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Thierry Magnier

En 1998, Thierry Magnier fonde sa propre maison d`édition et choisit comme logo un petit ange plongé dans un livre. Jusqu´en 2005, il s´appuie sur la structure de Harmonia Mundi pour la diffusion de ses ouvrages. Suite à son rapprochement avec Actes Sud, la diffusion passe après janvier 2006 chez Actes Sud, et la distribution est assurée par Union Ditribution. À la création de la maison d`édition, la majeure partie des publications était constituée d`albums s`adressant plutôt aux jeunes enfants. Très vite, l`offre s`est diversifiée en intégrant d`une part de nouveaux supports - les CD d`œuvres classiques (6 titres publiés en 2000), de contes ou d`histoires parlées, et les romans adolescents. Avec le lancement de la collection "Petite Poche", l`offre de romans a dépassé celle d`albums. Dès 2003, une collection de romans adultes voit le jour. Depuis, de nombreuses collections ont vu le jour, "Nouvelles", "Photoroman", "Le Feuilleton des Incos", "Grand Roman".

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ceellinne
  17 août 2018
Y aller de Hervé Giraud
Solal est un geek. Il passe son temps sur sa console, grand fan de Zelda.



Sa situation ne le dérange pas jusqu’au jour où Laurie Duvernois, une fille de sa classe qui jusqu'ici ne lui avait pas vraiment prêté la moindre attention l'embrasse pour se remettre aussitôt à l’ignorer.



Cela perturbe Solal. Laurie finit par lui expliquer qu’elle le trouve mignon mais pas assez mature. En attendant qu'il change, elle s'est trouvée un autre petit ami : un « vieux de dix-neuf ans » qui conduit une Golf « immatriculé[e] avec les lettres du Faucon Millénium, le vaisseau de Han Solo. »

Solal se dit qu’il pourrait être un autre garçon. Un de ceux qui, c'est ce qu'il imagine, fait rêver les filles : fort, ayant vécu des choses extraordinaires, ayant voyagé et roulé sa bosse. Mais ce n'est pas en restant derrière son écran de console qu'il va pouvoir y arriver.

Alors, c’est décidé. Il va « y aller ». Il s’équipe (beaucoup, beaucoup trop), il fait son sac puis ses adieux (pas franchement déchirants) à ses parents.



Cap sur le centre de la France, à Bruère-Allichamps plus exactement, à 261 km de chez lui. C’est là qu’il doit se rendre, il le sait, il est décidé.



Son voyage va durer dix jours. C’est court, mais en même temps, quand on n’a jamais quitté son petit confort, c'est long.



Dix jours de débrouille, de rencontres, de nuits à la belle étoile, de déconvenues et de bonnes surprises …bref c'est l'aventure !



Le périple de cet adolescent un peu déconnecté de la réalité, inconscient du danger mais terriblement motivé, devient très vite captivant et très amusant.



Que va-t-il trouver au bout du chemin?





Franchement, j’ai adoré ce texte.



Comme dans l'Histoire du garçon qui courait après son chien qui courait après sa balle, on a un héros en perte de repères qui se fixe un objectif fou.



Solal est plongé dans son monde virtuel mais n’a pas encore complètement sombré. Il est légèrement déconnecté de la réalité mais il est également plein de bonne volonté. Quoi qu’il puisse lui arriver il ne se décourage pas. Il se sert de ce que les jeux vidéo lui ont appris. Ce qui peut poser certains problèmes. Entre la réalité et le virtuel, notre héros s'y perd un peu.



Solal est naïf et il ne voit le mal nulle part, que ce soit dans ce que lui peut faire mais surtout dans ce que peuvent faire les autres. Dans certaines situations, cela crée des décalages assez drôles. Mais surtout, cette façon de prendre la vie comme elle vient, sans se poser de questions, rend Solal très très attachant et sympathique.



Hervé Giraud est quand même vraiment doué pour nous raconter des histoires originales mettant en scène des héros plutôt inhabituels.



C'est amusant de voir le ressenti de cet ado, toujours très exalté, étonné et finalement sûr de lui alors que les situations dans lesquelles il se trouve sont, somme toute, très banales.



C’est la grande force de ce texte je pense : ce fameux décalage.

On se moque un peu de Solal. Puis petit à petit, son innocence, sa conviction et son envie de voir des choses extraordinaires dans l’ordinaire nous poussent à réviser notre jugement.



Solal se révèle très courageux, persévérant et toujours positif. Il voit de la beauté dans un monde où la plupart du temps il n'y a rien de vraiment remarquable. C'est une force. Et c'est louable.



