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Editions Arléa


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latina
  30 septembre 2018
Histoire d'un bonheur de Geneviève Damas
6 ETOILES, 10 ETOILES ! Un livre à emporter sur mon île, tout de suite !



J'ai plein d'étoiles dans les yeux, et pourtant j'ai terminé ce livre avec plein de larmes.

Des larmes de joie, de compassion, d'acquiescement.

Oui, oui, oui, j'acquiesce à tout ce que peut raconter Geneviève Damas, cette femme tellement humaine qu'il lui est impossible de raconter « du faux ».

Ceci n'est pas du tout un roman « feel good », c'est totalement à l'opposé de ces livres donneurs de leçons, quiconque me connait un peu le sait, que je déteste ça !

Ici, c'est du doux, du terrible, du pitoyable, de l'attendrissant, du velours, de la soie, de la richesse, de la misère, des gueules cassées, des coeurs morts, de la révolte, des mains tendues.



Sous couvert de se glisser dans différents personnages, cette auteure nous raconte le bonheur. Elle nous dit que tout le monde le recherche, qu'il arrive au moment où on s'y attend le moins, quand on a touché le fond. Vous allez me rétorquer que ça, vous le savez, que ce sont des beaux mots, et puis c'est tout. Eh bien non, ce n'est pas tout ! On n'est pas « que » heureux, on n'est pas « que » malheureux. Plein de gens (tout le monde, en fait) cachent une vie à l'intérieur d'eux-mêmes, et les apparences sont souvent (toujours) trompeuses.



Me voilà avec mes clichés, mais excusez-moi, je ne suis pas Geneviève Damas. Elle seule est capable de nous faire comprendre toute l'humanité du monde.

Me voilà avec mes grands mots, je suis désolée, je ne suis pas Geneviève Damas. Elle seule est capable de toucher le coeur du bonheur, le coeur du malheur, avec des mots de la vie de tous les jours, des phrases simples, des pensées quotidiennes. Encore faut-il les penser ...



Un tout petit mot de l'histoire, de l' « Histoire d'un bonheur » : Lyon est une ville qui brasse une population hétéroclite, et les bourgeois, dont fait partie Anita, ne côtoient jamais cette « petite racaille des banlieues », à laquelle appartient Noureddine.

Anita a une famille, un mari qu'elle ne voit jamais, un fils qu'elle croyait connaitre, une fille qu'elle ne comprend pas, un tout petit chien. Et surtout un beau-frère cabossé qu'elle seule devine.

Noureddine a une famille aussi, bien cabossée. Et pourtant, la rencontre a lieu, et pas doucement. La voisine Nathalie s'en mêle, par la force des choses, elle qui aussi a connu et qui connait encore des « histoires » dans sa vie.

A eux 4, à tour de rôle, ils racontent, ils se racontent, et ils racontent les autres.



Je suis passée du rire aux larmes, tout entière immiscée dans le point de vue de chacun, reproduit avec tellement de brio, tellement de justesse, tellement d'empathie, tellement d'humanité par Geneviève Damas.

Mais il vaut mieux que je me taise, j'aurais trop peur de dénaturer l'Histoire d'un bonheur, l'histoire de ce bonheur que l'être humain aimerait tellement se raconter.

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adtraviata
  29 septembre 2018
Eux sur la photo de Hélène Gestern
Le secret de famille, c’est un thème qui m’intéresse. Il se révèle ici d’une façon à la fois originale et familière : qui ne s’est jamais posé de questions devant les vieux albums-photos familiaux ? C’est par une petite annonce qu’Hélène Hyvert commence sa recherche. S’ensuit alors une correspondance entre elle et Stéphane Crüsten, dont les étapes se marquent par la description de différentes photos : autant de jalons de l’histoire de sa mère à elle et de son père à lui pour lever de plus en plus le vole sur la relation interdite qui a existé entre eux.



