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Les Fondeurs de Briques


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Dernières critiques
christinebeausson
  11 juin 2021
Le navire poursuit sa route de Nordahl Grieg
Une nouveauté en poche ...

Un choc "ce texte est paru pour la première fois en français aux éditions Bordas en 1947", titre original "Skibet gaar videre" , que megoogletraduction traduit par "Le navire avance", et édité en 1924 en Norvège.

Embarquons sur "Le Mignon", cargo transportant toutes sortes de choses, naviguons de port en port, déchargeant, chargeant les marchandises, laissant les hommes confrontés leurs rêves à la réalité lors d'escales plus ou moins heureuses.

La vie de ces hommes, embarqués, débarqués, les uns remplaçant les autres, qu'importe qui fait quoi, seul le décor reste le même, un navire, une machine qui avance consommant un matériel humain conséquent.

L'écriture est belle et nous fait partager la magie de la mer, sa capacité à dévorer les hommes et à en faire ses esclaves pour le meilleur comme pour le pire.
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teaboka
  08 février 2021
Jeffrey Lee Pierce de marc sastre
Sastre connait et aime (bien évidemment) son sujet. Un travail de recherche avec des chroniques de concerts et des extraits d'itw menés par l'auteur. Pas vraiment une biographie traditionnelle en effet :l'auteur se permet quelques digressions sur le blues, la musique américaine, le statut de la "rock star" ds la culture pop et aussi des retours en arrière ds le parcours bio de J.L.P pour s'attarder sur un détail de sa vie.
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jlvlivres
  17 janvier 2021
Le labyrinthe magique, tome 6 : Campo de los almendros de Max Aub
« Le Labyrinthe Magique », 2270 pages 19 cm, 6 tomes, aux couvertures en trois couleurs, rouge, or et violet, aux couleurs du drapeau de la 2eme république espagnole. Un sommet….

Tout d’abord Max Aub. Né en 03, rue de Trévise à Paris, d’un père allemand Guillermo Aub Mohrenwitz, représentant en bijoux pour hommes, mais obligé de s’exiler à Valence, Espagne, en 14 et qui demande la nationalité espagnole en 16. Le petit Max apprend très vite le castillan et n’écrira plus que dans cette langue.

De cette période, il faut mentionner la rencontre avec Jules Romains en 21. Grand admirateur de cet auteur, Max Aub va essayer de s’inspirer des « Hommes de Bonne Volonté » pour écrire « Le labyrinthe Magique ». Que reste-t’il de ce mouvement « unanimiste » de nos jours ? Cette doctrine doit exprimer « la vie unanime et collective de l'âme des groupes humains » ( ??) et « ne peindre l'individu que pris dans ses rapports sociaux ». A vrai dire je n’ai jamais lu Jules Romains. Je me souviens par compte, rue de l’Odéon, chez un libraire ancien spécialisé dans les Jules Verne (Hetzel couverture rouge, et bleues), de sa collection également des « Hommes de bonne volonté ». 27 volumes, une quantité de personnages à faire passer le Bottin pour un roman d’action. Au hasard, un enfant de Montmartre, des hommes politiques, une famille du 16ème arrondissement, des actrices, mondaines ou demi-mondaines, quelque criminels, un chien, un prêtre, quelques étudiants, entre autres Pierre Jallez, provincial, fils de paysans et Jean Jerphanion, parisien de pure souche. L’action va de 08 à 33, incluant donc la guerre de 14 (« Prélude à Verdun » et « Verdun », ce qui reste fort restrictif)



Entre autres références, c’est lui qui commandite « Guernica » à Picasso pour l’exposition universelle de 37, et qui aidera André Malraux à monter « Sierra de Teruel ». Excusez du peu. Il sera aussi un temps au secrétariat général du Consejo Nacional del Teatro.

