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mosaique92
  25 août 2019
Les étoiles s'éteignent à l'aube de Richard Wagamese
Un jeune métis indien canadien, Franklin, est élevé dans un ranch isolé par un vieil homme blanc (qu'il a pris pour son père jusqu'à ses neuf ans), sans tendresse excessive mais avec beaucoup de sagesse et de solides principes. Il se pose des questions sur sa mère dont personne ne lui a parlé, à commencer par son véritable père, Eldon, avec lequel les rarissimes rencontres n'ont été que déceptions et désillusions ; car celui-ci est un alcoolique invétéré végétant dans une ville à un jour de cheval du ranch.

Franklin aime les longues randonnées solitaires à cheval dans les montagnes ; la survie dans la forêt lui a été inculquée par le vieil homme («Le garçon arpentait seul les terres. Des jours, des semaines parfois. Seul. Il n’avait jamais su ce qu’était la solitude. Même s’il y réfléchissait bien, il n’arrivait pas à donner une définition du mot. Il était en lui, indéfini et inutile comme l’algèbre – la terre, la lune et l’eau établissaient la seule équation qui donnait de la perspective à son monde et il le traversait à cheval revigoré et rassuré de sentir ces terres autour de lui comme un hymne ancien. C’était ce qu’il connaissait. C’était ce qu’il lui fallait.»).

Un jour, son père l'appelle ; il trouve un homme en fin de vie qui lui demande de l'emmener dans la montagne pour mourir et être enterré comme un guerrier indien. Il accepte malgré son jeune âge (16 ans) et ses réticences : car il enrage contre son père, sa lâcheté et son mutisme ; mais, il espère toujours avoir quelques informations sur sa mère.



Commence alors un voyage qui m'a tenu en haleine et m'a profondément remuée : un huis-clos, au milieu d'une nature grandiose, entre un adolescent d'une maturité et d'un sens des responsabilités hors normes et un homme à l'agonie mais bandant ses dernières forces pour atteindre le but qu'il s'est fixé ; des pages sublimes au cours desquelles le père fera un premier et ultime cadeau à son fils : son histoire dévoilée par bribes. Les courts dialogues entre le père et le fils, deux taiseux, sont rudes et ressemblent à des duels mais sont empreints d'une formidable honnêteté.

Dans ce roman, tout est évoqué avec force et justesse : le déracinement des indiens, leur culture qui disparaît, les traumatismes d'une enfance sabotée, les valeurs de la terre et de la nature, le respect des autres, l'ambivalence des êtres humains et leurs failles, la beauté des grands espaces, ... Et les personnages secondaires sont magnifiques : Bunky et Angie, le vieil homme qui a élevé Franklin et la mère de celui-ci, Becka l'indienne dont le remède aidera Eldon, Jimmy, l'ami disparu en Corée, etc…



Le titre anglais, ‘'Medicine walk'' est très évocateur du contenu de ce roman : un voyage initiatique dont les protagonistes sortiront relativement apaisés.

Un roman poignant, au souffle puissant, empreint de sobriété et de poésie, «une nature, écrin privilégié d'une relation qui se noue tout en s'achevant» (citation de Sandrine, yspadadden.com).





PS - On retrouve Franklin dans le dernier roman inachevé de Richard Wagamese qui vient de paraître en français sous le même titre que la version originale : "Starlight".

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CharleneMouzi
  22 août 2019
Starlight de Richard Wagamese
En effet, nous sentons l’inachèvement dans les lignes de Starlight (surtout dans certains dialogues) mais quand même... WHAOU Merci!

La nature pensante et soignante.

L'homme blessé et désabusé par lui-même.

Un tout en alter ego.
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Leoniee
  20 août 2019
Quand vos nuits se morcellent : Lettre à Ferdinand Hodler de Daniel de Roulet
Le narrateur n'est pas un simple admirateur du peintre Hodler dont il sait aussi être un critique impartial. Il se met dans ses pas, et plus particulièrement, il le suit dans sa relation extra-conjugale avec Valentine. Celle-ci a été le modèle du peintre jusqu'à sa dernière heure, ce qui a soulevé des interrogations, d'autant plus que Hodler a été un piètre mari, ce que Berthe, sa femme, lui rend bien.



Au fil des pages, l'oeuvre du peintre, amenée par un style épistolaire qui traduit un respect et une proximité, est rendue vivante. Elle s'inscrit dans une vie où les regards du peintre vers la nature ou les corps - féminins souvent -, sont ceux d'un l'artiste et d'un l'amant.
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