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Charybde2
  06 juillet 2021
Le sens des lieux de Gary Snyder
Trente essais pour rendre compte en beauté de quarante ans d’une pensée « économe, compatissante et vertueusement féroce », fusionnant intimement éthique, esthétique, poésie, politique et sens profond de la nature.



Sur le blog Charybde 27 : https://charybde2.wordpress.com/2021/07/06/note-de-lecture-le-sens-des-lieux-gary-snyder/



Les souvenirs des jeunes années du poète, entre 1952 et 1956 notamment, au sein de la beat generation (« North Beach », écrit en 1975, « Notes sur la beat generation » ou « Le nouveau souffle », tous deux écrits en 1960) témoignent d’emblée, à la différence de beaucoup des membres de ce souple mouvement, d’une conscience politique extrêmement aiguë, capable de théoriser presque instantanément un bon nombre des pratiques alors adoptées, sans en faire non plus toute une affaire. Le rejet d’un certain mode de vie américain, du capitalisme instinctif et de la délinquance qui y est inévitablement associée (« Les délinquants juvéniles ne sont autres que des capitalistes adolescents qui veulent de l’argent immédiatement ») cimente précocement une vision de la marge salutaire, de la poésie comme mode de vie possible, pour peu que l’on accepte de ne pas participer à la course alors proposée et vantée à grand renfort de publicité et d’influence.



Éthique et politique, cette vision perpétuellement en cours d’organisation et de raffinement, humble et fort peu totalisante, mais néanmoins résolument holistique, se nourrit aussi bien de créations ou de renouvellements de fables (« Le sutra de l’Ours Smokey » ou « Le yogi et le philosophe ») que de lectures en profondeur d’auteurs alors contemporains (« Le ticket qui explosa » de Burroughs, dans « Traversé par un virus »), de plate-formes presque programmatiques (« Quatre changements, et un postscriptum », texte particulièrement saisissant de 1969, revu en 1995, « L’énergie est la joie éternelle » ou bien « Le Jour de la Terre et la guerre contre l’imagination », né en grande partie de ce vers de Diane di Prima : « La seule guerre qui compte est la guerre contre l’imagination ») que de récits analytiques d’expériences conduites ou observées de près (« Filets de perles, réseaux de cellules » ou bien « Un conseil de village de tous les êtres »).



Ayant longtemps vécu au Japon et y ayant noué de solides amitiés artistiques, Gary Snyder a inscrit très tôt une dimension esthétique au cœur de son travail et de sa vie, la rendant quasiment indissociable de l’éthique et de la politique qui en découle naturellement, approche fusionnelle qui irrigue ses textes tels que « Déesse des montagnes et des rivières », où trône le poète chinois Li Ho, « Ce que la poésie a fait en Chine », au titre particulièrement explicite (on songera certainement à l’intense « Ombres de Chine » d’André Markowicz), « Incroyable grâce », qui opère un savant détour par les Aïnous d’Hokkaido pour évoquer les deux façons d’apprendre, expérience directe et ouï-dire, « Les vieux maîtres et les vieilles femmes », autour du recueil japonais du 17e siècle qu’est le Zenrin Kushu, « Un seul souffle », qui témoigne d’une fonction centrale de la poésie (voir la citation ci-dessus), « L’énergie de la lune » autour du moine-poète Saigyo, ou encore « Entrer dans l’existence » autour de la poésie contemporaine de Nanao Sakaki, devenu un ami proche de l’Américain.



Les quatre derniers textes de cette deuxième partie, dédiée plus particulièrement à l’esthétique, me semblent fondamentaux : il s’agit de « Politique de l’ethnopoétique », qui propose à la fois une approche équilibrée de ce qu’apporte l’anthropologie occidentale au monde, en bien et en moins bien, et une vision systémique de ce que signifie la bio-diversité, de « L’incroyable survie de Coyote », qui tente de comprendre le sens réel de la persistance étonnante d’une figure mythologique bien particulière dans l’Ouest américano-canadien, de « L’écriture sauvage », texte de 1992 qui constitue sans doute, malgré sa brièveté, l’une des plus pertinentes analyses de ce que signifie l’émergence contemporaine du nature writing, et enfin de « Le langage va dans les deux sens », comme un lucide écho anticipé au besoin de diplomatie vis-à-vis du vivant développé ailleurs par un Baptiste Morizot, notamment.



