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Le Cerf

Les Éditions du Cerf, fondées en 1929 et gérées par l`ordre dominicain, sont une maison d’édition française, spécialisées dans les textes religieux. Son objectif ? « Juger les événements à la lumière intransigeante et vive d’un christianisme dégagé des conformismes temporels où il se trouvait engoncé et comme paralysé, faire éclater la vérité, faire entendre le message du Christ rendu obscur à force de routine, de prudence, de compromission. »

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Dernières critiques
Le photographe de Notre-Dame

De JEAN-CLAUDE PERRIER :Le Photographe de Notre-Dame.

Merci a Babelio et aux editions du Cerf pour cette belle découverte

d'un livre que j'ai beaucoup apprecié.

Ecrivain-journaliste l'auteur de ce livre a la suite du déconfinement de juin 2020 sur les routes de Normandie découvre dans une brocante une photo en noir et blanc représentant sur le fond de celle-ci la Cathédrale Notre-Dame.

Bien sur on se souvient tous de ce 15 avril de 2019 et de la stupeur de voir la cathédrale en feu.

Cette photo d" Éric Prinvault" photographe disparu en 2019 et moins connu du grand public sera pour l'auteur le début d une longue recherche sur les œuvres de celui-ci.

Cette recherche très intéressante m'a fait découvrir au fil des pages un homme humaniste ,sensible, généreux, avec ses photos toutes en noir et blanc représentant les populations les plus humbles et les plus défavorisés en France et dans le monde.

Très bel hommage de l'auteur a Eric Prinvault et qui au fil des pages nous donnent l'envie de nous aussi de découvrir ces photos.

Madessanne.

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Les Rois de France excommuniés

Au Moyen-Âge, être excommunié - c'est-à-dire retranché de la communauté chrétienne - ou voir jeter l'interdit sur son royaume, était une dure sanction, ce pouvait être même parfois, un drame, mais beaucoup des personnes ciblées s'accommodaient tant bien que mal de ces condamnations, qui n'étaient assurément pas ressenties dans le royaume de France comme elles pouvaient l'être dans le Reich allemand médiéval.

