AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Envolume


Livres les plus populaires voir plus


Dernières critiques
Sabrinaaydora
  21 janvier 2019
Manuel pour en finir avec la mort de Joseph Agostini
J'ai découvert Joseph Agostini avec son livre "Manuel d'un psy décomplexé". J'ai pris beaucoup de plaisir à le retrouver dans un livre abordant un thème aussi délicat. Qu'est-ce que la mort ? Que signifie-t-elle pour nous ? Est-on prêt à accueillir à la mort le moment venu. Aidé d'Agnès Rouby, psychanalyste, il aborde dans ce livre les éléments de notre société autour de la mort.



Dans un premier temps, qu'est-ce que la mort, à quoi elle correspond et ce qu'elle signifie. Autrefois glorifiée, faisant partie intégrante de nos sociétés, la mort était reconnu comme la fin d'un voyage ou le début d'un autre. Au fil des siècles, elle est devenue dans certaines religions, le moyen de faire peser sur les consciences la notion du pardon de Dieu : représentation du paradis et de l'enfer en fonction de nos actes, autant que dans l'ancienne Egypte lorsque le cœur était soupesé sur une balance et devait être plus léger qu'une plume.



Notre rapport à la mort, c'est aussi notre rapport au vieillissement, aux choses que nous ne pouvons plus faire progressivement. Ou alors la mort brutale et douloureuse, sournoise et silencieuse. Il n'existe pas une mort, mais autant que d'être humain. Nous ne sommes pas égaux devant la mort autant que nous ne sommes pas égaux devant la souffrance.



Enfin, les auteurs évoquent les expériences de mort, de ces personnes en état de mort clinique et qui témoignent de ce qu'ils ont vu, ressenti, éprouvé durant ce laps de temps.



C'est une lecture délicieuse, abordable, qui apporte non pas une science "je sais tout sur tout", mais expose les notions d'évolution par rapport à ce sujet certes délicat. L'écriture est agréable, le lexique employé est à la portée de chacun. Les thèmes sont abordés avec sobriété et tact. Il n'y a pas de jugement de valeur, les auteurs restituent des faits ou des témoignages. Je n'irai pas jusqu'à dire qu'ils dédramatisent la mort. En tout cas l'effort est fait de donner des éléments de réflexions pour chacun.



Professionnellement (je suis infirmière), j'ai accompagné beaucoup de personnes dans la mort. Qu'il s'agisse de jeune ou de personnes âgées. J'ai trouvé les propos très adapté, sur le regard de la société sur la mort, ces "mourants" qu'on ne saurait pas voir, ce vocabulaire emprunté, cette gêne. J'ai connu les douleurs, les silences, les cris, les incertitudes, les espoirs, les rémissions, les "revenants" (après arrêt cardiaque)… J'ai connu différentes morts pour mes patients, et surtout les réactions des proches : de l'éviction au désespoir en passant par la colère. Je sais l'importance de mettre des mots. L'importance de dire "il vous attend". Affronter la solitude parfois.



En bref :



