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Filox
  14 janvier 2019
Bullshit Jobs de David Graeber
David Graeber explore en profondeur le phénomène contemporain des jobs à la con. La typologie qu’il propose, se reporter aux citations que j’ai publiées, leurs impacts et en premier lieu la souffrance de ceux qui en ont un sont décrits brillamment et sont abondamment illustrés.

Les raisons d’apparition de la nouvelle féodalité managériales et les conséquences sociétales et politiques sont analysées en profondeur.



Ce qui m’a particulièrement plu fait l’objet du chapitre intitulé : pourquoi notre société reste-t-elle sans réaction face à la généralisation des emplois inutiles ?

Le ton est plus polémique, David Graeber rappelle l’origine théologique du travail « devoir sacré », nous ébranle en s’appuyant sur de nombreux paradoxes, hélas fort pertinents tels que : plus mon travail bénéficie aux autres et moins je suis susceptible d être payé pour le faire; ou encore :

de nos jours la plupart des gens tirent leur dignité et leur amour-propre du fait de gagner leur vie grâce à leur travail et en même temps la plupart des gens détestent leur boulot.



Avec son sens de la formule, Graeber écrit : les travailleurs ( du XX eme siècle mais nous en avons gardé la mentalité) sont incités à concevoir leur labeur non pas comme un moyen de créer des richesses ou d’être utiles aux autres que comme un acte d’abnégation, une forme de cilice laïque, un renoncement à toute espèce de joie et de plaisir pour pouvoir devenir adulte et gagner le droit de posséder les gadgets de la société consumériste.



En conclusion, nous ne sommes pas en capacité de transformer notre puissance technologique en occasion d’épanouissement, de travailler beaucoup moins...

Pour terminer cette critique et vous donner l’occasion de vous pencher dans cet abime de perplexité sur les moyens de sortir de la crise contemporaine interminable et qui laisse une place de choix à la tristesse générale, je cite :

« On n’a jamais vu un européen ou un américain considérer que sa carrière professionnelle devait être un signe distinctif pour la postérité. Promenez- vous dans un cimetière : vous ne trouverez pas de pierres tombales marquées «  chauffagiste », «  vive- président exécutif », «  garde- forestier » ou « Employé « . Quand un être meurt, on estime que l’essence se son âme réside dans l’amour qu’il a porté à son conjoint et à ses enfants, dans celui qu’il a reçu d’eux. Pour ceux qui ont fait la guerre, on mentionne la division militaire dans laquelle ils ont servi. Dans toutes ces dimensions interviennent à la fois une intense implication émotionnelle et le fait de donner et reprendre la vie. Pourtant, il y a fort à parier que, de leur vivant, la première question que l’on posait à tous ces gens quand on faisait leur connaissance était : «  vous faites quoi dans la vie ? »

Paradoxe ?

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de
  08 janvier 2019
L'imposture Macron : Un business model au service des puissants de Jean-Marie Harribey
Contre les visions néolibérales des lendemains… qui déchantent



Il me semble judicieux de comparer, comme le font les auteurs et les autrices, l’instauration de la Vème République par Charles de Gaule et l’élection présidentielle de 2017. « Dans les deux cas, des partis de gouvernement, apparemment solidement implantés, se sont vus laminés et un nouveau parti sorti de nulle part, créé pour et autour d’un homme, s’est imposé ». Des partis qui s’auto-désignent « mouvements », des hommes se présentant comme « providentiel », après des épisodes où la(les) gauche(s) ne respectent ni leurs engagements ni leurs promesses et mènent des politiques largement empruntés/soumis aux courants dominants du monde capitaliste.



Je souligne la longue liste des reniements des gouvernements du Parti socialiste et de ses alliés, l’alignement sur le néo-libéralisme, les politiques répressives en particulier contre les populations migrantes, le renoncement à la dispute politique et aux choix démocratiques au profit de solutions technocratiques emballées dans le TINA (Olivier Bonfond : Il faut tuer Tina. 200 propositions pour rompre avec le fatalisme et changer le monde). La victoire relative (très minoritaire en termes de pourcentages des inscrit·es, le « corps électoral étant lui même limité aux « nationaux » et non à l’ensemble des citoyen·nes qui vivent, travaillent et paient des impôts ici) du nouveau président doit être mise en regard des institutions anti-démocratiques de la Vème République qui n’est ni une République démocratique ni un République sociale . Ce résultat doit aussi mis en regard avec les politiques réellement menées par celles et ceux qui se nomment de gauche (je rappelle l’indispensable livre de la féministe étasunienne, Andrea Dworkin : Les femmes de droite) qui évacuent ou nient les rapports sociaux et leur imbrication au nom du fantasme de l’« intérêt général, » qui nomme partenaires sociaux les « antagonismes sociaux », qui se drapent derrière l’« intérêt national » en se taisant sur le colonialisme et l’impérialisme bien français – tous points qu’iels partagent avec la droite.



