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Au Diable Vauvert

Au diable vauvert est un éditeur indépendant créé en 2000 par Marion Mazauric anciennement directrice littéraire chez J`ai Lu, installée à Vauvert dans le Gard. Son mot d`ordre est de "publier sans complexe, la littérature que nous aimons". Romans, nouvelles, documents, français ou étrangers.

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Dernières critiques
JustAWord
  24 octobre 2020
Borne de Jeff VanderMeer
Jeff Vandermeer est un génie.

Posons ça là, immédiatement, pour clarifier les choses.

Jeff Vandermeer est aussi l’un des auteurs américains les plus injustement méconnus en France une fois sorti du microcosme de l’imaginaire.

L’auteur du monumental La Cité des Saints et des Fous a pourtant connu une seconde chance dans l’Hexagone avec sa Trilogie du Rempart Sud publiée chez Au Diable Vauvert à l’occasion de son adaptation filmique par Alex Garland sous le titre d’Annihilation.

Mais de nombreuses œuvres de l’américain restent encore indisponibles à ce jour dans la langue de Molière, cela malgré une popularité croissante Outre-Atlantique et un engouement critique qui ne se dément pas avec les années.

Si l’on attend toujours de façon désespérée la traduction de son Veniss Underground, c’est avec l’un de ses ouvrages les plus récents que revient Jeff Vandermeer sous nos latitudes : Borne.

Une occasion forcément immanquable pour le lecteur français de plonger dans l’univers weird et curieusement émouvant de cet auteur unique en son genre.



It’s a strange world, after all

Tout commence par une découverte, celle faites par notre narratrice, Rachel, sur la fourrure de Mord, un ours géant qui vole.

Cette découverte ? Borne, un être bizarre, étrange, impossible à cataloguer, tantôt en forme de vase inversé tantôt tentaculaire et végétal.

Intriguée par cette chose, Rachel lui accorde le droit de vivre au sein des Falaises à Balcons où elle vit avec Wick, un scientifique sur le déclin.

Bien vite, Borne se met à bouger, à manger, à changer…à parler !

Mais… attendez une minute… un ours géant qui vole ?

Borne prend place dans une immense cité en ruines, sans nom, abandonnée, effrayante, dangereuse. Tout droit sortie d’un cauchemar Volodinien, la cité n’a pas vraiment de passé clairement défini. Les souvenirs dans Borne sont flous, pour les êtres vivants comme pour la pierre et les rivières toxiques. Jadis, l’univers de Rachel a connu des guerres, des massacres, des accalmies, une lente décrépitude… que s’est-il passé exactement ?

La seule chose que l’on sait avec certitude dans le monde inventé par Jeff Vandermeer, c’est que la cité a vu une mystérieuse Compagnie s’installer en son sein. Un édifice tentaculaire qui l’a drainé de sa substance vitale et l’a inondé de choses recréées, difformes, dangereuses, étranges.

C’est d’une des expériences de la Compagnie qu’est né Mord, un ours plus grand qu’un immeuble et qui a la faculté pour le moins inattendue… de voler !

Depuis, la situation a empiré. Mord fait régner la terreur, ses intermédiaires (de plus petits ours génétiquement modifiés et venimeux à souhait) surveillent son territoire et La Magicienne, une des survivantes de la Compagnie, transforme les enfants abandonnés de la cité pour en faire de parfaits petits soldats à ses ordres.

De loin, Wick et Rachel survivent dans un édifice en ruines, peut-être jadis un immeuble majestueux, aujourd’hui un labyrinthe parsemé de pièges où la biotech de Wick peut saisir l’intrus à n’importe quel tournant. Cette cohabitation fragile bien que profitable pour les deux partis, est mise en péril par l’arrivée de Borne, un nouveau rouage dans la machinerie qui risque de tout déstabiliser. Et si Wick ne lui fait pas confiance, Rachel, elle, se prend à aimer son nouveau compagnon comme une mère…



Weird, Weird…et Weird

Borne n’est pas un roman de Jeff Vandermeer pour rien. Comme toujours, on y retrouve un bestiaire aux confins d’une fantasy malsaine et d’une science-fiction organique en diable, avec des ours géants et des renards intelligents, des enfants-guêpe et des poissons à tête humain. Comme toujours aussi, des leitmotivs, des éléments entêtants qui viennent et reviennent au gré des pages et dans la tête du lecteur, si les ours remplacent les champignons d’Ambregris et si les suricates de Veniss laissent la place aux renards, le principe reste le même : créer un surréalisme horrifique par la répétition, l’omniprésence.

