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Les Belles Lettres

A l`origine spécialisée dans la publication d`auteurs antiques, Les Belles Lettres sont une maison d`édition française de littérature et de sciences humaines fondée en 1919. Par la suite la ligne éditoriale s`est diversifiée en publiant par exemple des ouvrages de vulgarisation, des guides de voyages dans le temps ou encore des ouvrages historiques, Plus de 800 volumes on été édités et une centaine de volumes sont publiés chaque année.

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Dernières critiques
Champdefaye
  30 septembre 2022
Enéide, tome 1, livres I-IV de Virgile
L’Enéide : cet énorme poème peut être tout aussi connu que l’Odyssée, mais il est certainement moins lu. (En matière de littérature, la renommée et la quantité de lecteurs sont deux choses très différentes) Quand j’ai lu l’Iliade puis l’Odyssée un peu avant trente ans, ce fut un grand choc et un grand plaisir, renouvelé depuis à différents âges.

Aborder Virgile me faisait peur, probablement à cause du qualificatif de poète qui s’attache à lui, et ce n’est que quarante ans après l’Iliade que j’ai ouvert l’Enéide. Nouveau choc, nouveau plaisir, à renouveler. L’Enéide est un magnifique et violent roman d’aventures, un tragique roman d’amour, un conte où se mêlent histoire antique et mythologie. Passionnant.

Evidemment, il faut se faire au style. On n’est pas chez Marc Lévy ou Guillaume Musso. A titre d’exemple, voici un court extrait du Chant VI dans lequel Enée, vivant, et son père, mort, se rencontrent aux Enfers.

Enée échappe à la mort et au sac de Troie en fuyant la ville en flammes. Il finira par s’installer dans le Latium, non loin de la future Rome, après sept années d’aventures en Méditerranée. Le père d'Enée, Anchise, meurt en Sicile au cours du voyage. Quelques temps plus tard, Enée doit descendre aux enfers. Son père l'aperçoit :



"Dès qu'il vit Enée marchant à lui à travers les herbes, joyeux, il tendit les deux mains, des larmes se répandirent sur ses joues, ceci sortit de sa bouche:

" tu es enfin venu et, comme l'attendait ton père, ta piété a triomphé de l'autre route. Il m'est donné de voir ton visage, mon fils, d'entendre de toi, de t'adresser nos paroles familières. Oui, je pensais dans mon cœur, je comptais qu'il en serait ainsi; je calculais les jours et mon désir ne m'a point trompé.

Que de terre et quelles mers parcourues avant que je te retrouve. Que de périls mon fils, pour t'éprouver! Comme j'ai eu peur que les royaumes de Lybie ne te fissent du mal!"

Et lui: "Père, c'est ton image, oui ton image affligée, paraissant si souvent devant moi, qui m'a fait tendre vers ce seuil; les vaisseaux sont à l'ancre dans les eaux tyrrhéniennes. Permets-moi de prendre ta main......""



Ça change, non ? Et ça, c'est pas beau, ça ?

"Les Gaulois étaient là, dans les broussailles, maîtres de la citadelle, protégés par les ténèbres, cadeau de la nuit opaque.

Leurs cheveux ont la couleur de l’or; leur vêtement dorés aussi.

Eclatants dans leurs sayons rayés, ils entourent d’or leur cou blanc comme le lait; chacun a en main comme un éclair deux javelots alpins et se couvre de son long bouclier."



Quand on aborde l’Enéide, on est d’abord surpris par le style. Il arrive même qu’on en soit rebuté. Mais si on persiste un peu dans la lecture, on est rapidement saisi par les apostrophes héroïques, les descriptions épiques, la langue magnifique.

Aborder Homère fait ressentir à peu près les mêmes symptômes.


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jeff2u12
  30 septembre 2022
Les rendez-vous de la clairière de Robert Penn Warren
Ecrit à 65 ans dans une période où sa production romanesque est plus espacée en raison de son activité poétique, ce livre est une perle, un véritable chef d’œuvre qui, à mon humble avis, montre une maturité dans la composition et l’écriture qui hisse largement Robert Penn Warren au panthéon des grands auteurs du sud, à l’égal de Faulkner ou Caldwell, pour ne citer qu’eux. Ce n’est évidemment pas que Les Fous du Roi, son livre le plus connu, soit d’une écriture quelconque, loin s’en faut, mais là… tout y est, la façon extraordinaire qu’il a de faire correspondre les émotions avec les éléments naturels (à la Tempête de Shakespeare), la tension incroyable qui peut résulter d’une combinaison de racisme typiquement du sud, d’oppression des femmes dans le monde rural qui ont toute leur vie été réduite à leur fonctionnalité au détriment de leur féminité, le fantasme d’une libération qui ne peut venir que d’un élément extérieur (le métèque italien Angelo ici) à ce monde fermé et réactionnaire, il y a tellement de thèmes réunis et tous admirablement traités que j’en perd le fil de ma critique ! Mais peut-être est-ce justement qu’il n'y a pas un fil directeur mais une toile d’araignée dans laquelle se débattent les caractères emblématiques du monde rural du sud qui constituent ce chef d’œuvre. Personne ne peut se tenir à l’écart des souffrances que provoquent un monde en perdition – car son avenir est bien sur de disparaitre – et Murray ne souffre pas moins que Cassie de la culpabilité de ses actes et de son incapacité à aimer dans cette vie où, au nom des lois et de la tradition, on réfute le sens de la justice. La fin de livre laisse espérer un futur meilleur et apaisé dans une scène magnifique où la nécessité de sortir de l’ombre d’un arbre au clair de lune accompagne la prise de conscience de Cy Grinder… et vous laisse tout ébloui…
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chartel
  29 septembre 2022
Les Bacchantes de Euripide
Cette tragédie m'a laissé perplexe dès le départ. Je ne comprenais pas la logique de la pièce. Dionysos arrivant avec ses Bacchantes à Thèbes comme un retour aux sources, était mal accueilli par son roi Penthée, jeune arrogant fustigeant ce dieu dévergondé et indécent, présentant un danger pour les bonnes mœurs des thébains. Mais Penthée est bien le seul à s'opposer à ce fils de Zeus. Cadmos, le grand-père, accompagné du vieux devin Tirésias, comme des images du respect des traditions, ouvrent la pièce habillés pour les célébrations. On apprend ensuite que la mère de Penthée, Agavé, est avec ses sœurs sur la montagne Cithéron pour fêter dignement le dieu Bacchos. Pourtant, Dionysos riposte à l'accueil de Penthée de manière disproportionnée en punissant tout le monde. Ce qui ne paraît pas cohérent avec la ligne édifiante, qui rappelle fortement celle de l'Ancien Testament, que semble dessiner cette curieuse tragédie : les impies seront châtiés, seuls les purs obtiendront la paix. C'est alors qu'en lisant la critique de Slava sur l'origine dionysiaque de la tragédie, j'ai pu lire cette pièce comme un dernier hommage, un chant du cygne d'Euripide avant sa mort, à l'art tragique. Une défense et illustration face à d'éventuels censeurs de ces représentations théâtrales où l'on chantait, dansait, déclamait des vers, où les acteurs se travestissaient puisque les femmes ne pouvaient pas monter sur scène, d'une manière identique aux rituels dionysiaques, Euripide prenant soin de montrer le dieu de la tragédie comme beau, fort et serein, mais terrible lorsqu'on s'oppose à lui. L'art comme une nécessité, un besoin vital à préserver.
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