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Au Diable Vauvert

Au diable vauvert est un éditeur indépendant créé en 2000 par Marion Mazauric anciennement directrice littéraire chez J`ai Lu, installée à Vauvert dans le Gard. Son mot d`ordre est de "publier sans complexe, la littérature que nous aimons". Romans, nouvelles, documents, français ou étrangers.

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Dernières critiques
l-ourse-bibliophile
  27 septembre 2022
Stardust : Le mystère de l'étoile de Neil Gaiman
Neil Gaiman, dont j’ai à de multiples reprises salué le talent de conteur, nous propose ici un véritable conte avec une promesse donnée à l’être aimé, une étoile tombée du ciel à récupérer, des princes héritiers sans scrupules, une sorcière à la jeunesse illusoire et un monde parallèle empli de créatures magiques et de bois menaçants.



Cette quête initiée par amour (par ce qu’un jeune cœur croit être l’amour) est donc marquée par la magie et l’étrangeté et nous transporte dans le monde merveilleux de Féérie. L’occasion de renouer avec la poésie de l’auteur et des ambiances envoûtantes (du marché magique organisé tous les neuf ans au bois malveillant en passant par le bateau volant). Mais comme tout conte qui se respecte (d’autant plus écrit par Neil Gaiman), l’histoire est parfois sombre, à base des meurtres, d’un trio de sorcières terrifiantes et de projets malveillants. Une atmosphère menaçante qui ne pouvait que me plaire, d’autant que celle-ci est judicieusement équilibrée de touches d’humour, ironie et petites piques plutôt réjouissantes. C’était donc un plaisir de découvrir la plume de Gaiman en anglais, un anglais travaillé et soutenu, qui a su faire naître de belles images dans mon esprit.



Si la plume est ce qui m’a le plus séduite, j’ai apprécié cette intrigue rondement menée qui donne envie d’enchaîner les chapitres. Les personnages sont quant à eux assez simples et, à l’image des personnages de contes, souvent marqués par un trait de caractère principal, mais plaisants à suivre. Même s’il ne faut pas s’attendre à une psychologie aux mille nuances, ils ne sont jamais fades pour autant. Et puis, entre des personnalités surprenantes et des métamorphoses, il ne faut pas se fier aux apparences dans cette histoire… Aurais-je aimé une plus grande présence des antagonistes ? Peut-être, mais leurs apparitions mesurées étaient peut-être ce qui leur conféraient le plus d’attrait, de mystère et de potentiel inquiétant.



Certes, ce n’est pas le meilleur roman de Neil Gaiman, pas le plus original, mais c’était néanmoins une lecture très plaisante. En outre, le fait de retrouver des choses déjà vues a sans doute aidé à l’immersion et à ne pas être freinée par ma lecture en anglais (l’une des raisons pour laquelle j’ai mis tant de temps à le lire tenant sans doute dans la crainte de rater des éléments importants et propres à un univers de fantasy nouveau).



Ainsi, j’ai beaucoup aimé ce voyage dans les terres de Féérie. C’est un petit roman qui n’a pas la richesse de Sandman ou American Gods, mais c’est finalement un bien joli conte.
Lien : https://oursebibliophile.wor..
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cascasimir
  26 septembre 2022
Dans le désert de Julien Blanc-Gras
Dans le désert, à mille milles de toute terre habitée, imaginez ma surprise, quand une drôle de petite voix m'a réveillé. Elle disait :

- S'il vous plaît... dessine-moi un vilain petit Qatar!





Un vilain petit Qatar ?( soupçonné de financer le terrorisme ).Le Qatar en rit

"Le Qatar est peu pourvoyeur en djihadistes (beaucoup moins que la Belgique, par exemple). Il faut dire que c'est fatigant de faire le djihad', note un diplomate taquin, en faisant allusion au goût modéré des Qataris pour l'effort. Pourquoi aller se terrer dans une grotte même pas climatisée avant de se faire exploser au nom d'Allah quand on vit dans le confort ?"





- S'il te plaît, dessine moi un stade, pour la Coupe du monde 2022 : 17 degrés à l'intérieur alors qu'il en fera 28 dehors!

Il est là ton stade, avec 6500 ouvriers mots ( et enterrés sous la pelouse?) Il est climatisé avec du... pétrole.





".En une génération, on est passé de la piste à l'autoroute, de la tente aux gratte-ciel et du chameau à la Ferrari. Ce ne sont pas des métaphores à 2 pétrodollars : c'est exactement ce qui s'est passé"

Car le chameau est un des 10 animaux qui polluent la planète avec leurs pets, et on l'a troqué contre... des chevaux vapeur et un cheval cabré (Le Ferrari World Abou Dhabi...)