C’est toutefois sans doute en se plongeant dans la géographie naturelle actualisée des bassins versants et de leurs variations (le traducteur Christophe Roncato Tounsi nous avertit sagement que les sens multiples de l’anglais watershed, incluant, en plus du bassin versant proprement dit, la ligne de partage des eaux, et au figuré fréquemment utilisé, le tournant ou le moment décisif, ne peuvent pas être conservés du fait du choix à opérer en français) que Gary Snyder développe au maximum cette étonnante capacité de rapprochement et de synthèse qui caractérise aussi bien sa poésie que sa réflexion socio-politique. En effet, c’est ici qu’il aborde plusieurs caractéristiques essentielles d’une écologie politique contemporaine, nourrie de l’ensemble de son expérience, de son art et de ses rencontres, avec les textes « Réhabiter », « Un monde poreux », « Exhortations aux bébés tigres », « La redécouverte de l’île Tortue » (qui permet de mesurer en 1993 le chemin parcouru et le terrain gagné ou perdu depuis la parution du poème d’origine en 1974 – y compris en termes d’influence littéraire et de soft power), « Kitkitdizze », ou encore et surtout « Accéder au bassin versant », tandis que, plus spécifiques, « La forêt dans la bibliothèque » et « Le vieux Nouveau Monde de Walt Whitman » se concentrent sur certaines dimensions de l’écologie directement liées au livre. Entrant aisément en résonance avec des dizaines d’ouvrages que maîtrise l’érudit aux pieds bien ancrés dans la terre qu’est Gary Snyder, du « Poème Californie » d’Eleni Sikelianos aux « Rêves arctiques » de Barry Lopez, en passant par le « Désert solitaire » d’Edward Abbey, il nous rappelle avec force et avec intelligence, que la poésie est politique, bien entendu, et que, contrairement à certaines illusions encore bien répandues aujourd’hui, il n’y a guère d’écologie qui tienne sans une solide conscience politique également.
Lien : https://charybde2.wordpress...
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LesInrocks
  25 juin 2021
Le printemps silencieux de Carson Rachel
Trop méconnu en France, le livre de la biologiste américaine Rachel Carson lança, dans les années 1970, la lutte pour la préservation de l’environnement. À découvrir d’urgence, en version poche.
Lien : https://www.lesinrocks.com/l..
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pegase-shiatsu
  19 mai 2021
Le printemps silencieux de Carson Rachel
On l'a vu avec le film, Erin Bronkovitch, le sujet n'est pas terminé... Car la chômeuse est devenu la championne des eaux polluées... Ce serait une erreur de croire qu'il n'est pas utile de comprendre la population et ces effets sur les populations animales.. On le sait, beaucoup de chasseur ne sont pas responsable en occident de beaucoup de chose dans les milieu occidentaux, c'est plutôt dans les populations des pays dénutries du tiers monde, où l'on chasse pour manger que la chasse est un problème... Donc oui, il est urgent que le citoyen lise certains livres, même si un peu dépassé par une victoire sur un pesticide interdit... Parce que le problème revient de la même façon sous une autre forme : la perturbation des écosystèmes... Ce livre décrit comment un écosystème peut être touché et les répercussions possibles sur la faune... Il ne devrait pas, à l'heure actuelle, être considéré comme dépassé sous prétexte que nos défoliants sont moins puissants... D'autant plus que les défoliants ne sont pas les seules produits toxiques.... Et que on l'a vu pour ceux qui ont suivi, l'introduction délictueuse par un humain d'une truite dans un grand parc des USA ou on ne sais comment du Silure dans le Rhône sont aussi des choses absolument catastrophique pour nos écosystèmes... Non les problèmes ne sont pas finis loin de là... Et il y a un besoin que tous les citoyens recomprennent cette nature... Qu'ils ne comprennent pas la biologie étant considéré à tord comme une matière secondaire....
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