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Lect71
  01 juillet 2018
Une bouteille à la mère de Isabelle Piraux
Comment ce qui pourrait laisser penser à un huis clos est en fait un cri public.



L'auteure Isabelle Piraux nous lance bien sur un message. Elle partage son écrit. mais c'est bien plus qu'un livre, c'est une confidence.



Car cette histoire est plus qu'un témoignage sur la recherche de son origine ou descendance familiale. C'est une question qui devient ensuite une angoisse tournant à l’obsession.



Un récit où les générations sont complémentaires et parfois opposées.



Les descriptions de l'époque sont comme un flash sur une période vécue.



Des détails très pertinents nous font évoluer dans le secret. Car c'est le départ de ce roman.



La chape de plomb recouvrant le passé d'une famille sur fond de mémoire historique pour la libération des droits de la femme.



Ce secret devient notre, car l'auteur nous amène à faire de son expérience un lien commun.



Le style n'est pas lassant malgré le sujet traité et la narration est attractive.



Un excellent moment nostalgique, triste mais terriblement concret.
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armoniazyra
  15 novembre 2017
Une bouteille à la mère de Isabelle Piraux
Ce roman m’avait passionné lorsque je l’avais découvert il y a quelques années. Je m’interrogeais alors sur le passé de ma propre famille et ce livre confirma mon intuition. Les enfants possèdent une intelligence sensible. C’est cette faculté intuitive et inconsciente qui a poussé la narratrice à entreprendre dès l’âge de quatorze ans la reconstitution de son arbre généalogique. Les secrets familiaux en disent beaucoup plus lorsqu’ils sont tus et leurs poisons se transmettent de génération en génération. Et de secret, il y en a un terrible dans la famille de la narratrice. Par un accord tacite ou volontaire, tous les protagonistes de ce drame jouent le jeu du silence jusqu’à travestir la vérité. L’auteur s’interroge alors : "Comment imaginer vivre avec le poids du secret du silence, sans crouler, s’écrouler», et constate «ma mère s’écroule justement à trente-huit ans. Trente-huit ans, l'âge du décès de sa propre mère ! Je sais, c’est la seconde coïncidence dans les dates : ses quatorze ans, et mes quatorze ans au début de ma quête.» On ne saurait mieux démontrer la prégnance terrible de ce secret. Il forgera le caractère de cette mère prête à tous les sacrifices pour sa fille, et qui réservera son amour pesant, envahissant à cet enfant qu’elle voulût unique par choix, plus que par nécessité. L’auteur nous le dit : «Cet être était pour nous deux, et est encore à coup sûr pour mon père aujourd’hui, un rocher auquel s’accrocher dans la tourmente, un être où se réchauffer en plein hiver et une vigie chargée de veiller au grain par gros temps.» Mais cette propension à la maîtrise dissimulait «une peur de l’abandon, une incommensurable honte et une quête affective»

Ainsi l’auteur a posé les prémices de ce magnifique roman. D’une plume infaillible, élégante et sans faille, elle nous raconte par le menu le cheminement de la narratrice vers la vérité. Cette quête s’avérera douloureuse, car, nous dit-elle, "je respectais inconsciemment le silence imposé sans savoir pourquoi» Cette recherche n’est pas un caprice, mais un besoin de «mettre un terme à certains de mes maux, et à cette anxiété sournoise et latente qui m’envahissait » et qui avait fait d’elle une adolescente tourmentée, sujet à des angoisses profondes, des crises de paniques et des sensations inexplicables d’étouffement. Elle devra attendre quarante ans pour enfin aborder avec sa mère le destin tragique de sa grand-mère. Celle-ci lui révèle alors brutalement l’existence de cette aïeule dont, toute petite, la narratrice avait pressenti l'existence. Cet aveu sonne ainsi le début de sa recherche effrénée et rien ni personne ne pourra désormais stopper la manifestation de la vérité.

J'ai été, comme lors de ma première lecture, emportée par ce récit brillant. L’auto-édition est souvent décriée. Lui est reproché, parfois avec raison, un style médiocre ou une grammaire, une orthographe, une présentation sacrifiés. Isabelle Piraux ne tombe jamais dans ce travers et nous offre un livre irréprochable.

