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Dernières critiques
Heval
  15 avril 2021
Nous vous écrivons depuis la révolution de Récits de femmes internationalistes au Rojava
C'est un beau livre, une merveilleuse publication, une admirable idée. Ce livre est une petite pépite que je vous conseille de lire. Emouvant, attendrissant, humble et généreux, il rassemble les témoignages de femmes internationalistes qui se sont rendues au Rojava pour observer, analyser et/ou participer à la Révolution que les Kurdes tentent de faire aboutir. Elles parlent de ce qu'elles ont vu, ont vécu, ont expérimenté. Elles parlent des débats menés dans le cadre de la jinealoji (science de la femme et de la vie), du féminisme, de l'espoir des femmes Kurdes dans un pays pourtant en guerre, exploité, colonisé par le régime syrien, Daesh, le régime turc et ses mercenaires. Elles parlent avec émotion et humilité. Elles écrivent avec beaucoup de tendresses et d'amours. Amour, c'est le mot qui revient. C'est lui qui domine. C'est l'Amour de soi et des autres; l'Amour pour la Vie que l'on voudrait meilleure et pour laquelle on se sacrifie, on fait la guerre. C'est de l'Amour que jaillit toute source de vie et de beauté. C'est lui qui cimente, qui fonde les liens solides; c'est lui qui apporte la bienveillance et la solidarité qui manquent tant dans nos sociétés.
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de
  14 avril 2021
Les Utopiques n° 16 - La Commune de Paris : Mémoires - Horizons de Mahieux Christian
Chaque nuit recèle un matin



Il y a de nombreuses façons d’aborder, du coté de l’émancipation (je laisse de coté les contre-révolutionnaires et anti-communard·es divers·es), la Commune de Paris. Je n’en donne que trois dimensions.



Au delà des histoires falsifiées, des mythes et des contes, il est possible de retrouver les flammes de la révolte, les aspirations à maitriser sa vie, les luttes contre les dominations, les possibles non advenus car anéantis par les vainqueurs, les tensions vers des avenirs plus radieux.



Nous pouvons analyser les déclarations et les actes des communard·es et réfléchir aux limites, aux erreurs, telles qu’il était possible de les entrevoir à cette époque.



Enfin, à partir du temps présent, nous pouvons examiner d’autres dimensions, mettre en lumière des possibles bridés, des impasses et des manques. A commencer par cette question à laquelle se heurtent tous les soulèvements populaires : Comment confiner les dominants (nationaux et internationaux) ? Comment résister aux attaques militarisées ? Comment développer une solidarité (internationale et internationale) suffisamment puissante pour arrêter les bras meurtriers des possédants ?



Les réflexions proposées par la revue Les Utopiques abordent plus particulièrement les mémoires et les horizons.



« 1871-2021, la Commune a 150 ans. Un siècle et demi ! Deux écueils possibles : la commémoration acritique, à grand renfort d’images sacrées, de récits hagiographiques (souvent préconçus) ; l’ignorance d’un pan d’histoire ouvrière inconnue car vieille, combattue par l’ordre, mal ou non enseignée, masculinisée… Dans les deux cas, ce serait ne pas servir nos réflexions et actions d’aujourd’hui, et de demain, pour l’émancipation sociale. »

Je n’aborde que certains éléments de l’édito, l’importance des services publics, les femmes au travail, la démocratie du travail, le contexte peu favorable « aux expériences sociales », la démocratie en armes, les associations libres, les chansons et déjà la hargne éditoriale, la réalité autour de la guillotine, l’internationale sera le genre humain…



De nombreux articles font le pont entre les questions d’hier et d’aujourd’hui, les expériences passés et d’autres en cours, les débats et leurs reformulations…



Sans volonté d’exhaustivité, je choisis subjectivement de souligner certaines thématiques.



