette initiative. Ne le feriez-vous pas ?



Les premiers cas sont intéressants, mais rapidement tous les locaux qui présentent des comportements inaccoutumés (sans être nécessairement signes de folie aux yeux de leurs concitoyens) sont internés. Et ceux qui osent critiquer sont les prochains suspectés de démence. Après tout, pourquoi voudrait-on libérer un malade mental ? On agrandit et agrandit l’hôpital jusqu’au point où la moitié de la population est sous la garde de l’aliéniste.



Pendant ce temps, les passions se déchainent, les locaux insatisfaits marchent vers l’asile, cette « Bastille d’Itaguaï ». La garde dépêchée pour arrêter les émeutiers se joint à eux, c’est le désordre total ! La rébellion renverse les autorités et proclame un nouveau conseil municipal. Pour l’aliéniste, de telles manifestations de violence sont symptômatiques d’un trouble. Et pareillement pour les supporters de ce gouvernement. Il faudrait les interner…



Comme vous voyez, il n’y a aucune solution. L’aliéniste trouverait le moyen de confiner dans son asile autant ceux qui disent blanc que noir. Malgré cela, on ne peut que suivre la logique inébranlable de Bacamarte. En même temps, on comprend toute l’ironie qu’elle contient, et la critique (sous couvert d’humour) qu’elle fait de la politique et des sciences sociales. Peu importe qui détient le pouvoir, il est toujours dangereux et on doit l’utiliser avec la plus grande prudence.



Mais l’histoire ne s’arrête pas là ! Après avoir reconnu que plus de la moitié de la population soufre d’une santé mentale fragile, ceux qui sont sains d’esprit forment dorénavant une minorité, un cas d’anormalité. Ne serait-ce pas eux qu’on devrait interner ? Comme c’est inquiétant.



Et qu’en est-il de l’aliéniste ? A-t-il été diagnostiqué ? Devrait-il le faire ? Par lui-même, sans doute. À jouer à Dieu, il finit par se croire infaillible. D’où l’importance de ne pas concentrer tous les pouvoirs entre les mêmes mains. Je suppose que l’auteure savait de quoi il parlait, l’Amérique du Sud a vécu plusieurs changements de régime depuis… toujours.



Sous couvert d’aventures rigolotes, le roman L’aliéniste soulève de bonnes questions. Je m’attendais à une lecture agréable et drôle, et ce l’était effectivement, mais beaucoup plus en même temps. J’aime de tels romans, qui réussissent à me faire réfléchir sans en donner l’impression. Joaquim Maria Machado de Assis, que je découvre avec ce roman, vient de gagner un lecteur. Sa plume, tant par son style que par son propos, est d’une incroyable modernité, même cent cinquante ans plus tôt.
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Eve-Yeshe
  23 juin 2018
Les nuits de Reykjavik de Arnaldur Indriðason
C’est un plaisir de retrouver ce cher Erlendur, d’autant plus qu’il s’agit d’un retour aux sources, car on remonte des années en arrière et on le suit en patrouille avec deux coéquipiers arpentant Reykjavík la nuit sur les traces de petits actes délictueux.



Mais, la mort tragique d’un clochard qu’il a un peu connu titille ses neurones et il pressent qu’il s’agit probablement d’un meurtre, d’autant plus qu’une autre mort suspecte pointe le bout de son nez.



On retrouve la recherche méticuleuse des faits, le regroupement des témoignages que l’on connaît et qui fait la spécificité de l’inspecteur talentueux qu’il va devenir.



J’ai bien aimé ce polar, les balades dans cette ville la nuit, dans ce pays où le soleil ne se couche jamais -ou l’inverse selon la saison) et le regard que Arnaldur Indridason porte sur la détresse des clochards, la tentation de l’alcool, dans la quasi-indifférence des habitants. J’apprécie toujours la manière dont l’auteur argumente au fil des récits, en ayant toujours un phénomène de société ou un moment de l’Histoire du pays pour lui servir de trame.



