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Editions Lyonnaises d`Art et d`Histoire


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Azallee92
  07 février 2020
Quand Lyon rugit de Bruno Benoît
Quand Lyon rugit...dirigé par Bruno Benoit et Raymond Curet, comment et pourquoi Lyon est une machine urbaine à fabriquer de la violence?

Qu'appelle t-on : fabriquer de la violence urbaine à Lyon? Cette phrase de quatrième de couverture me choque et me parait hors de propos, et encore une fois dénature les écrits, des narrateurs de la puissance de cette ville du XVIII au XXè siècle !

Lyon est riche de son histoire des révoltes et des insurrections en 1831 et 1834 , 1849 et 1851,de ses ouvriers et ouvrières payés une misère, harassés de travaux difficiles, dans des locaux sombres et insalubres, "population nombreuse dans les plus mauvaises conditions de bien-être et de santé", aussi bien à la Croix-rousse, qu'à la Guillotière peuplée d'une population ouvrière cosmopolite, et qui défendent leur travail sur leurs métiers à tisser, des lavandières sur des péniches sur la Saône et toute une horde de petites gens qui oeuvrent de tôt le matin jusqu’à tard dans la nuit parfois..

A cette époque Lyon est bâtie de petites rues tortueuses et étroites pour se protéger de la chaleur, , sans lumière, et de passages secrets souterrains les traboules seules connues des canuts , des ouvriers en soierie, qui livrent le travail à travers la ville.

Cette ville labyrinthe-géant va leur permettre de monter des barricades et de bloquer les issues des quartiers en insurrection et dans les quartiers St Nizier et St Jean où les révoltés s'échappent par les toits des maisons et des églises..

Le maréchal de Castellane, gouverneur militaire (1850-1862) qui veut mater cette ville qui refuse de se soumettre et de se laisser bâillonner, et dont les rebellions sont trop fréquentes, fait appel au préfet Waïsse, le Hausmann lyonnais qui va, sur la réalisation des plans de l'architecte Daudel, restructurer la ville en larges artères afin que puissent s'engouffrer les troupes militaires impériales et ramener l’ordre dans la ville...

Plus tard, en 1942, « quand l’obligation de relève volontaire devient « relève obligatoire » quand le régime de Vichy s’arroge le « matériel humain » promis au grand d Reich », presse clandestine et grèves et manifestations se mettent en place.

Différents écrits de Raymond Curtet, André Voirin, Maurice Moissonnier, Bruno Benoit, et René Giri.

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kielosa
  16 mai 2019
Le Vitriol de lune de Henri Béraud


En 1757 a eu lieu en France le dernier écartèlement, celui de Robert-François Damiens, originaire d'Arras et âgé de 42 ans. Son nom est moins légendaire que celui de son prédécesseur, François Ravaillac en 1610 (âgé de 33 ans), mais 34 ans après son supplice atroce, cette peine médiévale fut abolie, en 1791. Cette punition était sous l'Ancien Régime réservée aux régicides. Ainsi, Damiens avait planté dans le dos du roi Louis XV..... son canif !



Comme le héros du roman "Le vitriol de lune", Blaise Cornillon, un jeunot de 20 ans, a le douteux privilège d'assister à ce lamentable spectacle à Paris, j'ai le regret de vous informer, chères lectrices et chers lecteurs, que vous n'y échapperez, hélas, pas non plus. Question donc de tourner en vitesse quelques pages (de la 140e à la 149e pour être précis).



Bien que Louis XV le Bien- ou le Mal-Aimé crût que son heure finale avait frappé, la blessure causée par un petit canif n'était évidemment pas de nature à craindre pour la survie de la dynastie des Bourbons.





Le récit démarre à Lyon en 1749, à Pâques, par la mort d'un bête froid d'Anita, originaire de Gênes, mère du galopin Blaise, qui a 12 ans, et l'épouse du boulanger exemplaire François Cornillon, qui ne supporte pas la mort de son grand amour et commence à mener une vie de débauche qui le fait mourir la même triste année.



