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Epictete
  16 juillet 2018
Christian Bérard : Clochard magnifique de Jean Pierre Pastori
Jean Pierre Pastori est un spécialiste du monde du spectacle. Il a consacré de nombreux ouvrages à Maurice Béjart, Serge Lifar, Roland Petit et les ballets en particulier.

Il nous livre ici la biographie d’un personnage étonnant, méconnu du grand public, artiste, peintre, décorateur, illustrateur entre autres. C’est l’occasion de voyager dans la première moitié du 20ème siècle.

Voyage au cours duquel on rencontrera Cocteau, Louis Jouvet, Boris Kochno, et bien d’autres (Lifar, Diaghilev, Chanel, Dior, …).

Ce « clochard » mal habillé, la barbe pleine de peinture, sous l’emprise de stupéfiants promène son génie au fil des rencontres, il laisse une œuvre multiple, dont les plus connues sont ses affiches.

Le style du récit est allègre et enjoué, ce qui facilite la lecture de ce livre particulièrement bien documenté.

C’est une plongée dans une époque très attirante qui nous est proposée par l’auteur.

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fofie35
  13 juillet 2018
Christian Bérard : Clochard magnifique de Jean Pierre Pastori
Je ne connaissais pas du tout le personnage de « Bébé », mais quand j’ai vu sa photo de dandy désinvolte sur la couverture, et la pléthore de noms célèbres sur la quatrième de couverture, j’ai été intriguée. J’ai donc coché ce titre et deux ou trois autres lors de la Masse Critique Babelio de juin. Le hasard (et la chance) a voulu que je sois tirée au sort pour recevoir cette biographie.

Moi qui adore le théâtre, je me suis lancée avec plaisir dans cette lecture, espérant découvrir non seulement la vie de cet artiste, mais aussi le monde du spectacle de la première moitié du XXème siècle, notamment la période de la Seconde Guerre Mondiale.

Cette biographie est extrêmement documentée, et Jean-Pierre Pastori cite systématiquement la moindre de ses sources par des renvois en bas de page. En général, j’apprécie d’avoir les notes en bas de page plutôt qu’à la fin, car ça évite à la feignante que je suis d’avoir à tourner les pages sans arrêt… mais là, j’ai trouvé qu’il y avait vraiment trop d’informations. A tel point que j’ai rapidement arrêté de lire ces notes bibliographiques. J’aurais préféré, je pense, une bibliographie complète des sources en fin de livre, plutôt que cette énumération au fur et à mesure, pleine de répétition car les mêmes sources reviennent plusieurs fois.

Une fois admis que je ne lirai plus les notes de bas de page, ma lecture a été beaucoup plus aisée, et j’ai pu me concentrer sur la découverte de Christian Bérard, sa vie et son oeuvre^^ C’est une vie extrêmement riche que celle de Bébé. Riche de rencontres, de travail jusqu’à l’épuisement, d’amour, et de drogues et excès en tout genre.

On rencontre dans ce livre, et dans la vie de Bérard, nombre de personnes connues et emblématiques du XXème siècle, comme Jean Cocteau, Louis Jouvet, Coco Chanel, Jean-Louis Barrault, Christian Dior et des dizaines d’autres. Le biographe énumère ces nombreuses rencontres, tout comme les nombreux projets professionnels de Bébé… J’ai découvert énormément de choses dans ce livre très riche, qui est finalement un peu un catalogue de la vie de Christian Bérard, comme on pourrait avoir un catalogue d’exposition de ses œuvres. Vie publique et vie professionnelle rencontrent la vie privée, et s’entrelacent comme dans la vraie vie, où Bébé avait à priori du mal à séparer les différentes sphères, ce qui le menait parfois à l’épuisement, et régulièrement en désintox…

D’habitude, je lis plutôt des biographies romancées, et j’ai été surprise de découvrir le format de celle-ci. Elle est intéressante, fourmille d’informations, mais il m’a manqué le côté émotionnel de la vie de Bérard : Jean-Pierre Pastori énumère et liste les travaux et les connaissances (dans tous les sens du terme^^) de l’artiste, il ne nous parle cependant que très peu de comment il vivait. Comment se passait sa vie, comment il gérait tout ce travail, dans ces multiples domaines, et toutes ces connaissances… J’attendais, je pense, un récit plus personnel.

