AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Espace Nord


Livres les plus populaires voir plus


Collections de Espace Nord



Dernières critiques
Cerbere1975
  10 août 2020
La femme manquée de Armel Job
Se trouver une épouse lorsqu'on est agriculteur et original de surcroit n'est pas une chose aisée et ce n'est pas Charles qui vous contredira. A cette époque, pas d'émission comme « l'Amour est dans le Pré » pour trouver à ces coeurs esseulés l'amour tant désiré.

A 35 ans, Charles rêve de se trouver une épouse qui serait la princesse qui règnerait sur son domaine. Depuis la mort de ses deux tantes, Charles ne s'est jamais senti aussi seul et il lui tarde de fonder un foyer.



Mais à Sarteau, un petit village perdu dans les Ardennes belges, tout le monde se connaît. Mis à part une piètre tentative qui a fait de lui la risée du village, Charles est un novice en amour. Aidé par Evariste, le clerc de notaire, il décide de passer des annonces matrimoniales dans le petit journal local.

Evariste se prend au jeu en publiant des poèmes traduits du latin et c'est pendant une année entière qu'il exerce son art … mais sans le succès escompté auprès de la gent féminine. Loin de se décourager, Charles est bien décidé à changer sa destinée. Et c'est dans un catalogue matrimonial exotique qu'il trouve finalement la perle rare… du moins le croit-il. Débarque Opportune, la bien nommée, une superbe créature à la peau cuivrée dont l'arrivée chamboule la vie des villageois. Charles trouvera-t-il enfin le bonheur ?



J'ai lu ce roman d'Armel Job dans le cadre du challenge de l'été de ma bibliothèque. Et le moins que l'on puisse dire est que l'auteur rend un bel hommage à ses compatriotes belges dont je fais partie.



Drôle et singulier à bien des égards, une belle écriture toute en poésie vient ponctuer un récit qui ne manque pas d'humour mais également d'un peu de cette cruauté que reflète la dure réalité de la vie à la campagne : les malheurs de Charles dont la maladresse provoque les quolibets des habitants, le labeur du travail à la ferme mais surtout la solitude qui conforte le pauvre homme dans son obsession pour le mariage.

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          170
Tmor
  08 août 2020
Les contes du whisky de Ray Jean
J'avais bien apprécié Malpertuis. Je poursuis la découverte de l'oeuvre de Jean Ray. Ces contes du Whisky sont très bien charpentés. Le principe est simple. Chaque histoire (pas vraiment des contes mais bon...), le whisky met le doute sur le fantastique de l'affaire ou pas. Un troquet malfamé permet aux personnages plus ou moins récurrents de se retrouver et de raconter. Des marins plus ou moins pirates échoués, noyant leur folie ordinaire dans le liquide ambré. Le fog englobe tout. Est-on certain de ce que l'on voit ? C'est efficace, varié, sans faille. J'avais déjà lu le gardien du cimetière. Le vampirisme réinvesti. La nouvelle version des éditions Alma se lit très bien. Bon parfois je tique sur un antisémitisme, qui j'ai pu lire est plus celui des personnages que de l'auteur... Tâchons de distinguer l'œuvre de l'auteur. Quoi qu'il en soit c'est un très beau travail de réédition et un grand auteur remise à disposition. Merci !
Commenter  J’apprécie          60
saigneurdeguerre
  07 août 2020
Albert Frère - Le Pouvoir et la Discrétion de Francis Groff
Petite précision : ce livre date de 1995. Cette biographie est forcément incomplète ! Albert Frère est décédé à l’âge de 92 ans, le 3 décembre 2018, à Gerpinnes (Belgique).

Il était considéré comme la personne la plus riche de Belgique.

Si vous n’avez que de médiocres résultats en mathématiques et en commerce (économie) à l’école, ne désespérez pas ! Voici respectivement les résultats en mathématiques et en commerce du jeune Albert Frère à l’Athénée royal de Charleroi (année scolaire 41/42) : 130/450 et 294/630 !



Mais que l’on ne s’y trompe pas ! Si les résultats scolaires n’étaient pas brillants, il n’en restait pas moins qu’Albert Frère avait le sens des affaires et qu’il était un travailleur acharné.



Un travailleur acharné, oui, mais un filou aussi : lorsque Noël Lammertijn, qui allait devenir son beau-frère, effectuait son service militaire à Charleroi, à la caserne Trésignies, il s’est vu confier la responsabilité de certains transports. « Très vite, le jeune Flamand se rend compte qu’on utilise indifféremment des bidons de 200 et de 22O litres de carburant. A partir de ce moment, il se constitue une réserve de conteneurs de 220 litres et les renseigne systématiquement comme 200 litres. Le gain – dix pour cent – est important et les approvisionnements nombreux. Lors de chaque opération de remplissage, Noël récupère 20 litres qu’il stocke dans d’autres jerrycans. A quatre heures du matin, en venant prendre son service au camp de Fontaine-l’Evêque, il fait un crochet par la cour de la maison des Frère où il dépose son précieux chargement. Dans la journée, Gérard et Albert revendent le carburant, le produit de la vente étant ensuite partagé entre les trois complices, en attendant la livraison suivante… Telle fut, dans le chef d’Albert, la première manifestation d’un sens du commerce qui allait, par la suite, le propulser dans les plus hautes sphères de la finance. » écrit Francis Groff (p. 10 et 11).