Des vieilles photos, des échanges de lettres (mais aussi de courriels), voilà des choses qui peuvent paraître désuètes aujourd’hui. Et de fait, le roman est empli de mélancolie sur ce qui a été, ce qui n’a pas été et aurait pu être, mais aussi plein de résilience sur la manière dont les descendants assument un secret de famille.



Ceci dit, j’ai trouvé ce premier roman un peu trop gentil, même s’il est très bien écrit et rythmé. On pourra encore dire que je suis un chameau sans coeur, mais il m’a manqué un peu de piquant, de sel pour garder une trace durable de cette lecture.
Lien : https://desmotsetdesnotes.wo..
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Crossroads
  21 septembre 2018
Ciel d'acier de Michel Moutot
Ciel d'Acier, roman polyphonique palpitant et instructif, vous convie à un festin de roi.

Celui de la tribu des indiens Mohawk sur plusieurs générations.



De tout temps, ils ont été perçus comme des bâtisseurs de grand talent.

Prétendument insensibles au vertige qu'ils éradiquaient à grandes lampées d'alcool, ces travailleurs hors norme constituèrent une main d'oeuvre de premier choix dans l'élaboration de monuments vertigineux.



Premier roman pour Michel Moutot, le résultat force le respect.

Mêlant habilement histoire contemporaine avec celle de la tribu des Mohawks, il revisite un siècle de gigantisme industriel tout en évoquant les tragédies et les hauts faits d'arme qui auront forgé le destin de ce peuple d'édificateurs.

De l'effondrement du pont de Québec de 1907 à celui du World Trade Center en passant par l'élaboration de l'Empire State Building et de la Liberty Tower, l'auteur s'appuie sur des personnages fictifs ayant traversé des situations ancrées dans le réel.



Passionnant de par la personnalité affichée de ses protagonistes, Ciel d'Acier l'est tout autant lorsqu'il fait montre d'une pédagogie historique captivante.

Notamment en évoquant l'après 11 septembre et ses particularismes aussi peinants que surprenants.

C'est avec stupeur que j'ai ainsi découvert qu'un corps pouvait, sous l'effet d'une pression gigantesque subie, tout bonnement s'évaporer.

Bon nombre de sauveteurs, au contact d'air vicié, développeront, par la suite, un cancer alors qu'aux dires de Juliani, ancien maire de NY, la qualité de l'oxygène était de première bourre.

Les anecdotes pullulent, égrenées au rythme des travaux gargantuesques de ces ironworker qui auront, ainsi, largement contribué à la construction d'une Amérique alors en pleine mutation.

Le saviez-vous, les jours suivant le 11 septembre, les chiens secouristes déprimaient à force de ne trouver que des cadavres c'est pourquoi les sauveteurs usaient de subterfuges en leur faisant découvrir de faux accidentés afin qu'ils recouvrent le moral !



Héros des temps modernes, certes, mais peuple qui aura payé un lourd tribut en son temps.

L'effondrement du pont de Québec, en 1907, est encore dans toutes les mémoires, en tout cas les leurs.

Une structure qui s'affaisse, un ingénieur, Théodore Cooper, quelque peu incompétent et ce sont 76 victimes dont 33 Mohawks qui le payeront de leur vie, décimant alors cette tribu généreusement pourvoyeuse d'ouvriers hors norme. Par la suite, il sera décrété que les Mohawks devront alors travailler sur des chantiers distincts afin d'éviter toute nouvelle hécatombe.



Si le travail d'Historien fascine, celui évoquant ce dur labeur magnétise itou.

Libres, tel est leur leitmotiv atavique, toujours d'actualité.

Se jouant de la gravitation tel l'homme-oiseau, l'ironworker répond à une tradition ancestrale continuellement perpétuée.



Us et coutumes (souder ses outils dans l'ossature metallique de la construction) parsèment généreusement cet ouvrage, apportant une réelle valeur ajoutée.



Il y aurait tant à dire sur ce roman magistral.

Le mieux est encore de s'y plonger corps et âme au rythme lancinant de ces intrépides et infatigables conquérants.
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