Au total, pas moins de seize de nos souverains connurent, pour une raison ou pour une autre, la réprobation de l'Église romaine, du Xème au XVIIème siècle, et, parmi eux, Hugues Capet, Philippe 1er, Louis VII, Philippe II dit Auguste, Louis IX - oui notre Saint Louis, qui ne craignit pas d'affronter la Papauté en plusieurs occasions, notamment en prenant la défense de Frédéric II de Hohenstaufen, l'Empereur excommunié, et enfin Philippe IV le Bel qui n'entendait pas perdre la face devant un Boniface VIII, orgueilleux comme aucun pape avant lui. On se trompe fort si l'on croit que l'Église et l'autorité monarchique française formaient un seul et même ensemble ou que la seconde dépendait de la première et que l'une et l'autre se soutenaient en permanence. C'est un cliché dont il faut se défaire, car, dans la réalité ces deux sources de pouvoir étaient continuellement en tension et en lutte plus ou moins ouverte. Ce fut le cas, en France, entre l'autel et le trône, entre Rome et Paris, plus souvent et plus longtemps qu'on ne croit, au moins de l'époque médiévale à 1789. Et il a fallu finalement cette très nette coupure provoquée par la Révolution française pour voir les tenants du pouvoir monarchique se rapprocher de la haute hiérarchie catholique. Jusque-là, les souverains français avaient plutôt cherché à mettre sous leur dépendance sinon directement, du moins implicitement, le clergé de France, que l'on essayait de détacher du pouvoir rival du pontife romain. Tel est le point assez solidement argumenté de François-Marin Fleutot, et l'on peut, grâce à cela, expliquer les condamnations dont nos souverains furent les victimes de la part de la Papauté.Si les rois sont souvent irréprochables en matière de foi, ils ne sont cependant pas des sujets aux ordres du Saint-Siège. Ainsi la laïcité, loin d'être une création de la période révolutionnaire et de l'institution républicaine, serait bien plus le résultat d'une résistance pluriséculaire et continuelle aux prétentions pontificales romaines, qu'une divergence de vues et d'intérêts dans laquelle les membres du plus haut clergé auraient eu leur part. C'est même en défendant les libertés et les prérogatives de l'Église gallicane que le roi a pu faire sentir sa capacité à s'imposer à cette dernière et marquer son indépendance face à Rome. Si le roi ne pouvait intervenir dans la cérémonie de consécration des évêques, il avait capacité, au temporel, à valider ou invalider un choix et gardait l'espoir de pouvoir lui-même les nommer, rencontrant très vite ici l'opposition du pape et des chapitres cathédraux. À côté de ce que l'on appelait alors la querelle des investitures, il y avait plusieurs motifs possibles de brouille : moeurs sexuelles des rois qui pouvaient trahir la foi conjugale et les engagements pris devant les hommes et devant Dieu par un adultère, union consanguine, Ie roi pouvait aussi mécontenter le Saint-Siège s'il plaçait à la tête d'un diocèse une personnalité qui n'était pas bien vue ou bien en cour à Rome, il y avait également les disputes à propos des ressources financières du clergé, les divergences d'ordre politique, les ingérences pontificales dans les affaires inernes du royaume, etc. Les derniers rois capétiens et les premiers rois valoisiens installèrent même la Papauté en Avignon, ville alors théoriquement située en terre d'Empire (germanique). Ils imposèrent la maltôte aux hommes d'église, subordonnèrent la justice ecclésiale à celle du roi, soutinrent un temps un Pape non reconnu tandis que les rois d'Angleterre, ennemis héréditaires, élevaient un Antipape sur le trône De Saint-Pierre. On n'aura garde aussi d'oublier la lutte entre la Couronne de France et le Pape Boniface VIII puis la contrainte imposée à son successeur, Clément V et quasi créature de Philippe le Bel, de faire condamner l'ordre des Templiers. Un peu plus tard, Charles VII viendra, compléter l'ensemble en promulguant la Pragmatique Sanction de Bourges, qui allait hérisser le poil au Souverain Pontife. Trois partis se feront bientôt la lutte : les réformateurs, les pro-papistes et les défenseurs d'une autonomie du clergé. Avec l'irruption du Protestantisme, on verra le parti pro-vaticaniste soutenir à outrance la redoutable famille des Guise, et François 1er, battu à Pavie et privé de ses entrées en Italie, renverser ses alliances et s'entendre avec le sultan turc. On remarquera que Fleutot insiste peut-être un peu trop sur le soutien au concile oecuménique de Constance par opposition au concile de Trente, ce qui est certes encore une preuve, s'il en manquait, que Paris prenait souvent sans crainte le contre-pied de Rome. Mais ce que ne souligne pas assez Fleutot dans l'affaire, c'est que le rapprochement du royaume de France et de la Porte ottomane est avant tout une stratégie de contournement de l'Empire germanique, ce qui est une autre histoire.

François Sarindar, auteur de Charles V, Dauphin, duc et régent (2019).

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Éloge de la faiblesse

Alexandre Jollien, je ne l'avais encore jamais lu. Je ne sais pas pourquoi car j'aime ce qu'il dit et j'aime l'écouter. Il aura fallu que ma fille doive le lire dans le cadre de ses études pour que je le fasse enfin.

Et boum!

Dans son (premier) livre au titre oxymore et si percutant, Alexandre Jollien revient sur ses 20 premières années, lorsqu'il a été placé dans une institution médicalisée en raison de son handicap, l'athétose.

Devenu philosophe en dépit de tout, il s'invente un dialogue avec Socrate pour nous les raconter et aborder le regard des autres et de que ça entraîne, l'amitié et le don de soi, la pitié et le mépris, la volonté et les épreuves de la vie, la sagesse et la normalité, un mot qui conditionne tant...

Il cite des philosophes antiques ou contemporains, et tout en nous parlant de lui, de son parcours, de ses joies et difficultés, il nous parle de nous

Je l'ai lu deux fois en un mois et je vais le garder bien précieusement, non loin de moi, pour y revenir...

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