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Ce qu'il faut de nuit

J’ai lu et entendu beaucoup de bien sur ce roman. Mes attentes était donc assez élevées. Malheureusement, ce ne fut pas un coup de cœur pour moi MAIS, cette histoire me marquera encore longtemps. En fait, je me suis un peu ennuyée sur tout ce qui touchait à la politique malgré que ce soit nécessaire à l’histoire.

Toutefois, j’ai été terriblement touchée par la réalité de ce père qui tente de tenir le cap pour ses deux ados depuis le décès de leur mère. J’ai été émue par sa solitude, son désarroi, sa culpabilité. son désir de bien faire les choses. Ce livre m’a grandement rejointe parce qu’il traite de ce que nous transmettons à nos enfants, nos limites, nos peurs face à leurs actes et choix, et ce, malgré tout l’amour qu’on leur porte et les valeurs que nous leur inculquons. Et tout ce poids, ces inquiétudes, cette culpabilité lorsque nous sommes le seul parent restant…

Malgré le côté politique qui m’a quelque peu ennuyée, j’ai refermé ce livre en essuyant mes larmes et sachant qu’il restera longtemps dans ma mémoire.

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Tuer le fils

Tuer le fils est à ce jour le roman le plus attachant de Benoît Séverac. Un polar pétri d'humanité sur le thème de la relation père-fils. Mais pas seulement. Benoît Séverac raconte aussi et surtout le quotidien d'un groupe du service Police criminelle du SRPJ de Versailles. Vous vous attacherez très vite à Grospierres, Nicodemo, et Cérisol, le chef du groupe. Un homme expérimenté qui adore la confiture et sa femme Sylvia, devenue aveugle à cause d'une maladie orpheline. Une femme de caractère qui n'a jamais baissé les bras, malgré son handicap, et qui permet à Cérisol de garder le cap. Tant bien que mal. Car le commandant le reconnaît bien volontiers, sans la remarquable lucidité de sa femme, il y a bien longtemps qu'il serait devenu facho. En parlant de facho, Patrick Fabas, un veuf solitaire vient d'être retrouvé mort.

En apparence un suicide par pendaison, mais immédiatement Cérisol et ses hommes adhèrent à la thèse du meurtre maquillé en suicide. Et très rapidement, un premier suspect est identifié, qui n'est autre que le fils de Patrick Fabas, Matthieu. Il s'avère que celui-ci vient tout juste de sortir de prison après avoir purgé une longue peine pour meurtre. Un meurtre homophobe. Sorte d'offrande faite à son père violent, qui le méprise et le rabaisse depuis toujours. Matthieu a voulu prouver à son père raciste et homophobe qu'il était bien un homme, un vrai. Mais cela n'a pas suffi, bien au contraire. Et la haine du fils envers son père, qui ne lui a pratiquement jamais rendu visite en prison, n'a cessé de grandir.

Et donc fort logiquement, Matthieu se retrouve sur le banc des accusés. Mais le policier Grospierres, l'un des collaborateurs de Cérisol, émet de sérieux doutes sur sa culpabilité. Et nous lecteurs aussi, tant Benoît Séverac parvient à maintenir ce doute tout au long de son récit remarquablement construit.

Entre comédie légère et polar noir, l'auteur trouve un équilibre parfait. L'humour souvent présent contraste avec cette tragédie familiale qui met en scène un père violent, cynique, méchant et un fils qui a perdu sa mère très tôt et a fini par commettre l'irréparable. Un fils tyrannisé par son père ne pouvait pas développer une estime positive de lui-même, et a fini par trouver une forme de rédemption dans l'écriture.

Je ne vous en dis pas plus et vous laisse le soin de lire ce très bon polar, bien mené, et bien écrit, dans un style agréable, posé, et limpide. Avec en toile de fond une analyse pertinente du métier de flic sous l'angle psychologique. Et sans parti pris. Bref, tout sonne juste dans ce roman réaliste qui met en scène des personnages plus vrais que nature.


Lien : http://www.conseilspolarsdep..
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On dirait des hommes

Je ne connaissais pas cet auteur, mais je dois avouer qu'un roman axé sur une juge d'instruction ne pouvait qu'attirer mon attention. Dominique, juge d'instruction en charge du décès de Gabi suite à un accident, a bien du mal à clôturer ce dossier face à la douleur des parents. Et l'on découvre alors la vie, ou plutôt la survie, de ce couple Anna et Thomas. Dominique a également en charge la plainte de Iris, qui a déposé plainte pour des violences conjugales commises par son mari Patrice, mais la plainte est loin d'être étayée par des preuves.

C'est un roman assez intimiste sur la vie et le deuil de ces parents ; sur les violences conjugales et la difficulté d'appréhender judiciairement ce phénomène en l'absence de preuves. C'est un roman accès sur les femmes, et elles ont des rôles forts, que ce soit Anna, Iris ou bien évidemment Dominique. J'ai bien aimé ce personnage de Dominique, qui donne un visage humaniste aux juges d'instruction, ce qui est relativement rare.

Par contre, sur le plan judiciaire le roman est relativement approximatif notamment au niveau de la procédure pénale (avec par exemple le délai de clôture évoqué à plusieurs reprises). J'ai également trouvé un manque de rythme également ; quant au final il n'est pas totalement imprévisible.

Cela reste toutefois une lecture intéressante qui place au centre de son roman des figures féminines extrêmement fortes.

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