J’ai beaucoup appris, dans cet ouvrage exhaustif et passionnant, mais j’ai, en refermant ce livre, l’impression de ne toujours pas connaître Christian Bérard. Je reste donc frustrée malgré la somme d’informations découvertes.
Lien : https://leslecturesdesophieb..
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ChatDuCheshire
  12 juillet 2018
Bobby Beausoleil et autres anges cruels de Fabrice Gaignault
Lorsque j'ai vu que ce livre était sorti je me suis empressée de le commander, subodorant que je ne le trouverais pas directement en librairie, le nom de Bobby Beausoleil n'évoquant strictement rien à la plupart des gens. Moi-même, si je connaissais en gros l'histoire de Charles Manson et de son gang meurtrier, j'ai appris celle de Bobby Beausoleil en lisant le magistral bouquin de Simon Liberati, "California Girls", sorti il y a près de deux ans (déjà). Beausoleil ne fit pas partie du cercle rapproché de Manson mais il le fréquentait néanmoins et semblait être tombé au moins partiellement sous son influence. Beausoleil commit un meutre sur la personne de Gary Hinman auquel participèrent plusieurs membres de la "famille Manson" pour une sombre histoire de deal de drogues aux circonstances demeurées mal élucidées. Il s'est dit que les meurtres de Sharon Tate et de ses amis, qui eurent lieu peu après et à la suite de l'arrestation de Beausoleil, avaient été commis en semant des inscriptions similaires rédigées avec le sang des victimes afin de le disculper (la chose est toutefois très contestée). du fait que le meurtre commis par Beausoleil fut relié au clan Manson, il fut condamné à mort, peine commuée par la suite mais il est toujours, en 2018 soit près de cinquante ans plus tard (faits commis en 1969), derrière les barreaux et ce à l'évidence en raison de ce lien car nombre de condamnés à l'origine de faits similaires sont généralement libérés pour bonne conduite bien avant d'avoir purgé une telle durée de peine.

Beausoleil est l'incarnation même de l'ange déchu : beau, charismatique, doté d'un certain talent pour la musique. de l'avis de beaucoup qui l'ont cotoyé, il avait tout pour devenir une star. Avant son arrestation - il n'avait pas 22 ans - il s'était fait remarquer de ou avait cotoyé un certain nombre de vedettes de l'époque, de Frank Zappa à Neil Young, en passant par Janis Joplin et Dennis Wilson, il avait fondé un groupe, the Orkustra, dont les sonorités annonçaient ce que l'on appelerait plus tard la "world music", avait tourné avec Kenneth Anger qui en était tombé fou amoureux et j'en passe. Les photos de lui reproduites dans l'ouvrage (très mauvaise qualité d'impression malheureusement, les photos en noir et blanc apparaissent bien trop sombres) donnent encore, tant d'années plus tard, une idée de l'aura qu'il dégageait, avec sa grande silhouette couronnée d'un chapeau haut de forme et, paraît-il, toujours accompagné d'un petit chien blanc, Snowfox. Nombreux sont toutefois ceux qui décrivent "quelque chose" de pas clair ou maléfique à son propos qui les mettaient mal à l'aise (mais il pourrait s'agir d'un discours a posteriori). Visiblement Beausoleil avait un problème d'égo par trop surdimensionné et ne se souciait que de lui-même, sans s'encombrer des conséquences que l'exercice de son libre-arbitre pouvait avoir sur les autres. Il se camait beaucoup, aussi, ce qui pourrait avoir aggravé le problème. Il réussit plus tard le prodige de composer une musique pour le "Lucifer Rising" de Kenneth Anger en reconstituant voire même en créant des instruments de musique à l'aide de matériaux trouvés de bric et de broc dans sa prison. Et le résultat, que l'on peut trouver sur internet, est impressionnant. Quel gâchis...

Que dire du présent livre ? Intéressant mais un peu décevant. Outre la mauvaise impression des photos - déjà relevée - que l'on devine fort belles (c'en est d'autant plus frustrant) le style de l'auteur ne m'a pas convaincue, pas plus que sa manière de "mener l'enquête" sur Bobby Beausoleil. Apparemment il ne l'a pas rencontré (d'autres avaient réussi à le faire avant, de Truman Capote à - plus récemment - un journaliste français). Il a échangé par mails mais peu d'extraits de ces mails se trouvent reproduits d'où l'impression que le principal protagoniste n'a pas réellement eu l'occasion de s'exprimer. L'auteur fait également beaucoup de "name dropping" parfois de manière purement gratuite, s'attardant à nommer et décrire des personnes plus ou moins illustres rencontrées mais qui parfois ne disposent d'aucune information sur Beausoleil. On ne voit pas trop non plus ce que viennent faire Gene Clark et Gram Parsons dans le récit. On devine des points communs avec Beausoleil mais le fait qu'une poignée de pages leur soient consacrée au milieu du livre coupe le rythme du récit consacré à Beausoleil. On retire de tout cela in fine que l'auteur n'a pas réellement réussi à s'approcher vraiment de son sujet. Quelques chapitres sous forme de rencontres ou descriptions du Haight-Ashbury de l'époque sont néanmoins intéressants.

Bref je suis demeurée sur ma faim. Sans doute Beausoleil demeurera-t-il un mystère (y-compris peut-être pour lui-même). Mais je ne regrette pas toutefois d'avoir lu ce livre, d'autant plus que je compte parmi mes amis un certain nombre d'artistes ayant vécu à San Francisco durant une époque légèrement postérieure à celle des années de liberté de Beausoleil. A cet égard le livre n'est pas dénué d'un certain intérêt historique...

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