Cette expédition qui pouvait de prime abord prêter à sourire se révèle bien plus intéressante que prévu. C'est une véritable expérience pour Solal qui va l'amener à mieux se connaître, à grandir et même peut-être trouver l'amour...



Ce texte, road trip décalé, est une véritable bouffée d’air frais.



C'est un roman qui fait du bien et qui nous donne envie de voir le monde autrement, à la manière innocente et positive de Solal.



On le referme avec le sourire aux lèvres et une grande envie de s'évader du quotidien.



Si vous n'êtes pas encore entrés dans l'univers d'Hervé Giraud, je vous invite à le faire. Ca vaut vraiment le détour !




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ceellinne
  17 août 2018
Sept jours pour survivre de Nathalie Bernard
Nita, une jeune amérindienne de 13 ans, a été kidnappée. Elle se réveille dans une cabane en pleine forêt, pieds et mains liés. Qui l’a enlevée ? Pourquoi ? Et surtout, que va-t-il lui arriver ?



Deux enquêteurs se lancent sur sa piste et celle du ravisseur. Arriveront-ils à temps pour la sauver ?





Voilà assez longtemps que je n’avais pas lu un bon thriller pour les ados.

Ici, Nathalie Bernard nous tient en haleine et fait bien monter la pression.

Dès le début, avec sa scène d’ouverture nous mettant en présence de Nita, paniquée, qui vient d’être enlevée, le ton est donné.

Ensuite, elle maintient le rythme. Son texte, découpé en plusieurs leçons, nous plonge peu à peu dans l’angoisse. Nita va-t-elle s’en sortir ?



Les deux policiers chargés de l’enquête font tout leur possible. On suit leur progression, lente et difficile. Elle, Valérie Lavigne, lieutenante aguerrie, et lui, Gautier Saint-James, simple patrouilleur mais très motivé, vont rassembler des indices, écarter des pistes et en suivre d’autres. Mais le temps presse. On sait que dans les affaires de disparition, les premières 48h sont cruciales. D’autant plus que leur homme n’en est peut-être pas à son coup d’essai et que la dernière jeune fille qui a croisé sa route a fini à la morgue.

Le duo d'enquêteurs fonctionne bien. A leurs côtés, on se prend très vite au jeu (l’horrible jeu) et on espère une seule chose : que leurs efforts ne soient pas vain.



Pendant ce temps, Nita, la jeune disparue, se révèle une héroïne hors du commun. A 13 ans, elle fait preuve d’un sang froid exceptionnel ! S’inspirant de sa série préférée The Walking Dead (cela lui permet surtout de mettre à distance l’horreur de la situation), elle fait face avec beaucoup de courage et de bon sens. Les conseils de son grand-père et de son père, lui reviennent, face à l’adversité.



Et malgré tout ce qu’elle traverse, sa captivité et sa survie ne se sont pas exagérées. Cela aurait pu être le cas. Elle trouve moyen de tenir mais ce n'est pas sans peine, loin de là.

C’est terrible.



L'alternance d'un chapitre donnant des nouvelles de Nita avec un chapitre donnant des nouvelles de l’enquête intensifie le suspense. Entre deux, se fait aussi entendre la voix du père de Nita qui est en prison. De sa cellule, celui-ci se sent impuissant face à ce qui arrive à sa fille.



C’est vraiment un roman très agréable à lire, dans le sens où l’écriture est limpide, efficace et la narration parfaitement maîtrisée.

Je l’ai lu à une vitesse folle tant je voulais en connaître le dénouement.



C’est une très belle proposition à faire aux adolescents (et même aux adultes). Je suis ravie car dans ce genre que j'affectionne particulièrement, je suis souvent déçue car les ficelles sont parfois trop grosses.

Pas là. Ca tient la route et l'autrice n'exagère rien. C'est terrifiant, angoissant et surtout tout à fait plausible.



De plus, en toile de fond, un sujet à la fois passionnant et terrible est abordé: l’histoire des Amérindiens au Canada. Au cours du XXe siècle, ils étaient placés dans des pensionnats où l’on cherchait à « tuer l’indien dans l’enfant ».

Nathalie Bernard donne quelques éléments historiques à la fin du roman. Son prochain texte, Sauvages à paraître en septembre 2018, abordera aussi ce sujet.



Et malheureusement, l’histoire de la Nita de « Sept jours pour survivre » trouve encore aujourd'hui écho dans des faits divers, des meurtres de jeunes autochtones, commis au Canada. Une grande enquête a d’ailleurs été ouverte.





