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Dernières critiques
berni_29
  17 juin 2018
Les étoiles s'éteignent à l'aube de Richard Wagamese
Les étoiles s'éteignent à l'aube est un magnifique récit initiatique, un roman sur la transmission, écrit par Richard Wagamese, auteur de littérature amérindienne canadienne, qui appartient à la nation ojibwé et qui nous a quitté en mars 2017.

Nous sommes ici dans l'arrière-pays immense et sauvage de la Colombie britannique, sur des terres jadis indiennes, celles justement des ojibwe. Sans doute le sont-elles toujours, du moins dans l'âme. Puisque le Tout, le Grand Tout est là pour veiller.

Rongé par l'alcool, Eldon sait que ses jours sont comptés. La tradition ojibwe veut qu'il soit enterré par les siens, là-haut sur la montagne, comme un guerrier. Alors, il appelle son fils Franklin pour accomplir cette tâche. Quoi de plus naturel, sauf qu'ils n'ont jamais vécu ensemble.

Franklin a été élevé par un autre homme que son père et n'a jamais connu sa mère. C'est le vieil homme qui l'a élevé seul dans sa ferme, qui le met en relation avec son père. Pour l'enfant qui a désormais seize ans, cette demande est une manière d'obtenir des réponses aux questions qu'il se pose depuis toujours sur son passé.

Dans ce grand espace qui s'ouvre à ce voyage ultime, c'est une sorte de pacte qui s'engage alors, un voyage dans le silence et l'âpreté du paysage, où les deux hommes vont cheminer comme dans une sorte de road-trip. Alors nous voyageons ensemble, avec eux. C'est un voyage éprouvant et émouvant. Nous sommes au plus près de leurs gestes qui s'effleurent. Les haltes le soir autour d'un feu sont propices à se parler. La parole est là qui se délie peu à peu, pas à pas, poser des mots sur le silence d'un père et de son fils qui se retrouvent quasiment pour la première fois. C'est une manière de visiter le passé, apaiser, le père et le fils ont ce besoin immense d'apaisement entre eux, immense comme les terres qui les entourent. Et la mère absente, n'est jamais si loin d'eux finalement...

C'est un voyage initiatique. Ils retrouvent des gestes ancestraux, construire un abri contre la pluie, chasser, pêcher, éloigner un grizzly qui s'approche de trop près de leur campement. Prier pour le grand Tout...

La parole qui se libère, qui revient fouiller le passé, ne permet pas forcément d'effacer totalement les cicatrices ou de refermer à coup de pelletées de terre un trou béant. Les mots viennent comme des caresses, les doigts se mêlent à ceux de la mort, il y a quelque chose qui passe, qui se mélange, qui se transmet d'un père à son fils. Ou peut-être l'inverse aussi. On oublie souvent l'inverse, qui vient de manière improbable et parfois salutaire...

Les étoiles s'éteignent à l'aube... Il reste alors peut-être encore un peu de vie ailleurs, de quoi souffler sur les braises d'un feu de camp qui a brûlé toute la nuit, dans l'écho des battements de coeur d'un fils qui accompagne son père de l'autre côté du grand paysage.
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isabelg
  15 juin 2018
Hagard de Lukas Bärfuss
Un livre qui tient le lecteur en état permanent de curiosité gourmande. Le comportement du personnage, Philipp, bien qu'irrationnel, reste toujours crédible, car alimenté à bon escient et remis en question au fil de son évolution, de même que le lecteur pourrait être tenté de le faire.

L'auteur imbrique au sein de son intrigue des observations sociologiques, la voix du narrateur, des épisodes anecdotiques et l'irruption de personnages occasionnels qui stabilisent le socle réaliste sur lequel tangue le personnage, colorent le cadre dans lequel il se débat, le tout avec une fluidité qui enraye la lassitude.

Étonnant d'avoir réussi un roman de 160 pages avec un sujet dont peu auraient pu tirer davantage qu'une nouvelle. Une écriture proche de celle de Jean-Philippe Toussaint, de même que l'absurdité de la situation générant l'intrigue.
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myriampele
  14 juin 2018
Loin de Douala de Max Lobe
Jean et Roger sont deux frères nés à Douala. Aussi différents que possibles: Jean est rêveur, adulé par une mère colérique dont la principale victime est Roger, passionné de football. Fuyant sa maison, ce dernier part sur les routes faire "la boza" ( rejoindre l'Europe en passant par le Nigeria). Jean, accompagné de Simon partent à ses trousses dans une quête initiatique que Max Lobe décrit d'une plume émouvante et souvent avec beaucoup d'humour. De la rue aux marchés, des trains aux cafés, des commissariats aux fêtes, les deux jeunes gens découvrent l'inconnu, la peur, mais aussi le désir amoureux. L'auteur évoque de grands sujets tels que le terrorisme, l'homosexualité, et bien sur l'immigration...
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