AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio

AM Communication


Livres les plus populaires voir plus


Dernières critiques
Mimi6231
  27 juillet 2021
Journal du désespoir de Marc Desaubliaux
Un bilan sociétal par les yeux d'un ado



Dans cette famille bourgeoise traditionaliste du début des années soixante, les conventions, le paraître, les stéréotypes dictant la façon d'être et de vivre s'opposent à l'épanouissement de personnalités spécifiques.

Etre différent s'avère un handicap, être sensible aux nuances des êtres et de la nature constitue une tare , s'interroger sur le sens du monde débouche sur une exclusion de la cellule familiale et par conséquent ferme l'entrée dans le monde, aspirer à un monde différent est un comportement intolérable.



Au-delà du mal être de cet âge, l'auteur décrit avec justesse la situation d'un adolescent d'avant soixante-huit.

Si le spleen des romantiques y trouve toujours de quoi s'épanouir, ce n'est plus un état dans lequel des jeunes de cette époque veulent se complaire. Ils ne veulent plus être broyés par le laminoir des traditions, des us et coutumes strictes, immuables. Ils ne veulent plus d'un monde exigeant de l'individu qu'il s'y adaptent. Ils veulent adapter le monde à leurs désirs, leurs besoins.



ll ne s'agit pas ici de la montée de ce mouvement contestataire mais du parcours d'un ado chez qui émergent les premières idées de rejet de cette chape sociétale. Ce chemin et son issue en entraîneront d'autres sur cette prise de conscience, sur l'expression de ces idées, ces autres qui vivront 68.



Une nouvelle fois, Marc Desaubliaux montre combien il excelle dans l'écriture des difficultés de l'adolescence. Tout est dit sans emphase, sans exhibition, avec subtilité, réussissant à ne pas se noyer dans les méandres des chemins tortueux de cette période de la vie avec ses multiples remises en question, ses antagonismes brusques et inattendus.

Il sait exprimer tous les tourments, toutes les flammes, toute la foi dans l'avenir, tous ses doutes sur le devenir, toute la volonté de se réfugier dans l'enfance et ce désir intense de la quitter.

A tout cela s'ajoute le regard de l'amateur d'Histoire, regard discret et pertinent.

Il importe donc d'approcher cette oeuvre dans son contexte historique et non pas comme une généralité sur le parcours de l'ado. Il serait très intéressant d'avoir un ouvrage semblable sur un ado d'aujourd'hui.



Une écriture fluide, structurée pour décrire une période agitée, tourmentée. Bien qu'il ait déjà abordé cette période de l'existence, il réussit à ne pas répéter l'ouvrage précédent. Chaque nouveau roman est une nouvelle approche.

87 pages... seulement 87 pages... Peut-être suis-je allé au-delà des intentions de l'auteur mais il en est l'unique responsable tant il réussit à faire passer déroulement, émotions, interrogations en aussi peu de pages !

Encore une réelle réussite.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Mimi6231
  26 juillet 2021
Le messager de Marc Desaubliaux
Une nouvelle dense, teintée d'uchronie



Dans la période très troublée et instable de la Révolution de 1830, Charles X s'est éloigné de Paris. Le Duc d'Orléans resté à Paris, souhaite demander un avis au roi en titre. Il envoie donc un messager avec sa missive. Le contenu de ce pli ne sera jamais connue du lecteur mais ce n'est pas là l'important. La nouvelle imagine le trajet de cette missive et surtout le parcours des divers protagonistes de l'ombre.





La nouvelle pose souvent le problème que de par sa brièveté, elle peine à donner de l'élan au récit, de l'épaisseur aux personnages, de la crédibilité au contexte.

Le contexte historique nécessite généralement de bien placer les différents protagonistes pour que l'articulation des événements soient compréhensibles.

Une fois de plus, Marc Desaubliaux fait preuve de sa maîtrise de l'écriture.

Au fil de mes découvertes des ouvrages de cet auteur, je me rends compte que celui que j'abordais comme un écrivain intéressant se révèle de plus en plus être un très bon auteur servant pleinement l'art de l'écriture.



