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Mauk

J’ai beaucoup aimé cette bande dessinée, avec ses dessins apparemment très simples mais grouillant de petits détails. Les couleurs sont toujours très bien choisies, créant une atmosphère pastel, avec de petits traits qui viennent ajouter de la texture ou du mouvement, enrichissant toujours le récit. C’est la variété des couleurs qui m’a le plus surpris, en faisant jouer des contrastes et des couleurs complémentaires d’une case à l’autre, et n’hésitant pas à produire des motifs d’alternance, où les cases forment une sorte de damier. L’autrice met à profit tous les moyens qu’offre la bande dessinée, les structures des pages et des cases sont ici productrices de sens. Certaines pages répètent toujours les mêmes compositions et emploient une bichromie de tons pâles, tout en brouillant le contour des cases, pour figurer le recommencement quotidien de l’éveil et de la recherche de Mauk.

Il s’agit en effet de l’histoire d’une femme qui vit seule et qui s’accoutume peu à peu à l’étrange compagnie de « Mauk », un être aux propriétés physico-chimiques pour le moins étonnantes, et au comportement surprenant. L’autrice parvient à faire ressentir sa présence invisible et insaisissable dans l’appartement, en rendant compte du ressenti de la jeune femme, de son inquiétude quand elle ne le trouve pas, de son soulagement lorsqu’enfin elle met la main dessus. Les évolutions de Mauk, qui entre progressivement dans la communication et dans le partage de l’espace, font peu à peu de cette bande dessinée une joyeuse histoire de colocation.

Le dessin est presque schématique, éloigné de tout réalisme, et parvient pourtant à nous plonger dans ce récit qui accueille une grande diversité d’émotions et de figures, que l’on a plaisir à découvrir et à suivre, en s’attachant progressivement à cet Autre figuré par Mauk, qui est peut-être en définitive le coloc idéal. Je ne sais pas s’il faut lire ici un sens métaphorique quelconque, mais il me semble plutôt que la présence inexplicable et presque absurde de Mauk, un être impossible à catégoriser, puisse donner lieu à l’histoire d’une adaptation de chacun, d’un apprivoisement mutuel pour partager un lieu de vie, que la disparition de l’intrus chamboule bien plus que sa présence constante.

Ce fut donc une fort sympathique lecture, que je vous recommande si l’ouvrage vous tombe sous la main, et j’espère que l’autrice, Louise Aleksiejew – dont le magnifique travail est par ailleurs présent sur son site : https://louisealeksiejew.fr/publications – aura l’occasion de produire de nouveau des récits en bande dessinée !!!
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Emkla

Une belle BD, quoique un peu tarabiscotée...



Le personnage central, une jeune femme à l'esprit d'aventure, doit cependant contenir son énergie face aux superstitions et autres a-priori des habitants de son village. Campé quelque part en Scandinavie, la vie y est rythmée par les saisons, le travail et les rituels animistes... Cyclique.



Emkla, Emkla... Ils n'ont que ce nom à la bouche. Jusqu'au jour où tout s'empire, se dérègle... Alors vient le moment du départ... Parfois, il n'y a pas trop le choix.



Je dois avouer que je n'ai pas tout compris. Une seconde lecture serait nécessaire pour mieux comprendre le message, assez poétique, de cette œuvre. Néanmoins, le scénario est rythmé et plein de surprises.



J'ai aimé certaines ambiances un peu magiques du livre, notamment les scènes avec les animaux, ou lorsque le personnage central escalade les grandes roches... D'une expressivité rare.



Le progressisme de cette œuvre est tout aussi évident, sans être stéréotypé : personnage féminin fort, végétarisme, société patriarcale, traditions qui semblent avoir perdu de leur sens, retour à la nature...



La mise en scène est réussie, avec de belles couleurs aquarellées, d'une tiédeur nordique. Par contre, j'ai été moins convaincu par les dessins. Le trait de Peggy Adam est fin, avec de belles rondeurs, assez féminin je dirais, mais il est aussi assez cassant, presque trop cinglant.



La divinité Emkla, qui s'incarne dans cette nuée d'oiseaux sur la couverture, m'a tout de suite fait penser à cet album de Valérian : Les oiseaux du maître, où les volatiles rendent fous ceux qui cherchent à s'opposer à leur dieu-maître.



Ici, comme dans Valérian, la divinité semble punir l'hubris des hommes et des femmes.



Peut-être est-ce une clé de lecture ? Ou peut-être que non...



Puisque la nature n'a pas de morale...



Et qu'Emkla n'a pas la même fortune.
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Pilules bleues

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