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Le Temps des Cerises


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Dernières critiques
Fuyating
  10 octobre 2019
Femmes poètes de la Chine de Shi Bo
J'ai beaucoup aimé ce recueil de poèmes compilé par le calligraphe Shi Bo et qui nous permet de découvrir des poétesses chinoises sur plus d'un millénaire. Elles sont malheureusement trop peu connues de nous, les grands classiques réputés de la poésie étant exclusivement écrits par des hommes, je pense notamment aux poèmes des époques Tang et Song. Les femmes étaient vues comme des personnes non instruites qui devaient rester à la maison.

Faux ! La preuve dans ce magnifique recueil qui donne un bon aperçu des poèmes qui ont pu être écrits par de brillantes femmes depuis l'époque d'avant -221 pour le plus ancien, jusqu'à l'époque contemporaine. Elles parlent principalement d'amour, de l'attente de l'être aimé et du manque ressenti pendant les absences. Elles sont prostitués, femmes de bonnes familles, épouses de haut dignitaires, et même impératrice.

Shi Bo accompagne certains poèmes de très belles calligraphies et nous met toujours une petite note biographique en bas de page sur chaque poétesse.
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de
  16 août 2019
Rosa Luxemburg L'étincelle incendiaire de Michael Löwy
Un des fils d’Ariane dans le chaos présent



Un recueil de textes, « ceci est un recueil d’essais qui tentent d’aborder certains aspects de sa pensée, connus, inconnus ou méconnus, avec l’ambition d’y porter un regard nouveau ». Il y aurait beaucoup à dire sur les lectures de Michael Lowy comme sur certaines théorisations des marxistes du temps de Rosa Luxembourg. Au regard du siècle écoulé, des critiques devraient être repensées et pas seulement sur « son refus du mot d’ordre du droit des nations à l’auto-détermination ». Je ne mets ici l’accent que sur certains points.



J’ai particulièrement été intéressé par les analyses du mot d’ordre « socialisme ou barbarie ». Michael Lowy revient sur le caractère profondément contradictoire du développement du capitalisme, la tentation du fatalisme (effondrement du capitalisme), la métaphysique illuminisme du progrès, le déterminisme du progrès… Je souligne la notion de contradiction, que beaucoup aujourd’hui semblent éviter dans leurs présentations lissées des rapports sociaux.



Le socialisme n’est un produit « inévitable de la nécessité historique, mais une possibilité historique objective » ; possibilité objective « c’est-à-dire fondée sur le réel lui-même, sur les contradictions internes du capitalisme, sur les crises, et sur l’antagonisme des intérêts de classe ». Les êtres humains font l’« histoire », leur(s) histoire(s), mais dans un cadre déterminé par des conditions données (incluant les contradictions engendrées par les rapports sociaux).



L’auteur indique que Rosa Luxembourg « développe sa stratégie de la grève de masse fondée sur le principe de l’intervention consciente ». L’émancipation ne peut être donnée/attribuée de l’extérieur mais bien construite par des pratiques auto-émancipatrices, « l’auto-émancipation révolutionnaire est la seule forme possible d’émancipation ». Il parle de praxis révolutionnaire, de facteur subjectif (le terme ne me semble pas adéquat, surtout suite aux réductions partisanes du siècle dernier), d’intervention politique…



Socialisme ou barbarie, l’histoire comme processus ouvert ou des bifurcations possibles, la barbarie comme éminemment moderne et « civilisée », « dont le nom « Auschwitz » est devenu le symbole et le résumé ». Il me semble qu’il faudrait y adjoindre Hiroshima.



Socialisme et démocratie. Un socialisme à la fois authentiquement révolutionnaire et radicalement démocratique, « La liberté pour les seuls partisans du gouvernement, pour les seuls membres d’un parti – aussi nombreux soient-ils – ce n’est pas la liberté. La liberté, c’est toujours au moins la liberté de celui qui pense autrement (…) Sans élections générales, sans une liberté de la presse et de réunions illimitée, sans une lutte d’opinion libre, la vie s’étiole dans toutes les institutions publiques, végète, et la bureaucratie demeure le seul élément actif ». Penser la démocratie radicale c’est aussi penser les « institutions » qui pourraient la matérialiser, refuser que des minorités – ou les groupes sociaux minorisés – restent minoritaires en tout ou que des majorités méprisent les droits de ces minorités, que l’égalité ne soit que formelle, que les droits ne soient qu’individuels, que certain·es prennent des décisions sur des sujets qui relèvent de l’auto-détermination d’autres, etc…



Parmi d’autres positions et analyses de Rosa Luxembourg, je souligne aussi, la dénonciation du militarisme et de la course aux armements, le refus de l’Union sacrée et de la nation comme « valeur politique et morale suprême, à laquelle tout doit être subordonné », le combat des peuples « indigènes » contre les métropoles impérialiste,s la place de la propriété communale, les expériences d’action directe et autonome des travailleurs et des travailleuses, la catégorie dialectique de la totalité, l’auto-conservation des organisations et leurs transformations en but en soi, le caractère transitoire et périssable du capitalisme, l’historicité des processus et des pensées (dont celle du marxisme)…



Une incitation à lire et à relire Rosa Luxembourg, à rediscuter des analyses du début du XXeme siècle, à extraire les questions qui restent toujours d’actualité derrière un vocabulaire ou une phraséologie inadéquate, à conjuguer matérialisme et historicité. Une lecture comme amoureuse et lucide.



« Mais la petite révolutionnaire Juive/polonaise/allemande, qui marchait en boitant, mais avait la nuque raide, était tendre et insolente, brillante et téméraire, reste l’étoile la plus lumineuse de ma constellation ».
Lien : https://entreleslignesentrel..
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lafilledepassage
  14 août 2019
Robâiyât : Les quatrains du sage Omar Khayyâm de Nichâpour et de ses épigones de Omar Khayyam ()
Voilà une réédition récente des poèmes d’Omar Khayam, dans la collection bien nommée « Habiter le monde poétiquement ». Tout un programme. Un défi, même.



Khayam, je connaissais de nom. Comme tout le monde. Mais la lecture du très beau roman de Victoire De Changy, « l’ile longue », m’a incité à découvrir cet auteur au-delà de tout ce qu’on peut en lire ici ou là. Car la poésie d’Omar Khayam ne laisse pas indifférent …



Et quelle excellente idée, car la poésie de Khayam est un véritable vent de fraîcheur, d’originalité et liberté, en ces temps empesés d’opinions à deux balles, de majorité faisant loi, de diktats de vie saine et de jeunesse éternelle, de détournement de la foi à des fins politiques ou privées … Et j’en pense bien sûr.



Cela fait du bien de recevoir cette invitation à boire le vin auprès de jolies jeunes tulipes ou roses (euh j’ai transposé bien sûr, j’opte pour ma part les jeunes acrobates, bergers ou poètes, mes préférés …) et à s’enivrer tant qu’il en est encore temps, avant qu’on ne retourne à la poussière.



À lire et à relire sans modération, en savourant un verre de vin … Ou de bière, bien sûr.

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