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Dessert de Lune


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Dessert
  17 avril 2018
Les Continents de Bougel Herve
La verticalité, enfin l’écriture verticale semble être l’espace que s’est choisi Hervé Bougel. On se souvient de TRAVAILS (éd LES CARNETS DU DESSERT DE LUNE) constitué de forages dans les profondeurs de la mémoire. Dans LES CONTINENTS, la verticalité (si l’on m’autorise cet hugolisme ?) marque l’horizontalité quasi sans fin des rails : il faudrait s’imaginer lire, si cet objet était matériellement possible, un livre aux pages d’au moins un mètre de long ne comportant qu’une seule ligne scandée de slash. Autre différence (je simplifie) : TRAVAILS c’était le passé, ce qui s’impose à nous : on ne choisit pas son passé (je vous rappelle que je simplifie) ; LES CONTINENTS c’est le présent, (c’est nous qui en donnons les points de départ et d’arrivée). Donc LES CONTINENTS est un livre au présent même lorsqu’il convoque le passé « Jeudi 11 octobre / Vigne rouge / Et pendue / Au remblai / Maïs cisaillé / Sureau dégorgé / Acacias / Tronçonnés / Je reconnais tout / Poulets frits / Et fenils / Caravanes / Rouillées / Clapiers/poulaillers / Au long des voies / Triste et beau / Pays de ma jeunesse… » Hervé Bougel parcourt en train les campagnes, les banlieues, des paysages qui mènent à Rennes, Marseille, Namur, Grenoble, Brest, etc. « Quel est ce pays / C’est nous / Arbres / Des platanes… ». Ses yeux parcourent l’intérieur des wagons « Le contrôleur / Barbu chauve / S’appelle / Barnabé…/ une dame aveugle / Des bras / Des mains / De poupon / De celluloïd / Tenus devant elle… ». Ses yeux parcourent ses pensées, ses illusions, ses désillusions, sa mélancolie. Hervé Bougel parcourt ses « continents». Ah ! encore : ce livre est une boucle géographique (Najac/Laguépie) et temporelle (un an) : c’est son côté Perec à Hervé Bougel (un an c’était aussi la contrainte temporelle choisie pour ses PETITES FADAISES A LA FENETRE et l’immobilité sa contrainte physique) : « Montre en main / J’ai parcouru / Mes continents / Au cours / D’une année / De neige / De pluie / De feuilles ardentes…Je ne tiens pas / En place / Alors je m’absente… »

© Christian Degoutte in Revue Verso



Observateur du monde (il le fit excellemment à partir d'une fenêtre dans "Petites fadaises à la fenêtre", 2004, ou encore en publiant sous le même angle des photos vérité de passants dans sa ville), il poursuit cette tâche poétique et sensible, cette fois à la vitesse et à la lumière des trains.

Vivacité, rythme soutenu, éclats, éclairs, vers d'un ou deux ou trois mots le plus souvent illustrent cette poétique très verticale d'un périple à tout berzingue (si on plagiait le road-movie de Kerouac), déroulant image, sensations, rencontres, impressions, dans le roulis des machines et des compartiments. le tour de France de Bougel a la bougeotte et ses vers une vérité non feinte. La lucidité, le passage en revue des têtes, des visages, des usages emmaille pour le lecteur un flot de réseaux de sens :

"Je lis les caténaires

Et le plomb fondu

Des rails

Je vois bien des feuilles

Tombées

De cet automne

Et de l'air et du vent

En proie

A ce qui se passe

Ce qui étreint

Et me lie

Me ligote..."



Selon l'effet de création (maraboutdeficelle etc.), le poète enfile les faits, les situations, jongle avec le signifiant, interfère sans cesse dans ce flux du langage, relayant là et bien le mouvement de la vie et des trains.