On retrouve Guernica en filigrane dans le labyrinthe. On sait que le tableau représente un taureau qui vient de violer la jument ? (le peuple espagnol), tandis que trois femmes pleurent et hurlent, essayant de faire la lumière et que la mère et un homme démembré et à l’épée brisée ajoutent à l’horreur. Seule une toute petite fleur, à coté de l’épée, apporte une note d’espoir. Du grand Picasso A voir au Musée de la Reina Sofia à Madrid (je retournerai sans doute le voir dans quelques semaines). Donc dans le livre (Campo de los Almendros), à un moment se pose la question de savoir de qui, du cheval ou du taureau, représente la République et les fascistes. « Picasso n’a jamais répondu à la question de Juan Larrea : qu’est-ce qui représente le fascisme dans « Guernica », le cheval ou le taureau ?». Je crois que la réponse et simple, et comme il est dit plus loin « lui-même ne le sait pas et il s’en fiche ». Pas forcément, je dirai plutôt « Il sait la réponse si évidente qu’il s’en fiche ».

A la fin de la guerre, il s’exile en France, à Paris, mais dénoncé, il est interné au camp de Roland Garros, puis au camp du Vernet, Ariège, et ensuite au camp de Djelfa en Algérie. A propos de ces camps (une des pages sombres de la France) du Vernet ou d’Agde, c’est là que seront internés les membres (12000) de la célèbre Colonne Durutti, un mélange assez bizarre de mercenaires, repris de justice, tous étrangers. C’est de là que sortiront aussi les engagés volontaires qui intègrent la 2eme DB du général Leclerc, et qui en fait seront les premiers à entrer dans Paris, au soir du 24 aout 44 par la porte d’Italie. Cette neuvième compagnie (la Nueve) commandée par le capitaine Dronne comporte effectivement 3 chars Sherman « Montmirail, Champaubert et Romilly », mais les chenillettes half-tracks ont pour noms « Guadalajara, Brunete, Madrid, Teruel, Ebro, Guernica, Santander, Belchite ». Pour la petite histoire, la jeep de Dronne est baptisée « Mort aux Cons », au grand regret de Leclerc. C’est ce qui fera dire à De Gaulle la célèbre réplique « Vaste programme ». Il faudra cependant attendre 60 ans, en 04, pour que leur rôle soit enfin reconnu.

De son camp de Djelfa, Max Aub tire ses poèmes et un texte « Journal de Djelfa » reparu récemment (09, Mare Nostrum, 180 p.) et dont « Le cimetière de Djelfa » court texte de pages suivait le « Manuscrit corbeau » (03, Mare Nostrum, 204 p.). A lire ces textes sur les camps officiellement nommés « Centre de séjour surveillé », gérés par le gouvernement de Vichy, on n’est pas très fier de ces épisodes. Il est finalement exfiltré au Mexique, grâce à la forte aide du consul général du Mexique en France. C’est pendant les 23 jours de la traversée, de Casablanca à Veracruz, en septembre 42, qu’il écrit « Campo Frances ».

Plus tard, il s’attaque à une « Antología de poesía mexicana 1950-1960 » et à des nouvelles « Les Bonnes Intentions» (97, Phebus, p.) et « La calle de Valverde» dont j’ignore s’il existe une traduction, de même que « Juego de Cartes » et « Jusep Torres Campalans ». Espérons que les Editions des Fondeurs de Briques nous surprendrons encore.



Pour ce qui est de « Le Labyrinthe Magique », c’est une somme de six livres, publiés de 43 à 68, (« El laberinto magico ») donc depuis juste après on internement en Algérie, à bien plus tard, alors qu’il est installé au Mexique. Rafael López Serrador est le personnage central de tout le cycle. C’est un homme du peuple qui est plus spectateur et témoin qu’acteur de sa vie. Ils viennent d’être, enfin, traduits par Claude de Freyssinet. Il faut noter que la couleur des couvertures par groupe de deux, soit rouge, jaune et violet, correspondent aux couleurs du drapeau de la seconde république espagnole (el tricolor). L’écriture des différents tomes ne suit pas la chronologie des évènements. En plus, Max Aub participe au tournage de « Sierra de Terruel » avec André Malraux. On peut critiquer le film qui était bien un film de propagande, mais il va faire que Max Aub change sa forme d’écriture en adaptant les procédés du cinéma.

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