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La Renaissance du Livre


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Dernières critiques
majero
  09 avril 2020
Malpertuis de Jean Ray
Malpertuis, manoir hanté dans lequel le diabolique Cassave en fin de vie a réuni ses héritiers, cousines cupides, oncle taxidermiste et autres parents à demi fous ainsi que le couple de domestiques et le neveux narrateur pour que soit lu son testament: une incroyable fortune sera léguée à celui ou au couple qui restera dernier en vie. Ne pourront en bénéficier que ceux qui s'installent à demeure au manoir. (Sacré confinement! ;-)



S'imbrique une autre histoire, l'origine du trésor, naufrage à proximité d'une île mystérieuse dans les Cyclades un soir de tempête...



L'ambiance est bien rendue mais la lecture (l'écoute) m'a parue un peu ardue et compliquée.

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triple_l_de_mag
  08 avril 2020
Zadig ou la Destinée de Voltaire
En 1ère (scientifique), j'avais beaucoup aimé le français qui était plutôt de la littérature française. Et j'ai eu envie de lire Zadig de Voltaire ainsi que Candide même si j'avais souvenir d'avoir plus apprécié Zadig. En cette période compliquée entre le coronavirus et divers soucis, et cette envie de lire des classiques, j'ai eu envie de me replonger dans ce conte philosophique dont je n'avais aucun souvenir de l'histoire. Il s'agit de petits épisodes très courts de la vie de Zadig avec une petite morale et/ou une critique de la société dans laquelle il vit. Après un coup d'oeil dans mes Lagarde et Michard, Voltaire "transpose dans Zadig ses mésaventures de courtisan". C'est intéressant de chercher les critiques qui ne sont pas vraiment masquées !

En tout cas, j'ai passé un bon moment. Ça fait réfléchir et on se dit que malgré les siècles, les petites morales sont toujours d'actualité.

J'ai bien envie maintenant de relire Candide car je ne sais plus pourquoi je l'avais moins aimé !!
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LesPetitesAnalyses
  08 avril 2020
L'appel de la forêt de London Jack
Posé sur un banc, calfeutré sur son divan ou encore assis dans une rame de métro bruyante, le lecteur sait qu'un livre est un objet qui peut ébranler sa petite personne et la mettre en mouvement. Il tourne les premières pages. Les mots s'égrènent sous ses yeux et son corps ne bouge presque pas mais son imagination, elle, se retrouve à des milliers de kilomètres. En l’espace de quelques phrases le lecteur se transforme et devient une autre personne vivant mille et une aventures à l’autre bout du monde. Telle est la promesse de certains romans.



D'autres proposent un voyage intérieur, dans les méandres de soi-même, à la recherche de ses propres réponses sur la vie. Et puis il y a des livres qui sont un rare condensé de tout cela. L'appel de la forêt est de ceux là. Analyse.



Jack London nous met dans la peau d'un chien, Buck, arraché à sa paisible Californie et forcé de devenir l'esclave de l'Homme dans la région glaciale du Yukon, célèbre pour sa ruée vers l'or à la fin du XIXème siècle. Dès l'entame du roman, l'auteur sait choisir les mots pour que le lecteur se sente concerné par le cas de Buck. En un battement de cils nous sommes ses pattes, son flair, son pelage, son corps, ses pensées. Et au bout de quelques pages il réussi à nous faire croire que nous sommes ce chien. Au niveau identification au personnage, c'est diablement réussi.



C'est par ce truchement narratif que certaines scènes prennent une dimension épidémique. Nous avons, par exemple, la chair de poule et la gorge nouée quand Buck reçoit un déluge de coups avant d'être remis en cage, exsangue. Jack London ne ménage pas nos ressentis. Nous avons droit à l'horrible qui côtoie le beau. Comme le premier contact de notre chien-héros avec la neige:



"On se bousculait pour franchir la passerelle; et tout à coup Buck se sentit enfoncer dans une substance molle et blanche, semblable à de la poussière froide et mouillée. Il recula en grondant; d'autres petites choses blanches tombaient et s'accrochaient à son poil. Intrigué, il en happa une au passage et demeura surpris : cette substance blanche brûlait comme le feu et fondait comme l'eau…



Et les spectateurs de rire.



Buck était excusable pourtant de manifester quelque surprise en voyant de la neige pour la première fois de sa vie. "



Le roman vaut aussi pour son côté initiatique. S’il est ici question d'un chien, nous pouvons facilement transposer l'histoire à hauteur d'homme puisqu'il s'agit d'un cheminement semé d'embûches afin d'atteindre une forme de liberté et une réalisation de soi. Buck devra faire preuve de courage, affronter la loi de la nature, mais aussi être le plus fort. À ce titre, l'histoire semble être une allégorie pour survivre dans un monde capitaliste et ce n'est pas peu de le dire quand on sait que Jack London était un fervent socialiste. Ou comment utiliser les aventures d'un chien pour faire passer, de manière subtile, un message plus politique.



L’histoire de l’appel de la forêt pose aussi la question de la résurgence progressive de l’instinct sauvage. Et ce autant chez l’animal que chez l’homme. Sans être un écologiste et sans vouloir faire de prosélytisme, je suis convaincu que l’homme s’inscrit dans la nature car il fait partie d’elle. L’aseptisation de l’homme moderne abreuvé d’informations scintillantes et de plaisirs artificiellement créés ne vaut pas grand chose quand les lois de la nature se rappellent à notre bon vieux souvenir. Ne devrions-nous pas, à l’instar de Buck, être à l’écoute de qui nous sommes vraiment?



Enfin ce roman est comme une paire de jumelles au travers laquelle nous pourrions voir une certaine Amérique, celle de la fin du XIXème siècle et de ces milliers d’hommes qui se sont mis en marche vers la rivière du Klondike dans l’espoir de trouver ces fameuses pépites d’or. Jack London nous embarque sur un attelage tiré par des chiens de traineaux afin de nous faire sentir l’âpreté de la vie dans le Yukon, les températures qui plongent sous les moins quarante et l’ambiance poisseuse de la ville de Dawson. L’histoire est littéralement cinématographique tant l’auteur sait choisir les mots justes et les ressorts narratifs efficaces pour nous emmener là où il veut. C’est à dire au cœur d’une expérience de vagabondage sur plus de cent soixante pages.



Un pur classique de la littérature américaine à mettre entre toutes les mains.



“Soudain, il levait la tête, dressait les oreilles, écoutait, plein d’attention. Obéissant à l’appel entendu de lui seul, il bondissait sur ses pieds et filait droit devant soi, pendant des heures, sous les voûtes fraîches de la forêt, au fond du lit desséché des torrents, dans les grands espaces découverts et fleuris. Mais, par dessus tout, il se plaisait à courir ainsi dans la pénombre odorante des nuits d’été, alors que la forêt murmure son sommeil, et ce qu’elle dit est clair comme une parole articulée. A cette heure, plus profond, plus mystérieux, plus proche aussi, résonnait l’Appel — la Voix qui incessamment l’attirait, du fond même de la nature. “



N.B. Enfin, pour la petite anecdote biographique, Jack London s’est astreint, une grande partie de sa vie et peu importe les conditions, à écrire mille mots par jour. Cela en dit long sur l’écrivain qu’il était. 😉
Lien : https://lespetitesanalyses.c..
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