Au train où vont les choses, ces poèmes verticaux (d'habitude, je ne suis guère fan de la chose, et ça n'a pas plu à l'auteur de ces vers, je le comprends mieux maintenant) ont l'aisance et la fluidité du vécu, de la vitesse, et dirais-je, quitte à écorner les concepts de l'auteur, de la ferveur pour le monde :

Mercredi 20 octobre

Quittant

Enfin

Toujours

Grenoble

Taille-la-Ville

Et sa gare

égarée

Le bleu

Choit derrière

Le Vercors

Inondant

La marée

Des souvenances

Noyées

Jusqu'où iras-tu

Nager

Lac profond

Passe grise...

Le titre "Les Continents" renvoie aux mondes que l'observatoire d'un train décèle, recèle, offre à la vision, à l'écriture, à l'appréhension phénoménologique du monde.

Beau livre.

© Philippe Leuckx in Bleu d'encre N°39



Les poèmes sont avant tout verticaux. Quelques mots, quelques signes, par vers. Cet abîme, cette chute donne un rythme, une vitesse à la lecture. Les mots cognent au ballast. On est dans le train avec Hervé Bougel. Les continents sont les trajets qu'il effectue en une année. Vosges, Nord, Belgique, Dauphiné, Bourgogne, Bretagne, Val de Loire… Comme le dit très justement Jean-Louis Jacquier-Roux en préface, il y a ce qui passe par la fenêtre qu'il note avec ce langage suspendu et haché, et ce qui passe dans le compartiment ou le wagon. Les deux univers se croisent. Avec ce que ça peut évoquer, les souvenirs du père : Chercher / Par nos Vosges / Comme une idée / de moi-même / Comme une idée / de lui-même… les souvenirs de soi : Je voyage / En mes terres / Mes dérisoires / Enfantillages… La mer en fond de tableau est constamment présente. Tout est consigné à la pointe sèche. Hervé Bougel l'écrit par deux fois : Les sentiments / Ordinaires / Et confus… Et le recueil entier tend à cerner ces deux qualificatifs qui baignent l'existence."

© Jacques Morin, mars 2018



Cliqueticlac

Ce recueil de dix-sept poèmes comme autant de voyages en train à travers la France et la Belgique mais surtout à travers la mémoire de l'auteur comme le suggère le rédacteur de l'avant-propos, Jean-Louis Jacquier-Roux, : « il voyage plus à son aise dans ses rêves, dans ses souvenirs et dans le vif de ses pensées qu'au gré de la réalité banale d'un Paris-Lyon à quinze euros… », évoque pour moi une célèbre comptine que nous chantions à nos enfants quand ils étaient tout petits. Les vers d'Hervé Bougel ne comportent que quelques pieds : trois, quatre, cinq, six, rarement plus, ils rythment les poèmes comme les « cliqueticlac » scandaient la comptine qui est remontée à ma mémoire :

Cliqueticlac

« J'ai parcouru / Les continents / Ce train avance / Dans un clair obscur / Dépassé / Outrepassé…. »

Cliqueticlac

Ainsi, en l'espace d'une année, du 20 juillet au 24 juillet de l'année suivante, je suppose car rien de l'indique, le poète a parcouru de long en large, en travers, en grande vitesse, en petite vitesse au gré des trains qu'il pouvait emprunter, la France profonde et la Belgique tout aussi provinciale, la campagne aux noms chantants qui donnaient un peu de musique à nos cours de géographie. Son voyage commence à Najac/Laguépie et le ramène à cette même gare après avoir visité Namur et Charleroi, Voiron et Grenoble et bien d‘autres gares au nom fleuris. le poète se régale de ses noms qui chantent, donnant de la couleur à son voyage.

« Je désire traverser / La province / La belle jaune/ Meuse / À jamais / Endormeuse / Puis / Namen / Ottignies / Et Gembloux… » Où il peut saluer un autre poète :

« Sur les doutes / Et les espérances / de William / Cliff l'ancien / Jeune homme / Traînant… »

Mais le voyage ce n'est pas que les gares, c'est aussi les paysages qui défilent, les passagers qui se pressent, un spectacle permanent qui s'offre au regard.

