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Garoupe
  23 octobre 2019
Success Story de Zarca
T’en veux ?



Anna est une prof de français tout ce qu’il y a de plus quelconque, dans un lycée tout ce qu’il y a de plus quelconque, dans une banlieue tout ce qu’il y a de plus quelconque dans une petite vie tout ce qu’il y a de plus quelconque… Oh, des rêves, ça elle en a. Il ne lui manque que la volonté ou la petite étincelle pour tenter de commencer à les mettre sur rails. Cette petite étincelle s’appellera Carine, une ancienne copine de lycée d’Anna.



Tout change dans la vie d’Anna et, enfin, un peu d’espièglerie et de fraîcheur y pénètrent aussi, quand Carine y pénètre par hasard. Enfin, disons, quand l’alcool y pénètre… Enfin, disons, quand les substances hallucinogènes les plus diverses et variées y pénètrent…



Anna est, au début du livre, aigrie, solitaire, désabusée, vieille fille, coincée et, pour tout dire, plutôt chiante. Mais dès que la drogue fait irruption dans son quotidien (de façon parcellaire d’abord puis de façon totalement intrusive et continue), Anna s’ouvre à tout et à tout le monde. Elle se met à sympathiser avec ses collègues, à trouver cool l’étudiant qui polluait tout le lycée l’année précédente.



Avant cela, elle va mettre à profit les deux mois de vacances scolaires d’été qui démarrent en même temps que le récit pour tester, donc, toutes les drogues qui lui tombent sous la main, et écrire deux livres qui vont être publier chez l’un des éditeurs les plus en vue et lui être apporter un succès national incommensurable. Son premier roman parle du traitement des personnes âgées en maison de retraite et va provoquer une mini-révolution dans le monde des Ehpad. Son deuxième roman prend pour toile de fond l’univers lycéen en mettant en scène un garçon rebelle mais talentueux et amènera Anna à vouloir produire elle-même le film tiré de son récit et dans lequel elle fera jouer ses propres élèves.



Johann Zarca et Romain Terneaux reprennent les codes du feel-good roman en y mettant leur sauce : drogue, alcool, excès, outrance (sans exagération toutefois)… le cocktail est pour le moins détonnant dans leurs mains. Il est de nature à ouvrir tous les possibles, à permettre (et réaliser) toutes les audaces.



Les auteurs sont-ils de nature à faire retomber le soufflé ? Y aurait-il une morale à leur conte qui montrerait aux petits enfants que la drogue c’est peut-être bon à court terme mais néfaste à moyen ou long terme ? Ne rêvez-pas… Ni Anna ni Carine ni les autres personnages qu’elles entraîneront dans leur délire opiacé n’exploseront en plein vol : feel-good book un jour, feel-good book toujours, il n’y a que du positif là-dedans.



Et ne laissez pas traîner ce récit à la maison, vous pourriez ne pas reconnaître vos chères petites têtes blondes ! Mais si vous, vous avez assez de présence d’esprit pour ne pas être attiré par ce mauvais exemple de réussite, allez-y, foncez, sniffez par procuration, piquez-vous par procuration et planez avec Anna et Carine.


Lien : https://garoupe.wordpress.co..
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GODINHO
  16 octobre 2019
Journal de L. de Christophe Tison
Merci à Babelio et aux Éditions Goutte d’Or pour cette belle rencontre avec Christophe Tison.



Ce fut une rencontre enrichissante et surtout l'occasion de se replonger dans l’univers de Lolita.



L’auteur, qui a vécu la même enfance que Lolita, nous narre celle-ci avec beaucoup de pudeur, et magistralement le parcours qu’elle emprunte.



Je crois qu’il ne faut pas chercher à tout prix la comparaison avec Vladimir Nabokov, ce qui vient naturellement à l'esprit, mais plutôt laisser l'ouvrage vivre par lui-même.



J’ai lu de très belles critiques donc je n’en dirais pas plus.



Je voulais seulement écrire que l’échange entre Christophe Tison et Marie-Rose Guarniéri, la lecture des deux passages du roman par la talentueuse Marianne Denicourt, le documentaire littéraire réalisé par Pierre-Marie Croquet et Basile Lemaire ont permis de à cette soirée d’être particulièrement savoureuse.

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Borntobealivre
  16 octobre 2019
Journal de L. de Christophe Tison
Christophe Tison s’est lancé dans une entreprise folle : raconter Lolita, du point de vue de Lolita. Et ce, à travers un Journal intime imaginaire qu’elle aurait pu écrire entre 1947 et 1952, depuis son enlèvement du camp de vacances, à sa énième fuite de la maison californienne de Clare Quilty, en passant par tous ces hôtels luxueux où Hum la séquestrait. Elle nous confie les étapes de ce road trip qui n’a d’aventureux que le nom, les assauts répétés de Humbert Humbert qui tantôt la dégoûtent, tantôt l’indiffèrent, sa fuite chez sa tante Martha à Venice, son enrôlement dans le tournage de films pornographiques et son temps passé à dormir dans la rue, avant d’être sauvée par un homme qui l’aime vraiment.



À travers la lecture du Journal de L. (1947-1952) paru aux Éditions de La Goutte d’Or, j’ai découvert Dolorès Haze sous un jour entièrement nouveau, et en même temps, je n’aurais pu l’imaginer écrire, penser, rêver autrement. Parfois provocante, mutine, désespérée, malheureuse, cruelle, perverse, pleine d’empathie, Lolita est une jeune fille pleine de contradictions et d’une complexité que l’on ne peut que comprendre.



J’ai aussi découvert en elle une enfant qui aimait sa mère et qui ne se pardonne pas sa mort. Une victime de ces hommes plus âgés qui lui ont volé son enfance, en la violant sans ménagement. Une jeune fille éperdue d’amour, comme toutes celles de son âge, de Stan, puis d’un prince-pianiste.



Sa maturité, sa lucidité et sa tendresse m’ont touchée. Le récit de ces journées terribles qui l’éloignaient de plus en plus de l’enfance m’ont fait froid dans le dos. Certains m’ont bouleversée par leur dureté. Car oui, Lolita peut être crue, elle peut employer des mots abruptes, elle n’y va pas par quatre chemins, ni avec le dos de la cuillère. Lolita écrit les choses comme elle vit, avec toute la brutalité qu’on lui impose.



Grâce à une connaissance passionnée du roman de Nabokov et en puisant dans sa terrible histoire personnelle, Christophe Tison a réussi l’incroyable : nous donner l’impression d’entendre la voix et les battements de coeur de Lolita, ses appels à l’aide, ses espoirs et ses envies d’enfance. Pour rajouter une certaine véracité à sa démarche, l’auteur se fend d’une introduction circonstanciée, dans laquelle il explique que le Journal que nous tenons entre les mains a été retrouvé dans une petite ville du Nord-Ouest des États-Unis, que l’éditeur n’a rien touché, rien réécrit, que seul un travail de restructuration des chapitres a été effectué. L’illusion est totale.
Lien : https://borntobealivre.com/2..
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