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Editions Bruno Doucey


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Dernières critiques
Taediumlitterae
  15 janvier 2018
Couleur des larmes de Michel Ménaché
Tout d'abord, je remercie la Masse Critique Babelio et les éditions Bruno Doucey pour l'envoi de cet ouvrage.



J'ai été très impatiente de recevoir cette oeuvre, n'étant pas habituée de posséder ni de lire des "Beaux-livres" liant écriture et œuvres artistiques.

J'ai d'abord été attirée par l'illustration de la première de couverture puis par le titre de l'ouvrage. Lorsque je l'ai eu entre mes mains, j'ai d'abord commencé par parcourir les illustrations présentes dans celui-ci et je dois dire que je les ai, en partie, bien aimées.

Pour ce qui est des poèmes écrits en lien avec chaque illustration, je n'ai pas été très touchée par l'écriture ni par les sujets évoqués par ceux-ci. J'ai trouvé que cela faisait trop "bateau" dans le sens où je n'ai pas ressenti vraiment la présence de la poésie mais plutôt celle d'une description de l'illustration poétisée. Cependant, quelques-uns ont tout de même capté mon attention. La participation de Michel Butor pour deux des poèmes ne m'a pas paru très intéressante, dans le sens où ceux-là n'apportent pas grand chose au livre en son ensemble, hormis un nom un peu plus connu.



En soit, ce livre m'a plutôt déçu mais je suis tout de même contente d'avoir participé à la Masse Critique sur le sujet des beaux livres car je ne me serai jamais tournée vers ce genre de littérature toute seule.
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claudialucia
  10 janvier 2018
Au souffle du vent-poupée de Anthony Phelps
C'est le titre qui m'a immédiatement attirée dans ce livre proposé par Masse critique de Babelio : Au souffle du vent-poupée du poète haïtien Antony Phelps paru aux éditions Bruno Doucey. La beauté du titre tient à son mystère, à cette alliance de deux mots unis par ce trait d'union qui fait de la poupée et du vent une entité, à ce souffle, évocateur de liberté, de bruit, doux chuchotis ou bruissement impérieux, qui parle à la fois aux sens, à l'oreille et la peau, qui apporte des odeurs fraîches ou épicées, qui emporte l'imagination.

Ce très beau livre préfacé par Louis-Philippe Dalembert (on est en pays connu !) allie poésie et art puisque les poèmes sont mis en dialogues avec les tableaux et les sculptures de l'artiste haïtienne Iris Geneviève Lahens, oeuvre d'une grande beauté, en harmonie avec les dits du poète.



L'influence du surréalisme sur la poésie d'Antony Phelps est très forte. Entrer dans sa poésie c'est abandonner la rationalité pour se fondre dans un monde d'images, de formes où les objets perdent leur statut d'objet :



O lampe imaginée aussi sage que l'huile

Tu veilles paupières verte sur la nuit du tapis

La danseuse-papillon sur l'escalier de verre

écoute bouger l'écho

O Lampe paupière verte.



où la femme aimée est "poupée miraculeuse aux bégaiements d'oiseaux pensifs", "Vénus des aromates", "femme de bagues en fleurs", "femme gémeaux, idole boisée aux yeux de prophétesse", "l'amante aux pieds de croissants/et main de lune".



Femme en falaise

au croisement des pistes

le temps carrousel

ne rattrape pas ses chevaux

mais je me fais bouteille dans ton ciel

Une lettre d'amour attachée à ma clef.



Le monde cosmique est là, avec ses nuits qui orchestrent l'arrivée des fantômes, " corps lumineux des poètes trépassés", "débris de fêtes osselets", une nuit traversée "d'étoile ex-voto", d'éclats de lune, "lunes immobiles", " mains de lune", porteuses d'espoir.



Ô lune-lune cerf-volant

l'été renaîtra sur les mots de l'enfance

le pavé des rue n'appartiendra plus

aux pas cadencés

la main chantera le temps de l'oeillet

les beffrois des villes sonneront l'amour



Poésie très colorée, très visuelle, où éclatent les verts, les bleus, les cuivres, les rouges coquelicot et pavots poésie à laquelle répondent les images d'Iris Geneviève Lahens, une symphonie de couleurs.



Les cheminées ne fument plus

et les maisons sont dans les rues

Le macadam fleurit des roses de chair

à tous les pas-de-porte

Mon bras est un bouquet de feu

Coquelicot coquelicot dondaine

et ma maison est une main

qui dit bonjour à tous les hommes.



Enfin, en filigrane, la présence de la terre originelle, Haïti, qui l'a nourri, Anciens dont il est fait, dont il est pétri et sans lesquels il ne serait pas ce qu'il est :





En cette faille d'avant que tout bascule

ma vision s'enrichit

de tous les hommes à tête de cendre

mâcheurs de silex

ou adorateurs du serpent à plumes

descendants empêtrés d'hommes-dieux

peuple conservateur des ruines.





Des ruines que pourtant l'on essaie encore de sauver et dont la mémoire perdure et renaît.



Orchidée nègre

en mains de deux

nous recollons comme amulettes

ce qui nous reste de nos jeux

petits morceaux de fêtes

bribes de joie éclats de danses

que fécondent les abeilles de ton été

les oiseaux-mouches de mon automne.



Une petite merveille que je vous recommande chaudement ! Un coup de coeur !

e remercie très vivement Babelio, Masse critique et les Editions Bruno Doucey pour ce joli cadeau.
Lien : https://claudialucia-malibra..
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elleaile
  09 janvier 2018
Couleur des larmes de Michel Ménaché
Intriguée par les fleurs-larmes du dessin de couverture, j'ai sélectionnée ce livre dans le cadre de l'opération "Masse Critique".



Michel Ménaché y a posé ses mots sur les images de du peintre, c'est n'était donc pas de "simples" illustrations d'un texte comme je le pensais mais, comme l'explique l'auteur, "une entrée libre et secrète dans l'atelier de Mylène Besson".



Extrait de "Sous le sceau de la burqa"

"Les épousées du désert

ont tissé leur linceul

de l'adolescence à la mort



L'empreinte de leurs pas

d'un bleu brûlant

inscrit d'obscurs cris

dans les sables..."



C'est la partie de l'ouvrage que j'ai préférée, celle intitulée Femmes du monde, la plus actuelle peut-être, avec ses silhouettes voilées, en bleu et en pointillés.



Je ne suis pas une lectrice de poésie et je n'ai pas réussi à être interpelée ou touchée pas les textes, qu'ils soient de Ménaché ou de Michel Butor (contributeur pour deux poèmes). Les oeuvres picturales m'ont plus parlé en revanche, pas toutes non, mais celles qui sont inachevées, un peu effacées ou révélées. Les autres me paraissent trop crues, trop anatomiques.



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