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Galilée

Les Éditions Galilée sont une maison d`édition française située à Paris et créée en 1971 par Michel Delorme. Elles se spécialisent dans la philosophie, la littérature française, les arts et les sciences humaines.

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Dernières critiques
Apoapo
  26 avril 2019
Lettre à D : Histoire d'un amour de André Gorz
Cette plaquette est le testament spirituel d'André Gorz adressé à sa femme Dorine la veille de leur suicide « main dans la main », commis lors du stade terminal d'une maladie inguérissable de Dorine dans sa quatre-vingt deuxième année, afin de ne pas survivre à son décès. Ce texte a été analysé par Patrick Viveret, dans l'ouvrage : André Gorz, un penseur pour le XXIe siècle, que je viens de terminer, comme un message d'envergure beaucoup plus vaste, nous invitant à repenser aux « enjeux émotionnels de la transformation sociale ». Il est évident que, dans l'engagement politique d'une pensée militante telle que celle du philosophe d'origine juive autrichienne, l'émotivité d'une relation conjugale – de la sienne, qui plus est – ne semble pas avoir beaucoup de place. Les émotions, en général, y sont moins traitées que, par exemple, dans l'oeuvre de Raoul Vaneigem. Par conséquent, cette œuvre ultime vient opportunément compenser cette absence, et donnant une importance tout à fait prioritaire à la fois à la circonstance autobiographique – son histoire d'amour – et à la place de l'émotivité dans sa pensée. Mais il y a là davantage. Le premier ouvrage publié par Gorz est Le Traître (1958). C'est un livre autobiographique, qui se veut une auto-analyse du processus réflexif de l'auteur, saisi « en cours » : l'on sait que, grâce aussi à une Préface extrêmement élogieuse par Sartre, il eut une grande fortune et l'auteur lui dut sa consécration dans l'aréopage des intellectuels français et sa profession de journaliste et auteur. Or, malgré la dédicace privée et manuscrite à sa femme, dans le texte publié, le personnage féminin nommée Kay occupe une place dérisoire et, pis, elle est « défigurée, humilié » ; les bribes autobiographiques sur la relation de couple et le mariage apparaissent délibérément manipulées jusqu'à la pure falsification. L'auteur y note : « N'est-il pas évident que je parlais de Kay comme d'une faiblesse et sur un ton d'excuse, comme s'il fallait s'excuser de vivre ? » (cit. p. 52) et, l'on peut dire, à un premier niveau, que ce testament spirituel constitue entièrement une autocritique qui peut se résumer à cet aveu : « Je ne m'aimais pas de t'aimer » (p. 58). Peut-être cette circonstance suffit-elle à elle seule à expliquer le titre...

Les biographies de penseurs et d'hommes de lettres sont pleines d'histoires d'épouses qui semblent n'avoir eu de vocation que de faciliter l'éclosion de celle de leur conjoint : c'est certainement le cas de Dorine, épouse de Gerhard, collaboratrice précieuse dans tous les aspects de sa vie professionnelle, dans ses relations sociales et dans sa création intellectuelle.

Mais si nous dépassons les aspects biographiques et même la probable raison de minoration de l'émotionnel dans l'auto-perception du devoir-être d'un philosophe, et surtout d'un philosophe politique, il reste encore un aspect encore plus fondamental. Dans le fond de la pensée gorzienne, une pensée de critique du travail, du capitalisme, de l'hétéronomie, et promotrice de l'autonomie, de la réalisation de soi, de la sphère privée comme antidote de l'aliénation du social, il est évident que la conjugalité elle-même acquiert une importance prioritaire. Dès lors, était-ce de la pudeur que d'occulter dans ses écrits cette expérience personnelle, voire de la défigurer ; était-ce le signe de relations compliquées avec soi-même, surtout avec sa propre réalité (cf. cit.), que d'exposer dans ses écrits même autobiographiques cette part de son véritable vécu – une problématique qui s'estompe au moment du trépas – ; ou bien l'auteur éprouvait-il une certaine crainte que, si l'on rétorquait la nature exceptionnelle et non généralisable de sa propre expérience amoureuse, son système intellectuel tout entier en serait affaibli ?
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pilyen
  22 avril 2019
Lundi de Pierre Bergounioux
Le nouveau Pierre Bergounioux est sorti ! La nouvelle ne déplacera pas la foule mais plutôt un public de connaisseurs, de fans, sans doute issus de la sphère universitaire pour qui il représente le grand écrivain actuel ( avec quelques autres, comme Pierre Michon, ...).

Ne soyez pas intimidés par cette aura un poil élitiste, "Lundi" possède une énorme qualité : sa brièveté. Elle permet d'aborder une oeuvre exigeante, énormément littéraire, très loin des canons de facilité voulus pour la production actuelle. On pourra trouver que la finesse de l'ouvrage ( au niveau de l'épaisseur... 42 pages... en fait un peu moins en ne comptant que le texte par lui-même) peu engageante pour un passionné de romanesque. Certains lecteurs, plus calculateurs, diront que 31 pages pour 11 euros, donne un rapport page/prix du niveau d'une crème Chanel, sauf que cette dernière pour un prix prohibitif ne vous offre que du vent. Bergounioux, lui, vous transporte dans des contrées autrement plus consistantes et profondes.

Si le thème abordé, l'implacable grisaille que représente le lundi lors d'une adolescence solitaire et studieuse dans une sous-préfecture que l'on devine corrézienne, peu apparaître anecdotique, la phrase dense et précise de l'auteur fait toute la différence. Là où un Delerm ( Philippe) avec un regard similaire sur les petites choses de la vie, troussera un texte à la simplicité limpide qui se déguste comme un verre de bière bien fraîche, Pierre Bergounioux sculptera des phrases d'une précision absolue, donnant à son lecteur, pour peu qu'il soit bien attentif à la moindre ponctuation, au plus petit mot, une puissance évocatrice intense, mélange d'images à la netteté photographique, d'odeurs et de sensations diverses tirant plus sur le sombre.

"Lundi", court récit exigeant autour d'un sujet aux apparences légères, offre un joli moment de lecture et donne envie d'aller plus loin dans l'oeuvre plus consistante de Pierre Bergounioux, notamment celle publiée à la fin du siècle dernier. On réservera toutefois cette découverte pour un moment où notre concentration ne sera pas dérangée...
Lien : https://sansconnivence.blogs..
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Bibliblogueuse
  28 mars 2019
Lettre à D : Histoire d'un amour de André Gorz
Un récit intéressant où se mêlent des réflexions sociologiques et politiques et une déclaration d'amour pour Dorine, l'épouse d'André Gorz.
Lien : https://bibliblog.net/lettre..
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