« Je ne vois plus / Ni le ciel / Ni l'avenir / Maisons de terre / Tordues / Tours de Pise/pisé / Ici au long / Des voies / La vie est si vite / Épuisée… »

Ainsi, au rythme d'une comptine, le poète nous fait visiter les dix-sept continents de son recueil, comme autant d'expéditions ferroviaires, laissant défiler les images, sans que nous ne bougions même le plus petit de nos orteils.

© Denis Billamboz in http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/53083

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7269
  16 avril 2018
Sans Abuelo Petite de Guivarch Cécile
Très joli livre dont les pages sont construites sur le même modèle, ce qui donne un rythme à la lecture et engendre une attente délicieuse : Un petit texte de 3 lignes, tels un haïkus en haut à gauche en français ou espagnol, un poème en bas à gauche et un texte sur la partie supérieure à droite de la page. L'auteur évoque son enfance, et se rappelle les origines espagnoles de sa mère et de sa grand-mère, son rapport aux langues, la langue française, la langue espagnole parfois mixée par sa grand-mère, le vrai grand-père qu'elle n'a jamais connu car il a choisi de s'expatrier, les choix des adultes... Très sensible, et joyeux malgré la nostalgie qui se dégage.
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Dessert
  12 novembre 2017
Carnet d'un Petit Revuiste de Poche de Jacques Morin
Carnet d’un petit revuiste de poche – Jacques Morin

Genre : récit. Couverture de Claudine Goux. Collection Pousse-Café. Format 10 x 14 cm. 22 pages imprimées sur papier bouffant 90 gr et Gmund tactile blanc 250 gr.

ISBN 978-2-930607-65-8. 5 €

Jacques Morin est un enthousiaste. La preuve : ça fait plus de 35 ans qu'il publie une revue (DECHARGE). C'est aussi un réaliste. La preuve : c'est ce CARNET D'UN PETIT REVUISTE DE POCHE. En 12 courtes proses claires et nettes (comme on dit), il cristallise son vécu de revuiste et l'expérience qu'il en a tirée : « Un auteur reste un auteur, un poète reste un poète. Un revuiste non. Il ne l'est que transitoirement. Que sa revue s'arrête ou demeure suspendue… il ne l'est plus » Il y a la Lettre à un jeune poète de Rilke, que tout apprenti-poète se doit d'avoir digérée ; maintenant il y a le petit Morin, le vade-mecum de tous ceux qui désirent se faire une carrière d'enthousiaste éclairé.

© Christian DEGOUTTE in VERSO n° 168



En douze « tableaux » d’une analyse brève mais efficace, Jacques Morin dresse un autoportrait du revuiste de haut-vol qu’il est depuis plus de 40 ans. Dans la belle lignée de quelques grands aînés (Pierre Boujut, Pierre Béarn, Henri Heurtebise, pour ne citer que ces trois-là), il aura, dans un élan généreux et toujours renouvelé, ouvert la voie et donné la parole à des centaines de poètes. Ce qui lui apparaît parfois comme une névrose obsessionnelle n’est en réalité que la conséquence d’une vertigineuse et fructueuse addiction. Si « la revue est un genre ingrat », elle permet malgré tout au revuiste de faire la part des choses « en comptant sur ses fidèles » tout en ayant une juste et pertinente vision sur la poésie vivante.

© Georges Cathalo in revue « Traversées »



Malheurs d’un meneur de revue

Jacques Morin anime la revue Décharge depuis 1981, autant dire depuis la nuit des temps, tant les publications consacrées à l’actualité poétique ont habituellement une faible espérance de vie. C’est sa charge ingrate de «revuiste» blasé mais passionné qu’il décrit dans le petit recueil savoureux qui vient de paraître chez les Carnets du dessert de Lune. «Le revuiste vit revue. Il ne marche pas à l’année, avec une date bien précise d’anniversaire. Il marche au trimestre et au quantième. Il vieillit à chaque livraison, et il fait bien son nombre de numéros.» Plus loin : «Le revuiste n’a pas d’écurie, pas d’auteurs, contrairement à l’éditeur. Il publie nombre de gens mais sans pouvoir s’enorgueillir d’aucun.» On souhaite quand même au revuiste une bonne année (et bon courage).