Je ne vais pas détailler l’ensemble des points traités. Je souligne la logique entrepreneuriale et l’autoritarisme. La rationalité « économique » remplace le temps des discussions et du dissensus démocratique, les contradictions qui traversent toute société sont niées, les rapports sociaux sont gommés au profit de seules relations interpersonnelles entre soi-disant « égaux », « La société civile est ainsi réduite au décile supérieur de la distribution des revenus, des patrimoines et des pouvoirs », une véritable idéologie est valorisée celle de la « fin des idéologie », la fantasmatique « théorie » du ruissellement, – qui n’a aucune dimension théorique – est développée comme un conte pour enfants (un mensonge), les migrant·es sont désigné·es comme ennemi et subissent la répression, les décisions sont relocalisées dans des instances non-soumises au choix démocratiques (FMI, OMC, Banque mondiale, BCE, etc.), le privé devient la norme de gestion des éléments collectifs et des fonctions publiques, une start-up nation devient l’horizon mesquin des possibles, la novlangue totalitaire redéfinit le sens mots (en complément possible : Olivier Starquit : Les mots qui puent ; Alain Bihr : La novlangue néolibérale. La rhétorique du fétichisme capitaliste) , la publicité et la fabrication des images soutiennent les mensonges institutionnels et le non respect des droits humains, sur la base floue de la suspicion sont construits « des pouvoirs exorbitants de privation de libertés individuelles et collectives », la mutation de l’Etat de droit en « droit de l’Etat », les politiques qui aggravent les inégalités au nom de l’équité, le refus d’une vraie transition énergétique et la sous-traitance aux entreprises des politiques d’environnement, les dimensions militaro-sécuritaires et le commerce florissant des tueurs, la construction d’une fiscalité (à la fois non progressive et privilégiant les taxes plutôt que les impôts sur les revenus et les bénéfices) pour protéger les revenus et les patrimoines des plus riches, le droit du travail réduit à la protection juridique – pour les entreprises – des licenciements, l’effacement des actionnaires derrière les « entreprises », la casse des services de la fonction publique et un vaste plan d’austérité budgétaire, une vision instrumentale de l’école et le refus du partage des savoirs, les « compétences » privilégiées au détriment des qualifications, l’individualisation des retraites, le refus clair et affirmé de l’égalité de toustes au profit de l’équité de traitement…



Une liste subjective parmi les nombreux points travaillés, des choix politiques qui sont bien des choix sociaux…



Reste une question, que je pose maintenant à toustes les auteurs et autrices, pourquoi ne pas utiliser une écriture plus inclusive ? – le point médian, l’accord de proximité, les citoyen·nes, les habitant·es, les acteurs et les actrices, les ouvrier·es, les employé·es, pour rendre visibles les unes et les autres, les iels et toustes.




Lien : https://entreleslignesentrel..
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Etoilesonore
  03 janvier 2019
Conversations entre adultes de Yanis Varoufakis
Je n'ai pas les connaissances économiques suffisamment développées pour comprendre tous les tenants et aboutissants du plan que Yanis Varoufakis et ses collègues avaient imaginés pour sortir la Grèce de l'austérité imposée par le FMI, la BCE et l'UE. Par contre le témoignage que donne l'auteur de ces quelques mois passés à la tête du ministère des finances de son pays est véritablement terrifiant. Je suis persuadée que c'est de cette Europe-là que les électeurs ne veulent plus car elle est tout à fait anti-démocratique et technocratique. Dans ce sens, ce livre est indispensable pour comprendre les rouages qui sont à la base de ces institutions qui se moquent, dans un cynisme éhonté, de la souveraineté du peuple et du bien commun.

Un témoignage essentiel, donc, mais qui fait froid dans le dos!

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