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Le Temps des Cerises


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Chamamiel
  01 octobre 2022
Manifeste du Parti communiste de Karl Marx
Publié en 1848, il a été demandé par La Ligue des Communistes allemande à Marx et Engels d'écrire cet essai afin de résumer la pensée communiste.



Ainsi, dans ce manifeste d'une vingtaine de pages, nous y retrouvons les grandes idées du communisme comme pensé par ces deux hommes.



Si l'on devait ne retenir que trois termes de cet ouvrage, ce sont ceux-ci: prolétariat, bourgeoisie et révolution.



En effet, les deux auteurs nous parlent d'une révolution du prolétariat, d'un bouleversement de l'ordre établi par la classe bourgeoise.

Pour mener à bien cette révolution, cette lutte des classes, plusieurs moyens sont évoqués.



Le plus important est l'abolition de la propriété privée et donc un souhait d'une gouvernance totale de l'État. Pour Marx et Engels, c'est cette privation des biens, basée sur rien d'autre que le statut social (un bourgeois acquiert plus en ne travaillant pas qu'un prolétaire en travaillant toute une vie) est pour Marx et Engels une injustice que seule la révolution pourra renverser.



Lumpenproletariat (ceux qui sont hors société), la petite bourgeoisie...tant d'autres classes que les auteurs citent en soulignant le fait que leurs luttes restent différentes de celles des prolétaires. En fait, le manifeste affirme une radicalité bien plus importante que celle de ses compères socialistes, décrits comme mous.



En somme, si les bourgeois sont la cause de nombreux maux depuis des générations, qu'au cours du temps leur classe a évolué mais pas leurs privilèges construits sur l'oppression, il est du devoir des prolétaires de faire valoir leurs droits.



Le manifeste, comme dit dans sa dernière phrase: "Prolétaires de tous les pays unissez-vous!" Est avant tout un ouvrage visant la révolution économique et sociale d'une classe. C'est un ouvrage violent, faisant écho avec la violence des bourgeois.



Un pamphlet court et pourtant assez difficile à lire en soit.

Je m'y suis remise à plusieurs fois. Par manque de concentration peut-être. Ou peut-être car je ne m'attendais pas à ça.

Un ouvrage au ton révolté dont les idées résonnent avec les miennes.

Je les connaissais déjà avant la lecture mais ne pensais pas que ce texte fondateur aurait la forme de pamphlet.



Peut-être en suis-je déçue au fond, car l'exaltation des sentiments n'est pas mon fort.

Peut-être que le paradoxe vient de moi. Car l'idée fondamentale du marxisme est bel et bien la révolution. Rien de plus exaltant que cela n'est-ce-pas?



Maintenant que cette lecture est faite, il faudra que je jette un œil au Capital. Même si l'on m'a dit que sa lecture est bien plus complexe.
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Zephirine
  29 septembre 2022
Filigrane de Victor Blanc
Dès le prologue, Victor Blanc nous intime :



« Prenez mes vers comme un flingue à la brocante

Dansez. Tirez en l'air.

Vous ! »



Mais comme le laisse sous-entendre le titre « En filigrane », il faut savoir lire les vers du poète entre les lignes pour y débusquer la pensée secrète nichée dans son coeur.

Dans ce recueil, il convoque tous les poètes aimés, admirés,



Ses vers épousent toutes les formes, il y a de la recherche, parfois à tâtons, en suivant les traces de ses prestigieux prédécesseurs.

Les poètes anciens ne sont pas de reste, il les nomme pour mieux les tordre et les distordre pour en tirer un air nouveau quitte à bousculer les traditions.



« J'ai rimé Verlaine en verlan

Et rimé l'averse à l'envers

Pour découvrir par de vers lents

L'avers des mots L'amont L'enfer. »



A la suite d'Apollinaire, il invente des calligrammes audacieux. Il fait son miel de tout comme le montre ce texte de Jehan Rabustel daté de 1455 et qui parle des Coquillards. Et Victor Blanc, dans « la coquille rouge » de rameuter les gens ainsi : « Baragouins et baragouines/ qui bredouillez dans les baraques ! » Textes déjantés et dont la pétulance, l'exubérance sont accentuées par l'utilisation de polices différentes, en gras ou en majuscule.

