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myrtigal
  26 juillet 2021
La Religieuse de Denis Diderot
Après avoir adoré Jacques le fataliste il y a quelques semaines, j'ai été tenté de m'essayer à un second Diderot et puis une lectrice m'avait récemment conseillé La religieuse dont le résumé m'avait bien plu alors je me suis lancée.

Ce n'est pas le coup de coeur comme pour Jacques, néanmoins j'ai beaucoup aimé. L'histoire de cette religieuse contrainte que nous conte Diderot est en fait une vraie "fausse" histoire; j'ai appris en lisant (quelques bouts) de la préface que le philosophe avait crée ce personnage de toute pièce pour attendrir un de ses amis marquis qui lui la croyait réelle et pensait correspondre avec elle, sans se douter que c'était Diderot et ses amis qui se cachaient derrière la supercherie. Puis l'auteur s'est pris à son propre jeu et il a voulu par la suite donner une vraie vie à son personnage. Il se serait également inspiré de sa propre soeur, envoyé au couvent et qui s'est suicidée.

Voilà la naissance on ne peut plus singulière de ce roman. Un roman d'une traite, sans chapitre ni pause, où la jeune Soeur Suzanne raconte dans une longue lettre son histoire au marquis (lui aussi est devenu personnage!) dont elle sollicite l'aide. Elle va lui décrire les tourments qu'elle a vécu d'abord au sein de sa famille qui ne l'aime guère et la rejette, et avec une mère qui en la faisant entrer de force au couvent, souhaite, à travers sa fille, expier ses propres fautes. Elle décrira ensuite les horreurs subis dans les couvents successifs où elle s'est retrouvée. Tortures physiques et morales d'une rare cruauté, notre Suzanne garde cependant une extraordinaire force de volonté et entreprend de quitter l'habit de religieuse par tout les moyens. Car elle a très tôt compris que la vie monastique est une vocation qui doit venir de l'intérieur et elle a senti, malgré ses tentatives, qu'elle ne l'avait pas. Et c'est en ça que j'ai beaucoup aimé le personnage de Suzanne, elle ne hait pas sa religion, au contraire elle reste profondément croyante, mais pour elle l'enfermement est une lente mort à laquelle elle ne peut se soumettre. Elle a une furieuse envie de liberté et d'indépendance qu'elle fait savoir, véritablement unique pour son époque et sa condition.

Malgré la luminosité de Suzanne, le récit est extrêmement sombre et oppressant. On découvre les affres de la vie de couvent mais aussi et surtout toute la palette de personnalité formant cette micro-société qu'est le clergé. Il y a les cruels, les indifférents, les sévères, les compatissants...Bref c'est une vie dans la vie avec ses travers, et beaucoup d'autres thèmes seront abordés (même l'homosexualité).



Il n'échappera à personne que Diderot livre ici une critique féroce du système religieux qui, à l'instar de sa propre soeur, peut engloutir tout entier un être à cause du défaut de vocation mais aussi, selon lui, l'aspect contre nature d'une vie recluse qui ne peut qu'engendrer le vice et le dépérissement de l'âme.



Bref, c'est un roman que j'ai trouvé fort, captivant et émouvant, et ce malgré la noirceur. Le courage et l'abnegation de Suzanne ont forcé mon admiration !
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Elthar
  24 juillet 2021
Beaucoup de bruit pour rien de William Shakespeare
Beaucoup de bruit pour rien… Rarement titre aura si bien porté la pensée d’une pièce, en aura si bien éclairé les multiples facettes. En effet, dans cette comédie on s’agite, on rit, on s’affronte, on chante, on frôle le drame – mort, trahison, duel – mais au final, tout rentre dans l’ordre. Les amoureux qui devaient se marier s’épousent, le complot est déjoué.

Beaucoup de bruit pour rien est une pièce profondément subversive. Shakespeare retourne le gant. Non seulement les dessous sont révélés – la chair sous la peau de l’Amour et des rapports humains, mais on assiste à un renversement profond : la forme y détermine le fond.
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JBLM
  03 juillet 2021
Lettres de mon moulin de Alphonse Daudet
Ce grand classique, dont je me rappelle avoir entendu sur CD quelques histoires en ma prime jeunesse avec la voix de Fernandel, constitue un paisible voyage en Provence, en Corse et en Algérie. Le format est intéressant pour les lecteurs qui ont du mal à focaliser longtemps leur attention, ce sont majoritairement des histoires très courtes, qui vont droit au but, et qui ne nécessitent pas de conceptualisations outrancières. Ce sont des odes au Sud rural, qui reflètent avec profondeur les beautés et les impératifs de régions où la nature et la religion s'imposent encore aux esprits, mais plus pour longtemps. Si les thèmes et les formes sont très variables, un sentiment de paix et d'inéluctabilité imprègne l'oeuvre, et la grande majorité des histoires finissent sur une note très émouvante. Je ne saurais trop insister à ce titre sur "Les étoiles" et "l'Arlésienne". Une belle madeleine de Proust en ce qui me concerne !
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