La ville, elle, n’est qu’un terrain apocalyptique de plus de prime abord mais trouve, petit à petit, un caractère propre. Comme le monde imaginaire de Peter Pan redessiné par un scientifique fou, avec des enfants perdus chirurgicalement défigurés et un Peter Pan qui rentre à la maison en bestiole biotech à la fois émouvante et dévastatrice.

Dans l’univers de Jeff Vandermeer, rien n’est ce qu’il semble être, tout cache un vilain secret. Entre les cendres d’une ville détruite et les dépouilles sinistres d’astronautes morts qui n’en sont pas vraiment, Rachel et Borne vont apprendre à s’apprivoiser, à se connaître et à s’aimer.

Mais surtout, à se redécouvrir.



Élever un enfant…différent

Ce grand roman weird, c’est avant tout un roman d’apprentissage, celui d’une créature aussi peu humaine qu’émouvante du nom de Borne. Rachel, pour une raison qui n’appartient qu’à elle (et que l’on comprendra à la toute fin de son récit), s’attache à cet enfant qu’elle a trouvé, un petit être qui ne sait ni parler ni marcher et qui, petit à petit, va grandir, apprendre, changer.

Jeff Vandermeer imagine l’éducation d’une créature non-humaine à l’aune de critères, de sentiments et de jugements humains. Forcément, Borne attendrit le lecteur, maladroit et comique, toujours bienveillant envers sa mère adoptive…mais Borne reste Borne, une créature différente avec une nature profonde qui diffère de l’humain, qui remonte à la surface de façon inévitable. Métaphore de l’adolescence, du passage à l’âge adulte, de l’amour que peut porter une mère à son enfant alors que celui-ci n’en est plus un depuis longtemps, Borne théorise le nouvel adulte sous le signe de l’étrange et de l’absurde, pousse le sentiment de changement à l’extrême, physiquement et psychiquement.

Tout ça pour arriver à une question essentielle : qu’est-ce qu’une personne… qu’est-ce qu’être une personne ? Notre capacité à se mentir ? À se penser personne ? Humain ? À connaître la mort ? Le bien et le mal ?

Jeff Vandermeer, sous le soleil post-apocalyptique et le passage régulier d’un ours volant géant dans l’intervalle, brise les rêves imaginaires et confronte ses étranges personnages au réel.



Âmes brisées en quête de souvenirs

Un réel brisé, en miettes, détruit. Un monde cassé qu’il faudrait réparé, mais comment ? Chaque personnage ici incarne l’une des facettes de ce monde en morceaux.

Rachel, la récupératrice au passé couturé de cicatrices, aux recoins obscurs, en besoin d’amour, en besoin d’aimer.

Wick, le scientifique en perdition, rongé par le remord, méfiant de tout, de tous, perdu dans ses créations absurdes.

Borne, l’animal-chose qui voudrait être un « vrai p’tit garçon » , être gentil, être entier pour exister, tiraillé entre ses pulsions meurtrières et son amour étrangement humain.

Même La Magicienne, ennemie errante dont on ne sait rien ou presque, qui rêve de mettre à bas Mord, expérience ratée ou terreur ultime.

Dans le monde créé par Jeff Vandermeer, la vie semble cruelle mais pourtant délicieuse, intense, surprenante. La capacité de l’américain à changer les formes, à transformer de vieux équipements NBC en combinaisons d’astronautes morts, à imaginer des médicaments sous forme de pillules-nautiles, à dessiner des vers-diagnostics et des scarabées de combats, tout ça mène à une sorte de ré-enchantement glauque d’un réel en perdition, d’un réel qui, pourtant, recèle toujours une part de beauté et d’espoir.

L’espoir d’être un jour une personne, de savoir qui l’on est, d’accomplir quelque chose.

