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Dernières critiques
ArmelleAlx
  15 juillet 2019
Dernier jour sur terre de David Vann
Réalisant le travail minutieux d'un journaliste d'investigation, David Vann retrace tout le parcours d'un criminel auteur d'une fusillade dans une université, qui a causé la mort de cinq personnes et des blessures pour dix-huit autres. Cet itinéraire glaçant et nuancé permet de sortir de la sidération que suscite ce type de massacre, tragiquement récurrent aux Etats-unis, et contribue à mettre à jour les mécanismes à l’œuvre. Ce n'est pas tout. La force de ce livre vient du montage narratif. David Vann revient sur sa propre histoire parallèlement à celle du tueur. Il convoque et analyse le suicide de son père, sa passion pour les armes et la chasse, et pose en filigrane la question : pourquoi ne suis-je pas devenu un criminel comme le tueur de la Northern Illinois University, alors que, comme lui, j'étais un adolescent rejeté et solitaire qui trouvait refuge dans les armes ? Qu'est-ce qui amène le point de déséquilibre pour l'un et pas pour l'autre ? cette implication personnelle de l'auteur dans la réflexion donne une grande puissance à ce récit double, et incite le lecteur à découvrir une vérité extrêmement dérangeante, et de faire sienne la citation de Térence placée en épigraphe : "Rien de ce qui est humain ne m'est étranger".
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Marie-Nel
  11 juillet 2019
Aquarium de David Vann
Ça faisait un moment que j'entendais parler de David Vann, je me suis dit qu'il fallait absolument que je saute le pas et le lise. C’est chose faite avec ce roman que j'ai emprunté à ma médiathèque. Je n'ai pas du tout été déçue par cette lecture qui m'a entraînée sur des chemins insoupçonnés. Par contre, pour parler tout de suite du point négatif, qui n'a rien à voir avec l'auteur, je m'attendais à de gros retournements de situation. Je m'explique. J'avais lu des avis sur ce roman, vu des vidéos de booktubeurs où ça parlait de gros cliffhangers, de grosses révélations. Et du coup, je m'attendais à plus que ce que j'ai eu dans l’histoire. Oui, il y a des révélations, mais j'en ai vu venir certaines, donc pas surprise plus que cela. Donc, je pensais que ça allait arriver avec le final, mais non, pas plus que ça aussi. Tout ceci m'a fait réfléchir. Car j'ai beaucoup aimé cette lecture, et si je n'avais pas eu ces avis dans la tête, je l'aurais peut-être appréhendée d'une autre façon. J'en conclue donc qu'il n'est pas toujours bon de lire des ressentis avant pour se faire sa propre opinion. Je ne prêche pas pour ma paroisse, car si on ne lit plus les avis, que vont devenir nos blogs… peut-être faut-il garder une certaine relativité dans les mots que l'on emploie, et ne pas en employer de trop forts…Je ferme donc cette parenthèse qui n'a rien à voir avec le contenu du livre mais qui explique la cause de ce que j'attendais de cette lecture.



À part ça, j’ai vraiment pris du plaisir à découvrir la plume de David Vann. Il ne mâche pas ses mots, s’exprime avec la réalité des mots et leur portée, peut aussi bien-être très poétique dans ses descriptions que beaucoup plus abrupt.

J'ai donc fait la connaissance de Caïtlin, une jeune adolescente de douze ans, qui vit seule avec sa mère. Elle a une amie à l’école chez qui elle va passer parfois des soirées et des nuits. Caïtlin voue une passion pour les poissons. Chaque jour, après l’école, elle va vite à l’aquarium de sa ville où elle regarde toutes sortes de poissons évoluer dans leur bassin. Elle les aime tellement qu'elle veut en faire son métier. Depuis quelques temps, elle rencontre chaque soir à l’aquarium un vieux monsieur avec qui elle parle de ce qu'elle voit. Leurs rencontres se font en toute innocence, la jeune fille est contente de trouver quelqu’un à qui parler, sa mère étant bien souvent trop fatiguée en rentrant du travail pour le faire. Caïtlin n'a jamais parlé de ce monsieur à sa mère, le jour où elle va le faire va sonner le glas de sa tranquillité et de son innocence… la voilà partie vers des moments de pure galère…On va la suivre également dans ses premiers émois amoureux, une manière d’échapper à ce qu’elle vit en s'attachant à une autre personne. Seulement, elle va apprendre la cruauté du regard des autres.

J'ai très vite deviné l’identité du vieux monsieur avant même que ce ne soit révélé. Pourquoi, ça je ne saurais vous le dire, mais ça m'a paru comme une évidence. Je me suis tout de suite attachée à Caïtlin, à ce qu'elle vivait, elle a réveillé en moi mon instinct maternel, j'avais envie de la protéger. Elle va découvrir des secrets que sa mère voulait lui cacher. Les révélations que cette dernière va lui faire sont faites d'une manière très violente, sa mère ayant complètement pété les plombs comme on dit. Il va y avoir des scènes entre la mère et la fille d'une violence psychologique inouïe. Ce que la mère fait subir à sa fille est terrible, mais c’est aussi la conséquence de son propre vécu. Elle n'a pas réussi à chasser ses démons, elle n'en a pas fait son deuil, et revit à chaque fois toute la tragédie de son passé. De là à faire subir les mêmes choses à son enfant, c’est quand même très dur à imaginer quand tout va bien dans nos vies, et pourtant, cela reste compréhensible pour moi. Je pense sincèrement que tant qu'on a pas réussi à parler de son passé à quelqu’un, le mieux serait à une personne de la santé, il revient nous hanter et nous fait dire et faire des choses sans nom. Il faut de toute façon, pour moi, arriver à casser cette transmission, ne pas faire subir à nos enfants ce qu’on a subi nous-mêmes pour ne pas continuer ce cycle infernal. Il faut apprendre à se construire sur nos failles, c’est ce qu’on appelle alors la résilience…



Je me suis vite attachée aux différents personnages, même à la mère. J'ai ressenti toute sa souffrance et son mal-être. Caïtlin est une jeune fille qu'on a envie de protéger. J'ai pu mieux ressentir ses émotions grâce à la manière d’écrire de David Vann. En effet, tout le texte est écrit à la première personne du singulier, ce « je » permet d’être au plus près du personnage, donc de Caïtlin, de ressentir chacune de ses pensées et d’être au plus près de ses réactions. J'aime beaucoup ce procédé, c’est parfois très remuant surtout dans des histoires comme celles-ci.

