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kielosa
  29 novembre 2018
Moordvrouwen (Femmes tueuses) de Walter Damen


Cette fois-ci, j'ai opté pour un sujet moins historique et pas confiné à des frontières géographiques politiques, mais probablement même encore davantage controversé : "pourquoi et comment des femmes tuent ?" Tel est, en effet, le sous-titre de cet ouvrage.



Il ne s'agit donc pas d'un thriller, comme le titre laisserait supposer, mais un ouvrage tout ce qu'il y a de plus sérieux, écrit par des experts bien placés pour aborder ce thème grâce à leurs expériences professionnelles.

Chris Dillen est psychiatre, lié à la Cour de justice et professeur en criminologie à l'université libre de Bruxelles, ULB. Jan Willem Geerinck est l'auteur d'un livre remarquable "La reconquête du monde" sur la place et le rôle de la religion dans notre société. Walter Damen est avocat pénal au barreau d'Anvers, essayiste, auteur de "Niveau d'alerte 4", que j'ai commenté ici le 20 octobre dernier et coauteur avec Hilde Vandermeeren de "Rusteloos" ou "Agité", également critiqué ici le 17 octobre dernier. Hier, j'ai mis une photo des 3 auteurs sur Babelio prise au lancement d'un autre de leurs ouvrages : "Journal intime d'un psychiatre légiste".



Ce livre n'existe pas en Français et il est fort peu probable - pour être honnête - qu'il sera traduit dans la langue de Molière, la France ayant ses propres experts évidemment. Bien que ce ne soit pas du tout un ouvrage scientifique ennuyeux. Loin s'en faut. À choisir une jeune étudiante en criminologie à l'ULB, comme lien entre différentes affaires de meurtres commis par des femmes, les auteurs ont trouvé une approche originale et captivante, tout en étant éminemment intéressant sur un sujet hautement délicat.



L'étudiante Sara Malfliet, 21 ans, veut écrire un article pour le magazine de jurisprudence "Panopticon" sur des femmes meurtrières et fait un stage auprès de l'aliéniste, le docteur De Borger, souvent demandé dans des affaires criminelles pour déterminer si un assassin est oui ou non mentalement responsable de son acte.

Juste à ce moment dans un village flamand une découverte macabre est faite par un jeune couple dans le jardin de leur nouvelle maison : les restes de 6 nouveau-nés ! Très vite les enquêteurs tombent sur l'épouse des anciens propriétaires, Dominique Van Rijsselberghe, la quarantaine, qui semble soulagée d'avouer ses crimes.



Dans cette affaire lugubre qui fait la une des journaux bien sûr, Sara a un coup de bol terrible, puisque c'est De Borger qui est désigné comme expert psychiatre et il invite gentiment sa stagiaire à l'accompagner à la prison "De Nieuwe Wandeling" (= La Nouvelle Promenade) à Gand, où la meurtrière est détenue.

Dominique Van Rijsselberghe est une femme au physique ordinaire, quoique qu'un peu obèse, qui est la mère de 2 filles, Jesse, 29 ans et Stephanie 27. Elle se montre un peu assommée des calmants prescrits et semble se faire des soucis du qu'en-dira-t-on dans son village. À la naissance de Jesse elle a souffert le martyre et celle de Stéphanie a failli lui coûter la vie. Son mari Yves déclare que son épouse n'a été enceinte que 2 fois et qu'il ne comprend rien à cette histoire.



Au cours d'un snack végétarien, De Borger explique à Sara, que dans 85 à 90 % d'homicides le crime est commis par un homme (en tenant compte des variations annuelles). La plupart des cas dans lesquels une femme est coupable sont des crimes passionnels, l'élimination d'un mari violent ou le meurtre d'enfants. Il précise se baser dans ses analyses sur le système néerlandais, établi par le professeur Toon Verheugt de l'université d'Amsterdam, qui distingue 3 catégories : le néonaticide, lorsque le nouveau-né est tué dans les 24 heures après la naissance ; l'infanticide lorsque la victime a moins d'un an et le filicide pour des enfants d'un à 12 ans. Dans la première catégorie c'est presque toujours une femme qui est responsable, dans la 2ème c'est encore souvent une femme (66,7 %), dans la dernière c'est cinquante-cinquante et dans 33% des cas l'acte est commis par un homme et une femme ensemble. Un homme a souvent recours à la violence (étrangler, employer un couteau), tandis que les femmes préconisent des méthodes "douces" (étouffement, noyade). Ainsi, un grand nombre d'hommes est envoyé en prison et beaucoup de femmes se retrouvent dans un asile psychiatrique.



