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arthur05
  15 octobre 2017
Je suis l'autre de Berta VIAS MAHOU
D'abord en fond de ce roman l'Espagne des années soixante , entre l'Italie des Don Camillo , la Provence de Pagnol , et à l'ombre d'une dictature sombre et triste qui ne veut pas dire son nom .

José Fernandes Saez est un berger , paysan sans terre qui veut devenir Torero et a les traits de la vedette des arènes de cette époque Manuel Benitez dit El Cordobes qui est en train de révolutionner les corridas par son style à la fois fou et décousu , il sera des années plus tard le cinquième Califfe de Cordoue .

L'idée géniale de l'imprésario de Saez sera de faire passer son poulain pour ce dernier .

Et José Saez s'incline , devenant L'Autre . Comédie des apparences....certains le trouvant d'ailleurs plus ressemblant à l'original ; il rencontrera aussi à un certain moment son modèle provoquant là un trouble ; Qui suis-je ?

C'est une histoire vraie , José Saez a existé et vit toujours , c'est son portrait qui orne la couverture de cette belle édition , comparez le à une photo du vrai El Cordobès et vous comprendrez...

C'est aussi l'occasion de nous parler de l'âme Espagnole qui oscille toujours entre deux extrémités , la peine et la joie , la vie et la mort , le deuil et la fête , le faux et le vrai ; d'ailleurs la corrida représente toute la dualité de ces oscillations .

Berta Vias Mahou qui a écrit ce roman possède une sensibilté qu'elle exprime dans un style doux et par moment parsemé de nervures d'humour discret et un peu triste . Trés agréable découverte d'un auteur et de son beau style.

Merci à Babelio Masse Crtique .

Merci aux éditions Séguier , votre travail est magnifique , j'aime beaucoup .
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Pecosa
  10 octobre 2017
Je suis l'autre de Berta VIAS MAHOU
Je suis l'autre n'est pas un roman taurin. C'est l'histoire aussi incroyable que véridique, de José Sáez, « El Otro », qui ressemblait physiquement beaucoup à Manuel Benítez Pérez dit « El Cordobés », l'un des plus fameux toreros du vingtième siècle et qui se fit passer pour lui dans la rue comme dans les arènes. La ressemblance entre les deux hommes est si frappante que j'ai cru que la photo de couverture était celle del Cordobés alors qu'il s'agit de l'Autre.

Le Cordouan était devenu dès ses débuts un personnage légendaire suivi par de fervents aficionados et ainsi que par la presse du monde entier. Lapierre et Collins lui ont consacré un ouvrage devenu best-seller, ...Ou tu porteras mon deuil et Dalida une chanson.

S'il est plus facile de se faire passer pour un chanteur ou pour un acteur afin d'obtenir des avantages financiers et attirer les regards, descendre dans l'arène et imiter le style d'un grand torero devant des taureaux de 500 kilos est une autre affaire. "Dès lors, je ne pouvais plus être moi, José Sáez Fernandez, et j'allais me transformer en L'Autre, le double de Manuel Benítez Pérez El Cordobés » C'est pourtant ce à quoi Sáez va consacrer sa jeunesse, au risque de se perdre.



La traductrice et romancière Berta Vías Mahou, dont j'avais beaucoup aimé le roman consacré aux derniers jours d'Albert Camus, Venían a buscarlo a él nous livre une intéressante variation sur le double, l'identité, la dualité. Elle immerge le lecteur dans le projet du personnage principal, un homme aussi pauvre et fougueux que Manuel Benítez, qui vit dans la tauromachie la seule possibilité de s'extraire de sa condition misérable. S'il ne fut pas un Goliadkine ibère, qui perdit complètement la raison et finit dans un asile, il paya un lourd tribu à son illustre jumeau. Il n'exista plus. La thématique du double ainsi que le tableau très intéressant que nous offre la romancière sur l'Espagne sclérosée des années 60 sont au coeur de ce roman qui ne contient que peu de scènes relatives à la tauromachie, à l'exception de quelques lignes consacrées à la retransmission télévisée d'une corrida. Pour l'autre, comme pour El Cordobés , la seule possibilité de sortir de son milieu d'origine dans une société cloisonnée et cadenassée par le régime, était de briller dans les arènes, ces vitrines garantes de l'identité nationale. Le populisme adore les héros et les rites mortifères (Himmler aura les honneurs d'une corrida lors de sa visite officielle en Espagne). Je suis l'Autre est un récit incroyable mais vrai d'une disparition par identification, tellement spectaculaire que l'on se demande comment Berta Vias Mahou a pu l'exhumer des décennies plus tard et la restituer dans un roman déconcertant qui a reçu le 26è me prix Torrente Ballester. Je remercie les éditions Séguier pour ce voyage dans la tête de l'Autre.
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Nastasia-B
  08 octobre 2017
Les Hauts de Hurle-Vent de Emily Brontë
Voici un fameux classique de la littérature britannique du XIXème siècle. C'était le premier roman de son auteure et même son seul roman puisqu'on sait qu'Emily Brontë s'éteignit très peu de temps après la publication de ce premier ouvrage.