© Guillaume Lecaplain in Libération 01/01/2017

http://next.liberation.fr/culture-next/2017/01/01/aujourd-hui-j-ecris-ton-nom-chausson-et-autres-vers_1537981



« La revue est un genre ingrat. Les auteurs y passent, désinvoltes ou dilettantes. Ça ne marque pas leur œuvre, contrairement aux recueils qui la constituent. » Constat sans illusions, mais pas désabusé pour autant. Car celui qui le dresse, Jacques Morin, Jacmo pour les intimes de la poésie, est un revuiste impénitent qui n’a jamais baissé les bras devant l’ingratitude de certains de ceux qu’il a accueillis dans ses pages. Il a créé et animé « Le Crayon noir », puis « Le Désespoir, précisément » et l’une des meilleures revues de poésie, « Décharge », qui a près de 170 numéros et 35 ans au compteur, un record !

Du coup, le poète Jacques Morin, auteur d’une vingtaine de recueils, est un peu oublié au profit de Jacmo le revuiste et critique. Il sait donc de quoi il parle quand il livre ce « carnet d’un petit revuiste de poche » ! Une vingtaine de pages seulement, mais qui cernent cette passion dévorante : choisir des poèmes, les mettre en pages, les assembler, « composer avec les contradictions ou les paradoxes des textes proposés », puis après l’imprimerie les expédier et dialoguer par lettres et courriels avec les abonnés. Bref, animer une revue, sachant que le maitre-mot ici reste celui du plaisir !

© Michel Baglin in « Texture »



« Le revuiste vit essentiellement en poésie. Le travail de la revue l’accaparant. » Ainsi poursuit Jacques Morin avec ce petit carnet, paru à la suite de J’écris.

L’attention est concentrée ici sur l’activité de revuiste, comme son titre l’indique.

« Le revuiste vit essentiellement en poésie, » lire les livres, des piles de livres, les chroniquer, recevoir des textes inédits, des propositions d’articles, sans cesse, d’un numéro à l’autre, tout ceci permet d’être au quotidien avec la poésie. Et pourtant, si « la revue (est) obsessionnelle » : elle prend toute la place, il n’en reste pas moins que le revuiste « aime lire et parler des autres revues. » : faire ainsi connaître la poésie, ce qui s’y passe, il n’y a que dans le partage et le compagnonnage que cela paraît possible. « La revue est un genre ingrat », alors le revuiste « défend un esprit, une façon de voir les choses » et présente ainsi « une vitrine de ce qui se fait en poésie à un moment donné. » Jacques Morin, sait très bien de quoi il parle puisqu’il est revuiste depuis 1973 et notamment depuis 1981 pour la revue Décharge. Par ce carnet, à glisser dans la poche, il évoque ainsi à sa juste valeur l’art d’être revuiste.

© Terre à Ciel, Cécile Guivarch, janvier 2017



Revue-Création littéraire contemporaine-Poésie. Jacques Morin dirige et gère la revue de poésie « Décharge » depuis 1981. Il témoigne ici, non sans humour, du quotidien de ce métier de « passeur ». « Le revuiste vit essentiellement en poésie. Le travail de la revue l’accaparant. Beaucoup de ses activités tournent autour d’un seul et même sujet. Tout le reste demeure périphérique. Il mange et ne vit que pour subvenir à la revue » : « un dévouement exclusif ». De plus, le revuiste aime lire et parler des autres revues ! (Sans qu’on le sache vraiment, il y a un foisonnement de revues : elles ont d’ailleurs leur salon à Paris). Il reçoit beaucoup de recueil à analyser, « des piles vertigineuses se forment sur le bureau, stalagmites express ».

Ce court témoignage montre l’importance des revues pour faire connaître le vivier de la création littéraire contemporaine. Un auteur passe souvent d’abord en revue avant d’être publié. Le revuiste est sous pression périodiquement pour sortir le nouveau numéro. Jacques Morin présente à merveille ce travail acharné, exigent, sans fin, mais si important. Chapeau bas !