Francis Groff poursuit (p. 13) : « Si on en croit quelques proches, cette première expérience eut le don de mettre le jeune Albert en appétit. Si bien que lorsqu’il effectua son service militaire à la base aérienne de Florennes en 1947, il réédita l’opération en montant de toutes pièces un juteux trafic de carburant avec… les Américains. »



Très vite Albert Frère comprend qu’une entreprise dans la métallurgie, petite ou moyenne, appartenant en général à une seule personne n’a pas les moyens de se moderniser pour suivre le rythme de la compétition. La société commerciale permet d’obtenir des capitaux importants, notamment grâce aux banques. Il transforme la société familiale d’abord en société de personnes à responsabilité limitée, puis en société anonyme offrant aux principaux actionnaires des moyens de contrôle au niveau de l’assemblée des actionnaires et du conseil d’administration. Le tournant décisif sera le rapprochement des intérêts d’Albert Frère et du groupe Paribas.



Tôt couché et tôt levé, il « mène ses affaires à la cravache comme si le sort du monde en dépendait » et il presse ses collaborateurs comme des citrons pour qu’ils donnent le meilleur d’eux-mêmes. Ces derniers doivent faire preuve d’une totale disponibilité au service d’un seul homme… Albert Frère ! Que certains de ses proches décrivent comme un comédien génial, passant de la douceur à la dureté la plus féroce sans que ses proches ne sachent s’il était vraiment sérieux…



Albert Frère ne vit pas au même rythme que ses collaborateurs. Lui se couche tôt alors que ces derniers sont parfois obligés de travailler jusqu’à pas d’heures. Se levant tôt, quand arrive la réunion de huit heures, lui est déjà pleinement actif alors que ses collaborateurs sont souvent « encore dans le gaz ».



La première recette d’Albert Frère, c’est de se faire connaître de tous et à tout prix. Il envoie des offres partout, dans le monde entier, et s’il ne ramasse rien au début, la recette finit par payer et les commandes commencent à arriver, même de l’autre bout de la planète.



Albert Frère prenait des risques fous… Et il arrivait que son équipe échoue… Mais Albert avait aussi l’art de transformer une défaite en victoire. C’est un véritable caméléon, capable de s’adapter à tous les genres, à toutes les situations, à tous les interlocuteurs. Les grands maîtres des forges ne l’ont pas pris au sérieux… Et ils ont eu tort ! Ses collaborateurs étaient des manipulateurs, mais Albert Frère les manipulait aussi et il était de loin le plus fort à ce petit jeu ! Albert Frère avait une mémoire d’éléphant… Et n’oubliait jamais un affront qu’il faisait payer très cher en monnaies sonnantes et trébuchantes.



En 1972, le magazine Combat, organe du syndicat FGTB, attire l’attention sur le pouvoir extraordinaire qu’ont acquis les commerciaux dont font partie les entreprises Frère. En résumé, ces entreprises touchent une commission, et cela que le prix de l’acier soit obtenu en réalisant un bénéfice ou qu’il soit vendu à perte. Et si les pertes s’accumulent, on demande l’aide de l’Etat pour éponger les pertes car il s’agit de sauver des milliers d’emplois. Donc, que les entreprises sidérurgiques réalisent des gains ou des pertes, pour Frère cela ne change rien puisqu’il touche une commission sur toutes les ventes. Frère pousse donc la production à outrance…



Dans son livre « Les Sidérurgistes », cité par Francis Groff, le journaliste Luc Delval a des mots très durs à l’égard d’Albert Frère qui ne fut pas, selon lui, le gestionnaire de génie que d’aucuns ont voulu voir en lui : « La grande habileté d’Albert Frère fut plutôt celle du commerçant que celle de l’industriel. Elle repose principalement sur deux recettes magiques qui ont fait leurs preuves. Première recette magique : séparer juridiquement les centres de profit – sociétés commerciales et financières – et les centres de pertes – sociétés industrielles. Elle a été appliquée avec un bonheur sans égal par M. Frère. » Luc Delval ajoute : « Etant donné la place que des entreprises comme les usines sidérurgiques occupaient dans le tissu industriel et les conséquences sociales de leur éventuelle disparition, on pouvait sans grands risques parier sur une intervention de la puissance publique lorsqu’une pareille menace apparaîtrait. On verra qu’elle se produisit dans des conditions très favorables aux intérêts des actionnaires privés. Quant aux sociétés financières et commerciales, elle se portèrent toujours très bien, merci pour elles. »



La deuxième recette magique est la monopolisation. Au moment où Albert Frère fit son entrée dans les différentes sociétés sidérurgiques, chacune avait ses propres services commerciaux. Petit à petit, tout le service commercial va se retrouver entre les mains de Frère-Bourgeois Commerciale. Luc Delval précise : « Elle enregistrait les commandes, passait les ordres et encaissait une commission calculée sur le montant du marché. » Le plus souvent, cela se traduisait par des gains réalisés par les commerciaux et la vente à perte pour le producteur.



L’ouvrage ne s’arrête pas là, il y a encore bien des épisodes « juteux », mais ma chronique devient super longue et certains lecteurs, surtout les non-Belges, ont probablement été perdus en route. Datant de 1995, le livre se fait rare et beaucoup le vendent sur Internet à des prix allant jusque 69 euros. Chose étrange, on en trouve davantage en vente sur des sites anglo-saxons que francophones !



Francis Groff a mené son enquête comme un juge d’instruction, à charge et à décharge.



Sachez encore, amis Français, que l’histoire d’Albert Frère vous concerne… Il était surnommé « Le Roi du CAC 40 » ! Le CAC 40, c’est bien chez vous, non ?

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          196