La terreur elle, guette toujours, Vandermeer ne déroge pas à ses passions premières. Dans les profondeurs du bâtiment de la Compagnie, sur un toit entouré d’ours venimeux, dans une chambre torturé par des enfants-mutants… la terreur reste mais l’amour aussi, jusqu’à la fin, au-delà du miroir, au-delà du sacrifice.



Roman du pardon et de l’amour, de la mémoire et du malaise, de l’être et du non-être, Borne trouve la beauté absolue au cœur de l’horreur organique et surréaliste dont raffole son auteur. Singulier jusqu’au bout de ses griffes et de ses tentacules, Borne réaffirme encore et encore que l’univers de Jeff Vandermeer reste l’un des plus originaux, des plus forts et des plus beaux de l’univers.
Lien : https://justaword.fr/borne-5..
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fanculo
  24 octobre 2020
Neverwhere de Neil Gaiman
Richard Mayhew porte secours à une jeune femme inanimée sur le trottoir . Il la recueil chez lui , mais au matin elle a disparu . Commence alors pour lui une vie suréaliste . Les gens qu'il rencontre ne le remarque pas il est invisible. Par contre il fait la connaissance de personnages farfelus (qui ne sont pas sans rappeler Alice aux pays des merveilles ). Il se retrouve dans un monde inconnu " le monde d'en bas " , une ville sous la ville de Londres . C'est un lieu mystérieux avec des personnages sombres comme les excellents comparses Vandemar et croup terrifiants et drôles . Neil Gaiman nous dresse un portrait du Londres d'en haut et du Londres d'en bas . Il arrive à en faire des personnages à part entière et mystérieux .

La fin du roman est assez convenu avec les " méchants" . La question des choix qui se présente à Richard , est bien vue et pleine de sens après toutes ces aventures rocambolesques et la magie des lieux .

Bon roman , j'ai aimé je ne connaissais pas cet auteur bonne découverte .





















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xmaszowez
  23 octobre 2020
La Fille du chasse-neige de Fabrice Capizzano
Que dire… J'ai commencé ce livre, très attirée par le titre et quelques critiques qui m'ont mis l'eau à la bouche. Hélas.



Hélas, je n'ai aimé ni le style, qui se veut poétique mais qui ne fait rien vibrer en moi tant il est lourd, ni les personnages, dont certains me hérissent, à commencer par Tom, le héros de ce roman.



Musicien hypersensible, il apparaît de manière peu subtile comme un alter-ego de l'auteur, que sa famille et son impresario ensevelissent sous des montagnes de superlatif ; ces louanges prenant le pas sur le manque de confiance en lui que l'homme affiche avec (fausse?) modestie. Bref, j'ai eu l'étrange impression que Monsieur Capizzano s'envoyait des fleurs par personnages interposés. Cela donne des choses du genre : « Mesdames, messieurs, cet homme est le père nourissier (sic) du Dieu de la musique ».



Oui, parfaitement, « nourrissier » avec deux « s ».



C'est là un autre problème. La personne en charge de la relecture (s'il y en a bien une) dispose d'un sens de la grammaire quelque peu approximatif et j'ai relevé une dizaine d'erreurs dans le premier tiers du livre, après quoi il m'est tombé des mains (faut pas déconner, non plus…). La seule chose que cette lecture a provoqué en moi, c'est une folle envie d'envoyer un Bescherelle à l'auteur afin qu'il puisse y découvrir les règles de conjugaison et de fournir à l'éditeur, un relevé des fautes pour que la prochaine édition évite aux lectrices.teurs d'avoir les yeux qui piquent.



Enfin, sous couvert d'admiration pour les femmes, maternelles, naturellement dévouées (et si possible avec un beau cul), les clichés sexistes qui assaisonnent le bouquin n'ont fait que renforcer mon exaspération.



Je terminerai la critique de ce roman qui, vous l'aurez compris, ne m'a pas plu, en mentionnant un point sur lequel je suis d'accord avec l'auteur : Tom aurait en effet « mieux fait d'aller se gratter les couilles ou de boire du pastis avec les hommes vu la façon qu'elles (NDLR, sa mère et sa copine) avaient eu de l'ignorer ». Pauvre chou.



Sur ce, bien le bonjour.




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