Bien évidemment, en raison de la période choisie, j'ai de suite pensé à "L'été des quatre rois" de Camille Pascal . Je craignais de m'ennuyer un peu à cette lecture traitant un sujet déjà abordé.

Il n'en fut rien. Autant l'été des quatre rois démonte, de façon très intéressante, les rouages, les personnalités, les trahisons de cette époque, autant ici l'auteur a l'habileté de ne pas s'égarer dans ces méandres mais se consacre à un sujet précis permettant de vivre la situation davantage de l'intérieur.

S'il est vrai que l'on n'apprend quasi rien sur un plan historique (ce qui n'est pas l'objectif de l'ouvrage), que l'on se trouve dans une sorte d'uchronie, on est très vite plongé dans ce contexte tumultueux, dangereux, plein d'incertitudes, de traîtrise, de personne sincères dévoués à une cause et d'autres adaptant leur position pour préserver leurs intérêts en fonction des opportunités.

Tous les ressorts romanesques sont présents et assurent une lecture soutenant l'intérêt.



Est-ce une intention de l'auteur ou est-ce ma façon d'interpréter mais j'ai aussi le sentiment qu'avec ces pages l'auteur cherche à attirer le lecteur sur la vacuité de nombres d'actions, de sacrifices par des personnes impliquées dans la défense d'idées, lors de situations agitées, opposées à celles de personnes ne visant que leur enrichissement.



Un ouvrage court, se lisant aisément et surprenant par sa densité
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
BVIALLET
  29 avril 2021
La fin du parti royaliste : 1889-1890 de Marc Desaubliaux
Que d’occasions manquées au XIXe siècle pour la cause royaliste ! En 1849, elle dispose de la majorité à l’Assemblée nationale et pourtant c’est Louis-Napoléon Bonaparte qui s’empare du pouvoir le 2 décembre 1851… En 1871, les royalistes se retrouvent à nouveau majoritaires et unis autour du comte de Chambord quand tout capote avec la querelle au sujet du rétablissement du drapeau blanc. Au-delà du symbole, deux conceptions de la monarchie s’affrontent : l’orléanisme et le légitimisme, monarchie constitutionnelle et absolutisme de droit divin… Et en 1883, à la mort du comte de Chambord, qui n’a jamais voulu transiger et a renoncé au trône, le nouveau prétendant, Louis-Philippe-Albert d’Orléans, comte de Paris, se retrouve à la tête d’un parti en pleine décomposition. Plus de majorité ni à l’Assemblée, ni au Sénat. Un gouvernement et un chef d’état républicains. Finalement, une forte poussée aux élections législatives de 1885 entraine le vote d’une loi d’exil frappant le Comte de Paris. Avec un prétendant malade et coupé des réalités du terrain, arrive la fin des espérances royalistes.

« La fin du parti royalistes » se présente comme un essai historique de grande qualité sur une très courte période assez peu connue de l’histoire du royalisme. L’auteur appuie son travail sur une très riche documentation (archives, témoignages, articles de presse). Le lecteur découvrira dans cet ouvrage majeur sur ce sujet précis combien fut délétère pour le mouvement l’alliance avec le boulangisme. L’importance du rôle de certains dirigeants tels Meyer jouant le fils contre le père et poussant au coup de force ou tels de Mun, le catholique social, ne parvenant pas à faire voter des mesures favorables au monde ouvrier. La désunion amènera une dérive vers la droite parlementaire classique pour certains ou vers un anti-parlementarisme de plus en plus virulent pour d’autres. Sans oublier la découverte de l’importance d’une presse royaliste constituée d’une nuée de petits journaux (250 à 300) parisiens ou provinciaux qui périclitèrent peu à peu. L’ouvrage s’achève sur l’évocation de Charles Maurras et de l’Action Française, mais ceci est une autre histoire, comme dirait Kipling. Au total, un opus à ne pas manquer pour qui s’intéresse à ce tournant de l’Histoire, avec en prime l’escapade chevaleresque mais ratée du jeune duc d’Orléans.
Lien : http://www.bernardviallet.fr
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          21