L'intérêt de ce livre vient aussi du fait qu’il est un hymne à la lutte des femmes pour leur émancipation. Il nous rappelle qu’en un temps pas si éloigné les femmes n’avaient pas droit au chapitre, devaient se soumettre au bon vouloir de leur mari, étaient traitées comme des mineurs irresponsables. Les affaires récentes d'agressions sexuelles illustrent l’actualité de cette lutte. Des combats sont encore à mener. Les droits des femmes à vivre librement à l’égal des hommes, à disposer de leur corps, à maîtriser leur maternité et leur parentalité, n’auront de cesse d'être remis en cause. Les morales, les idéologies, les religions, les mentalités les plus rétrogrades ne renonceront jamais à leurs prérogatives dépassées et criminelles. L'auteur a bien raison lorsqu'elle affirme que Marthe, sa grand-mère retrouvée, «est digne de rentrer au Panthéon des femmes;». Car, «c'est grâce à elle et à beaucoup d’autres que les choses ont changés pour nous.»

Je remercie l’auteur pour ce livre qui, lorsque je doutais, m’a redonné confiance et m'a aidé à achever la rédaction de mon récit autobiographique. Seul bémol à cette appréciation très positive, je trouve que le titre ne correspond pas au ton du livre. De ce point de vue, même s'il n'est pas parfait, je préfère le sous-titre. Mais, c’est un défaut bien minime, comparé à la force et aux qualités de ce roman. J’attends avec impatience un autre opus de cet auteur qui ne sera pas, j'en suis sûre, une bouteille jetée à la mer, mais un livre à lire absolument.

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LeslecturesdeMaryline
  18 septembre 2017
Une bouteille à la mère de Isabelle Piraux
L'auteur nous livre ici une autofiction je pense ; en effet, elle explique qu'elle dédie son roman à sa grand-mère dont on lui a caché l'existence... Et l'histoire ressemble bien à cela! Alors c'est soit une autobiographie, soit une auto fiction. Quoi qu'il en soit, l'auteur sait ce qu'elle raconte.



Je dois tout d'abord dire que c'est la couverture très "vintage" qui m'a séduite. Je la trouve vraiment belle. Et le titre est très évocateur. Je m'attendais à un texte plus émouvant, plus tendre...



Malheureusement, la sauce n'a pas pris avec moi. J'ai trouvé le récit assez plat et surtout très long. Il y a beaucoup de répétitions, surtout dans la première moitié du livre. On nous rabâche qu'il y a un secret et finalement, lorsqu'il est dévoilé, on se sent un peu car il est exactement ce qu'on pensait au départ. Alors ok, il est terrifiant car il nous évoque les conditions des femmes dans un passé pas si lointain, et ce sujet est le point positif du roman car l'auteur nous parle de ces femmes qui ont vécu un fait traumatisant. Comment pouvait-on laisser faire ça? Je me le demande!



En lisant cette histoire, j'ai trouvé que l'auteur s'éparpillait. En effet, on a une impression de mélange, une impression que l'auteur a jeté les mots et les scènes comme elles lui venaient en tête et du coup, j'ai trouvé ça "brouillon". On fait des bonds en arrière, on revient sur le présent, on retourne à un évènement encore plus antérieur au premier... Bref, le rythme s'en trouve cassé et j'avoue que je me perdais dans les personnages car la narratrice parle d'elle mais également de sa mère qui parfois parle avec le pronom "je". Bref, je me suis embrouillée.



Je tiens tout de même à noter que l'histoire est plutôt jolie, même si le sujet est quelque peu délicat. Nous arrivons à ressentir les émotions de la narratrice mais aussi celles de sa maman, Beth, qui est restée malheureuse toute sa vie. Un grand vide se ressent en elle et malheureusement, il n'est pas possible de revenir en arrière. J'ai beaucoup aimé le personnage d'Emma, même si elle aurait pu avoir un meilleur rôle dans ce malheur.



En conclusion, un roman intéressant mais trop plat, un sujet important mais mal exploité.
Lien : http://leslecturesdemaryline..
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