-S'il te plaît, dessine moi un immigré!

-"Ils mentent sur les contrats. le recruteur passe chez nous au village. Il te donne un contrat à 1 200 euros par mois, logé. C'est une bonne opportunité, tu signes. Au bout du compte, c'est 250 euros pour onze heures de travail par jour. On est logés dans des baraquements à huit dans une chambre où il n'y a pas la place de mettre une table. Pourtant, on est des humains, non ?"

Bon, jetons un voile... là-dessus?





Ici, ce n'est pas du Maghreb de canard...

"Les Qataris nous trouvent souvent ingrats et sont blessés par le "Qatar bashing", sur l'air de « on investit votre argent chez vous et vous nous pourrissez, on fait la guerre à vos côtés en Libye et vous nous traitez de terroristes ".
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Lenocherdeslivres
  26 septembre 2022
Anarchy in the U.S.E. de John King
L’Union européenne s’est bien développée. Elle contrôle maintenant d’une main de fer les états qui l’ont rejointe. Mais tous les habitants n’apprécient pas cette tyrannie injuste, qui se targue d’égalité mais tient les rênes sans aucune pitié. Surtout en Angleterre, dernier îlot de résistance à la dictature de Bruxelles et de Berlin.



Ami.e.s de la finesse, passez votre chemin ! Si vous aimez les avis nuancés, les pincettes pour déposer votre sucre dans votre thé, vous allez subir un choc. Violent. Non pas que John King soit une brute. Enfin, je ne l’ignore, ne le connaissant pas personnellement. Mais quand il veut convaincre, il utilise plutôt la Panzer division que le doux chant des oiseaux. Il suffit, pour s’en convaincre de lire le titre original : The Liberal Politics of Adolf Hitler. Est-il besoin d’en dire plus ? Nous sommes dans un roman satirique. Et la satire se dessine à gros traits. Cela tombe bien. Après tout, Voltaire, dans son Candide, n’hésite pas devant certaines outrances pour faire réagir son lecteur. Bon, je ne compare pas le talent de John King à celui de l’auteur des Lumières, mais la visée est la même : convaincre. Ou, au moins, faire rire aux dépends de certaines aberrations, de certains personnages publics particulièrement ridicules. Ou plutôt non, pas ridicules. Dangereux. En tout cas selon l’auteur anglais. Reprenons.



Publié en 2016 outre-Manche, cette satire d’une Europe toute-puissante face à la lutte d’une Angleterre du « c’était mieux avant » fait la part belle aux insulaires. On suit, dans ce roman, trois personnages. Rupert Ronsberger est un Crate-Bureau (B+) (rien que la hiérarchie est d’autant plus drôle qu’elle paraît très réaliste). Il travaille pour l’Europe, à un niveau subalterne. Mais il croit pleinement à tout ce qu’affirment les dirigeants. Et il espère, plein d’ambition qu’il est, progresser jusqu’au poste, pourquoi pas, de Contrôleur. Cela tombe bien, car apparaît dans le chapitre suivant un Contrôleur justement. Horace Starski. Cet homme omnipotent voyage dans sa bulle de bien-être et de pouvoir. Tout cela, bien sûr, d’être dans les meilleures conditions pour guider les Européens vers le bonheur. Lui, par contre, sait la vérité, sait les mensonges. Enfin, vous vous en doutiez, un résistant : Kenny Jackson vit dans un village laissé de côté, pour l’instant, par la pieuvre tentaculaire de l’Europe. Il en profite pour vivre de livres et de bière. Le modèle idéal selon John King.



Dans cette Europe diabolique, l’élite guide avec cynisme le peuple vers ses buts. Lesquels ? On peut se demander s’il s’agit d’autre chose que d’assurer le confort de cette même élite au détriment des inférieurs hiérarchiques, les communs. Et, surtout, des étrangers, tout juste bons à servir, selon leur physique ou leur origine. L’immigration choisie est ainsi organisée de façon outrancière. Les jeunes garçons et les jeunes filles sont formés à devenir des deytes efficaces et consentants, obligés d’obéir à tous les souhaits, même les plus pervers de leurs clients. John King pousse le bouchon jusqu’à montrer ses Bons Européens (c’est leur nom officiel) être persuadés que les deytes sont heureux de leur sort et qu’eux-mêmes leur offrent une chance formidable de s’élever au-dessus de leur condition misérable. Que c’est donc un cadeau de devenir leur esclave sexuel pendant qu’ils sont assez jeunes pour le faire. Car après, hélas, on est obligé de les renvoyer chez eux, puisqu’ils ne sont plus bons à l’usage. Cynique ? Proche de la réalité ?