La récidive en cas de néonaticide est très rare, pourtant il y a des causes célèbres. En France : Véronique Courjault, 3 nourrissons tués dans "l'affaire des bébés congelés", Céline Lesage, 6, et Dominique Cottrez, 8. Cette dernière affaire, situé dans le Nord Pas de Calais, a manifestement inspiré les auteurs (sans toutefois mentionner le nom).



De Borger conseille à notre étudiante d'aller vérifier aux archives les dossiers auxquels, dans sa longue carrière, il a assumé des responsabilités. Pour Sara c'est une véritable descente aux enfers.



Sara est ambitieuse et considère son stage et son article comme des tremplins vers une belle carrière. Il lui faut donc maîtriser plein de termes médico-légaux qui constituent l'apanage des experts psychiatriques en matière de crime devant une cour de justice, telles dissociation, état de démence, impulsion irrésistible etc.



Après quoi vient un historique des femmes tueuses. Un des noms célèbres est celui de la comtesse hongroise Élisabeth Báthory (1560-1614), accusée à tort ou à raison de multiples homicides, comme de véritables preuves faisaient défaut, elle a été confinée à sa chambre dans son immense château. La Marquise de Brinvilliers (1630-1676) a eu moins de chance, puisqu'elle fut décapitée. Chez nous, il y a eu Maria Swanenburg (1839-1915) de Leyde aux Pays-Bas, condamnée à perpète pour l'empoisonnement de 27 personnes à l'arsenic et à Liège en Belgique, Marie Becker (1879-1942), accusée de 11 meurtres avec prémonition, qui a terminé son parcours en taule.



Une cause très célèbre en France est incontestablement l'affaire des soeurs Christine et Léa Papin qui ont brutalement tué leur employeur, Madame Lancelin et sa fille au Mans en 1933. Il existe une véritable bibliothèque sur ce cas, avec entre autres une prise de position de Jacques Lacan (1901-1981), la pièce de théâtre de Jean Genet "Les Bonnes" de 1947...ainsi que plusieurs films, dont "La Cérémonie" de Claude Chabrol de 1995 avec Sandrine Bonnaire et Isabelle Huppert. En Angleterre, il y a eu les cas de Myra Hindley (1942-2002) et Rosemary West, née en 1953, une tueuse en série, en prison pour avoir commis 10 meurtres. Aux États-Unis, il y a eu Aileen Wuornos, née en 1956 et exécutée par injection létale en 2002 en Floride pour l'assassinat d'au moins 7 hommes.



Finalement, l'article et le stage de Sara Malfliet sont terminés et elle est invitée à prononcer un discours à une conférence, où la responsable d'une cellule spécialisée de la police de Gand lui offre un job. Notre jeune héroïne, tout heureuse, hésite cependant entre une fonction auprès des forces de l'ordre et une carrière académique.



Pour la lectrice et le lecteur cet ouvrage peut paraître inégal, entre d'une part des explications savantes dans le domaine de la psychiatrie pénale et d'autre part le récit de tueuses qui ont défié la chronique. Personnellement, j'ai surtout apprécié l'exposé des auteurs par rapport aux meurtres d'enfants.

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kielosa
  20 octobre 2018
Dreigingsniveau 4 de Walter Damen
+++++++ NIVEAU D'ALLERTE 4 +++++++



Cet ouvrage important porte comme sous-titre en Français : "Comment la terreur change-t-elle notre vie ?"

Il a été publié en 2016 sous la rédaction de maître Walter Damen, avocat pénal, et contient des contributions de 8 éminents experts dans des domaines aussi variés que les droits de l'homme, la génétique, la psychiatrie, la sociologie et l'éthique du droit.



Il s'agit d'un (autre) livre qui n'est pas (encore) traduit en Français et je m'en excuse. Vu à la fois l'importance et, malheureusement, l'actualité du sujet, je suis toutefois persuadé ce que ces experts avancent, chacun dans son domaine spécifique, intéressera sûrement beaucoup de nos lecteurs sur Babelio.



