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Dernières critiques
eb9122
  20 septembre 2019
Habemus piratam de Pierre Raufast
L'abbé Francis, un quadragénaire prêtre dans une petite paroisse perdue, se morfond dans son petit village quand il reçoit en confession un ancien hacker retiré des affaires ...

Ce pénitent très particulier va illustrer chaque épisode des 10 commandements, par un "exploit" particulier de sa part ...

Quel changement par rapport aux habituels péchés de triche au scrabble de ses petites vieilles ...

On passe ainsi du vol de la Joconde, à l'emprunt d'un manuscrit tout juste sec, à la panne électrique d'une grande ville française, aux démêlés fiscaux d'une dentiste ou au piratage du PC d'un magnat de la finance, ou la résolution très high tech du meurtre de la star de la culotte locale ... jusqu'au dénouement final assez inattendu, une sainte gâterie à la confiture de figues



Roman très sympa, avec une forme qui le fait ressembler à un ensemble de nouvelles ...

L'aspect "informatique/hacking" n'est pas pénalisant pour un non initié, et l'ensemble forme un roman original et que l'on a hâte de finir !!!
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motspourmots
  19 septembre 2019
Domovoï de Moulin Julie
Julie Moulin nous avait livré Jupe et pantalon, un premier roman très remarqué, en pièces détachées, donnant voix aux différentes parties du corps d'une jeune femme menacée de burn-out ; le deuxième est en forme de poupées russes dans lesquelles s'imbriquent les histoires de deux femmes à vingt ans de distance. Il y a donc chez elle un certain goût du puzzle qui préside à la construction de ses livres. Mais c'est le seul point qui les relie. Les univers, les atmosphères n'ont rien en commun. Ceux qui reprochent à certains écrivains d'écrire toujours la même histoire en seront pour leurs frais. Il y a pourtant quelque chose entre eux, ce voile de fantaisie qui imprègne les pages, mais une fantaisie dramatique, quelque peu désespérée. L'auteure est passionnée de culture et de littérature russes et ce deuxième roman est en plus traversé d'une brise slave aux accents mélancoliques.



Deux femmes, deux histoires, un secret. Et la Russie. Même si sa mère est morte il y a plus de dix ans, Clarisse, étudiante à Sciences Po n'a pas résolu toutes les questions sur son passé et peine à écrire son futur. De cette mère disparue trop jeune lui reste un amour de la culture russe, quelques objets emblématiques et des photos sur lesquelles elle semble si heureuse, souriante. Des photos prises en Russie, avant la naissance de Clarisse.



"Il en est de nos vies personnelles comme de la mémoire collective : nous avons besoin pour grandir du passé et de ses traces" ; c'est donc sur les traces de sa mère, en Russie que Clarisse va entreprendre son voyage, plus de vingt ans après celui d'Anne. Et le lecteur, lui est invité à suivre en parallèle les parcours des deux jeunes femmes, dans un pays marqué par de nombreux changements. En 1993, les voyages dans la Russie post URSS étaient encore difficiles à organiser et l'apprentissage d'Anne n'a rien à voir avec celui de Clarisse en 2015, dans une société rattrapée par les lois du capitalisme et de la consommation. Pour la jeune fille, la quête est double : retrouver l'histoire de sa mère mais également l'âme de la Russie d'alors, celle emportée et transmise par Anne à sa fille durant son enfance, sous l'égide du Domovoï, gardien du foyer.



L'alternance des voix contribue à perdre quelque peu le lecteur dans ces atmosphères où se percutent fantasmes et réalités parfois crues. L'expérience a un charme certain, qui remue comme les pleurs du violon soudain remixés en version électro. Et fait écho à tous ces héritages que chacun porte en soi, parfois lointains ou inconnus et pourtant si incroyablement présents. J'ai pris un plaisir mélancolique à suivre le dévoilement des poupées, jusqu'au cœur du secret. Si j'avais aimé l'alcool fort, j'aurais bien accompagné ma lecture d'un verre de vodka.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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CaroGalmard
  16 septembre 2019
La symphonie du Nouveau Monde de Hornakova-Civade l.
Alors que je peste régulièrement sur des titres qui tombent à côté ou n'ont aucun rapport avec le contenu du roman, celui-ci est vraiment bien choisi.

Pour les novices en musique classique, c'est le titre d'une symphonie de Anton Dvorak qui a pour thème la conquête de l'Amérique au début du XXème siècle.

Et ce thème se retrouve dans ce roman, où l'on suit la destinée de deux tchèques, en quête de nouveau monde chacun à leur façon et qui vont se croiser dans les tourments de la seconde guerre mondiale.



D'un côté nous avons un consul fraîchement nommé à Marseille, qui s'accroche à ses tampons et ses formulaires, pour faire vivre le consulat d'un pays qui n'existe plus, car annexé par les allemands. Pourquoi cet acharnement administratif me direz-vous ? Eh bien c'est tout simplement une forme de résistance. Car pendant que d'autres se battent avec des armes, lui il offre des visas, des passeports à tous les tchèques, juifs, et plus si affinité, afin de leur permettre de partir et de rejoindre éventuellement l'Amérique. On n'avait pas autant aimé l'administration tchèque depuis le Procès de Kafka. C'est d'autant plus original et intéressant que le personnage a réellement existé.



Et de l'autre côté, nous avons Bojena, jeune mère tchèque, en transit en France sur la route de l'Amérique. Cette partie de l'histoire est racontée de manière originale : c'est la poupée de la petite fille qui en est narratrice. Petit regret que ce principe narratif n'ait pas été un peu plus exploité. Il reste un gout de reviens-y.



Outre l'intrigue que je vous laisse le soin de découvrir, ce roman est joliment écrit, avec ce supplément d'âme slave. Les personnages sont comme des roseaux qui ploient sans jamais casser. Ce sont des marcheurs inlassables ; leur façon de se battre contre l'adversité n'est pas un sprint mais une course de fond. Petite page de vocabulaire :en tchèque marcheur se dit "chodek".

Et il se dégage de ces vies un peu du spleen tchèque : la litost, définie par Kundera dans le livre du rire et de l'oubli comme "un état tourmentant né du spectacle de notre propre misère soudainement découverte."

C'est beau. Et même si l'action se déroule principalement en France, on a l'impression d'être à Prague. Comme si les silhouettes du Pont Charles se reflétaient dans la Méditerranée.



Alors, faut-il le lire ? Oui. Et écoutez la Symphonie du Nouveau Monde de Dvorak et partez en week-end à Prague. Je précise que je ne suis pas payée par l'Office du tourisme et de la culture Tchèque...



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