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Editions Bruno Doucey


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Fleitour
  20 juin 2018
L'ardeur : ABC poétique du vivre plus de Bruno Doucey
L'anthologie poétique de Bruno Doucey et de Thierry Renard, est une mine à ciel ouvert. Traçant l'alpha et l'oméga de l'inspiration et de l'imagination des poètes d'aujourd'hui, ils nous offrent un voyage aussi flamboyant et aussi tumultueux qu'un livre de Stevenson.



Des perles, des émeraudes, des tourmalines, des grenats, des aigue-marines et j'en passe....



Le titre même nous projette dans l'espace et dans le temps, L'Ardeur, "Le monde est en feu, je l'aime" ( Ronny Someck).



En déclinant l'Ardeur lettre par lettre, l'acrostiche porte des mots vibrants, chaque lettre, " Danse Poignardée de Lumière" ( Caroline Boidé).



On pouvait imaginer un recueil de textes, qui remettrait à sa place chaque auteur contemporain en fonction de sa notoriété ou de la reconnaissance dont il bénéficie dans la littérature d'aujourd'hui. Le seul qui me semble totalement connu et reconnu et l'un des seuls auteurs cités est décédé il y a une trentaine d'années, c'est Pierre Seghers.





Plus de 80 poètes sont cités, et beaucoup de jeunes plumes, et de nombreux auteurs totalement méconnus, et surtout un nombre édifiant de talents étrangers, qui s'expriment dans notre langue, ils viennent tous avec des textes piochés parmi de nombreuses maisons d'édition, ils sont là entre nos mains pour une seule raison nous émouvoir, leur ambition est d'écrire en français une langue dont la beauté les dépasse.



L'originalité de cette longue traversée, est d'avoir offert à ces grimpeurs de l'inutile, des paliers courts et vertigineux, 2 à 4 poèmes seulement pour illustrer un mot. Ainsi de A à Z , 26 lettres, 26 refuges nous font passer de Allumette à Zèbre.



Voici quelques mots, Rage, Soleil, Xénophile, Fougue, Jouer, qui vont offrir un ciment à des textes divers, et qui par la magie des choix réalisés s'agrègent pour leur donner un sens nouveau.

Par exemple pour le mot Gavroche,

"les mots Tirent le rideau", de Aya Chaouat,

puis Louise Assenbaum "un Cœur qui bat",

suivi de, " à Pas de Géant" de François Xavier Maigre

pour finir par "Juste un Miracle", de Murielle Szac.



J'ai adoré cette énergie créatrice venue de tant d'horizons différents, de parcours si singuliers, dont certains chants vous emportent, retenus dans 1000 recoins, navigant sur 1000 destins ;

Pierre Soletti pour le mot Jouer a édifié un livre d'artiste en 2015, je lis page 84 ; 

» je t'aime de stupeur et d'éboulis, je t'aime d'étonnements, je t'aime la chair et les séquelles, je t'aime entier, je t'aime entière, je t'aime humanité qui s'essouffle...



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Plouzennec
  16 juin 2018
Ton ventre est l'océan de Anne Bihan
Il s’agit d’une poésie de l’apostrophe qui s’adresse autant au poète qu’au lecteur. Qu’est-ce que l’identité ? Qu’est-ce que l’appartenance ? s’interroge celle qui choisit les « appartenances plurielles ». C’est se situer à l’opposé de l’enracinement, des certitudes ancrées et de nos perceptions ordinaires du monde. C’est échapper aux cadres, habiter dans la mouvance et dans l’incertitude de l’entre-deux, loin des vieilles digues de l’habitude.

L’absence de ponctuation, les blancs typographiques qui brisent les vers font souvent flotter le sens. Poème après poème, le lecteur se perd sans s’égarer, dans l’immense de l’océan.

Il faut lire et relire, laisser les mots faire leur travail. Le lecteur aussi doit se déprendre. Le questionnement vaut pour tous et pointe le chemin d’une quête toujours ouverte. Exigence heuristique qu’Anne Bihan sait marier à la force poétique profonde de la langue. Cela donne à sa poésie un éclat singulier, à la fois grave et jubilatoire.



Marie-Hélène Prouteau
Lien : http://terresdefemmes.blogs...
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gilles3822
  27 février 2018
Les obus jouaient à pigeon-vole de Raphael Jerusalmy
Apollinaire au front, lui qui survécut à la guerre et mourut de la grippe espagnole. La vie d'un cantonnement dans les tranchées nous montre le poète en pleine inspiration, en pleine déception aussi de ne trouver ici aucune des raisons qui l'y ont amenés. La poésie se suffit à elle-même et n'a nul besoin des balles qui sifflent ou des obus qui volent. Curieuse parabole que ce livre, où le brassage social nous semble aujourd'hui d'un autre temps. Ces gens sont là parce qu'on leur demander de venir. Apollinaire, lui, s'est porté volontaire. Il est protégé par le monde qu'il crée avec les mots. Tout entier à son oeuvre, il lit Mercure de France, revue littéraire où il espère voir publier ses textes, reçoit du courrier, y répond, cherche des idées. Le compte à rebours a démarré, il ne le sait pas. Le livre dure une journée, longue et monotone. Il ne se passe rien, l'attente, partagée par ceux d'en face et la fin, prévisible car très connue donnera l'image d'une tête pansée.

A lire pour les fans de parabole, la poésie reste un territoire inviolable de liberté créatrice, faites en ce que vous voulez.
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