Walter Damen appartient à cette catégorie de personnes dont on se demande s'il leur arrive d'avoir du temps libre. Avocat au barreau d'Anvers, il est le coauteur de plusieurs livres, entre autres avec Hilde Vandermeeren du thriller "Agité" - que j'ai chroniqué récemment - avec le psychiatre Chris Dillen et Jan Willem Geerinck de "Femmes tueuses : Pourquoi et comment des femmes tuent" et de "Journal intime d'un psychiatre médico-légal" et avec la journaliste Machteld Libert et le professeur Dillen de "J'ai tué un homme", le témoignage honnête de 3 assassins. L'auteur a ouvert en 1999, à l'âge de 28 ans, son propre bureau d'avocats, qui porte d'ailleurs son nom, et qui compte en tout 9 avocats. Il est un des grands spécialistes du droit pénal en Belgique. Il est marié et son épouse Alexia Baetslé est experte en droit immobilier. Le couple a 2 enfants. Comme vous pouvez le constater sur la photo que j'ai ajoutée, le bureau d'avocats Damen a une forte présence féminine dans un bastion pourtant encore largement masculin et parmi lesquelles une jeune avocate aux racines géorgiennes, Nino Darsalia.



Comme il y a peu de chances que ce livre soit traduit, la France a évidemment ses propres experts, je relève ici certaines conclusions qui, à mon avis, méritent d'être présentées parce qu'elles enrichissent et approfondissent des aspects de la question du rôle des autorités concernées dans la lutte antiterrorisme : leurs responsabilités et devoirs, ainsi que les limites de ces devoirs par respect des droits sacrosaints de l'homme.



La contribution du président (2004-2017) de la Ligue des droits de l'homme de Belgique, Jos Vander Velpen, constitue, selon moi, la pièce maîtresse de cet ouvrage et cela pour 2 raisons : a) l'excellent historique de la problématique depuis l'attentat terroriste aux États-Unis du 9/11/2001 et la réplique de l'administration de fiston Bush et leurs répercussions en Europe et ailleurs ; b) les conclusions de l'auteur, qui vont dans le même sens que celles formulées par Denis Salas dans son ouvrage remarquable "La volonté de punir : Essai sur le populisme pénal" (que j'ai commenté ici le 7 juin dernier). Ce que le professeur Salas qualifie de "dérive sécuritaire", maître Vander Velpen utilise l'expression "produit jetable" en parlant de nos droits fondamentaux.



Le phénomène est bien connu : le sentiment d'insécurité, surtout peu après un attentat terroriste, conduit par le truchement d'une certaine presse et des partis politiques populistes, partout à l'érosion de nos droits naturels. Une justice toujours plus répressive est faussement présentée comme l'unique interprétation de la volonté de la population et une nécessité pour sa protection. Le droit pénal devrait assurer une juste revanche aux crimes inhumains des terroristes. Or, il est évident que la notion de vengeance ne peut avoir sa place dans un droit pénal digne de ce nom. Cette vérité est clairement expliquée par Joëlle Rozie, professeur de droit pénal à l'université d'Anvers et membre de la commission pour la révision du Code pénal belge.



Tout le monde a pu constater que la "War on Terror" et le "Patriotic Act" ont résulté en des abus dramatiques, parmi les plus spectaculaires l'arrestation et l'incarcération sans preuves et sans procès, le traitement inhumain de suspects, allant jusqu'à des humiliations écoeurantes et même des tortures physiques, comme à Guantanamo et Abou Ghraib. Sans mentionner les énormes systèmes indus d'écoute et de surveillance des simples citoyens.

Il est manifeste qu'une telle approche a contribué à une radicalisation inquiétante et au succès de mouvements comme Daech ou l'État Islamique.

Exactement le contraire de l'objectif souhaité. Personnellement, j'estime que la politique des partis populistes de droite est pire que les excès d'une presse à scandale.



Brahim Laytouss, imam à Gand et directeur-général de l'académie de recherche et développement islamiques est formel : l'État Islamique n'est ni un état ni islamique, car il exploite l'islam afin de recruter des jeunes djihadistes en Europe pour installer un califat farfelu, basé sur l'arbitraire et la violence. Pour Laytouss la communauté islamique de Belgique doit assumer ses responsabilités dans la déradicalisation et il regrette que le conseil islamique perde trop de temps en discussions stériles, à ergoter s'il convient par exemple de parler d'islam démocratique, d'islam rationnel ou encore d'islam européen ? Il est estimé que le nombre de musulmans en Europe s'élève à 17 millions.



