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Dernières critiques
LeSoir
  18 juin 2021
À la nage : Journal d'une aventure en eaux vives de Roger Deakin
C’est l’expérience menée par Roger Deakin et transcrite avec autant d’érudition que de poésie.
Lien : https://www.lesoir.be/378725..
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tristantristan
  16 juin 2021
L'ombre de la route de la soie de Colin Thubron
Bel ouvrage que ce récit de voyage qui mêle habilement histoire passée et histoire récente des peuples vivant dans les régions traversées. L'auteur n'oublie pas l'élément humain en nous révélant des personnages bien souvent empreints de siècles de traumatismes. Les descriptions de paysages sont très réussies. Pour mieux goûter ce livre, il me semble utile de l'apprécier dans un décor radicalement opposé à celui qui est présenté. Par exemple, je l'ai lu à la plage, ce qui permet de mieux respirer face à l'oppressante atmosphère de régions où la paix semble ne jamais s'être arrêtée.
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MELANYA
  16 juin 2021
Géants des mers chaudes de Anita Conti
Anita Conti (1899-1997), surnommée « La Dame de la mer », a hérité de ses parents le goût des voyages et a écrit "Géants des mers chaudes". Passionnée par la mer et les sciences s’y rattachant, on lui confie des missions pendant lesquelles elle apprend le dur labeur « d’observatrice des mers » et où elle établit des cartographies de zones de pêches.

Malgré un beau mariage, elle ne peut pas se contenter d’une vie tranquille et sa passion pour le milieu maritime la fait devenir photographe, écrivain et première femme océanographe.

Elle a ainsi passé sa vie, seule femme à bord, à parcourir aussi bien les mers du Nord que les côtes de l’Afrique de l’Ouest, allant de Dahomey à Terre-Neuve. Elle avait l’habitude de dire : »La mer est un miroir qui nous renvoie à notre propre ignorance ».



La lecture de l’Avant-Propos nous éclaire bien sur ses intentions :

« Dans les années soixante, Anita Conti se consacra presque exclusivement à l’Afrique noire. A ceux qui l’interrogeaient sur son travail elle répondait alors : « J’étais chargée d’études maritimes en vue d’améliorer le régime alimentaire des populations privées de protéines. Ce sujet exigeait des observations urgentes sur la pêche du poisson dans l’Ouest africain.

Tout au long des missions océanographiques qui me furent confiées, je me consacrai à l’observation des techniques de pêche maritime. Une seule question m’a toujours habitée : faut-il développer l’exploitation des richesses océaniques ? Est-ce vraiment nécessaire ? ».



C’est avec toutes ses notes prises pendant ses pérégrinations africaines, mais seulement après cinq ans, lors de son retour de Terre-Neuve, qu’Anita a écrit cet ouvrage.



Pour cette expédition, elle embarque sur le « Hardi » qui subit tout de suite les violences de la mer : « Le Hardi roula violemment bâbord, poussé de travers. A cet instant, le sondeur ne marquait plus rien de lisible, son éclair se répétait de zéro à dix en lueurs folles. Hardi était au bord d’invisibles roches, il était bousculé par la mer, et la mer s’ouvrait en gouffres ».

Pendant tout ce livre, on va assister aux luttes incessantes, non seulement de l’équipage qui appelle Anita « La Dame blanche » et qui se montre aux petits soins pour elle. Mais il y a aussi toutes les épreuves endurées par l’héroïne qui, en faisant escale à Dakar, se demande si elle va arriver à supporter tout l’inconfort de sa mission mais finalement, c’est « l’animal en elle » qui choisit.



Nouvel embarquement, cette fois sur « L’Ivindo » où elle va connaître le manque de sommeil, les caprices de la mer et du ciel, les multiples et diverses traditions alimentaires de l’équipage composé de personnages variés avec chacun sa religion - et donc une nourriture spéciale, ce qui fait que sur le pont du bateau des nombreux réchauds fonctionnent afin de satisfaire chacun à cause de des croyances.



Mais ceci est un détail quand on lit les multiples événements et incidents survenus pendant les opérations d’Anita. On y côtoie de nombreux requins – on assiste à quelques unes de ses analyses et surtout, l’enjeu est très important. D’ailleurs, elle n’a peur de rien et surtout pas de se « salir les mains » quand elle veut examiner profondément certaines prises.

Peur de rien, la Dame blanche, ne manquant jamais de courage même au plus forts des incidents, souvent graves. L’équipage est ébahi devant son audace.



Évidemment, par sa formation d’océanographe, cela se ressent dans l’écriture mais j’ai trouvé que c’était bien intéressant car on n’assiste pas seulement à une expédition maritime puisque la science est présente.

De cette mission, Anita Conti a ramené de nombreuses photographies (d’ailleurs son matériel avait du être sérieusement protégé à cause de l’eau de mer).

Je n’en raconterai pas plus sur cette expédition et les citations pourraient être nombreuses.



Je dirai seulement que le combat fut acharné, les incidents nombreux mais l’auteure a toujours su réagir avec un grand sang-froid, aidée par ces hommes qui l’accompagnaient, de magnifiques « Géants noirs », courageux et sachant faire abstraction, eux-aussi, de leurs peurs et de leurs souffrances.



A la fin du livre, quand survient un événement majeur, tragique, et au moment où tout semblait perdu, l’héroïne écrit : « La mer est un fleuve de bêtes.

Une grande pirogue est contre nous : des hommes parlent, de vrais hommes. Ils sont attentifs. Leur pirogue ne s’enfonce pas, elle est solide.

Aucun de nous ne fait un geste. Les hommes nous prennent avec un grand soin délicat.

Ils nous sortent de la mer ».

Fin de l’histoire et quelle histoire ! Et dire que ce n’est que le début de ses expéditions maritimes !



Une grande dame que Anita Conti et qui peut donner à réfléchir (mais qui fut aussi un exemple) à d’autres aventuriers de la mer. Elle a ouvert la porte à un grand enjeu et celle-ci reste ouverte car il y a encore beaucoup à faire.





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