Le recueil est ainsi parsemé de nombreuses formes poétiques, pas toujours heureuses, auxquelles il s'essaie.

Poèmes écrits à l'ordinateur ou sur une table à repasser, (chant du hasard) ses poèmes sont foutraques et parfois rétifs à la page dont ils s'émancipent à travers les calligrammes.

L'auteur est un rebelle, sa prose insoumise le prouve. C'est aussi un inventeur, il nous propose « le juke-box des mensonges, une hécatombe romanesque » fabriquée à partir d'incipit de romans.



La parole du poète, jusqu'à la logorrhée, nous poursuit jusqu'aux derniers feux :

« Un feu brule sans cesse dans ma gorge

Et tous les mots ne sont que cendre dans ma bouche. »



Un recueil poétique comme une bizarrerie qui dérange ou agace parfois, des pages à lire entre les lignes, mais nous étions prévenus en ouvrant « filigrane » !

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Laureneb
  28 septembre 2022
La Mère de Maxime Gorki
Pour l'intrigue, j'ai d'abord cru lire Germinal en Russie : un milieu ouvrier exploité, un jeune ouvrier qui appelle à la grève... A tel point que je me suis demandé si Gorki connaissait Zola. Ce n'est donc pas l'intrigue qui m'a intéressée, prévisible, d'autant que j'ai trouvé des longueurs et des redondances.

Non, le point central du récit, c'est le personnage principal, la mère, et son évolution. « La mère », c'est Pélaguée Vlassov, mère du jeune ouvrier révolutionnaire socialiste menacé puis emprisonné par la police et condamné à la déportation par la justice du tsar, corrompue et soucieuse de ses privilèges de classe. C'est une pauvre femme, battue et humiliée par son mari, qui ne s'occupe que des soins du ménage, n'a plus de souvenirs de sa vie antérieure avant la souffrance, qui n'est plus capable de sentiments complexes, qui ne connaît rien du monde ni de la politique, qui a oublié même jusqu'à la lecture. Elle n'est pas si vieille que ça pour nos standards actuels, elle n'a qu'une quarantaine d'années. Mais elle se considère comme une vieille femme, c'est-à-dire qu'elle ne peut plus aimer et désirer.

Par amour pour son fils, pour le comprendre, elle va évoluer, se transformer intellectuellement et surtout moralement : elle va être capable d'agir pour la cause, elle devient elle-même une oratrice, elle s'instruit... J'ai beaucoup aimé ses efforts pour retrouver la lecture, ou son émerveillement devant une encyclopédie et les sciences naturelles. De bête misérable, elle devient une femme pensante et sensible. Et son amour s'élargit, puisqu'elle devient la mère de tous « ses enfants », « ses camarades », les révolutionnaires proches de son fils. Tous la considèrent d'ailleurs avec une forme d'amour filial, tous admirent la force de son amour qui la transfigure. Elle devient alors la mère universelle, celle qui pleure pour tous ceux qui souffrent et ont souffert. J'ai pensé à une sublime chanson d'Anne Sylvestre, « Une sorcière comme les autres » : « j'ai usé de mes prières, les barreaux de vos prisons ».

La « mère » devient alors la Mère, la Vierge Mère qui pleure son enfant, la Mater dolorosa, la Pieta. Elle pleure oui, elle pleure beaucoup, sur les souffrances du peuple tout entier, dont Pavel et son corps jeune et vigoureux, son regard confiant et droit et ses paroles franches et sincères est l'incarnation. D'ailleurs, si elle pense beaucoup à Jésus qui s'est sacrifié pour l'humanité, allant jusqu'à faire une quasi comparaison avec Pavel, elle n'évoque jamais la Vierge qui pourtant lui ressemble – je ne connais pas trop les croyances des orthodoxes, peut-être que le culte marial a une importance moindre que dans le catholicisme. Si le roman est anti-clérical, si les prêtres sont considérés comme des relais de l'oppression du peuple, il est baigné de religiosité.

J'aurais aimé néanmoins que sous la mère apparaisse la femme, qu'elle pense à elle et plus seulement aux autres.
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