AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Elytis


Livres les plus populaires voir plus


Dernières critiques
SylvieBelgrandReims
  03 octobre 2018
Tokyo intramuros de Moore/Viviane
Le bouquin du jour : Tokyo intramuros, de Viviane Moore.



J'ai eu le grand bonheur de rencontrer Viviane Moore lors du festival Interpol'art de 2013. À cette occasion, elle m'avait gentiment dédicacé un exemplaire de Tokyo intramuros. Puis à force d'acheter sans arrêt de nouveaux livres, celui-ci avait disparu au fond de ma pile à lire. Tant mieux, parce que finalement j'ai pu réaliser mon rêve de visiter le Japon l'année dernière et que maintenant la lecture d'un roman se déroulant à Tokyo prend une toute autre saveur.



Bref, nous avons là un petit bijou, autant par la forme ( l'édition Elytis est une belle réussite ) que par le fond.

L'histoire commence par la fin, et Viviane Moore nous entraîne ensuite dans le déroulement implacable de l'aventure. L'âme japonaise, si difficile à comprendre pour nous, est la clef de ce roman policier, qui se lit facilement tant l'écriture de Viviane Moore est fluide et agréable.



#livre #lecture #bouquin #chronique #polar #romanpolicier #vivianemoore #elytis



Le quatrième de couverture :



Les flics doivent me chercher partout. Partout, sauf ici. Ils ne pourront pas imaginer que moi, l'étranger, le gaijin, je me suis dissimulé dans la gare Shinjuku de Tokyo. Il y a là des centaines de cartons alignés le long des souterrains, des cartons habités par des humains qui rangent leurs chaussures à l'entrée. Le mien, c'est un carton Sony. Ça fait deux nuits que j'y dors, fuyant ce qui a fait de moi un architecte et... un assassin. » C'est en virtuose du polar que Viviane Moore nous entraîne une nouvelle fois au Japon, dans l'univers trouble d'un architecte que phobie et passion amoureuse mèneront à l'irréparable...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
Wyoming
  23 août 2018
Ombre japonaise de Viviane Moore
De la frustration dans la lecture de ce polar tokyoïte, trop court, pas structuré, dans lequel des thèmes très intéressants sont à peine effleurés tels que le monde des tatoueurs au Japon, les suites de la bombe sur Hiroshima, le terrorisme, le métro de Tokyo, et surtout l'intrigue policière beaucoup trop facile, avec un final que l'on voit venir des dizaines de pages à l'avance -- et il n' y en a que 130. Il me semble qu'il y avait matière à de nombreux développements et surtout à structurer l'intrigue pour lui donner davantage de sens et de suspense qui font défaut dans ce livre.
Commenter  J’apprécie          30
Osmanthe
  14 août 2018
La Véritable histoire d'Ah Q de Luxun
Ah Q est un journalier illettré, bien connu dans la petite ville de Weizhuang. Cet homme a une fâcheuse tendance à s'en prendre aux plus faibles que lui : gens désoeuvrés qu'il n'hésite pas à tabasser, femmes qu'il cherche à tripoter…alors qu'il est mielleux et couard avec les plus riches et les puissants. A ce tempérament un poil bête et méchant s'ajoutent entre autres défauts, un orgueil démesuré, des tendances sado-masochistes, une mégalomanie certaine, un goût trop prononcé pour la bouteille, et un instinct de voleur !

Cependant, une certaine naïveté et son peu de pouvoir de nuisance le rendraient presque attachant, d'autant plus que ses aventures parfois truculentes au sein de cette petite ville mettent en lumière la médiocrité de la faune locale, les autres personnages n'offrant pas non plus une image absolument exemplaire avec leurs différents travers, en particulier une veulerie généralisée.



Parmi ces aventures, Ah Q va crier son envie de faire l'amour à la servante de son patron M. Zhao, et s'en trouvera battu et congédié, reviendra quelque temps après ayant apparemment fait fortune….mais on le soupçonnera très vite d'avoir volé les biens qu'il revend, pour s'être déjà fait piquer en train de voler des navets dans le potager du temple local…vol de biens qu'il avouera bêtement dans un moment d'abandon rêveur à l'alcool…La rumeur se répand, et Ah Q voit sa réputation définitivement entachée et devient personna non grata. Quand la révolution intervient en 1911, Ah Q croit encore jouer les opportunistes, mais il est rattrapé pour un vol survenu au domicile de la famille Zhao…



Pour le coup, le pauvre Ah Q est accusé à tort. Jeté en prison, il va boire le calice jusqu'à la lie en subissant l'humiliation de dévoiler son illéttrisme, et en ne parvenant pas à manier correctement le pinceau pour tracer ne serait-ce qu'un cercle parfait à la demande de ses juges…Dans sa naïveté, il ne comprendra que bien tard qu'on le conduit à la mort, et ne réussira même pas à offrir au peuple de Weizhuang le spectacle d'une belle exécution, comme en témoigne les dernières lignes du récit :

« Quant à l'opinion publique, elle fut unanime à admettre la culpabilité de Ah Q, car, disaient les habitants de Weizhuang, la preuve qu'il était un mauvais sujet, c'est qu'il a été fusillé ; s'il n'avait pas été mauvais, pourquoi l'aurait-on fusillé ? A la ville, l'opinion était que passer quelqu'un par les armes est bien moins spectaculaire qu'une décapitation. La plupart des citadins étaient mécontents. Et quel condamné ridicule ! On l'avait promené fort longtemps par les rues et il n'avait pas poussé le moindre air d'opéra. C'était bien la peine de s'être dérangé ! ».



Ecrit en 1921, ce récit est rythmé, et brille par sa causticité et son côté provocateur, Lu Xun brossant un tableau peu reluisant du tempérament de ses compatriotes et des institutions politiques de son pays, dans les temps troublés et instables qui suivirent la chute du dernier empire en 1911.

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120