Le comportement déviant des terroristes, capables de commettre des bains de sang, fait l'objet d'analyses ADN en vue de leur identification préventive. Comme l'indique le professeur Jean-Jacques Cassiman de l'université de Louvain, personne ne naît terroriste. Une multitude de facteurs et leur interaction font qu'un individu en arrive à un tel comportement déviant. En dépit des avances enregistrées sur le plan des recherches génétiques et qui sont révolutionnaires, les experts n'ont pas réussi à identifier des caractéristiques héréditaires susceptibles de déterminer un tel comportement chez un individu quelconque. La question qui se pose dès lors est de savoir si le dépistage ADN peut effectivement aider à rechercher de terroristes potentiels et si cela est souhaitable. On peut, en effet, craindre de sérieux abus.



Finalement, le professeur Fernand Van Neste de l'université d'Anvers, spécialiste de l'éthique du droit, et Walter Damen concluent l'ouvrage par un chapitre intitulé : "Le droit naturel comme réponse au djihadisme et à la terreur". Cette analyse part de la nature même de l'homme, qui poursuit une bonne vie en communauté caractérisée par le respect du prochain. Le droit naturel implique que les normes du droit doivent promouvoir les qualités humaines dans un contexte social. En d'autres termes, assurer un ordre juridique qui garantit un équilibre entre d'une part un ordre qui permet à une communauté de fonctionner sans heurts et d'autre part le respect de la liberté fondamentale de ses membres. À l'opposé, les régimes terroristes n'ont aucun respect pour l'identité juridique de l'individu.



La lecture de cet ouvrage constitue un antidote solide aux élucubrations d'une certaine presse et aux déclarations populistes tendancieuses d'une certaine classe politique. Je suis reconnaissant à Walter Damen d'avoir réuni des esprits lucides, pondérés et responsables à faire part de leurs expériences et expertises dans un ouvrage peu volumineux (117 pages), accessible à tout lecteur.

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kielosa
  17 octobre 2018
Rusteloos de Hilde Vandermeeren
+++++++ AGITÉ +++++++



Le 3 octobre dernier, j'ai eu l'honneur d'être invité par l'éditeur flamand Van Halewyck de Hilde Vandermeeren à la présentation officielle de son dernier thriller littéraire. L'éditeur était apparemment content de mes billets de 2 ouvrages précédents de l'auteure, qu'il utilise dans ses négociations avec ses confrères français en vue d'en assurer une traduction française. Madame Vandermeeren se félicitait de ma présence et m'a offert un exemplaire de son dernier-né : "Rusteloos" qui pourrait être traduit par "Agité". J'ai été surtout content de rencontrer l'auteure en personne et elle est comme sur les photos : charmante. Malheureusement, à cause du nombre des présents, nous n'avons pas eu la possibilité de nous entretenir longuement. Que nous étions plus de 100 curieux et d'admirateurs dans une vieille ferme merveilleusement restaurée près de Bruges - un mercredi soir à 20 heures - m'ai étonné et illustre la popularité de l'auteure.



Il serait difficile d'accuser Hilde Vandermeeren de manquer d'ambition, car ce polar, son septième, est le premier volume d'une trilogie, dont les différents épisodes peuvent être lus séparément sans problème, comme elle nous a assurés au cours de la présentation de ce premier. Sept livres à suspense après une cinquantaine de livres pour enfants et adolescents.



Autre particularité : cet ouvrage est le fruit d'une collaboration entre Vandermeeren et un ténor du barreau belge, l'avocat, essayiste et écrivain Walter Damen, qui est entre autres l'auteur d'un livre fort remarqué "Niveau d'alerte 4". Un ouvrage qui pose la question cruciale, jusqu'où les autorités peuvent aller dans la lutte antiterroriste sans enfreindre les droits de l'homme. Un sujet, hélas, d'actualité et j'envisage d'en faire une critique très prochainement.



La petite Kirsten, 10 ans, monte de sa chambre dans la gouttière car il fait trop chaud, ce mois d'août 2000, et aussi pour parler à son père au cimetière derrière leur maison. Son papa chéri est mort depuis 3 ans et elle a coutume de lui raconter les dernières nouvelles. Tout à coup, elle voit son babysitteur Sandy, 17 ans, qu'elle adore puisqu'elle lui raconte des histoires d'amour, traverser leur jardin et prendre la petite route de derrière, où Vincent, son ex petit ami l'attend et ...la tue ! Elle sait que le garçon est l'ex de Sandy, car elle le lui a expliqué. En effet, selon Sandy, au début tu es tellement amoureuse que tu ne vois pas les fautes de ton petit ami. Et le jour où tu les voies, il devient simplement ton ex. Or, Vincent n'a pas compris qu'il a été promu au titre d'ex et la harcèle.