Mais ce n’est rien à côté de la réécriture de l’histoire. Les livres et tous les écrits sont interdits. Ils sont trop dangereux et ne permettent pas aux dirigeants européens de guider le peuple dans la bonne direction. Enfin, la bonne direction, vraiment ? Quelques éléments pour vous donner une idée sans déflorer les surprises (mais on apprend cela assez vite, lors des premiers chapitres, d’ailleurs un peu lourds car l’auteur multiplie les trouvailles et la liste des changements par rapport à notre réalité : autrement dit, il faut s’accrocher pour suivre) : Churchill a été le grand méchant du XXe siècle, « le plus grand maître-trompeur de l’histoire ». Eh oui, car il a empêché de merveilleux « leadeurs démocrates » comme Hitler et Mussolini d’apporter leur vision éclairée à l’Europe. De Gaulle était un traître. Vous voyez le niveau d’outrance de ce roman ? Je vous l’ai dit, John King y va à fond. D’ailleurs, le limier informatique de Rupert (un des personnages principaux) a le petit nom affectueux d’Himmler.



Et l’élite de cette nation se baigne dans le luxe et les turpitudes. Tout est permis. Les Européens mangent de la viande à foison. On retrouve dans n’importe quel aliment un parfum de bidoche. Et la souffrance animale est un jeu : dans un restaurant, les animaux sont torturés à coup d’électricité, sous prétexte de donner un spectacle de qualité, avant de finir dans les assiettes. Ils sont totalement transformés en objets, permettant ainsi tous les excès. Kenny, le héros positif, lui, est végan. C’est un peu contre-intuitif par rapport à la société actuelle, car l’auteur semble inverser les valeurs européennes, sauf le véganisme qui reste positif dans sa réalité. Mais continuons. Un rapide regard sur la mode culinaire. Connaissez-vous les Kangouwraps ? Non ? Eh bien ce sont de « succulents filets panés de bébés kangourous » accompagnés de « piments jalapeño et de la mayonnaise arôme poule, le tout roulé dans une tortilla ». Appétissant, non ? Et d’autres recettes à base de fœtus réjouiront vos papilles virtuelles.



Je finis ce rapide tour (il faut laisser des surprises, disais-je) avec une remarque : toutes les déviances, sexuelles ou autres, sont permises. La pédophilie, par exemple, est normale : les Bons Européens qui le désirent (ce n’est pas le cas de tous, quand même) peuvent tranquillement batifoler avec des gamines et des gamins censément consentants. En fait, comme les deytes, ils sont extirpés de leur vie pour servir d’esclaves. Et tout est du même tonneau. Les habitants de cette Europe se voilent la face, comme des enfants. Ils voient le monde à travers le filtre que leur proposent, petit à petit, les dirigeants de cette immense nation dictatoriale. Ils sont infantilisés (expression utilisée ad nauseam lors de la crise du covid), suivent tous la même mode vestimentaire, dansent sur les mêmes morceaux, réagissent aux mêmes stimuli. Des robots lobotomisés. Les cadres européens actuels apprécieront le portrait qui est fait d’eux.



À me lire, on pourrait croire que le seul intérêt de ce roman est la description d’une Europe honnie. Certes, c’est le point essentiel du livre. Mais John King est non seulement un satiriste efficace, c’est aussi un romancier qui connaît les besoins des lecteurs. Et il nous offre un récit choral prenant, avec une intrigue qui tient parfaitement la route et nous entraîne au long des cinq cents pages sans qu’on ait envie de refermer le l’ouvrage. Les trois personnages finiront par se rencontrer, comme dans tout bon roman choral, après des péripéties toutes plus atroces les unes que les autres. Le cœur doit être bien accroché parfois. Mais au final, Anarchy in the U.S.E. mérite le mal que l’on s’inflige parfois à sa lecture.



Comme vous l’aurez compris, j’ai eu un peu de mal au début tant la charge contre l’Europe était violente et brutale. Même sans être un partisan effréné de l’Union européenne, j’ai ressenti ces attaques comme excessives et injustes. Mais au bout de quelques pages (une bonne trentaine), j’en ai pris mon parti et j’ai réussi à passer outre l’outrance. Je suis parvenu à en sourire et à voir la justesse de certaines observations, tout en tiquant sur d’autres. J’ai suivi avec attention l’évolution des personnages, me demandant comment tout cela allait bien pouvoir évoluer. J’ai tourné les pages avec avidité, tant qu’il est encore possible de le faire. J’ai trouvé cette histoire, finalement, bien cool.
Lien : https://lenocherdeslivres.wo..
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