Il me reste encore une ou deux aventures d’Erlendur et d’autres romans de l’auteur à découvrir….
Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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oblo
  22 juin 2018
Romanzo criminale de Giancarlo De Cataldo
Si, dans la vie, on s'en passerait bien, il faut pourtant que le sang coule pour faire un bon roman noir. L'Italie des années 1970 et 1980 offre un excellent contexte à tout criminel qui voudrait s'enrichir et à tout bon romancier qui voudrait relater leurs exploits. C'est précisément ce qu'offre de faire Giancarlo de Cataldo dans Romanzo criminale en s'inspirant de la bande de la Magliana.



Le contexte, c'est d'abord une Italie encore marquée par le fascisme (ne serait-ce qu'idéologiquement) porté par Mussolini puis par des hommes comme Almirante, et une Italie brûlée à vif par le terrorisme communiste (enlèvement d'Aldo Moro, attentat de Bologne) qui donne son nom à ces "années de plomb". Pour des hommes de la trempe du Libanais, du Dandy, du Froid et des autres (l'Echalas, Botola, Ricotta, les frères Bouffons, le Buffle, le Sarde, Trentedeniers), c'est une voie royale pour s'imposer à Rome. Leur territoire : la criminalité. Plus particulièrement, le trafic de drogue, particulièrement rentable et qui va considérablement enrichir ces hommes. Sous l'impulsion du Libanais, ces hommes constituent une sorte de société où l'argent gagné est réinvesti, placé, constituant une caisse de sécurité pour ceux qui tomberaient. Les affaires marchent et la loyauté est de mise jusqu'à la mort du Libanais, au début des années 1980.



On ne pourrait pas parler d'une chute, mais d'une lente désagrégation. Dans la bande, aucun ne reprend le leadership, à commencer par le Froid, tête pensante mais bientôt occupée par l'amour qu'il porte à Roberta. Chez les autres, l'argent facile appelle la drogue, le luxe, les femmes. A leurs trousses, il y a aussi un juge, Borgia, et surtout un policier, Scialoja, idéaliste naïf à ses débuts, acharné surtout à faire tomber ces hommes qui ont mis Rome sous coupe réglée. Il faut encore ajouter à cette romance criminelle le parfum d'une femme, Patrizia, une prostituée qui devient bientôt la maîtresse du Dandy, la dernière tête pensante de la bande. Patrizia est une femme indépendante, forte et surtout indifférente aux crimes qui l'entourent, à son propre bonheur, aussi bien que, lentement, elle se laisse séduire par l'atypique Scialoja que la pourriture, lentement, finira aussi par gagner.



La bande sait s'entourer : le Sec fait tourner l'argent, l'oncle Carlo laisse planer l'ombre de la mafia, des liens existent avec la Camorra et N'drangheta. Les relations sont aussi étroites avec certains services de l'Etat comme le prouvent les ripoux X et Z et, plus encore, l'existence de l'énigmatique Vieux, sorte de personnalisation d'un Etat informel mais tout-puissant. Peu à peu, cependant, la prison et les jalousies déchirent la bande : les règlements de compte éclaircissent les rangs, les rancœurs se font tenaces : le Dandy, particulièrement, est détesté par le Buffle.



On retiendra de cette lecture un souffle romanesque qui ne s'interrompt pas. Clairement, l'objectif de Cataldo est de s'immiscer au plus profond d'une histoire secrète : celle des bandits et de ceux qui les protègent, criminels eux aussi ou membres officiels de l'Etat. Si ce souffle n'égale pas la puissance de celui qui irrigue les œuvres de James Ellroy, il peut lui être comparé par le rythme qu'il impose à l'histoire et par son refus de tout manichéisme. Cependant, si tous les personnages ont des caractères propres (cela est déjà une prouesse), on peine à s'y attacher, peut-être parce que l'usage presque totémique des surnoms les déshumanisent déjà un peu. Quoiqu'il en soit, c'est tout de même le portrait d'une Italie passée qui transparaît ici : mais un passé qui colle encore, parfois, à l'image de ce pays.
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