Communs, Commune, Se fédérer, Autogestion, Révolution. Le fil rouge d’hier à aujourd’hui. Un échange vivifiant entre Ludivine Bantigny « Transmettre non seulement les idéaux et les espoirs mais encore les projets et les pratiques concrètes de la Commune, c’est tout simplement rendre vivantes des alternatives possibles et tangibles », Pierre Zarka, « passer de rêves et d’aspirations individuelles à leur réalisation collective par la politique », Maryse Dumas, « chaque nuit recèle un matin », Christian Mahieux, « le prolétariat fait la révolution, par lui-même, pour lui-même ». Sont abordés, entre autres, la quête d’une autre organisation de la société, la République sociale universelle, le prolétariat d’hier et d’aujourd’hui, la mise en cause de la délégation de pouvoirs, l’idée de se fédérer, « de dépasser les clivages pour tendre vers l’unité », la nouvelle notion de peuple, l’ouverture vers l’avenir, la réalité concrète de « ce que pourrait bien signifier le « dépérissement de l’Etat » », l’école laïque pour toustes, la transformation des « gens du commun » en puissance publique, les chemins « de l’autonomie, de l’auto-organisation et de l’émancipation », les combinaisons dépassant les additions…

Dans les articles suivants, la république universelle (bien loin de l’universel étriqué de certain·es), les possibles non advenus, l’articulation de l’idée républicaine et de la passion de l’émancipation sociale, un authentique soulèvement populaire urbain, la réappropriation populaire de l’espace urbain, le refus de se laisser dessaisir, la république « sociale tout autant que démocratique », la gestion populaire de la société toute entière, le refus par des individus coalisés de la « fatalité des aliénations sociales », l’organisation de la garde nationale, « La Commune va proclamer la séparation de l’Eglise et de l’Etat, l’instruction gratuite laïque et obligatoire pour les garçons et les filles, la gratuité de la Justice, la suppression de toute distinction entre les enfants légitimes et naturels… Mais pas le droit de vote des femmes… », les Comités d’arrondissements, les libertés municipales, la gestion des subsistances, les neuf commissions chargées d’administrer les services publics, les initiatives populaires, la commission de la justice, la laïcisation des institutions…



Anouk Colombani parle du travail des femmes, « à quel point elles furent partout et au travail », des métiers des communardes, du mythe du non-travail des femmes, des revendications, des combats « sans distinction de sexe », de l’organisation des ouvrières, « En quelques jours, on voit se dessiner un projet d’une modernité extraordinaire. Il s’agit d’organiser des femmes par les femmes et pour les femmes. Non seulement l’Union a envoyé aux oubliettes les bêtises du mouvement socialiste contre le travail des femmes, mais elle va plus loin en proposant que les femmes s’auto-organisent ». Les femmes sont bien « productrices de l’histoire »…



J’ai notamment été intéressé par les articles sur les chemins de fer, le colonialisme, Eugène Varlin et André Léo, la mémoire réactivée de la Révolution française, Marseille, Nîmes, Lyon, les prolongements internationaux de la Commune, la question de la Banque de France et des dettes, ou sur l’oeuvre scolaire de la Commune de Paris (la pensée ouvrière en matière d’éducation, l’enseignement polytechnique, l’apprendre en agissant et en travaillant, la laïcisation…). Comme pour l’opposition au travail des femmes, il faut rappeler le refus de l’éducation des femmes de Pierre-Joseph Proudhon et l’impact fortement négatif de ce penseur anarchiste sur l’émancipation…



Je souligne l’intérêt de l’article d’Anouk Colombani sur la réglementation du travail, les débats autour des ouvriers-boulangers, la tension entre l’intérêt général et l’intérêt privé, l’exemple d’une corporation mobilisée, la question du travail de nuit, la possibilité de s’instruire, la prise en compte des inégalités de fait, les contradictions permanentes du travail syndical…



La démocratie en armes, l’élection des sous-officiers et des officiers des bataillons de la Garde nationale, le choix de représentant et la coordination, la démocratie aux armées, le principe de révocabilité, la revendication de femmes « de porter des armes, pour la défense de l’oeuvre sociale en cours », les nommées Pétroleuses…



« Un vent de liberté absolue peut seul épurer cette atmosphère chargée d’iniquités et si grosses d’orages à venir » (Eugène Varlin)



Un numéro très riche, une invitation aux débats…
Lien : https://entreleslignesentrel..
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Mig93
  13 avril 2021
Guérillero contre Franco : La Guérilla antifranquiste du Leõn, 1936-1951 de Francisco Martinez-Lopez
L'histoire a oublié que la résistance au franquisme a continué après la fin de la guerre civile. Écrit par Francisco Martinez Lopez dit "EL QUICO", un des acteurs de cette résistance, ce livre retrace des années de luttes.

Poursuivit par la guardia civil, considéré comme des bandits de grands chemins, cette poignée d'hommes a continué ce combat désespéré et finalement sans issu dans la province du Léon avec quelques incursions en Galice.

Un témoignage poignant.
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