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Ewylyn
  27 novembre 2021
Le département des théories fumeuses de Tom Gauld
J’avais rédigé un avis sur « Vous êtes tous jaloux de mon jetpack », ça date d’il y a très longtemps désormais. J’avais également écrit un très court texte sur « En cuisine avec Kafka ». Aujourd’hui, je reviens avec un avis autour des trois recueils des strips de Tom Gauld, des recueils aussi absurdes que comiques, avec des références extraordinaires sur la littérature, la science et la pop culture. Si vous avez besoin d’une pause, d’un moment de rires, de bandes dessinées courtes et percutantes, c’est auprès de Tom Gauld qu’il vous faut aller. Depuis ma découverte de l’auteur via son premier recueil en 2014/2015, je n’ai jamais été déçu par son travail.



L’univers de Tom Gauld est incroyable. C’est une étendue de références précises, bien employées et merveilleusement mélangées pour donner des strips loufoques, rocambolesques, burlesques et absurdes. L’auteur use parfois de cynisme, se moque de ses contemporains et de certains faits divers, sans jamais tomber dans le graveleux, dans le lourd ou l’inconséquence. Le texte est toujours juste, pointu et drôle. Son humour est maîtrisé et ça fait du bien.



Bien des sujets sont évoqués : la littérature classique, les divers genres littéraires comme la fantasy, la science-fiction ou le policier/thriller, la création artistique et littéraire via le métier aussi dangereux qu’imprévisible (écrivain), sans oublier les mots, les formes ou les couleurs, la science, le cinéma, l’histoire et l’histoire de l’art… C’est un fourmillement incroyable de petits détails, de petites références croustillantes, qui me rapprochent de Tom Gauld, qui me le rend sympathique. Il y a des strips plus engagés, comme la quatrième de couverture du « Département des théories fumeuses » qui part sur le féminisme – notamment l’enfer pour la scientifique qui va voir un random lui expliquer son domaine d’expertise durant l’éternité.



Le texte est d’une grande maturité, précis et pointu, décalé et amusant, percutant et simple, il est facile de lire, de relire à l’infini les strips de l’auteur. Les livres se dévorent rapidement, car une page est égal à un strip – qui fait généralement une à cinq cases en moyenne. Donc c’est super rapide à lire, d’autant plus que Tom Gauld a réussi l’exploit de faire des illustrations simples et efficaces. Les personnages, les objets, les décors sont reconnaissables au premier coup d’œil et la palette graphique reste tout aussi sobre pour éviter de partir dans tous les sens.



« Vous êtes tous jaloux de mon jetpack » revient énormément sur la création littéraire, sur l’auteur et ses travers ou son processus créatif, sur les arts – du tatouage aux jeux vidéos en passant par la peinture, sur l’histoire également. Il en va de même pour « En cuisine avec Kafka », il possède cette variété de thèmes et de sujets abordés. Ce qui n’est pas le cas du tout dernier que je me suis empressée d’acheter quand j’ai su qu’il existait ! « Le département des théories fumeuses » est davantage centré sur la science, la recherche scientifique, les découvertes et explorations, les conspirations, du lien entre la science et la littérature (notamment la science-fiction). C’est super passionnant, la science n’est pas un domaine de prédilection ou qui a ma préférence, du coup, j’ai beaucoup aimé ce parti pris.
Lien : https://la-citadelle-d-ewyly..
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Lespetiteschroniquesdemarie
  20 novembre 2021
Le long des ruines de Jérémy Perrodeau
Qui n'a jamais rêvé de s'introduire dans la tête d'un proche ou d'un ami afin de comprendre ce qui le turlupine et d'essayer de l'aider?



Dans une mégalopole futuriste, une famille, qui vit recluse sur un îlot de verdure synthétique, fait appel au scientifique Samuel F.Monroe.Leur fille Rose est plongée dans un profond coma. Samuel représente donc leur dernier espoir.Ce navigateur de l'âme a conçu un dispositif qui lui permet de se transférer dans le monde intérieur des gens et de les ramener à la vie.Anha, la sœur de Rose, tient cependant à l'accompagner. C'est donc à deux qu'ils pénètrent dans l'esprit torturé de Rose où des rencontres inattendues les attendent.



Pour être franche, je ne suis pas hyper fan des récits futuristes/de science-fiction mais ici l'histoire m'a tellement intriguée que j'ai lu d'une traite cette #bd. Il n'y a pas de temps mort, on suit les deux protagonistes comme si on y était.



La façon dont #jeremyperrodeau imagine ce qu'il peut se passer dans l'insconscient d'une une personne atteinte de la forme la plus sévère d'altération de la conscience, en répondant à l'interrogation peut-on sortir du coma et comment?, m'a beaucoup plu.



Dans #Lelongdesruines, nous embarquons de façon originale et onirique dans la tête de cette jeune fille de famille aisée qui préfère se réfugier dans son monde intérieur (quitte à se laisser mourir) plutôt que de vivre la vie aseptisée voulue par ses parents.Une vie loin de l'agitation urbaine, éloignée de tout et de tous qui lui apparaît comme une punition.Ce choix demeure un mystère (à l'image du coma pour les scientifiques) et aucune réponse claire ne nous est apportée, du moins concrètement.À titre personnel, je l'interprète comme une métaphore de l'emprisonnement (une prison physique menant à une prison mentale).



Il y a aussi de belles réflexions sur la culpabilité, la connaissance que l'on croyait avoir de l'autre (Anha vis-à-vis de sa sœur, Samuel vis-à-vis d'Anha), le bien/le mal.



Le dessin géométrique et sobre en trois couleurs (bleu, blanc, noir) nous immerge de fait dans une atmosphère oppressante, tout comme les planches sans phylactères.



Conclusion : c'est brillant.
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jamiK
  02 novembre 2021
UOS de Benjamin Adam
J’ai été très attiré par cette étrange couverture, le contenu est tout aussi intrigant. L’album est dans un grand format, avec la tranche toilée. Chaque page ou double page est constituée d’une grande illustration recouvrant la totalité de la surface, les couleurs d’impression ne sont pas en quadrichromie (cyan, magenta, jaune, noir), les encres sont subtilement choisie, on y trouve en particulier un vert fluo qui donne une impression surnaturelle. Ces grandes illustrations représentent des paysages presque désertiques, beaucoup de lieux urbains à l’abandon, des architectures recolonisées par la verdure, des lieux où l’humain à disparu. Ces grandes illustrations sont parsemées de petites vignettes, très petites, une ou deux dans la page, très peu, figurant parfois ces mêmes lieux dans le passé, avec un ou deux personnages qui le traversent, comme des palimpsestes du temps, qui viennent se superposer au présent déshumanisé. Mais ce n’est pas juste qu’un beau livre. On devine une histoire post-apocalyptique où un dernier représentant de l’humanité attend sa fin, seul. C’est comme une fable philosophique, sans paroles, très peu d’images au final, mais très belles, très imposantes, avec une colorisation nouvelle, pour une nouvelle ère. La morale écologique est évidente, ce n’est juste qu’un prétexte, mais qui par la force du graphisme prend une dimension magistrale. C’est magnifique et troublant, à découvrir.
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