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LucSeguin
  21 mai 2018
Même s'il fait noir comme dans le cul d'un ours de Catherine Dorion
Catherine Dorion s'est rendue (relativement) célèbre (au Québec) avec une vidéo diffusée lors de la dernière campagne électorale, alors qu'elle était la candidate d'Option nationale dans la circonscription de Taschereau.



Dorion, c'est ma soeur ; même famille idéologique : souverainiste de gauche, écologiste, anti-capitaliste, etc. Si je vous parle d'elle, c'est que, dernièrement, je déplorais qu'au Québec il n'y a plus d'écrivains.es qui ruent dans les brancards. Quelqu'un m'a répondu : Catherine Dorion. Des trois titres d'elle que possède BAnQ, un seul était disponible : Même s'il fait noir comme dans le cul d'un ours. Titre prometteur.



Or, la promesse n'a pas été tenue. Dorion nous offre une poésie bien sage, en vers libres, qui s'enchaînent rythmiquement sans heurts, fluidement :



« pendant que notre violence à nous

» reste ficelée en nous

» comme un gros jambon inadéquat

» notre violence

» est le dernier tabou qui nous reste

» cachée écrasée médicamentée

» rééduquée

» jamais débordante – canalisée

» pour la transformer

» en quelque chose de

» positif… »



J'aime bien ce passage, l'idée de la violence comme tabou. Mais c'est comme si, ce tabou, elle n'était pas capable elle-même de le franchir. Pour cela, il aurait fallu un peu d'audace formelle. Comme le dit Alain Farah, « la seule chose qui est importante pour un écrivain aujourd'hui, c'est de s'énoncer et de faire passer l'époque à travers son énonciation ». C'est ce qu'ont fait, à une autre époque, Réjean Ducharme et Louis Gauthier, aujourd'hui Nathalie Quintane, et que ne fait pas Dorion. La violence doit passer par l'énonciation. Autrement, l'écrivain.e retombe dans le vice de toute littérature, tel que le décrit Gauthier : « il n'y a pas d'art révolutionnaire […] l'art est toujours récupéré par la bourgeoisie. En fait, non, c'est pire, l'art n'est pas récupéré par la bourgeoisie, l'art tend de lui-même à la bourgeoisie. L'art est civilisé, courtois et satisfait, même lorsqu'il se prétend révolté, anarchiste, antisocial. L'art, par définition, est policé et mis en scène. »



Même s'il fait noir comme dans le cul d'un ours est une oeuvre consensuelle, qui ne m'a rien appris, mais dont j'ai quand même aimé la lecture. J'y ai senti un tel désir d'espérer, un désir désespéré d'espérer… Aussi, il y a quelque chose dans le rapport de Dorion à notre parlure, notre « français étrange », comme elle dit, qui mériterait d'être étudié. Quelque chose qui n'est pas assumé, avec quoi elle ne semble pas à l'aise…
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magenest
  28 juin 2017
Même s'il fait noir comme dans le cul d'un ours de Catherine Dorion
Des poèmes qui crient à la liberté, à la libre pensée, à passer à l’action, à écouter son for intérieur pour rétablir l’équilibre et revivre ensemble, en communauté à échelle humaine, malgré le bruit omniprésent et insistant de l’époque actuelle qui nous désincarne, nous déresponsabilise et nous aliène. Des poèmes pour détruire le désordre et réduire les ruines à châteaux.
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GB
  30 mars 2017
Les pensionnats indiens au Québec : Un double regard de Ottawa Gilles
Un hommage aux survivants des pensionnats, voilà ce qui est écrit en préface et c,est justement ce que c'est. Ce livre nous livre divers témoignages ainsi que plusieurs photos datant de cette période. Tous de beaux enfants qui ne connaissent pas encore les répercussions que ces écoles vont avoir sur leur vie future.
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