Bon, bref. Je ne peux dire qu’une chose : Lisez ce roman intelligent et captivant !



Comme Nita, en sortirez-vous indemne ?
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ceellinne
  17 août 2018
Un mois à l'Ouest de Claudine Desmarteau
Fred a quitté Strasbourg, sa ville natale, et vient d’arriver au Canada pour un mois.



La raison de sa venue : une fille.



Quand débute le roman, on comprend bien vite que la situation a tourné au vinaigre.



Résultat : au lieu d’un mois qu’il s’était imaginé idyllique, Fred va devoir le passer seul à se débrouiller pour trouver où dormir, de quoi manger et passer son temps. La douche froide.



De bonnes en mauvaises rencontres, de plans vraiment glauques en trajets en stop, Fred va sillonner un petit bout du Canada, passer par New York, les chutes du Niagara et bien d’autres endroits plus ou moins accueillants.

Pendant que l’on suit son parcours, Fred revient sur ce qui l’a amené au Canada et bien d’autres choses…



Car un mois, ça laisse aussi le temps de faire le point.





Claudine Desmarteau nous propose un road trip à sa façon. Et pour le coup, ça donne quelque chose de totalement déjanté.



Avec ce héros, on navigue entre une envie de rire (pas longtemps) et clairement une envie de le plaindre.



Il a été naïf, certes, il en a bien conscience. Et nous aussi. Mais bon, on fait tous des erreurs.

Si certaines situations prêtent à rire, bien vite, elles sont contrebalancées par des scènes bien plus tendues où le danger n’est pas loin.

On ne sait pas trop quoi penser de tout ca. Ce voyage va-t-il aider notre héros ? Ce n’est pas forcément l’impression que l’on a, non. Du moins au début.



Il boit beaucoup, fume, mange mal (il se gave d’œufs crus)… pour oublier son échec mais sans doute aussi pour d'autres raisons.



En même temps, c’est un ado un peu perdu au milieu d’un pays qu’il ne connaît pas qui vient de voir son rêve s’évanouir. Perdu, on le serait aussi à sa place.



Mais finalement, même s’il galère, il tient bon. Petit à petit, il se fait une raison, il se blinde. Il tient le choc. Et l’on sent que ce voyage ne lui laissera pas qu’un mauvais souvenir.



Comme je le disais plus haut, ce texte ne m’a pas mise mal à l’aise comme ses précédents mais il m’a tout de même un peu déstabilisée. A certains moments, je ne savais pas trop où l’autrice voulait en venir. Mais finalement, j’avais envie, comme Fred, de tenir bon.



Pour lui pas le choix d'avancer, pour moi si. Et je ne le regrette pas. Vraiment pas.



Je suis arrivée au bout du voyage avec Fred, un peu étourdie mais contente moi aussi de rentrer au pays.



Rétrospectivement, j'avais le sentiment que toutes ses rencontres, toutes ses bonnes et mauvaises choses qui lui étaient arrivées ne pourrait que l’avoir fait grandir et peut-être moi aussi un peu.



Les chapitres courts, le style saccadé et incisif de Claudine Desmarteau mettent les nerfs à rude épreuve. Cela donne beaucoup de rythme, les pages et les galères s’enchaînent.



J’aime vraiment son style. Alors oui c’est cru, parfois vulgaire, souvent violent mais il y a aussi des moments de grâce portés par une écriture vraiment puissante et brute.



Petites bulles d’air dans ce roman : les photographies en noir et blanc prises par le héros.

Elles sont apaisantes. On y ressent un certain calme et de la beauté.



Ce sont ces images qui resteront du voyage du héros. Finalement et paradoxalement, elles ne sont pas forcément représentatives des moments qu’il aura vécus. Bien souvent, on ne retient de certains voyages que les moments heureux, comme ceux figés, fixés par l’objectif d’un appareil.

Les photos trouvent tout naturellement leur place au cœur de ce roman décidément pas comme les autres.







Honnêtement, tout ce que je peux vous dire, c’est que j’ai adoré ce texte et que je vous invite fortement à le lire.

Certes, ce n’est pas un roman « passe-partout » qu’on lit pour se détendre mais c’est un texte très fort qui vous remuera, obligatoirement.



Je me rends compte en écrivant ma chronique qu’il m’est difficile d’en parler encore. C’est parfois le cas sur certains textes que j’aime beaucoup.



Alors si vous n’avez jamais lu de romans de Claudine Desmarteau, tentez l’aventure.



Si vous avez déjà lu du Claudine Desmarteau, vous savez de quoi je parle et je n’ai pas besoin de vous convaincre.
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