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Jérôme Do Bentzinger


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Dernières critiques
CharlesEdouard
  02 octobre 2020
La Nef des fous de Sebastian Brant
Un classique de la littérature allemande.

Tout les vices, péchés, folies, sont représentés, une sorte d'apologie

écrite au XVe siècle..

Toujours d'actualité pour la plupart.

Lecture érudite avec des références mythologique, religieuse.

C'est toujours préférable d'avoir quelques notions historique sur cette époque pour mieux apprécié la lecture, ce que je n'ai pas encore.

Mais cela n'empêche que ce fut une lecture intéressante.

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Luria
  26 septembre 2020
La Nef des fous de Sebastian Brant
"31

Fou qui chante avec les corbeaux

Cras, Cras ! Demain il fera jour !

Plus fou sera dans son tombeau



De tout remettre au lendemain [...] "



Traduire et adapter au français moderne un livre de la fin du XVeme siècle n'a pas dû être chose facile, néanmoins le lecteur fou d'aujourd'hui (et pourtant déjà d'hier) que je suis est bien heureux d'avoir pu lire facilement le texte.



Présenté par chapitres, quelques vers en entrée, une gravure qui a des allures de carte de tarot avec ses personnages aux bonnets cochés, avant un texte plus conséquent, l'ouvrage a décidément de la gueul-hum- belle allure.

Néanmoins j'ai vite trouvé ça indigeste et ai continué ma lecture en sélectionnant ou piochant au hasard, les jours où j'en avais envie, une page comme certains choisiraient une psaume, un épître, enfin un truc du vieux bouquin là, avant de se coucher.



Plutôt que de folies j'y vois plus un catalogue des travers qui font de nous l'humain. Et si les exemples sont d'un autre temps, les thèmes sont toujours diablement d'actualité.

(Par exemple, on y trouve un chapitre sur la procrastination, dont j'ai cité le début en exergue) (trop fort ce Sébastien Brant!)



Je considère cependant l'ouvrage comme un faire valoir de bibliothèque. On ne va pas se lire ça tranquillou sur la plage ou dans son bain avec des bougies qui vont couler de partout. Il est joli quand on le feuillette, "pour mener la danse des fous entouré de livres points lus auxquels on n'entend rien" . Premiers vers géniaux qui nous accueillent en début de lecture (trop fort vraiment ce Sébastien). Et je comprends pourquoi son propriétaire souhaite le récupérer. Pas fou lui.



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BruC
  15 mars 2020
Floréal Krattz de François Hoff
C’est d’une falsification dont il est question dans le roman de François Hoff, Floréal Krattz, écrivain inachevé (éd. Le Verger). Vraie fausse chronique, l’auteur nous raconte la création d’une imposture littéraire, décidée et pensée par quelques notables et intellectuels alsaciens. À l’instar du trio imaginé par Umberto Eco dans Le Pendule de Foucault, le narrateur se lance avec des congénères falsificateurs dans un canular pensé jusque dans ses moindres détails. L’objectif très sérieux est d’offrir à l’Alsace une figure emblématique : "Nous allons discuter pour élire une personnalité-phare de la culture, de l’art ou de la pensée alsacienne. Ce sera un choix, forcément arbitraire, et qui ne portera pas nécessairement sur quelqu’un de très connu déjà."

L’histoire de ce Floréal Krattz commence par la découverte d’un journal anonyme lors de travaux de rénovations d’un lycée de Strasbourg. Son auteur est un obscur professeur ou un pion qui a côtoyé la bonne société du XIXe siècle. Un mystérieux organisme de lobbying, soutenu en sous-main par les autorités régionales et organisé en société secrète, demande à des conjurés triés sur le volet de faire de ce journal le point de départ d’une fake story. Floréal Krattz sera sensé être une "figure positive, dans laquelle les Alsaciens puissent se reconnaître, et dans laquelle on puisse reconnaître les Alsaciens," pour "la construction cohérente et positive de l’Alsace." En bref, une sorte de marque déposée destinée "à améliorer l’image touristique de la région."

Au terme d’un brainstorming, l’obscur écrivain, dont on a découvert le journal dans la quasi-indifférence, se voit affublé d’un état civil : Floréal Krattz. Cette créature aura vocation à devenir pour l’Alsace ce qu’était James Joyce pour Dublin, Shakespeare pour l’Angleterre ou Frantz Kafka pour Prague.

La référence à l’auteur du Procès n’est pas innocente. Outre que Floréal Krattz porte les mêmes initiales que Frantz Kafka, il est aussi l’auteur d’un journal capital dans lequel l’obscur Strasbourgeois déplore son incapacité à produire et à publier des œuvres grandioses qui seront découvertes dans ce journal. "L’écriture du moi devient l’activité majeure de sa vie, et elle est, non pas l’accompagnement de son œuvre, mais l’œuvre elle-même." Le travail de faussaire pensé par les conjurés devient mieux qu’une machinerie destinée à duper : une création à part entière donnant vie à Floréal Krattz.

Les auteurs tracent son parcours de vie, jusqu’à sa mort dans le chaos des bombardements de 1870. Les conjurés littérateurs produisent surtout des textes hétéroclites, l’essentiel de son œuvre littéraire qui serait tombée dans l’oubli : un roman historique (Fabricius ou les Partisans d’Altitona), un roman-feuilleton à la Eugène Sue (Les Mystères de Strasbourg, un ouvrage qui a en réalité été écrit en 2013 par… François Hoff), des références à un drame (Eticon), des poèmes, des cantiques ou des chansons écrits en français, en alsacien ou en allemand, des nouvelles fantastiques, mais également des enquêtes policières, un genre dont est spécialiste François Hoff.

L’auteur fait de cette fake story alsacienne un roman plus vrai que nature sur un écrivain imaginaire du XIXe. Les références littéraires ne manquent pas : Alexandre Dumas, Eugène Sue, Fustel de Coulanges, Balzac mais aussi, plus proche de nous, Georges Perec, Umberto Eco ou Frantz Kafka.

Ni génie, ni figure politique, ni intellectuel engagé, Floréal Krattz dépasse le stade du canular littéraire : le succès de ce monstre littéraire échappe à ses créateurs et finit par devenir une idole effrayante. Étrange destin pour cet écrivain alsacien raté promu au rang d’icône régionale, ce qu’un comploteur résume ainsi avec férocité : "Il est médiocre, touche-à-tout, indécis, éclectique, contradictoire. Vous vouliez en faire un Alsacien typique ? Vous l’avez."
Lien : http://www.bla-bla-blog.com/..
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