Un livre qui aborde le thème de la mort à la fois dans ce qu'elle a de plus personnel, mais également sa place dans notre société. Avec une écriture fluide et un lexique accessible, ce livre permettra à son lecteur une réflexion sur ce thème qui souvent est tu. Très bonne lecture.
Lien : https://lecturedaydora.blogs..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
Leraut
  21 janvier 2019
L'autre chambre de Diane Schmidt
Magistral « L’autre chambre » de Diane Schmidt est un feu d’artifice au summum littéraire. Ces morceaux d’architecture vifs affirment une contemporanéité sincère. Ils sont délivrances et osent chuchoter à l’oreille du lecteur ce que la vie laisse sur le sillon des jours tremblants de désespoir. Bouleversants, ils sont les volets claquant à l’encontre de l’ouragan de l’irréversible. « On dit que les fous parlent tout seul ; alors je me dis que demain j’achèterai un chien. » Ces fragments de vie sont exutoires, souffrances écartelées dans ce contre-jour où les épreuves prônent un rebond nécessaire. Ici, là et maintenant résistent les mains qui s’agrippent pour ne pas sombrer. Le chaos confirme son destin. Deux femmes, un homme en filigrane parabole des conséquences, des affres qui martyrisent et font saigner « Trois fois ». Aux vases que l’on balance contre les murs sourds de tout entendement. « Ma mère m’a annoncé qu’elle n’était pas ma mère le jour où elle a accouché de Samy. Hébergée contre monnaie, puis adoptée. J’ai appris le même jour que j’étais orpheline et que l’amour se paie. » La prose dénuée de toutes fioritures est juste, sans ce trop inutile et trompeur. Ces confidences sont manichéennes. Le lecteur devine les lieux de ressources. Dans une construction aérienne, solaire et perfectionniste. Dans le creux des illustrations si précises, douées et consolantes. Ces morceaux de vie, échappés des étoiles filantes sont les résistances face au contre-jour. Il n’y a pas Sisyphe dans ces lignes majeures. Et, c’est là que réside l’espérance et l’endurance. Le dire est salvateur. « La beauté est un piège, pour celui qui la regarde, comme pour celui qui la porte. Un confort qui vous endort, un pouvoir comme une malédiction. »Le lecteur franchit la porte du délicat. Ces écorchées vives sont des crayons de couleur que l’on tient en main et que l’on ne peut lâcher d’un coup. Le pictural langagier emporte tout sur son passage. « La laideur, celle de la douleur, est sublime à contempler. La beauté sans elle n’est rien. » Durassienne, l’inspiration est un solfège inaugural. « Je rêve qu’il tombe dans l’antichambre. » Plus que bénéfique, cet antre est l’étendue du désert qui résiste et que la pluie divinise. Tremblant, il met un manteau de laine sur le froid éprouvant des fissures murales et métaphoriques. L’autre chambre chavire mais le possible est toujours le nuancé du désespoir. Les émotions sont vives dans le plein et n’osent s’émanciper. L’écriture est salvatrice. Flamboyante car chaque mot apporte sa touche sans maquillage. C’est un roman de prose, salutaire, féminin et intense. « Et puis un jour j’ai disparu. Sous un détail. »Magnétique, intime, tel un journal secret qui s’éveille au monde. « L’autre chambre » de Diane Schmidt publié par Les Editions Envolume est un cri. Culte et fort comme un café serré.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
paroles
  18 janvier 2019
L'autre chambre de Diane Schmidt
Elles sont deux. Sont-elles proies ou chasseurs ?



L’une âgée de 36 ans et toujours vierge, traîne sa solitude, sa vie sans joie sans goût et sans désir. De son enfance, elle parle peu mais une douleur est là présente, secrète. Elle est au bord de l’effacement, de l’oubli. Mais quand même, elle attend la rencontre. Celui qui la fera revenir au présent.



L’autre, âgée de 18 ou 20 ans, vient de claquer la porte de chez elle. Etait-ce vraiment chez elle d’ailleurs ? Sa virginité il y a longtemps qu’elle l’a perdue, alors offrir son corps pour avoir un toit et un travail ne l’effraie pas.



Elles sont deux et vont finir par se rencontrer grâce à lui.



Voilà un court roman inclassable, une écriture poétique et violente, des phrases lancées comme des flèches piquantes et acérées.

Deux personnages de femmes aux destins douloureux, mal dans leur peau, luttant pour leur survie.

C’est formidablement triste et bien écrit ! C’est un roman très court et très pudique malgré le sujet abordé, le désir ou son absence et sa place dans nos vies.

C’est un texte que j’ai lu puis relu à voix haute pour mieux ressentir les douleurs partagées. L’absence de désir pour l’une (Marine) mais l’envie de vivre malgré tout qui est là, différente certes mais tellement présente et douloureuse, et encore plus après l’avoir connue.

Et pour la plus jeune (Ondine), l’envie d’être aimée et d’aimer malgré les coups portés à l’âme et au corps par sa famille d’abord et par son amant ensuite qui l’a placée comme danseuse dans un night-club.



J’ai aimé les prénoms d’eau distribués aux héroïnes, ces héroïnes qui pourraient se noyer mais apprennent à nager.

J’ai aimé les images imposées par les mots de l’auteure : le silence strident de la première et les ecchymoses qui s’allongent comme les tatouages de la seconde.



Voilà un premier roman, qui pour moi est un premier poème tant les mots sont ciselés et percutants, et le tout est servi dans un magnifique écrin de papier aux graphisme et dessins magnifiques. Car oui, Diane Schmidt possède un autre talent, celui d’orner elle-même ses écrits.



Je remercie infiniment François des éditions Envolume pour l’envoi de ce texte brillant et fort. Une très belle découverte.


Lien : http://mespetitesboites.net
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          202