Le petit Blaise n'a plus que son oncle Giambattista Badalaccio, qu'il adore parce qu'il lui raconte toujours des histoires absolument faramineuses et fantastiques. Or, le tonton chéri disparaît aussitôt à Montbrison et le gamin se trouve sous la garde de monsieur Farge, marchand de soie et capitaine de la milice, un bienfaiteur, qui le passe au père Marion, jésuite, de qui il devient le laqueton. Plus tard, le bon Farge amène le jeune Blaise à Paris dans une jesuitière, où il devient l'aide du père Walzer, bibliothécaire. Malgré la présence de personnages hauts en couleurs, tels le père Blas de Hoyios, un Portugais original et le père Etapier, un japonologue méritoire, notre jeune ami se sent solitaire et abandonné.



En fait, il rêve de retrouver son tonton fantaisiste. Et "miracoli"... ce cher Giambattista refait surface, mais pour impliquer son neveu dans des drôles d'histoires, où il est entre autre question de Louis XV, la marquise de Pompadour et Damiens. Après l'attaque royale, la vie devient difficile pour nos héros, qui sont obligés de se contenter de jobs subalternes, et se voient même contraints de choisir le large et la haute mer.



Ils naviguèrent de sorte pendant 3 longues années et passèrent 5 fois les tropiques. En 1772, las de battre les mers, "ils prirent terre à Bordeaux" et se rendirent au pays de Ravaillac, où Blaise tombe éperdument amoureux de Manlibe, une superbe huguenote.



Le goût prononcé pour les intrigues n'a pas abandonné le signore Badalaccio, qui engage lui et son neveu dans le camp du duc de Choiseul pour, après la mort de la Pompadour en 1764, soutenir la candidature de la duchesse de Grammont contre Madame Du Barry, comme favorite royale. Mission délicate qui implique pour notre duo leur installation au Palais de Versailles.



Henri Béraud connaît très bien l'histoire de la France de peu avant la Révolution et a dû disposer d'un plan détaillé de la ville de Paris de cette époque. Il nous trimballe dans plein de ruelles qui n'existent plus depuis belle lurette.



La grande qualité de cet auteur constitue probablement son énorme vocabulaire. Son emploi de mots disparus et d'expressions abandonnées ont eu comme effet que j'ai dû plonger à plusieurs reprises dans mes grands dictionnaires pour en saisir toute la portée et la finesse. Si son lexique est légèrement périmé, son style, en revanche ne l'est nullement, bien que le livre date de 1921. Il est vrai qu'il s'agissait de son premier ouvrage qui lui a valu, ensemble avec son second roman "Le martyre de l'obèse", le Prix Goncourt 1922.



Quelques petits exemples : en caractérisant un fabricant qui avait mené une vie chaste avant de se ruer au plaisir : "Il chut bientôt dans la crapule." (page 38) et " De tous, le plus surprenant était Marin, un gredin de l'écritoire, bas de figure comme un gabelou." (page 155). Le père Etapier, qui, selon la comtesse Baschi, était trop beau pour rester jésuite." (page 66).



Comme le premier mai dernier, j'ai fait une critique de l'ouvrage biographique par Jean Butin "Henri Béraud ou le journalisme en littérature" et la dramatique implication de cet auteur dans le suicide du ministre de l'Intérieur de Léon Blum, Roger Salengro, en 1936, je ne vais pas répéter sa vie ici, ni par ailleurs cette ténébreuse affaire.



Quoique je tiens à répéter qu'à mon humble avis cet écrivain, trop longtemps boudé, mérite une redécouverte et un regain d'intérêt littéraire !

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Nonna
  31 octobre 2017
Le Roman de Lyon de BENOIT Bruno
Le livre n'est pas un roman au sens strict du terme. C'est une présentation de la ville et de son histoire autour de trois thèmes : repères, territoires et identités. C'est assez intéressant, parfois dense et avec des redites . On regrette l'absence de gravures ou de photos .
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