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belette2911
  28 septembre 2022
Écotopia de Callenbach Ernest
Certains auteurs (et autrices, n’oublions pas les femmes), arrivent à mettre le doigt, bien à l’avance, sur des phénomènes de société.



Que ce soit Orwell et la terrible dictature du Big Brother (1949), ou Katharine Burdekin, mettant en garde contre l’idéologie nazie (en 1937), ces personnes avaient un côté avant-gardiste.



Ils sont nombreux, mais je ne citerai que ces deux-là, sinon, ma chronique fera 10 pages.



Ernest Callenbach, lui, avant l’heure, parla d’écologie, de décroissance, sans pour autant que les gens qui la choisissent vivent comme des Amish (cfr votre président). Même s’il me serait difficile de vivre comme les gens d’Écotopia et non pas en raison du manque de technologies.



Non, non, ils possèdent des technologies, mais tout doit être réparable ! Bon, je possède deux mains gauches, mais ce qui me gênerais le plus dans cette société qui est tournée vers l’écologie, c’est la promiscuité entre les gens. J’ai tendance à être ours des cavernes et vivre avec tout un tas de personnes me dérangerais fortement. Idem pour l’amour libre.



Comme cela fait 20 ans que trois états ont fait sécession avec le reste de l’Amérique et que personne ne rien d’eux, on a envoyé le journaliste William Weston mener l’enquête. Comme moi, il est sceptique, il n’a rien du ravi de la crèche et cette société lui semble trop belle pour être vraie. Il sera impartial ! De plus, il est stéréotypé et rempli d’apriori.



Tout comme moi, s’il est resté froid au départ, ne voulant pas se réjouir trop vite de cette nouvelle société écologique, voulant, comme moi, des preuves que tout cela est génial, il s’est peu à peu laissé gagner par Écotopia et son côté égalitaire pour les hommes et les femmes, l’acceptation de l’homosexualité et son anticapitalisme.



Moi aussi, je me suis laissée doucement séduire, parce que j’y ai trouvé des bonnes idées qui étaient novatrices et que vu où nous en sommes, si on ne braque pas direct, on va se prendre le mur (qu’on se prend déjà dans la gueule).



Par contre, là où le bât a blessé, c’est dans la manière narrative : le ton est plat, il ne se passe pas grand-chose, notre journaliste découvrant, peu à peu, tout ce qui fait cette nouvelle société (éducation, temps de travail, chasse, énergies, société, sexe…), qui, par certains de ses comportements, pourrait faire penser à une bande de hippies.



Bon, au lieu de kèter (mot wallon) et de nous raconter ses nuits agitées, j’aurais préféré que William Weston nous dévoile autrement Écotopia. Le cul, c’est bien, mais à force de lire ses parties de jambes en l’air, ça devient lassant.



Bizarrement, notre journaliste a commencé à s’ouvrir à la société écotopienne quand il a pu se vider autrement qu’à la force du poignet… Cela mériterait bien une enquête.



Malgré tout, par bien des innovations, cette société était en avance sur son temps et très écologique (recyclage des déchets, agriculture sans pesticides, zéro voiture,…) et le récit, même s’il manque de chaleur, n’en reste pas moins intéressant, même s’il n’est pas toujours facile à lire. Disons que le récit est exigeant, sans pour autant qu’il soit nécessaire d’être écolo ou d’avoir fait ingénieur.



Bien qu’il comporte quelques longueurs, que le style narratif du journaliste se fasse sur un ton assez froid, ce roman SF dystopique n’en reste pas moins intéressant, surtout à notre époque où tout bascule. Déjà, lors de sa publication en 75, il était novateur, puisque situé juste après le choc pétrolier.



L’univers mis en place n’est pas chimérique, ni le pays des Bisounours, que du contraire, il est réaliste.



Peut-être plus tout à fait en 2022 (où Internet et les smartphones sont rois), et pourtant, une grande partie des préceptes mis en place à Écotopia pourraient fonctionner de nos jours, mais pas sûr que la majorité ait envie de s’y plier.



Une dystopie intéressante à découvrir, malgré le fait qu’il n’y ait pas vraiment d’intrigue.


Lien : https://thecanniballecteur.w..
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steph_bookin
  27 septembre 2022
Dans la gueule de l'ours de James A. McLaughlin
Dans les Appalaches, Rice Moore a trouvé le job idéal pour tout misanthrope qui se respecte : il travaille seul comme gardien dans la réserve naturelle de Turk Mountain au cœur d'une forêt majestueuse, peuplée d'ours et autres bêtes sauvages. On pourrait croire qu'il a eu envie de se couper de ses semblables en s'isolant autant de la civilisation, et on n'aurait pas complètement tort...

Lors d'une de ses tournées, il tombe sur une carcasse d'ours mutilé et découvre rapidement que le trafics d'organes d'ours est un sport plutôt apprécié dans la région. Bien décidé à protéger ces bêtes et à remettre un peu d'ordre dans le braconnage qui a lieu impunément sur la réserve, Moore ne tarde pas à susciter l'hostilité des trafiquants, à attirer l'attention des autorités, et de ceux dont il se cachait désespérément.

JamesMcLaughlin nous livre là un premier roman tendu, très réussi, aussi intelligent qu'addictif, entre thriller et nature writing. J'ai apprécié le rythme palpitant de ce récit très bien restitué par la lecture de Guillaume Orsat, qui s'intensifie dans les dernières chapitres pleins de suspense. Mais ce que j'ai trouvé vraiment brillant, c'est la façon absolument habitée, voire hallucinée dont McLaughlin restitue les sorties en pleine nature de Rice, en mode commandos anti-braconniers dans sa tenue de camouflage ghillie. Dans ces pages puissantes, le personnage se fond dans la forêt, jusqu’à sombrer dans une forme de transe et retrouver la part d'animalité et de brutalité, qui sommeille peut-être encore en nous tous.

Une atmosphère aboutie pour un thriller efficace qui parvient à nous faire réagir sur la complexité de notre rapport au bien et au mal, et la préservation des milieux naturels. Une écoute qu'on ne peut pas lâcher!

#netgalleyfrance
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ZeroJanvier79
  26 septembre 2022
Contre le développement personnel de Thierry Jobard
Voici un livre qui avait tout pour me plaire : analyser et dénoncer l'omniprésence du développement personnel dans nos vies et dans les entreprises. Au-delà de la dénonciation, légitime à mes yeux, l'intérêt du livre est surtout dans l'analyse, l'explication de ce phénomène et de ce qu'il dit du modèle de société néolibéral.



Le sujet est intéressant et globalement bien traité, mais j'ai trouvé que l'auteur se perdait un peu dans ses explications. C'est d'autant plus étonnant que le texte est court, mais j'ai trouvé la structure difficile à suivre. le fond est intéressant et richement documenté, mais la forme m'a laissé sur ma faim.
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