Un autre personnage important du roman est tenu par l’aquarium. C'est un lieu, j'en conviens, mais il est tout aussi important que les autres personnages. Caïtlin y passe tellement de temps, regarde tellement de poissons évoluer, les détaillant, allant même jusqu’à faire des parallèles avec le monde des humains et certaines de leurs réactions. D’ailleurs, certains poissons sont dessinés dans le livre, donnant ainsi encore plus de réalité à l'histoire. Le monde des poissons sera aussi une des plus grandes métaphores de David Vann, n’hésitant pas à comparer leurs façons de vivre aux autres espèces. J'ai trouvé que cela apportait des touches de poésie dans des moments parfois violents.

J'ai vraiment beaucoup apprécié la plume de l'auteur. Il alterne moments durs et plus doux, mots cruels et plus tendres, il m'a entraînée dans un maelstrom d’émotions. Je pense que ce roman restera dans ma mémoire un petit moment.

Un autre point qui m'a un peu perturbée au début, c’est l'absence de marques pour montrer les conversations. Pas de tiret ici comme on a l'habitude de voir, la discussion se fait par un retour à la ligne et parfois même dans un fait. C’est déroutant au début, mais je m'y suis vite fait, on repère assez vite, et ça ne m'a pas gênée plus que cela. Je le souligne juste car je suis étonnée de cette façon de faire. Je ne sais pas si c’est un procédé propre à l'auteur ou à la maison d’édition, c’est le premier roman que je lis d'eux.

En tout cas, ce roman est très sombre, noir, psychologique. Il nous emmène dans ce que l'humain peut avoir de plus horrible, avec des réactions relevant par moment de la folie. C’est oppressant et pourtant l'auteur arrive à y mêler des petites bulles de lumière et de beauté qui peuvent ainsi la rendre belle et pour laquelle ça vaut le coup de se battre. Le final apporte d'ailleurs un peu d'espoir à tout cela. Des indices sur le futur nous sont donnés grâce au fait que Caïtlin raconte cette histoire alors qu'elle est adulte, on apprend ainsi ce qu'il va advenir de chacun d'eux.



Pour conclure, car j'ai été une nouvelle fois trop bavarde, j'ai beaucoup aimé cette lecture, elle m'a remuée, m'a renvoyée à certains pans de mon passé, j'ai malheureusement certains points communs avec Caïtlin, c’est peut-être pour ça aussi que je l'ai mieux comprise ou que je n'ai pas été trop choquée par certains faits, ayant vécu les mêmes. J'ai lu ce roman très vite, je me suis vite laissée emmener par la plume de l'auteur et par l’histoire de Caïtlin, les pages se sont tournées toute seules jusqu’à la fin. Un roman qui m'a donné envie de lire d'autres du même auteur, pour voir comment il travaille d'autres sujets et d'autres personnages. J’ai entendu parler de Sukkwan Island, je vais certainement regarder pour l’emprunter à ma médiathèque, mais cette fois-ci, je ne lirai aucun avis dessus pour partir avec la tête claire et sans apriori.

Si vous ne connaissez pas encore cet auteur, et que vous aimez les romans sombres, psychologiques, n’hésitez pas à lire ce roman en particulier et ceux de David Vann en général.
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gilles3822
  03 juillet 2019
Corrosion de Jon Bassoff
La campagne américaine est peuplé de dégénérés de toutes sortes, nous le savions depuis le livre de Truman Capote, De sang-froid, chef d'oeuvre de décryptage de l'Amérique, fait divers réel, rappelons le. Ici, rien de tel mais tout est possible quand vous y ajoutez l'errance de traumatisés de multiples guerres, du Vietnam à l'Iraq. La prise en charge, hors discours patriotique est quasi nulle, à eux de se débrouiller avec la pension versée, en cas de blessure seulement et le rejet par la population est suffisamment fort pour constituer à lui seul un trauma. Tous ces types se baladent, cherchent, ou non, du travail, se sentent investis d'une mission, protéger le faible, l'opprimé, à leur manière, comme à la guerre.

C'est le premier de nos personnages.

Le deuxième est un ado perturbé par des parents perturbant, noyant son ennui dans un comic, jusqu'à l'identification fatale, n'est pas un super héros qui veut, une libido mal maîtrisée achève le tableau. Je ne vais pas m'étaler sur celui-ci car je n'ai pas fini le livre et franchement, après avoir massacrer sa "copine", il décapite celui qui le prend en stop, là, je me suis dit, on arrête, il peut tuer et découper en rondelles qui il veut, je m'en fiche, je pose le livre et je vais me baigner ( j'étais à la plage).

J'ai lu plusieurs ouvrages de la série Néo Noir de Gallmeister et je frise l'overdose. Cela devient une marque de fabrique, un genre en soi, avec stéréotypes et situations prévisibles. Là où l'originalité du début nous sortait de notre torpeur, aujourd'hui, le déjà-vu lasse rapidement.

Passons à autre chose.
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