Si ce prologue de 4 pages (sur les 333 que compte le livre) se passe, façon de parler, dans mon arrière-jardin, à Nieuport sur la côte belge, pour le premier chapitre nous déménageons à la belle ville de Lisbonne.



C'est au Portugal que le père de Kirsten Hartogs, un joueur du club de football Benfica, est mort dans un accident de voiture, où elle a fait des études de droit et rencontré son grand amour Tomás. Nous sommes en 2018 et Kirsten a entretemps 28 ans et travaille comme spécialiste en droit pénal pour le prestigieux bureau d'avocats "Fontes & Associados". Avec Tomás, qui lui travaille comme expert juridique au ministère de la Marine, elle occupe un appartement à Graça, un quartier typique de Lisbonne.



Un jour, elle apprend de l'inspecteur principal Michiels que Vincent Bertelet va être libéré de prison et que selon un compagnon de cellule il a déclaré vouloir se venger !



Cette menace s'ajoute à d'autres menaces qu'elle reçoit depuis qu'elle est chargée d'une affaire qui fait la une des journaux, la défense d'un homme accusé d'avoir fait disparaître la fille unique du président du Parti socialiste, Mariana Sá Pimentel, âgée de 21 ans.

Travailler pour un bureau d'avocats prestigieux n'est pas une sinécure : outre une charge de travail considérable, ce poste fait de nombreux jaloux, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur du cabinet. Il y a par exemple la grosse Isabel, une intrigante de première classe, qui envie à la "Doutora" Hartogs le dossier de la fille de Carlos Jorge Sá Pimentel. Est cette rivale à l'origine des menaces qu'elle reçoit sur son IPad ? Pourtant Isabel sait parfaitement bien que Kirsten ait hérité ce dossier important uniquement parce que l'accusé est un Flamand comme elle et que son Portugais est problématique.



L'accusé, Marnick Tanghe, un cinquantenaire robuste, s'est installé au Portugal pour y fonder une société immobilière. C'est un homme ambitieux, peu sympathique, mais fidèle à son épouse et un bon père pour son fils Gilles, 26 ans et handicapé mental. Contre Tanghe le dossier est bien maigre : un homme l'aurait vu près de l'appartement de Mariana le soir de sa disparition et il n'a pas d'alibi. À la police et à Kirsten il affirme avoir travaillé ce soir jusqu'à 10 heures à un projet immobilier important dans son bureau désert évidemment à cette heure tardive.



Parallèlement aux recherches de Kirsten, un journaliste d'investigation solide, lié au quotidien "Público", Miguel Rodrigues, mène son enquête. Il a l'avantage de disposer d'un informateur, au pseudo de "Sombra", qui prétend en savoir un peu plus sur cette affaire. Mais Sombra n'a pas exactement une très bonne réputation.



Entretemps, la pression sur Kirsten devient énorme et a des répercussions inquiétantes sur son couple, d'autant plus que la mère de Tomás, Donna Graciette est le type de femme qu'on retrouve dans les blagues d'épouvantables belle-mères.



Voilà donc une kyrielle de questions auxquelles le duo Vandermeeren-Damen doit faire face : qu'est-il arrivé à Mariana ? Tanghe est-il coupable? Est-ce que Kirsten pourra conserver son dossier et comment s'y prend-elle ? Vincent Bertelet se vengera-t-il ? Que va découvrir Rodrigues ? Ce Sombra a-t-il un tuyau fiable ? Et l'amour entre Kirsten et Tomás survivra-t-il à cette rude épreuve ?



Que Hilde Vandermeeren ne manque pas non plus l'art de l'ironie ressort de petites phrases du genre : la juge, trop occupée à apprendre le Code pénal par coeur, était absente lorsque l'humour fut distribué. Senhor Silva avait un vieux costard qu'il sortait du placard uniquement pour se rendre à des mariages ou à la Cour de justice suite à l'une ou l'autre convocation.

Mais c'est surtout sur le plan psychologique que l'auteure confirme ses talents et dans sa façon bien à elle de construire et de raconter une histoire.



Pour moi il n'y a pas de doutes : Hilde Vandermeeren est la réponse flamande à l'offensive scandinave sur le front des thrillers intelligents et captivants !

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