AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Noir d`Absinthe


Livres les plus populaires voir plus


Dernières critiques
lessortilegesdesmots
  27 janvier 2021
Asphodel de Louise Le Bars
J'ai eu connaissance de ce livre par le projet ulule lancé par la maison d'édition. J'ai beau adoré cette maison d'édition, j'ai hésité au regard de son résumé : un vampire tuant des femmes. Ne vous arrêtez pas là. Surtout pas. Ce serait une grossière erreur. Je sais que ce roman a fait beaucoup parler avant même que je ne reçoive mon exemplaire. Parce que, oui, au lieu de me contenter d'une version classique, j'ai choisi la version prestige. Ça m'avait profondément agacé. Je considère que lorsqu'on participe à ce type de projet, on sait à quoi s'attendre. Faites moi confiance : Lisez la suite s'il vous plaît. Après vous jugerez si vous vous sentez capable de lire ce livre.



Pour commencer, l'objet livre est incroyable. Ce n'est pas une œuvre prestige pour rien. On y trouve des illustrations, des pages annonçant le chapitre suivant avec décoration et des cadres élégants à chaque page. Les pages blanches sont écrites du point de vue d'Asphodel, vampire assassin. Les pages en noirs sont du point de vue d'un personnage féminin mais qui? Il faudra le lire pour le savoir.



Le fait que le livre soit écrit du point de vue d'Asphodel peut refroidir. J'en ai parfaitement conscience. On pourrait même se dire que c'est gonflé par les temps qui cours. Mais c'est une femme qui a écrit ce livre et ça a attisé ma curiosité sans parler du fait que c'est un roman gothique. Et j'ai eu raison. Quel écriture! Je me suis trouvée embarqué dans cette histoire sans vraiment comprendre. L'autrice fait preuve d'élégance. Elle évite les mots qui vous réveillent, emploi la poésie pour mieux sublimer l'horreur et surtout hypnotiser le lecteur.



Ce n'est qu'arrivé au cinquième chapitre et l'utilisation d'un mot que je me suis réveillée comme si Louise Le Bars souhaitait nous rappeler à qui on a affaire. À moins que ce ne soit Asphodel lui-même. Il admet totalement le monstre en lui. À ce moment-là, je me suis aperçue de la manipulation par l'élégance des mots, cette sorte d'empathie qu'on peut avoir pour ce monstre qui ne croit juste pas en l'humain, la religion et a un mépris accru pour les mondanités.



Heureusement après la fin de ce chapitre, l'autrice nous octroi une petite vengeance qui m'a fait bien rire (oui je peux me montrer un peu sadique parfois surtout la femme que je suis). L'idée était complètement tordue mais excellente. Je n'en suis pas revenue. Concernant la suite, je ne peux absolument rien dire si ce n'est que la fin me semble juste parfaite. Un juste retour des choses sans plus ni moins. Je ne m'attendais pas du tout à ça, à l'histoire réel de Asphodel.



Concernant les intermèdes du point de vue d'un personnage féminin, je n'en dirai rien à part que la police d'écriture est superbe tout comme le contenu. L'élégance est toujours là mais ici on est dans la recherche de soit et d'identité. J'ai beaucoup aimé la mélancolie de ce personnage.



En bref, ce livre est un mélange parfait d'élégance et d'horreur comme le doit d'être un excellent roman gothique tout en ouvrant les yeux sur certaines choses. Ce que je retiens le plus est l'écriture de Louise le Bars que je retrouverai avec plaisir avec son précédent roman.
Lien : https://lessortilegesdesmots..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
FungiLumini
  26 janvier 2021
Asphodel de Louise Le Bars
Après avoir adoré Vert-de-Lierre, le premier roman de Louise, je ne pouvais que craquer pour son second roman, toujours dans la veine du vampirisme, mais avec une version plus classique de ce personnage mythique. Vous connaissez mon amour pour les beaux livres et les œuvres illustrées, j’ai donc évidemment succombé à la tentation de la version prestige. J’ai été étonnée en le recevant de découvrir un roman au format A4 et non au format classique plus petit, ce qui fait la part belle à l’illustration et à la mise en page originale ! Le roman est préfacé par Vincent Tassy, ce qui présageait le meilleur !