Au risque de ne pas m'attirer que des sympathies, j'ose prétendre qu'effectivement, l'oeuvre Les Hauts de Hurle-vent (ou tout autre avatar de titre selon les différentes traductions) porte les stigmates caractéristiques des premiers romans de leurs auteurs ; à savoir, de très belles promesses mais peut-être pas encore le talent ni la maîtrise attendus pour parler d'authentique chef-d'oeuvre intemporel de la littérature mondiale.



(En règle générale, les premiers romans des très grands auteurs sont rarement, très rarement les meilleurs. Cependant, comme toute règle souffre une petite poignée d'exceptions qui la confirment, signalons par exemple Céline mais qui, contrairement à la demoiselle Brontë, n'était plus exactement un poussin à la publication du Voyage au bout de la nuit.)



En effet, bien qu'assez agréable à lire, à une foule d'endroits, j'ai trouvé le texte peu convaincant car sans doute pas abouti comme il l'aurait vraisemblablement été si l'auteure avait eu un peu plus d'expérience à son actif. Je vais me limiter aux seuls cas du narrateur et du décès des personnages qu'on ne pourra pas imputer à un défaut de traduction comme c'est souvent le contre-argument phare quand on émet quelques doutes concernant des œuvres traduites.



Dans le roman, il y a plusieurs narrateurs, parfois emboîtés comme des poupées gigognes. le premier d'entre eux, M. Lockwood est un personnage tout à fait inutile qui n'a aucune part dans l'histoire et dont le secours n'apporte strictement rien en l'état. (La situation aurait probablement été différente s'il avait tenu un rôle à la fin, ce qui eût été d'après moi plus logique car on eût mieux compris pourquoi il tenait tant à nous raconter cette histoire, mais bon, une fois encore, ce n'est que mon avis.)



La narratrice principale est donc la femme de chambre, Nelly Dean qui occupe une fonction narrative assez proche de celle que l'on rencontre dans les romans policiers à énigme de type Conan Doyle ou Agatha Christie. Pourquoi pas, mais tout cela fait très factice : elle tombe malade, par exemple, pile quand cela arrange l'histoire, de même que M. Lockwood. (Les autres narrateurs arrivent également chargés du montant exact de matériel narratif qui convient au moment précis où il doit intervenir, cela peut être une lettre du personnage incriminé qui est écrite très à-propos, ou bien encore le récit d'une femme de chambre opportunément rencontrée au village et qui raconte juste ce que l'on attendait, nous lecteurs, pour avancer dans notre roman… La nature est décidément bien faite sous ces contrées du Yorkshire, tout au moins en ce qui concerne les narrations…)



Les personnages également ont quasiment tous une santé très fragile qui les fait tomber comme des mouches précisément aux moments propices pour dynamiser l'histoire. Là encore, la mort arrive vraiment quand il faut, réglée mieux que du papier à musique : c'est le cas des parents Earnshaw, des parents Linton, c'est le cas aussi d'Edgar et d'Isabella Linton. Frances Earnshaw et Catherine Linton meurent énigmatiquement sitôt leur travail de progéniture accompli. Quant à Hindley et Heathcliff père et fils, eux encore font leur job et s'éteignent ensuite bien sagement dès que leur rôle est achevé. C'est formidable comme la mort travaille bien, vous voyez, et j'imagine que les deux ultimes survivants, enfin libéré du mal, vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants dans le Paradis sur terre que sera immanquablement devenue la vieille maison de Hurle-vent…



Bref, tout cela fait très téléphoné, un brin mélodramatique à moindre coût (certains disent " romantique ", cela fait mieux en société mais le résultat est le même selon moi, à savoir une histoire d'amour rendue impossible, une espèce d'injustice révoltante, puis une vengeance implacable doublée d'un éternel amour par delà la tombe et tutti-quanti, toute la définition d'un mélo, quoi, je maintiens).



En somme, le classique éternel s'est avéré décevant pour moi, tant d'un point de vue stylistique que structurel. Certes pour un premier roman et une oeuvre de jeunesse, c'était évidemment très prometteur et je déplore amèrement la fin prématurée d'Emily Brontë car je suppose qu'elle aurait pu nous offrir par la suite de véritables pépites du roman mondial mais, en l'état, je trouve qu'elle est loin d'égaler Jane Austen (un peu avant) ou Charles Dickens (un peu après) par exemples, pour ne parler que du roman anglais.



Bien entendu, les grands admirateurs de cette oeuvre (et qui sont nombreux) auront un tout autre avis et c'est tant mieux car l'on s'ennuierait décidément beaucoup si nous avions tous les mêmes avis sur les mêmes choses. Je me dis juste que statistiquement, certaines personnes qui ne connaissent pas encore ce livre pourront éventuellement éprouver un peu ce que j'ai éprouvé à la lecture, c'est-à-dire, pas un mauvais moment, mais pas non plus une franche extase littéraire. Au demeurant, abstenez-vous de hurler haut comme le vent car tout ce maigre ramassis d'impressions n'est que mon avis, c'est-à-dire bien peu de chose…
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