© Odile Bonneel in InterCDI



Jacques Morin, comme cela lui arrive parfois, est passé de l’autre côté de la page, son nom n’est caché ni au début ni à la fin de ce tout petit recueil, il figure en gros caractères à la une, à la place habituellement réservée aux auteurs, tout cela est parfaitement normal puisque c’est bien lui qui a écrit les textes qui figurent dans ce recueil. Une façon de dire qu’il sait lui aussi écrire des textes de qualité, qu’il n’est pas seulement un intermédiaire entre les auteurs et les lecteurs, qu’il est lui aussi un écrivain au sens le plus plein du terme.

Et si Morin prend la plume ce n’est pas seulement pour dire que le métier de revuiste est un métier ingrat, aussi méconnu que le terme qui le désigne, un métier exigeant, à chaque numéro l’aventure recommence avec les mêmes incertitudes et les mêmes contraintes calendaires, un métier de passionné qui digère des piles de livres, de recueils, de revues, un métier de kamikaze qui risque à chaque numéro de se faire incendier par des lecteurs ne partageant pas ses avis, par des auteurs s’estimant trop peu soutenus, par d’autres auteurs non retenus pour la publication, blessés au plus profond de l’égo qui leur sert souvent de talent. Non, je ne crois pas que c’est pour se plaindre que Morin a écrit ce petit recueil, je crois que c’est pour allumer un signal d’alarme, pour informer la communauté des auteurs que la revue, la sienne, l’excellente publication « Décharge » qui déniche les meilleurs poètes, pourrait un jour disparaître avec lui. « Il se demande comment elle fera sans son dévouement exclusif ». Ca ressemble à un appel à l’aide, un hameçon lancé pour pêcher celui qui aura la même passion que lui et qui fera vivre encore la revue et ceux qui y publient leurs œuvres.

On pourrait croire que Morin est peu désabusé, insuffisamment reconnu, un peu aigri de ne pas avoir, comme un éditeur courtisé, son « écurie » d’écrivains. Non, je crois que Morin est seulement un passionné de lecture, « Lire et parler d’un recueil lui donne grande satisfaction », un passionné qui entre dans l’intimité des auteurs après avoir lu seulement quelques lignes de leur plume. C’est un jouisseur qui voudrait partager sa passion, comme je le fais moi-même en lisant ses lignes et en laissant ces quelques mots sur leur auteur. Je ne voudrais tenter aucune comparaison, je ne suis pas à la hauteur, je voudrais seulement dire que je connais le frisson de l’amoureux des livres qui découvre encore un livre de plus dans sa boîte aux lettres, un livre de plus à mettre en haut de la pile déjà chancelante, un livre de plus à glisser dans un petit trou du programme de lecture, un livre à lire dans le train, dans la salle d‘attente chez le médecin, dans un bar, … partout où il est possible de grappiller un peu de temps.

Que Jacques Morin se rassure, le revuiste est un maillon essentiel de la chaîne du livre, c’est un naisseur, c’est très souvent lui qui, le tout premier, voit l’auteur inconnu avec son petit poème, son petit texte, l’auteur qui un jour sera célèbre. Combien de grands écrivains ont commencé par livrer leurs premiers essais à un journal ou une revue ? Tous ou presque ! Un jour Thierry Radière m’a dit que j’étais un passeur de textes, j’aimerais bien, les vrais passeurs de textes sont les revuistes comme Jacques Morin qui, à chaque publication, remettent sur le métier de nouveaux textes révélant de nouveaux auteurs.

© Denis Billamboz in Les Belles Phrases



Douze textes seulement composent ce « Carnet » où Jacques Morin, excellent revuiste, décline son métier de « gardeur de revue » et révèle son goût du travail forcené.

Oui, « la revue est un genre ingrat ».

Oui. Mille fois

« Le revuiste travaille sans cesse sur le temps »

« Il n’a que deux yeux, une main et du temps compté »

© Philippe Leuck, in Les belles phrases

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