Asphodel est un vampire assez proche du mythe originel : un buveur de sang prédateur, séducteur arrogant et imbu de lui-même. Dans 7 chapitres, il nous raconte 7 femmes qui ont marqué son existence d’une façon ou d’une autre. Religieuse, prostituée, noble, sorcière, toutes se démarquent par une particularité, un éclat qui a attiré le vampire, qui n’a alors eu de cesse de la posséder. Certaines se laissaient faire avec délice et volupté, d’autres moins. Vous l’aurez compris, ce roman n’est pas à mettre entre toutes les mains, entre débauche, violence et giclées de sang, âmes sensibles s’abstenir ;). J’ai aimé parcourir ces tranches de vie, dans lesquelles on ressentait au travers de la plume poétique de Louise qu’Asphodel, bien que joueur, n’était pas aussi insensible que ce qu’il voudrait le laisser paraitre.



J’ai beaucoup aimé, au travers des différents portraits, voyager à travers les époques. Les illustrations aident à cette exploration des âges en montrant notamment les tenues d’époque. Asphodel évolue majoritairement dans les hautes sphères de la société. J’étais très intéressée par exemple par l’époque où le spiritisme et les soirées autour d’une table à jouer à « esprit es-tu là? » étaient en vogue, ou encore par ces événements autour du personnage tristement célèbre de Jack l’éventreur.



Dans des intermèdes, on découvre un autre personnage à l’identité au départ inconnue. De petite fille, elle évolue rapidement vers son statut de femme. Elle est fascinée par la danse des étoiles et le trésor, qu’elle collecte sur les gens pour étancher sa soif. Bien que ses actes soient tout aussi monstrueux que ceux d’Asphodel, elle a une innocence, une sensibilité, qui la rendent attachante.



Dans les derniers chapitres, le ton change totalement, passant du récit biographique et narcissique à une réflexion introspective, presque philosophique. Porté par la magnifique plume de Louise, ces moments semblent arrêtés dans le temps. On découvre aussi l’identité de la narratrice des intermèdes, et j’ai adoré le lien fait avec une autre tradition, une autre culture.



Je n’étais pas sûre d’apprécier les illustrations qui ne sont pas dans l’esthétique que j’apprécie habituellement, mais au final, le rendu du roman est magnifique, et les images, mises en valeur en pleine page et colorisées, rendent encore plus belle cette histoire à travers les âges. J’ai beaucoup apprécié la mise en page du texte également, bordée de ronces et de roses, ainsi que le fait que les pages d’Asphodel étaient sur fond blanc et celles des intermèdes sur fond noir. Un contraste qui accentue le fait qu’Asphodel se dévoile alors que l’autre personne évolue dans le noir.



Un voyage à travers les époques avec un narrateur des plus vaniteux : vampire assoiffé de sang et de passion, Asphodel conte des tranches de vie qui l’ont métamorphosé. La plume poétique de Louise porte ce personnage mythique et atypique, tout en nous proposant de mystérieux intermèdes avec une protagoniste qui m’a beaucoup touchée. Un très beau livre-objet qui met ce texte original en valeur !
Lien : https://livraisonslitteraire..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
zoelucaccini
  25 janvier 2021
La captive de Dunkelstadt de Magali Lefebvre
J'ai eu beaucoup de plaisir à lire ce roman. La couverture, signée Tiphs et Julien Aufderbruck, est magnifique et on a déjà un pied dans l'ambiance.



L'on suit les pérégrinations d'Emile, arrivé à la fin de son voyage, pour une dernière étape à Dunkelstadt. Friand de vieilles pierres, de légendes et de récits, il attend de voir le château. Wolfenchlöss est un château gothique par excellence, le Udolphe italien, déplacé ici en Forêt-Noire. Ce château est la résidence de Katarina, prisonnière des lieux : Emile va tomber amoureux, mais comment va t-il pouvoir sauver sa belle, sans risquer sa propre vie ?



On est ici dans un roman gothique, magnifiquement décrit. Le roman est assez court, la narration efficace, créant une ambiance tout à la fois douce et charmante, tantôt mordante et inquiétante. La romance semble typique, toutefois les personnages ne sont pas ceux d'un conte de fées classique : ils sont revisités, et protéiformes. L'idylle entre Emile et Katarina se teinte donc de violence, et de fantastique.



Le roman plonge en effet dans une sphère fantastique, peu à peu, faisant osciller les personnages entre folie et hallucinations. ou bien est-ce une réalité, merveilleuse, mais effrayante, qui se déroule dans ces murs ? Cette hésitation est constante, et interroge.



J'ai beaucoup aimé ce roman parce qu'il est très bien écrit d'une part. La plume est efficace, percutante. D'autre part, j'ai adoré la façon dont l'autrice s'amuse avec les codes des genres qu'elle convoque, pour les retourner, en faire autre chose, et surprendre. J'ai trouvé cette réutilisation très intéressante et originale, ça donne un roman singulier, que j'ai particulièrement beaucoup aimé.



Une petite pépite, pour moi.
Lien : https://zoeprendlaplume.fr/m..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10